ConférenceCatholique desBaptisé-e-sFrancophones
“ Que l’indifférence se change en proximité et le refus
en accueil ” (Message Urbi et Orbi, Noël 2014)

LETTRE D'INFORMATION N° 3FÉVRIER 2015

François nous donne la parole ! La Conférence nous invite à répondre

Octobre 2014 : la première session du Synode sur la famille surprend tous les observateurs, chrétiens ou non, par la vigueur des débats, l'ouverture des sujets abordés et la liberté de ton. À la demande de François, le rapport final : “ La vocation et la mission de la famille dans l’Église et dans le monde contemporain ”, est accompagné d'un questionnaire adressé à tous les baptisé-e-s pour préparer la deuxième session, en octobre 2015.

Dès mars 2014, la Conférence lance le Journal du Synode, qui fait le point sur les débats et invite les baptisé-e-s à y contribuer. Les adhérents et sympathisants de la Conférence ont ainsi participé à la consultation préalable en 2014, puis la synthèse de leurs réponses a été envoyée à Rome. Aujourd'hui, le numéro 9 du Journal du Synode appelle chacun à répondre au questionnaire ou à participer sous la forme qui lui convient, seul ou en groupe, à cette consultation très ouverte : nos réponses seront le matériau pour le travail de la deuxième session. Sur un sujet qui nous concerne tous, François nous donne la parole dans l’Église ! Ne manquons pas à son appel !

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“ Je soutiens le pape François ”

Le Synode sur la famille suscite beaucoup de débats, parfois de l'agitation, dans tous les cercles de l'Église. Avant même le début du Synode, les vrais et faux déçus de François se faisaient entendre. La Conférence a suivi cela de près et apporté sa contribution au débat. Puis, à la publication du rapport intermédiaire du Synode, la Conférence a souligné que la partie était loin d'être gagnée. L'allocution vigoureuse de François à l'issue de la première session du Synode montre bien que les enjeux sont considérables pour l'Église. François y dénonce cinq tentations contraires à l'esprit de “ La Joie de l'Évangile ”, ce texte magnifique où il souhaite au contraire “ une Église pauvre pour les pauvres ”, où il préfère “ une Église accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu'une Église malade de la fermeture et du confort ”.

À l'occasion de débats sur la famille, le Synode a ainsi révélé une opposition puissante et ouverte aux transformations souhaitées par François. Dans ses voeux à la Curie de décembre 2014, François n'y va pas par quatre chemins quand il énumère les quinze maladies auxquelles il a l'intention de s'attaquer dans son projet de réforme de cette institution centrale de l'Église de Rome. Là aussi, les oppositions se raidissent, et l'analyse est indispensable.

C'est dans ce contexte, pour lui dire qu'il a le soutien du peuple de Dieu, que la Conférence a lancé l'appel “ Je soutiens le pape François ”. Cet appel a déjà été lu par plus de 13 000 personnes. Nous sommes tous vivement invités à le signer !

Écoute et dignité des laïcs : la Conférence est attentive

Vatican II proclame haut et fort la dignité des laïcs dans l'Église. Mais on constate que l’institution est trop souvent restée cléricale, pyramidale, parfois agrippée à des façons de dire, de faire et d'être qui datent d'avant le concile. L'institution laisse s'installer, voire grandir, ces dissonances entre l'ouverture des proclamations et la réalité du terrain paroissial ou diocésain. Cela est vécu douloureusement par le peuple des baptisé-e-s, cela est perçu comme des contradictions insupportables entre la Bonne Nouvelle de Jésus Christ et le visage de l'Église.

Car il y a des lieux où les laïcs sont marginalisés par les clercs, où se multiplient des pratiques de rejet, de refus de sacrement, de discrimination ou de ritualisme excessif, jusqu'à des dérives parfois contraires à l'Évangile. Des baptisé-e-s de Vendée, ou encore du diocèse de Bayonne en ont fait part à la Conférence, qui a mis en place un service “ Urgence Baptisés ” pour répertorier ces errements de l'institution, soutenir celles et ceux qui en souffrent, et faire entendre la voix des baptisé-e-s pour qui le message de l'Évangile prime sur l'observance de la loi.

