La démission de Paul
Vous tous que la politique ecclésiale du rétroviseur consterne, lisez attentivement ce témoignage. Notre groupe CCBF du Mans raconte la tristesse et le désarroi de Paul, paroissien engagé de longue date. Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! « Ni partir ni se taire »… Une assemblée s’est réunie, l’évêque est informé. Le lit d’un avenir « de communion » se fait, peu à peu…
Octobre 2008. Changement de curé dans notre paroisse urbaine. Pas vraiment de transition avec le précédent, les sensibilités étant notoirement différentes. Des changements immédiats : éloignement des SDF des abords de l’église, réaménagement de l’espace liturgique (disparition de la table commune du Jeudi Saint), retour d’une certaine pompe (crucifix, encens, sonnette), disparition des filles au service de l’autel, auto-célébration de l’institution (du pape et de la Curie au moment des affaires de janvier).
Octobre 2009. Du fait du climat d’incompréhension et de l’accumulation des tensions, Paul et M.F. son épouse démissionnent de toutes leurs (nombreuses) fonctions au service de la communauté (Paul était, entre autre, membre de l’EAP). Voici quelques extraits de la lettre que Paul écrit à son curé pour expliquer son geste :
« Depuis 40 ans, je suis présent dans cette paroisse, avec M.F., mon épouse depuis 40 ans également. Il y a 45 ans, le Concile était tout frais, l’espérance était très forte de voir s’accomplir, dans nos vies et dans nos communautés, cet “aggiornamento” de l’Eglise universelle. Or, aujourd’hui, je constate, à l’inverse, une régression, un repli frileux, un retour à cette Eglise cléricale où la norme, la loi l’emportent sur l’amour, sur l’expérience humaine, sur le “parti pris pour les pauvres”, sur la nécessaire participation à la mutation d’une humanité en quête de repères. Par exemple, j’ai soulevé la question des “blessés de l’amour” que sont en particulier les divorcés remariés. Toi, notre pasteur, tu as alors brandi le code de droit canon, oblitérant la nécessaire attitude d’écoute et de compassion que tu as certainement devant ces personnes. Pourquoi “dégainer” immédiatement la loi ?
J’ai l’impression d’être dans une Eglise qui a tendance à se replier sur elle-même, qui revient peu à peu à des pratiques passées, recherchant le confort d’une liturgie et d’une expression de la foi un peu éthérées, comme si, voyant son pouvoir temporel vaciller, elle voulait revenir en force à un pouvoir dans l’ordre du sacré. On ne peut nier le retour, aujourd’hui, dans notre paroisse, vers une liturgie dominicale qui exclut les filles du chœur, fait du célébrant le chantre unique et omniprésent, fait la part belle à l’encensement. On en arrive à un sacré qui me paraît mal placé, un “sacré pathologique”. Bref je vis tout cela comme un manque de simplicité dans la célébration de l’Eucharistie.
Dans cet esprit, le rôle du prêtre paraît relever de la même intention : au-dehors, au-dessus du peuple, homme du sacré, certes, mais séparé des autres. Il est consacré au service de Dieu et des hommes mais le caractère sacré du personnage devient, reprenons le mot, “pathologique” : pour éviter d’être trop au contact du peuple, il s’emploie à mettre de la distance entre lui et son peuple, et par son costume et par sa réticence à célébrer l’Eucharistie dans une chapelle qui le met “au milieu” des chrétiens, et par sa difficulté à “descendre” saluer les gens sur le parvis de l’Eglise. La vocation du prêtre ne serait-elle pas plutôt à la fois d’amener Dieu dans le monde et aussi d’amener les hommes à Dieu ?
Bref, je n’arrive plus à me situer dans cette Eglise paroissiale qui a été ma famille jusqu’à maintenant, cette Eglise que j’aime malgré tout. Je ne me reconnais plus dans cette Eglise qui, en se crispant sur le passé, ne parvient pas à imaginer dans ce monde désenchanté et déshumanisé une nouvelle façon d’être fidèle à son message évangélique. J’aspire à une Eglise dont le message ne soit pas moralisateur, comme est souvent celui des sermons de nos Eucharisties dominicales. J’aspire à une Eglise qui soit porteuse de la tendresse de Dieu pour l’homme, pour tout l’homme, au-delà de l’adhésion à des doctrines ou des dogmes, même si ces doctrines et ces dogmes sont justes et bons, une Eglise qui oserait repenser la place du sacré dans ce monde d’aujourd’hui et reconsidérer, sans renier la Tradition, l’expression de la Révélation que les siècles ont donnée. »
Novembre 2009. Nous – un groupe dont beaucoup s’étaient retrouvés à la marche du Comité de la Jupe du 11 octobre – prenons l’initiative de convoquer une assemblée des paroissiens pour tenter de traverser cette crise « en Église ». 50 personnes se déplacent un samedi après-midi et vivent un moment fort de partage « en esprit et en vérité ». Cela, en particulier, grâce à l’accompagnatrice que nous nous sommes donnée (Marie-Christine Bernard, théologienne, auteur de Les fondamentaux de la foi chrétienne – Une énergie spirituelle de terre et de ciel, 2009). Nous avons toujours veillé à informer notre curé de chacune de nos initiatives et à œuvrer dans un souci permanent de dialogue avec notre évêque.
