Vous êtes ici

Pédophilie : l’Eglise sanctionne…les briseurs de silence

CCBF, Anne SOUPA

Conférence Catholique des Baptisé-e-s Francophones

Communiqué de presse 2 novembre 2018

Pédophilie : l’Eglise sanctionne…les briseurs de silence

L’éviction brutale du père Pierre Vignon de son poste à l’officialité de Lyon ne peut qu’interpeller, non seulement les cent mille signataires de sa pétition, mais tout catholique. Dans celle-ci, Pierre Vignon demandait la démission du cardinal Barbarin au motif qu’il ne s’était pas rangé du côté des petits, en l’occurrence les enfants abusés, alors que l’Évangile lui intimait de le faire.

Cette décision est lourde de conséquences.

Elle méconnaît le rôle de lanceur d’alerte du père Vignon. Alors qu’il aurait du être protégé et encouragé comme la loi l’impose désormais dans la sphère publique, il est sanctionné. Espère-t-on écarter le message en tuant le messager ?

Elle encourage le silence des prêtres quelques semaines après que l’institution se soit assigné un objectif de transparence.

Ces mêmes prêtres, qui dans ce contexte de crise institutionnelle, se retrouvent fragilisés dans leurs paroisses, endeuillés par deux exceptionnels et dramatiques cas de suicides, ont plus que jamais besoin de la confiance de leur hiérarchie et d’une parole libre.

En sanctionnant ses prêtres et en les contraignant à l’omerta, l’institution catholique prouve qu’elle est incapable de faire elle-même la lumière sur les faits de pédophilie qui lui sont reprochés.

Et de fait, cette mesure, qui est d’ordre disciplinaire, détonne avec la gravité de la question posée à l’Église au sujet de sa gestion de la crise et pour laquelle aucune décision n’est encore intervenue.

Dans ces conditions, la Conférence des Baptisé-e-s s’associe à la demande de Commission parlementaire d’enquête sur la pédophilie, afin qu’elle soit cette fois portée à l’Assemblée Nationale.

Par ailleurs cette décision est grave car elle pose la question du statut de la parole dans l’Église catholique. L’éviction du père Vignon, qui ne lui a même pas été signifiée personnellement, d’homme à homme, n’a rien à voir avec la qualité de son travail. Demander la démission d’un évêque n’altère en rien la qualité d’un jugement canonique.

Elle n’a pas davantage à voir avec la « perte de confiance » invoquée par Mgr Pontier. Par un étrange jeu de miroir, c’est le père Vignon à qui l’on n’accorde plus confiance, alors qu’il posait justement la question de la confiance à accorder au cardinal !

La Conférence des Baptisé-e-s s’insurge contre cette confiscation de la parole. Aucun catholique ne peut se laisser transformer en petit soldat dont la parole serait uniforme et courtisane. Le christianisme est la religion de la parole libre, non d’un discours imposé.

La Conférence des Baptisé-e-s ne peut accepter que ceux que nous appelons encore « nos évêques » usent de méthodes totalitaires qu’ils ont pourtant abondamment dénoncées dans le passé et contre lesquelles ils devraient être des remparts.

Pour la CCBF, la présidente, Anne Soupa

Version téléchargeable
Liste des documentsTaille
Icône PDF Pédophilie : l’Eglise sanctionne…les briseurs de silence45.78 Ko
Rubrique du site: 
Les actualités
Commentaires
Bernard de Mais...

Une fois de plus,
une partie de l'autorité (autoritatis) de l'institution Église a barré les règles de l'éthique : l'inter-dit de l'abus du plus faible, appelé aussi l'interdit de l'inceste.
Bernard

A. Rrnaud

L eglise catho.. disparaitra si elle n evolue pas.. honte a ces mecs repus dans leur certitudes du passé. Bourgeois engoncés fans des fictions ecrites par des mecs pour des mecs... opium du peuple naif...

Grégoire Bissonnette

Félicitations à la CCBF pour ce communiqué!
Il faut soutenir le Père Vignon! La vérité fait mal, mais il faut la dire.
Ce sera la seule façon de sortir l'Église de son marasme.

ALAIN CABANTOUS

Merci pour ce texte juste face à l'iniquité et à la couardise de cette hiérarchie épiscopale qui n'en rate pas une. Comment pourrait-elle avoir encore une parole crédible puisque son principal objectif semble l'auto-protection d'un système totalement obsolète ? Mais vu la nature de la plupart des nominations épiscopales depuis vingt ans (au moins), qui peut encore s'en étonner ?

