Conférence Catholique des Baptisé-e-s Francophones
Pape François « Aller à la rencontre de tout homme là où il vit : [...] partout où il y a une personne, l’Église est appelée à la rejoindre pour lui apporter la Miséricorde et le pardon de Dieu » (Pape François, 8 décembre 2015)

LETTRE D'INFORMATION N° 5MARS 2016

Un grand moment d'Église, un livre :
Vox populi, vox Dei ?

Le 26 septembre 2015 la CCBF organisait au Centre Sèvres, à Paris, la rencontre « Vox populi, vox Dei ? » autour de grands témoins : le Frère Timothy Radcliffe, ancien Maître général de l’Ordre des Dominicains, et le Père Gilles Routhier, doyen de la Faculté de Théologie de l’université Laval au Québec. Ce fut un grand moment d’Église.

Anne Soupa, présidente de la CCBF, concluait les débats, appelant de ses vœux une Église de l’écoute et du dialogue. L’Église ne se porterait-elle pas mieux, en effet, si elle écoutait davantage les baptisés, ce « Peuple de Dieu » à travers qui parle l’Esprit Saint ? À l'occasion du Synode sur la famille, le pape François avait fait appel à leur « sens de la foi », cette disposition reçue au baptême et entretenue par une vie de foi, qui fait que le peuple de Dieu « ne peut errer dans la foi ». Comment les baptisés expriment-ils ce sensus fidei ? Comment le pape et les évêques lui donnent-ils corps ? Ces questions et bien d'autres furent abordées par les conférenciers devant une salle comble. L’intégralité des exposés est publiée dans un livre magnifiquement préfacé par le père Joseph Moingt.

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« Marcher, édifier et confesser Jésus-Christ »

13 mars 2016 : troisième anniversaire de l'élection du Pape François ! La CCBF, Viandanti et le Forum Européen des Comités Nationaux des Laïcs s’unissent dans une déclaration commune pour exprimer leur soutien aux orientations du pontificat du Pape François et répondre à son appel : « Marcher, édifier et confesser Jésus-Christ ».

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La Conférence lance le chantier « Célébrer »

Associée avec les Chrétiens en Monde Rural et les Fiches Dominicales, la CCBF lance le chantier « Célébrer ». C’est un chantier d’avenir qui peut contribuer à inventer l’Église de demain. La CCBF et ses partenaires se sont accordés pour engager cette action auprès des communautés catholiques rurales qui sont en situation de carence liturgique. La vie chrétienne ne se limite certes pas à la liturgie, mais il n’y a pas de communauté chrétienne qui dure si elle ne célèbre pas Celui « en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 17, 28). Notre mission de baptisés nous appelle à faire tout notre possible pour que ces communautés, de plus en plus nombreuses, célèbrent.

Il s'agira clairement de célébrations de la Parole. La CCBF et ses partenaires mettront en œuvre cette action avec la prudence qui s’impose et partiront de ce qui existe déjà pour le faire fructifier. Le moment venu, l'évêque de chaque diocèse concerné sera informé, la collaboration des vicaires épiscopaux, des prêtres et de personnes compétentes sera sollicitée. Une lettre vient d'être envoyée à tous les évêques pour leur présenter dès maintenant ce projet, et un plaidoyer intitulé « Pourquoi célébrer ? » invite les baptisés à offrir leurs forces au monde rural catholique désireux de célébrations de la Parole sur son lieu de vie.

CONSULTER LES DOCUMENTS DU CHANTIER « CÉLÉBRER »

Un événement : le premier prix littéraire de la Conférence

Le Prix Littéraire de la CCBF est décerné chaque année par un vote de l’ensemble des adhérents qui choisissent parmi les « bons livres » sélectionnés au cours des mois précédents par un comité de lecture. Le 1er Prix Littéraire a été attribué au livre de Jean-Paul Vesco intitulé « Tout amour véritable est indissoluble », publié aux Editions du Cerf. Ce Prix lui a été remis le 22 janvier au couvent de l’Annonciation des Dominicains à Paris. L’auteur est l’évêque d’Oran et il remet en cause le refus par l’Eglise d’accorder tout sacrement aux personnes divorcées et remariées.