Janvier 2010. Nous avons été reçus par notre évêque. Depuis, pas de changements spectaculaires mais nous avons foi dans l’Esprit qui souffle : déjà, le respect mutuel prévaut sur l’invective. Paul et M.F. ont même participé, à deux reprises, exceptionnelles, à l’Eucharistie dominicale.
Lors de la réunion du groupe départemental de la CCB, nous ne pouvons que constater combien les ministères de la bénédiction, de l’écoute et de l’espérance ont inspiré et continuent d’inspirer notre marche de baptisés.
Nous poursuivons notre route réfléchissante. Plaise à Dieu que son Esprit nous conduise et que nos pas marquent des chemins d’évangile pour aujourd’hui et pour demain !
« ni partir ni se taire » … depuis le début du comité de la jupe auquel j’ai adhéré tout de suite, cette petite phrase me travaille … quand est-on « parti » ?? quand on démissionne de ses activités ecclésiales comme Paul? quand on envoie tout promener et qu’on ne va plus à la messe le dimanche? quel est le critère ???
J’ai moi aussi abandonné toute activité et engagement d’Eglise,non sans « ne pas me taire » avant cela, mais je suis toujours (encore…)là le dimanche … alors partie ? pas partie ?
je crois malheureusement que la réponse est finalement assez simple : c’est quand le coeur n’y est plus qu’on est parti, quand on ne se sent plus de cette famille… et c’est assez triste.
Tout mon soutien à Paul et MF, et merci à La CCFB qui, nous le voyons dans ce témoignage, permet de garder un je ne sais quoi d’important et qui doit s’appeler sentiment d’Eglise, fraternité, lien … quand la rupture est pourtant consommée, et qu’on a surtout envie de tourner la page.
Tout d’abord soutien et union en eglise avec Paul et MF…..
Je pense que profondément : il ne faut pas se taire, ni partir!!!!
comme gynécologue spécialisée en stérilité j’ai toujours eu à mes côtés des Pasteurs merveilleux, cela m’a aidée…..j’ai aussi connu une Eglise où l’on pouvait tout dire….
je suis très engagée dans mon diocèse depuis longtemps et ma paroisse.
je vois comme eux des signes inquiétants de repli identitaire….
Souvent des jeunes, ceux qui sont restés malgré le décalage avec leur génération….
Ils sont peu nombreux, souvent consommateurs, ont un langage inaudible au monde d’aujourd’hui….
à côté combien encore de chrétiens et surtout de chrétiennes qui ont approfondi leur Foi…
c’est vrai les cheveux gris sont plus nombreux , mais les autres sont en tout petit nombre.
Il ne faut pas se décourager : le sens de l’histoire et je dirai l’Esprit saint n’a pas dit son dernier mot…..
Il continue à oeuvrer…. c’est notre Foi
une phrase résonne en moi : je suis venu chez les miens et les miens ne m’ont pas reçu…
elle est peut-être d’actualité ….
Mais il y a des Pasteurs formidables, qu’il faut absolument aider.
la croix du vendredi 5 Mars relate page 17 un petit article:
la Fraternité Saint Pie X s’en prend aux évêques français…..
Ces évêques n’ont pas la tâche facile…ils sont sous surveillance…
c’est le sens de mon engagement dans la CCBF…..
Ensemble montrer que l’Eglise est faîte de tous, n’est pas une secte de gens biens, qu’elle est pour le monde d’aujourd’hui et non un monde révé qui n’a d’ailleurs jamais existé!!!
surtout faire advenir Vatican II au monde et le déployer.
si c’est difficile pour les jeunes générations en phase avec leur génération de s’investir dans l’Eglise aujourd’hui…c’est peut-être à nous les ainés de tenir bon.
rester , mais refuser que les femmes soient exclues du choeur+++++
Refuser l’inacceptable…..
le Christ a fait confiance aux femmes ….Elles surtout n’ont pas eu peur à la croix de rester….mais aussi Saint Jean ….Il s’agit d’amour et non de rites….