Patrice VAUJOUR

Pour ma part je ne suis pas sûr qu'il s'agisse d'une sanction disciplinaire et l'avis de ce prêtre que je respecte mais qui doit obéissance et loyauté à son évêque n'avait pas à être lancé sur la place publique. D'autres moyens sont à sa disposition pour manifester sa gêne et il n'a sans doute pas vocation à poser des ultimatums à sa hiérarchie… au demeurant particulièrement active sur le sujet actuellement. Ceci dit il ne s'agit pas pour moi de minimiser ce cataclysme.

Etienne Père

Pas d'accord pour crier haro sur le baudet (en l'occurrence la hiérarchie épiscopale).
Toute fonction de juge implique une position de neutralité pour pouvoir s'exercer sereinement et sans suspicion a priori ou a posteriori.
Le père Vignon a pris des positions très clivantes. Il en a bien le droit et je comprends ses choix et les approuve largement. Ce faisant, il est sorti de lui-même de la neutralité qui me semble requise (mais je ne suis pas spécialiste du droit canon) pour une responsabilité de juge de l'Officialité. De même, j'ignore si l'officialité de Lyon peut être éventuellement concernée par la mise en cause du Cardinal Barbarin.
Peut-être aurait-il été préférable que le père Vignon demande de lui-même à être relevé de cette fonction pour être plus libre dans sa parole. Je constate d'ailleurs qu'il ne crie pas au scandale et s'abstient de trop commenter cette décision, il est vrai très maladroite, au moins dans sa forme.

Marie-Françoise

L’abbé Pierre Vignon est prêtre du diocèse de Valence.
Mgr Barbarin, archevêque de Lyon, n’est pas son évêque...

ROBERT Jean-Daniel

Ce n'est pas la démission de Barbarin, qu'il faut demander, mais celles de tous les évêques de CEF, voire d'ailleurs.
D'autre part, il faudrait demander la "décanonisation" de Ji-Pi-Tou (Jean-Paul 2 pour les intimes). Car c'est lui qui avait instauré le fameux "serment de fidélité" qui obligeait les évêques et enseignants universitaires en théologie à obéir au-delà de leur conscience (ce que même l'Inquisition n'avait pas osé demander), d'une part ; et, d'autre part, ce même pape avait exigé des évêques qu'il se la coincent et étouffent les affaires de pédophilie, toujours sous l'égide du dit serment de fidélité.
Toute cette bande de c... nous font honte, ainsi que l'é-curie et l'in-curie romaine.
PS : bravo au journal La Croix pour ses neuf "tribunes" du 22 octobre au 2 novembre, notamment à Lucette Scaraffia, Denis Moreau et Frère Michael Davide Semeraro.
Je crois profondément en l'Eglise-Peuple de Dieu, mais plus du tout en la hiérarchie catholique-romaine, sauf encore l'évêque de Rome. (On aura tout vu... c'est le Pape qui est en avance sur le temps des épiscopes (ou épiscul[e]s ?)
Jean-Daniel ROBERT, Genève

ROBERT Jean-Daniel

Ce n'est pas la démission de Mgr Barbarin, qu'il faut demander, mais celle de TOUTE LA C.E.F., voire d'ailleurs. Nous ne pouvons plus avoir confiance dans ces gens-là, qui trahissent à ce point le Peuple de Dieu. C'est canoniquement un motif suffisant pour qu'ils démissionnent.
D'autre part, rappelons que tous nos évêques et les enseignants universitaires en théologie ont été obligés par Ji-Pi-Tou (Jean-Paul deux, pour les intimes) au "serment de fidélité"... C'est au nom de cela qu'ils ont tous reçu l'ordre d'obéir sans discuter et donc de se la coincer, de couvrir tout ce qui aurait pu "salir l'Eglise". C'est cette couverture qui salit l'Eglise et donc le Peuple-de-Dieu. Peuple de Dieu en lequel je crois encore et toujours, mais hiérarchie en laquelle nous ne pouvons plus croire du tout. Qui dit hiérarchie, dit aussi in-curie et é-curie romaine. incroyable : c'est l'évêque de Rome qui est plus ouvert que l'ensemble des épiscopes (ou épiscul[e]s).
Jean-Daniel ROBERT, Genève

Renata PATTI

Hier matin, le 3 novembre 2018 j'ai écrit :

À l’attention du Saint-Père François - copie adressée au Préfet de la Congrégation pour le Clergé, le Cardinal Stella, et au Secrétaire d'État, le Cardinal. Pietro Parolin :

https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/le-pere-pierre-vignon-a-t-il-ete...