Liberté d'expression : religions messagères de paix

Des journalistes contestaient librement et vigoureusement le règne de la pensée unique et dénonçaient durement le visage terrible que peuvent prendre les religions. Ils ont été assassinés. Deux jours plus tard, la veille du shabbat, quatre hommes ont été tués, pour la seule raison qu'ils étaient juifs. Un mois plus tard, mêmes scènes d'horreur au Danemark. La Conférence s'associe à l'émotion qui traverse notre société, et elle réaffirme haut et fort que le Croissant invoqué par les assassins n’est pas celui de l'Islam, mais celui de la barbarie.

L'espérance fait dire à la Conférence que dans ces journées noires, quelque chose a commencé. La religion de demain saura rappeler que l’homme passe l’homme et qu’il est aimé par plus grand que lui. Elle saura se dépouiller de tout triomphalisme, elle sera ouverte à autrui, convaincue que la vérité n’est pas murée au coffre, dans les caves du Vatican, mais dans l’échange vécu et la construction de liens. Nous, catholiques, portons à partir de ce jour une responsabilité de plus, celle de montrer par le témoignage de notre vie que les religions ne sont pas des armes de guerre, mais des messagères de paix.

La Conférence réaffirme aussi sa détermination à dire le droit à la différence, à la critique, à la distance par rapport aux dérives de la pensée unique, en particulier celles qui traversent encore notre Église. “ Ni partir ni se taire ” reste plus que jamais une attitude juste devant ceux qui, dans l’Église catholique, brandissent leur lecture intransigeante des textes et de la tradition pour réduire au silence celles et ceux qui, au nom de Jésus Christ, veulent faire souffler un vent de liberté, d'égalité et de justice.

Prix littéraire de la Conférence

Un chrétien doit avoir l’intelligence de sa foi. Lire devient un des “ devoirs fondamentaux ” de tout croyant, pour enrichir sa foi, mieux connaître le patrimoine religieux de l’humanité, et même éviter les pièges de la radicalisation aveugle. Mais parmi la profusion des parutions, beaucoup se plaignent de ne pas savoir quoi lire.

C'est pour accompagner cette recherche de lecture que la Conférence crée son Prix littéraire. Un comité de lecture a été constitué, d'âges, sexes, résidences et formations différents, couvrant un panorama divers de sensibilités spirituelles contemporaines, catholiques ou non. Au long de l'année, ce comité sélectionnera le “ livre du mois ”, parmi des ouvrages à la fois riches en humanité, ouverts à la quête actuelle de spiritualité, qui alimentent le débat dont nous avons tous soif : Dieu, le sens de la vie, la foi, soi-même et l’autre, la paix, le vivre ensemble... Puis, fidèle à sa vocation, la Conférence donnera la parole aux baptisé-e-s qui éliront, parmi cette pré-sélection, l'ouvrage auquel le Prix littéraire de la Conférence sera décerné au mois de décembre.

Week-end de rentrée de la Conférence

Plus de 140 participants venus de toutes les régions de France, mais aussi de Belgique et de Suisse, se sont retrouvés du 3 au 5 octobre 2014 à Issy les Moulineaux, pour le week-end de rentrée de la CCBF. Deux conférences sur le thème de la fraternité et du “ prendre soin ” (care) sont venues illustrer cette parole de François : “ Je vois l’Église comme un hôpital de campagne ”.Les veillées du vendredi et du samedi étaient le prélude au geste du lavement des pieds qui était proposé lors de la célébration de la Parole du dimanche.

Au cours de l’Assemblée Générale du dimanche matin, le bilan de l'année écoulée a été présenté, les projets à venir ont été discutés et un nouveau Conseil d'administration a été élu. Ateliers, partages, conférences, veillée méditative, convivialité ont permis aux participants d'avancer ensemble vers l'horizon que nous dessine François dans La joie de l’Évangile (paragraphe 99) : “ Que tous puissent admirer comment vous prenez soin les uns des autres ”.

CCBF - 76 rue de la Verrerie - 75004 Paris