Marie Magdeleine a longtemps été appelée : « l’Apôtre des Apôtres »
plus nous serons en lien les uns avec les autres , plus nous aiderons l’Eglise
regardez le nombre de livres courageux, écoutez les prêtres d’expérience et de coeur..
une phrase résonne en moi , celle d’un Pasteur d’exception, et qui m’a toujours aidée ,dans un moment de grande colère de la gynécologue:
Vous êtes baptisée, vous êtes un maillon de l’eglise, vous n’avez pas à taire ce qui vous paraît important, mais vous avez à le faire dans un esprit de fraternité et d’écoute…
l’Eglise de France sait réfléchir , j’en suis témoin.
Ne baissons pas les bras
claudine
Nouvelles du « front ».
Discussion avec le curé de Paul à la sortie de la messe à propos du jeudi saint. Il refuse catégoriquement l’installation de la table dans la nef comme la communauté faisait depuis des lustres pour une belle et priante célébration de la Cène. Motif : ordre des évêques. Il « dégaine » un petit livret édité par les évêques de l’Ouest « Célébrations liturgiques 2009-2010 » : c’est effectivement noté (avec une référence à un texte que je n’ai pas enregistrée). J’apprends du même coup que si lavement des pieds il y a (notre curé est très friand de cela, visiblement), il doit être réservé « exclusivement à des hommes » !
La vie est belle !
une idée…..
que nous appliquons avec bonheur: remplacer le lavement des pieds par un lavement des mains par le prêtre.
cela parle ++++aujourd’hui bien plus++++
de plus les enfants participent au même titre
on ne rejoue pas une pièce ….on fait un signe de Foi dans le Christ serviteur…..
leur façon d’éliminer les femmes est un contre témoignage théologique….
On ne se déplace plus comme au temps du Christ…….
courage , résister….++++++
Saint Paul a bien dit : il n’y a plus de femme ni d’homme…
evreux
Le témoignage de Paul n’est malheureusement pas isolé.
Sur un territoire de 25 000 habitants d’une grande ville, un nouveau curé est à l’origine de plusieurs initiatives :
-suppression de la messe du samedi soir ;
-interdiction faite aux filles de servir l’autel;
-les célébrations ont opéré un retour à la tradition préconciliaire : chants latins fréquents, homélies courtes, coups d’encensoirs abondants ;
-une large publicité est faite en faveur des scouts et guides d’Europe, mais silence total sur les scouts de France;
-pour l’année sacerdotale, tout un bas-côté de la nef est tapissé de panneaux glorifiant le prêtre dans ses différentes fonctions
…
Lorsqu’on questionne les responsables de la paroisse, ceux-ci protestent hautement de leur pleine adhésion au Concile Vatican II mais ajoutent aussitôt que celui-ci a été trahi…
Le traditionnalisme conquérant de cette paroisse est bien structuré, fort bien organisé : il y a foule le dimanche à la messe de 11 h. La pyramide des âges est représentée toute entière avec présence de nombreux enfants, parfois encore au berceau et de nombreux jeunes entre 15 et 25 ans.
Par contraste, les catholiques attachés aux ouvertures du Concile Vatican II demeurent bien souvent dispersés, individualistes, répugnant à la communication et, plus encore, à la médiatisation. Cette passivité et cette pudeur, cette répugnance à s’unir pour faire connaître leurs options, favorise au premier chef la progression du fondamentalisme : pour faire court, la forme entraîne le fond, alors que cette formule devrait au contraire être inversée. Au train où vont les choses, et dans le contexte actuel, je ne donne pas quatre sous » de lEglise conciliaire dans les dix années si ce contexte persiste.
C’est bien pour cette raison que la CCBF est une si bonne nouvelle et une occasion fantastique de réveiller ce que nous tous, proches de coeur et d’esprit ressentons et ne voulons à aucun prix laisser mourir.
Si on regarde l’histoire de l’Eglise, nos ancêtres dans la Foi n’ont pas manqué de traverser des crises et même bien pires.
La dernière citation du père P.Arrupe que nous propose Xavier est magnifique !