Un récent cas grave d’ABUS DE POUVOIR à mon humble avis. Je demande le Discernement. Les victimes qui connaissent le Père Pierre Vignon sont choquées par cette sanction qu’elles considèrent comme injuste même si le Père l’a acceptée humblement. Pourriez-vous vérifier Sainteté ce qui se passe dans ce Diocèse ?

Maintenant, qui opère pour faire la Vérité en réponse à Votre lettre au Peuple de Dieu se trouve être sanctionné par le cléricalisme que vous dénoncez vous-même comme étant la racine de tout abus. Non, nous ne pouvons pas nous taire. MERCI DE TOUT COEUR de réserver votre écoute attentive et de nous montrer une réaction cohérente.

Signé par :
TOUS les témoins du livre "De l'emprise à la liberté" sous la direction du professeur Vincent Hanssens (UCL) éd. Mols et d'autres victimes, parents et amis de victimes d'abus et experts qui les ont soutenus sur le chemin de la guérison/libération. Parmi ces derniers il y a aussi le Père Pierre Vignon. Il suffirait de lire le Chapitre 8 du livre pour le comprendre". http://www.editions-mols.eu/publication.php?id_pub=173

N.B. : A savoir qu'il y a environ un mois j'ai lancé la pétition ci jointe. L'action positive du Père Pierre Vignon en notre faveur, cad des Victimes d’abus de pouvoir, de conscience, sexuels et financiers dans des structures fermés et à cause des doctrines de certains/es fondateurs/fondatrices de Mouvements religieux et Nouvelles Communautés de l’Eglise Catholique - l’a poussé à signer la pétition notamment pour le point concernant le cléricalisme « racines de tous les abus ».
Il nous a pas laissez tomber. C'est bien celle-là l'attitude du BON PASTEUR "qui donne sa vie pour ses brebis".

Merci Père Vignon de m'avoir appris que l'Eglise marche avec 4 piliers qui vont ensemble - jamais l'un sans les 3 autres - VERITE', JUSTICE, LIBERTE', CHARITE' [voir l’encyclique « Pacem in Terris »].

Dans la décision de vous sanctionner il y a plus qu’un des piliers qui manquent à mon humble avis.
Espérons que les personnes concernées puissent faire preuve de Discernement dans votre situation absurde et vous rendre tous vos droits. Vous aviez à cœur seulement le bonheur et les situations douloureuses des victimes à resoudre et Vous voilà maintenant victime parmi nous "anéanti" par le même cléricalisme qui nous a opprimé par la passée.

C'est à nous maintenant de Vous être proche et être actifs et attentifs sans que vous nous demandiez quoi que ce soit. Vous êtes très courageux, Père Vignon ! Et vous nous témoignez l’Evangile en acte.
Avec grande estime.
Renata Patti et bien d’autres

https://www.change.org/p/papa-francesco-bergoglio-soffriamo-nessuno-ci-c...

Féminine

Pour P.V. : en matière de pédocriminalité, en aucun cas il ne peut y avoir obéissance et loyauté à un évêque qui n'a pas respecté la loi, il y a dans ce cas complicité, donc impossibilité pour ce prêtre, le Père Vignon n'a fait que son devoir citoyen.
C'est un collectif de 12 évêques qui a écarté le Père Vignon de sa fonction de juge : par cet acte très grave, ce collectif confirme son refus de se soumettre au droit républicain français et continue de faire allégeance à l'Etat du Vatican ce qui pose un énorme problème car il signifie la poursuite de l'omerta volontaire.
Ce refus s'explique par l'accord de 1924 qui prévoit que l'évêque dispose d'un pouvoir absolu en son diocèse.
D'ailleurs, ni les Evêques ni les prêtres ne sont soumis ni à la loi française ni au Code du travail, c'est ce qui pose problème maintenant, c'est pourquoi il faut une Commission parlementaire qui réexamine ces statuts obsolètes. L'Assemblée Nationale ne pourra pas se défosser sans se rendre désormais complice de pédocriminalité elle aussi.

Jo BOCK

Merci à la CCBF d'être des Veilleurs, veilleurs aux valeurs évangéliques de Vérité, de Justice, de Compassion avec les victimes.