Il estime que s’il y a amour véritable dans une seconde union, il est créé un lien aussi indissoluble que dans le premier mariage, même si ce lien n’est pas sacramentel. Il apporte dans le débat une distinction du droit pénal entre infractions instantanées et infractions continues, qui devrait s’appliquer dans le cadre du droit canon. L’infraction instantanée, un meurtre par exemple, se déroule en un temps limité et identifié. En revanche l’infraction continue, telle qu’un vol avec recel, se prolonge indéfiniment dans le temps, tant qu’il n’est pas mis fin à la situation répréhensible.

L’Eglise définit le mariage après divorce comme une infraction continue et comme telle, tout pardon devient impossible. Mgr Vesco pense au contraire que l’infraction est instantanée car il s’agit d’une action unique, même si elle entraine des conséquences permanentes. Ce second « oui » reflète une volonté de vivre et réussir une relation dans laquelle on a un jour décidé de s’engager, même de manière fautive. Par cet argumentaire, Monseigneur Vesco préconise, en s’inspirant de la pratique orthodoxe, de mettre en place pour les divorcés remariés un chemin de pénitence qui mènerait à un nouvel accès aux sacrements.

VOIR LES VIDÉOS DE LA REMISE DU PRIX LITTÉRAIRE

Au rythme de l'année liturgique, le site de la Conférence commente d'Évangile

Le site de la Conférence accompagne l'année liturgique par des commentaires d'Évangile. Ces commentaires sont proposés par des personnes variées et ils reflètent, souvent avec vigueur, l'enracinement dans l'Écriture de la réflexion de la Conférence.

Ainsi, le 13 mars 2016, 5ème dimanche de Carême, le site de la Conférence commente l'Évangile de la femme adultère. Personne ne l'interroge, elle est là, passible de mort, car « Moïse nous a ordonné de lapider ces femmes-là ». Mais s'ils l'ont menée ici, c'est comme prétexte pour accuser Jésus. Lui, silencieux, baissé, ne leur dit que quelques mots. Un temps, puis il l'invite, elle, à prendre la parole : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t'a condamnée ? ». « Personne, Seigneur », les deux seuls mots que l'histoire retient d'elle. Immobile encore, elle reste avec celui qu'elle a reconnu pour son Seigneur : « Va, et désormais ne pèche plus ». Oui, la loi nouvelle est bien celle-ci : va sur le chemin de ta liberté !

Le 6 mars 2016, 4ème dimanche de Carême, le commentaire sur la parabole du fils prodigue offre une lecture eucharistique de l'invitation prononcée par le père, tout à la joie d'accueillir à la maison son fils qui était perdu : « mangeons et festoyons ». Quelques temps avant, 2ème dimanche de Carême, l'Évangile évoque les victimes écrasées par la chute de la tour de Siloé, et Jésus dit la parabole du figuier stérile. Là, le commentaire invite à contempler le Père qui transforme nos culpabilités mortifères en responsabilités créatrices. Et ainsi chaque semaine de l'année liturgique.

La page Facebook de la Conférence, lieu d'échanges et de débats

La CCBF a désormais une présence très active sur Facebook. Début mars 2016, près de 5 000 personnes « suivaient » la page Facebook de la Conférence. Sur leur page Facebook personnelle, ces personnes voient les publications, les lisent, les partagent avec leurs amis Facebook, les commentent. Plus de 6 000 interactions ont lieu chaque semaine, sous la forme de commentaires, de mentions « j’aime », etc. En moyenne, les visiteurs les plus nombreux sont des hommes de 25 à 34 ans, ce qui constitue un public bien différent de celui des paroisses classiques. Les visites et interactions proviennent de villes très diverses en France et de nombreux autres pays.

Quelques grandes plumes interviennent et expriment sur cette page la maturité de la réflexion sur les réformes liturgiques, sur les divorcés remariés, sur les questions du rapport femme et autel, sur l'interdiction faite aux femmes d'accéder à l'ordination, sur le célibat des prêtres, sur la vie à son commencement et à sa fin, etc. Le synode sur la famille a suscité l'ouverture d'un véritable chantier de réflexions, d'échanges et de confrontations d'une grande richesse. Certaines semaines, la portée de la page Facebook de la CCBF approche les 100 000 personnes. Cette voix des catholiques francophones est désormais un lieu de débat incontournable parmi les bastions traditionnels de la cathosphère.

CCBF - 76 rue de la Verrerie - 75004 Paris