Je crois que l’intuition qui nous rassemble ici est excellente.
j’ai souffert des positions de Benoit XVI il y a un an. L’image que l’Eglise et la papauté ont donné d’elles même ont été bien ternies… J’ai claqué une porte, songé à quitter..
Je crois qu’il faut agir selon son cœur et sa conscience, mais finalement, ni partir, ni se taire: dire haut et fort, avec respect, ce que l’on pense, dans l’Eglise et hors de l’Eglise, mais y rester car c’est notre vocation de laïc d’assumer avec Foi les situations imparfaites de notre existence (voir les recommandations de Vatican II à ce sujet)
Merci Christian Court, pour moi c’est une bonne synthèse….dans la tempête il est encore plus précieux d’être là avec respect , mais force ……ne pas tolérer l’intolérable, mais le dire haut et fort….ce n’est pas attaquer l’Eglise c’est l’aider….c’est aider ses pasteurs qui vivent très durement délation, jugement….
Partir: c’est amputer l’Eglise…..Rester et ne pas se taire c’est montrer qu’elle est faîte de mille couleurs……et obliger au dialogue…..
du bas en haut , d’un vrai dialogue …..la Christ n’a jamais imposé , il était là pour faire avec l’homme ou la femme le chemin….
Je comprends le désarroi de Paul et Marie-Françoise, serviteurs fidèles de leur paroisse, mais qui ne pouvaient tenir la ligne imposée par leur curé. Démissionner est un véritable déchiremùent qu’impose une solitude de pensée qui marginalise.
J’ai eu cette tentation mais la lecture de vos différents articles me font réfléchir : ne pas partir, dire là où on est ce que nous souhaitons de mieux pour l’Eglise. L’espoir que suscite votre mouvement donne une nouvelle place au possible.
Je suis ravi d’apprendre qu’un membre éminent de la curie vaticane ait pris position pour soutenir la fillette brésilienne dont la mère et les médecins avaient été condamnés par l’Evêque de Récife.
A cette époque j’avais écrit à mon propre évêque pour lui exprimer toute mon indignation concernant la stigmatisation d’une fillette violée par son beau-père et obligée d’avorter.
Je n’ai eu aucune réponse bien sûr…
Ma foi en l’Eglise en est toujours ébranlée. Ma confiance en elle ne sera plus la même.
J’ai pris mes distances avec un mouvement chrétien du couple qui n’a rien dit en la circonstance.
Les décisions du Magistère vont actuellement trop souvent dans le même sens : la raideur théologique et la méfiance par rapport au monde. De quoi donc le Vatican a-t-il peur ? De l’homme ? Où a-t’il vu le Christ condamner une petite fille de 9 ans ?
Je ne crois plus en cette Eglise-là ! Je crois en l’Eglise du Peuple de Dieu.
Jean-Claude Thiébaut
Je réponds au dernier mot…..je ne connais pas votre Evêque….donc ce que je dis ne peut être que modeste.
mais il y a une réalité c’est que les Evêques sont sous surveillance……On leur impose des « congrégations » et on leur supprime tout pouvoir de s’opposer au raidissement du magistère….Ils sont l’objet de délations….
peut-être que s’il ne vous a pas répondu c’est qu’il ne le pouvait pas…..
défendons nos Evêques Français si mal vus à Rome!!!Aidons les….
Aidons nos prêtres qui ont mis leur espoir dans Vatican II ….
Si eux ne peuvent parler , parlons pour eux.
Vous allez me dire qu’ils sont les pasteurs …..et oui c’est facile à dire ….mais ils sont la pot de terre contre le pot de fer.
Eux , ils ont donné leur vie à l’Eglise…
ces communautés bien huilées ne représentent que peu de choses au regard de leur génération. Ils sont bien entre eux…..mais sont en train de faire disparaître l’Eglise du Christ.
je pense que c’est aujourd’hui qu’il faut rendre visible l’Eglise du Christ qui accueille, aide , pardonne, vit de la vie du Christ et non de sentences toutes faîtes.
Pour certains privilégiés, il est plus facile d’obéir que de réfléchir.
je crois comme vous en l’Eglise du Peuple de Dieu…..les évènements de l’an passé et récents doivent nous donner la force de clamer qu’il y a dans l’Eglise des hommes doux, miséricordieux, bienveillants, …..
je reprends une fois de plus la phrase d’un pasteur de haut rang qui me porte pour toujours, un jour de colère de la gynéco contre le magistère:
Vous êtes baptisées, vous n’avez pas à vous taire si vous le faîtes dans le respect de l’autre, vous avez même à parler.
l’Eglise c’est nous tous et pas uniquement un corpuscule frileux, qui n’aime pas le monde, reste sous bulle et ne veut pas réfléchir de peur d’être bousculé…
je me demande parfois s’ils ont lu l’Evangile et la Bible….