Jacques Terray

Le communiqué me semble manquer de rigueur dans sa critique de la sanction du Père Vignon. Un bref exposé des positions exprimées par le Père Vignon qui ont pu entraîner la sanction aurait éclairé le commentaire critique. Réclamer la démission du Cardinal Barbarin ne fait pas du Père Vignon un lanceur d'alerte. C'est l'expression d'un désaccord profond sur les décisions d'un haut responsable de l'Eglise. On peut regretter ou pas que la réponse de la hiérarchie ait été de retirer sa charge au Père Vignon ; mais on se place alors sur le plan de la liberté d'expression au sein de l'institution, et non pas sur celui de la non-révélation des délits de pédophilie.
Jacques Terray

Yves Giraudeaux

Bonjour,
Je ne suis pas sûr que les positions actuelles de Mme Soupa soient adaptées à la situation.
Le Père Vignon effectue, semble-t-il, son service à Lyon, sans doute dans les locaux de l'évêché, à proximité des bureaux de Mgr Barbarin. Il est en outre sous l'autorité hiérarchique des évêques de la région Rhône-Alpes.
Demander publiquement la démission de l'un de ses supérieurs...alors que l'on peut être amené à le côtoyer, ce n'est pas très fin et c'est donner des verges pour se faire battre. Dans toute structure, face à un cas pareil, il y aurait eu une sanction.
Qualifier ensuite de lanceur d'alerte le Père Vignon est pour le moins exagéré. Le dossier Barbarin est depuis longtemps sur la place publique. Peut-être est-ce un moyen de rendre ce prêtre inattaquable et de justifier son action? En effet être un lanceur d'alerte est bien porté médiatiquement.n
Sur un plan plus général, la justice est saisie de cette affaire. Il y aura procès en janvier et , faut-il le rappeler, tout accusé est présumé innocent. A quel titre ce prêtre et Mme Soupa peuvent-ils par anticipation déclarer coupable Mgr Barbarin? Dois-je aussi rappeler qu'il y a déjà eu un non-lieu dans ce dossier?

Condillac

@Yves Giraudeaux

Où avez-vous lu dans le texte publié que Madame Soupa déclare coupable le Cardinal Barbarin ? La justice est saisie elle fera son travail et prononcera son jugement. Tout le monde nous pouvons l'espérer en prendra acte dans un sens ou dans l'autre. L'opinion publiée est d'une autre nature. On aurait pu s'attendre à une attitude plus digne de la part d'un des plus hauts dignitaires de l'Eglise.
Pour autant les 100 000 signatures recueillies par la pétition que le Père Vignon a lancée, sont plus que révélatrices du très profond malaise des catholiques laïcs et prêtres, du diocèse de Lyon en particulier et de France plus généralement. . Le signal donné par la hiérarchie est le signe du mépris de l'opinion des catholiques. En cela l'initiative du P. Vignon est plus qu'une alerte, c'est un signal d'alarme auquel la hiérarchie serait bien avisée de porter une oreille attentive

dominique bargi...

Contrairement à ce que vous affirmez la pétition en question et ces 100000 signatures n'a pas eu pour objectif le diocèse de Lyon mais tous les francophones.Donc ce ne sont pas 100000 lyonnais qui l'ont signée C'est 100000 personnes, or je me rappelle qu'une autre pétition que Madame Soupa ne soutenait assurément pas avait quant à elle reçue 700000 signatures .
Deux poids deux mesures.

Rolland Robert

je suis très étonné des termes employés par la CCBF . Parler comme vous le faites de "brutale éviction" , de l"omerta" qui serait imposée à tous les prêtres, de " méthodes totalitaires dont feraient usage les évêques" me semble parfaitement inexact et injustifié. Cette outrance langagière employée ainsi au mépris d'une analyse plus nuancée décrédibilise fortement la CCBF. Anne Soupa nous avait habitué à des jugements plus éclairés et non à des imprécations aussi injurieuses.

Non les évêques ne sont à comparer à une mafia et ne font pas usage de méthodes totalitaires.

quant à Pierre Vignon , il aurait été bien inspiré de démissionner lui-même de son rôle à l'officialité de Lyon. Un juge, ecclésiastique de surcroit , devrait avoir une pratique plus neutre et, en tout cas , s'abstenir d'appeler à la démission celui-là même au nom duquel ila reçu mission de rendre la justice .
Avant de réclamer, , avec d'autres la réunion d'une commission d'enquête parlementaire , la CCBF Aurait pu se renseigner sur la possibilité juridique d'une telle commission qui aurait contraire à l'article 6 de l'ordonnance n°58-1100 du 17 novembre 1958.
Rien dans le communiqué de la ccbf ne me regretter de ne plus adhérer à cette association qui me semble dévoyée dans ses buts et se méthodes

Ajouter un commentaire