Nous sommes encore assez nombreux à croire que Vatican II est un vrai don de l’Esprit!
Mais la crise que nous vivons en est peut-être un ….dans le sens qu’elle peut réveiller tous ceux qui se découragent et pensent qu’ils ne peuvent rien faire….et regarde avec tristesse l’Eglise disparaître…..elle renaît peut-être si nous restons et disons????
bon dimanche
Je suis tout à fait d’accord avec le commentaire de Claudine Onfray du 13 mars .
Par contre , si véritablement nos évêques sont sous surveillance et sont l’objet de délations , pauvre Eglise que celle d’aujourd’hui! nos évêques sont les successeurs des apôtres , tout de même !
Raison de plus pour dire ce que nous pensons, comme l’expose Claudine , et comme le demande le Concile: « lumen gentium , art 69: les laics peuvent , et même parfois ils doivent donner leur avis en ce qui concerne le bien de l’Eglise »
Nous devons effectivement dire et rendre visible l’Eglise du Christ qui accueille, aide , pardonne, vit de la vie du Christ et non de sentences toutes faîtes.
Pour information, j’avais écrit à Mgr Daucourt, lors de l’affaire du Brésil,pour le remercier de ses positions, et lui exprimer mes interrogations.Il m’a répondu une longue lettre, chaleureuse, et pleine d’humanité.
On n’est muselé que si on le veut bien,quelle que soit l’institution à laquelle on appartient.S’opposer demande une force que tous n’ont pas.
Michelle
J’en appelle à l’avis de mes frères et soeurs baptisés,
Depuis quelques années, progressivement, les Célébrations pénitentielles avec absolution collective, organisées notamment pour le carême, ont disparu dans ma paroisse.Il s’agit d’une paroisse rurale constituée d’une vingtaine de communes.
En remplacement, une « demi-journée du Pardon » est organisée dans l’église la plus importante : des prêtres venus de l’extérieur et le curé de la paroisse confessent pendant plusieurs heures.
J’ai quelques amis, dont quelques « recommençants », qui ne souhaitent pas se confesser et regrettent les célébrations pénitentielles. Certains vont jusqu’à se poser de graves cas de conscience en se demendant s’ils pourront vraiment continuer à communier.
Heureusement, nous avons découvert que les paroisses voisines organisent toujours des célébrations pénitentielles. Il nous faudra faire 25 km.
Ce type de pratique ne risque-t’elle pas de fermer l’Eglise en rebutant nombre de gens qui reviendraient bien peupler nos célébrations dominicales ? Cette innovation vous paraît-elle une expression de la « politique écclésiale du rétroviseur »? J’aimerai notamment avoir l’avis d’Anne et de Christine.
Merci d’avance et merci à Anne et Christine de nous permettre de nous exprimer.
Nicole
@Nicole,
Il y au moins 25 ans, peut-être 30, que la question des absolution collectives a été tranchée. Elles ne peuvent être données qu’en cas de force majeure et d’urgence. Par exemple, en cas de guerre. Sinon, la pratique des célébrations pénitentielles collectives est maintenue, avec lecture de la parole de Dieu, prédication, méditation, et action de grâce communes, mais aveu et absolution individuels.
On ne peut donc pas parler de « retour en arrière ».
Christine,
Merci pour la réponse et sa promptitude. On manque souvent d’information et l’on prend l’usage pour le règlement !
Nicole
La question a été tranchée… Oui et non.
A ma connaissance, les deux textes officiels sont le rituel romain de la pénitence (1974) et le Droit canon (1984), canons 960 – 963 (que tout le monde peut lire en ligne : http://www.vatican.va/archive/FRA0037/__P3C.HTM .
Le droit canon, (DC) traite des « péchés graves » : ce qui laisse des possibilités pour les autres cas.
Et c’est aux évêques à évaluer la « nécessité » d’autoriser ou non l’absolution collective.
Les fidèles de ma génération, celle qui a eu le bonheur d’avoir 20 ans au moment du Concile, ont connu, pendant tout un temps, des célébrations paroissiales de la Pénitence avec absolution collective (avec confession individuelle pour ceux qui le désiraient). C’était fait, bien entendu, avec l’aval de l’évêque du lieu.
Je laisse aux futurs historiens de l’Eglise le soin de comprendre ce « retour en arrière » dans la pratique et de ses (prévisibles)conséquences. Que s’est-il passé exactement ? Comment ce qui se vivait paisiblement, avec des fruits spirituels en formation, a-t-il pu être assimilé à une « braderie » du sacrement ? Et par quels moyens, avec quels arguments le Vatican a-t-il fini par imposer ses vues urbi et orbi ?
J’ai une question qui me taraude depuis le milieu des années 70 (début du tour de vis par rapport à ce qui est né du Concile) : Comment, par quel canal, du neuf peut-il encore advenir dans l’Eglise ? Si la perfection est de suivre à la lettre le DC, si Rome tranche en tout, si les évêques ne peuvent plus prendre d’initiatives, comment l’Esprit peut-il répondre, ici et maintenant, en France, aujourd’hui, aux besoins pressants de la Mission ?
J’ai tendance à répondre très vite, je dis ce qui me tient à coeur et ce dont j’ai pris conscience et ne suis une spécialiste de rien du tout mais je pense qu’on peut avoir quelques lumières sur cette question , Thérèse, en songeant à l’histoire. De tout temps, il y a eu des avancées et des retours en arrière et des stagnations. Il y a aussi des idées , des concepts qui pénètrent profondément et qui restent dans l’inconscient collectif.
Les ouvertures et les risques (car il y a des risques !) engendrent des peurs et des replis et nous sommes dans une telle période.
Si on considère l’Eglise comme un corps, ce qu’elle est, alors nous savons bien que notre corps(je veux dire nous-mêmes) est complexe et qu’il n’obéit nullement à une progression régulière et parfaite vers la Lumière et la Vérité.
L’Esprit n’est nullement prisonnier de l’institution car « nul ne sait d’où il vient ni où il va … » ce qui ne nous retire aucune responsabilité vis-à-vis de cette institution.
C’est bien St Ignace qui dans sa prière demandait à Dieu de lui donner la force de changer ce qu’il pouvait changer et d’accepter ce qu’il ne pouvait,changer.
Moi aussi j’ai adoré les années 70! mais j’avais 20 ans en 1978 ….
Dans ma paroisse de la banlieue lyonnaise , il y a le choix entre le sacrement de pénitence totalement individuel ( peu fréquenté) et la célébration de la Pénitence avec absolution collective ( forte participation de pratiquants réguliers et moins réguliers).
Je ne sais pas si le curé ( très respectueux de sa hiérarchie et très apprécié des fidèles ) a pris ou pas une liberté avec le droit Canon ou/et les consignes diocèsiennes si elles existent.
Je ne suis pas théologien, mais je pense que la réglementation et la pratique ecclésiale doivent aussi répondre aux souhaits du Peuple de Dieu, et être conçus pour accueillir en priorité les recommançants et catéchumènes.
Et laisser à ceux ci le choix de la forme du sacrement de pénitence, qui n’est pas le sacrement le plus accessible pour un néophyte, même s’il est essentiel?
@ Camille
« L’Esprit n’est nullement prisonnier de l’institution, écrivez-vous, car « nul ne sait d’où il vient ni où il va … ». Comme c’est vrai : quand l’institution verrouille tout, Il souffle ailleurs !
« L’Église, à divers moments de son histoire, a pris peur de l’Esprit, a cessé d’être mystique et créatrice pour devenir juridique et moralisante. Alors les bourrasques de l’Esprit ont soufflé à sa périphérie et parfois contre elle dans une grande exigence de vie créatrice, de justice et de beauté. « Il y a des athées ruisselants de la parole de Dieu », disait Péguy, et c’est toujours vrai. » Ainsi s’exprimait Mgr Riobé, évêque d’Orléans, dans une « confession de foi » écrite pour Le Monde et publiée le 9-10 juillet 1978, soit huit jours avant sa mort – son testament d’évêque en quelque sorte…
« Guy-Marie Riobé, évêque et prophète » : le titre de sa biographie* donne à réfléchir. Est-ce la vocation d’un évêque d’être prophète ? On a plutôt le sentiment qu’il leur est demandé d’être de bons gestionnaires…
Or tous les baptisé-e-s, ont à être prophètes par vocation baptismale… Tous, jeunes et vieux, hommes et femmes, laïcs et évêques… Vu l’état du monde et de l’Eglise, c’est urgent ; et en même temps c’est très difficile, cela demande beaucoup d’écoute et de courage. Comment pourrions-nous nous entraider les uns les autres en notre vocation prophétique ?
Voici le lien qui permet de lire « Comme une flamme appelle une autre flamme », la « Profession de foi » de Mgr Riobé parue dans le Journal Le Monde en 1978 :
http://www.guymarie-riobe.org/article.php3?id_article=6
Les décisions prises au synode de Rouen montrent peut-être une évolution favorable :
voire notemment les votes 71 et suivants, spécialement 78 et 78 bis, qui peuvent éviter des virages à 180° lors d’un changement de prêtre.
Les réflexions du théologien du synode donnent aussi des perspectives.
http://www.synoderouen.com/rubrique,vote-du-1er-mai,535146.html
bonjour tout le monde,
Cela m’amuse de lire vos mails car je vis exactement la même chose !!! Je suis relativement très engagée dans ma paroisse et je me vois dans l’obligation de partir. L’entente avec mon curé n’étant absolument plus possible !! J’ai donc « migré » à 20km de là.
Et j’ai proposé mes services dans ma nouvelle paroisse de coeur.
Une seule chose me distingue de Paul. J’ai vécu la même chose que lui ……. à l’inverse !!! C’est à dire que je fuis un curé trop moderniste, trop innovant, n’obéissant pas à son évêque qui lui, en revanche, obéit au Saint Père. Je fuis un curé qui n’a que Vatican II à la bouche et qui ne l’applique pas, puisqu’il s’est créé sa propre liturgie ……
je n’ai pas 40 ans, j’ai 5 enfants tous très jeunes et mon curé, à mon grand regret, considère que ma façon de pratiquer n’est pas la bien venue dans son église. Dommage !
Un seul hic ! Nous sommes quelques familles à penser comme moi et nous avons 45 ans de moyenne d’âge et plein de jeunes enfants ou ados…. Beaucoup de personnes pensent comme mon curé et ils ont 70 ans de moyenne d’âge …….
Que réserve l’avenir à cette paroisse ……….qui vivra verra !!
Bonjour Blandine-Marie,
« Cela m’amuse de lire vos mails », commencez-vous par écrire ; malheureusement la suite de votre propos montre que cet amusement est aux dépens de ceux qui ont partagé ici leurs difficultés, leurs inquiétudes quant à l’évolution actuelle de l’Église, voire, pour certains, leur découragement… Croyez bien que j’en suis consternée.
Quand aborderons-nous, les uns et les autres, la question de nos préférences liturgiques et/ou de nos approches théologiques différentes, sans arrière-pensées, nets de cœurs, en réelle fraternité ?
Je regrette aussi que vous surfiez ingénument, à déjà 40 ans, sur la vague « Nous on est jeunes, nous on a tout plein d’enfants (et de « vocations ») : l’avenir c’est nous. » … Et ce « Qui vivra verra !! »…
Il se pourrait que les « 70 ans » d’aujourd’hui soient plus précieux pour l’avenir de l’Église que vous ne le pensez. Ce ne serait ni la première ni la dernière fois.
Mais regardons plutôt le rôle des vieux au début de l’Évangile de Luc : Zacharie et Élisabeth, tous deux « avancés en âge » qui deviennent parents de celui qui «ramènera beaucoup de fils d’Israël au Seigneur leur Dieu» ; Siméon et Anne, deux vieux qui reconnaissent en l’enfant Jésus celui qui apporte le salut, «lumière pour la révélation aux païens et gloire d’Israël». Partageons un instant l’étonnement des jeunes parents de Jésus : ces vieux, dont ils savent la réputation d’homme «juste et pieux» et de «prophétesse», leur apprennent sur leur enfant quelque chose qui les dépasse…
Cette « révélation aux païens » qui faisait toute l’attente d’un saint vieillard, au niveau de votre génération qui en a pris le relais ? Combien en portent le souci ? Portez-vous le souci des «autres», tous ces autres que Chrétiens de votre génération ? Vous êtes quelques brebis rescapées d’une génération presque toute entière dispersée dans la nature et vous êtes la consolation de vos aînés : Alléluia ! Mais, je vous en prie, portez le souci de ces autres comme la génération qui vous précède l’a porté et le portera jusqu’à la mort !
Bien des différents et des malentendus entre Catholiques de sensibilités différentes s’originent là, dans l’attention aux autres qui ne sont pas ou ne sont plus du bercail.
C’est la Mission qui est au cœur de Vatican II. Ce curé qui n’était plus « possible pour vous, si, réellement, il prend des libertés par rapport aux rubriques du Missel Romain (paru après Vatican II, lequel n’a donné que les grandes lignes de la réforme), pourquoi le fait-il ? Pour son plaisir ? Par prurit « moderniste » ? Ou par souci pastoral, par sollicitude pour les brebis les plus fragiles, celles qu’on voit rarement dans les églises et/ou celles qui sont tentées de partir (non pas pour une autre paroisse, mais pour de bon) ? Peut-être a-t-il compris, ce prêtre, comme Charles de Foucauld l’avait compris au moment de son ordination sacerdotale, à 43 ans, qu’un prêtre qui veut suivre l’exemple du Bon pasteur doit, comme Lui, donner priorité aux « brebis les plus perdues », à ceux que Foucauld appelait « les frères de Jésus qui L’ignorent » …
Bonsoir Madame,
« Cela m’amuse de lire vos mails » n’est pas une phrase qui aurait dû vous choquer. En effet, cela m’amuse de voir que nous souffrons tous. C’est de l’ordre de rire ou pleurer, il faut choisir ! Pensez-vous réellement que je quitte ma paroisse le coeur joyeux ? Si cela était le cas, croyez-moi que je ne serais plus autant impliquée depuis longtemps. Je ne découvre pas mon curé. Cela fait 5 ans que nous cohabitons. Il se trouve, que récemment, les libertés qu’il a prises ont fait plus que me choquer. Depuis quand faire lire les évangiles au cours de la messe, oui oui la messe, du jeudi saint est un acte de sollicitude envers les brebis égarées ? Depuis quand peut-il dire que prendre la communion à la bouche c’est se mettre « hors » de l’Eglise ? Depuis quand peut-on dire à quelqu’un qui soutient qu’à Lourdes, le Pape a donné la communion à la bouche et à genoux, qu’il dit n’importe quoi et qu’il n’a rien compris ? Depuis quand, un formateur en liturgie (!!) peut-il dire à quelqu’un qui demande juste une messe Paul VI, qu’il ne faut pas réouvrir les querelles avant et après Vatican II ????? (Formateur en liturgie !!???)
J’ai le soucis de mes ainés, Madame. Sauf quand ceux-ci se permettent des réflexions au cours de la messe en disant à des enfants qui imitant leur catéchiste (moi en l’occurence) se mettent à genoux au moment de la consécration : »levez vous, ne faites pas n’importe quoi ! »
Vous parlez de souffrance, Madame, sachez que la souffrance n’est pas dans un seul camp. Il est plus difficile d’être de sensibilité traditionnelle que vous semblez le croire. Nous sommes écartés, pas les bienvenus (mon charmant curé, devant les touristes plus tradi que nos paroissiens habituels, lance un : »ça y est, la Vendée est parmi nous ! » charmant, vous-dis-je !), raillés et insultés. La télé et les médias ne nous épargnent pas, depuis le Motu Proprio. Les prêtres et les autre cathos non plus.
Je comprend vos souffrances car je les partage. Et vous, partagez-vous les miennes ? Cherchez-vous à nous connaitre ? A nous comprendre ? Faites vous un pas vers nous ?
Nous, tout cela, nous le faisons ! Mes enfants sont catéchisés encore cette année dans ma paroisse. Et je tolère que
-l’on dise à ma fille ainée que l’on peut être catho et bouddhiste
-que si les moines ont une tonsure, c’est qu’à l’époque, il n’y avait pas de traitement capillaire (??dixit la catéchiste)
-qu’à la retraite de profession de foi de ma fille, une catéchiste nous annonce qu’elle est tout de même plus proche de la conception des protestants que des cathos qu’elle trouve un tantinet rudes
-que mon fils danse dans l’église le 30/05 jour de sa 1ère communion
Comprenez-vous que je parte ??
Et une dernière chose, juste pour le clin d’oeil : « à déjà 40 ans », non, madame, pas encore 40 ans…..
Et l’Eglise serait-elle le seul endroit au monde où la jeunesse ne serait pas l’avenir ?
J’espère ne pas vous avoir choquée encore une fois. J’essaie juste de partager un point de vue, certes différent du vôtre mais un point de vue qui existe tout de même.
Amicalement,
Blandine-Marie.
@ Blandine-Marie,
La souffrance ? C’est vous qui en parlez, nous détaillant la vôtre.
J’ai parlé de « consternation ». Consternation devant une attitude que, tant vous mettez de passion en votre cause, vous et ceux qui pensent comme vous, ne voyez même plus. Mais rassurez-vous : la consternation est un état passager : comme un nuage, elle est passée.
J’ai parlé de « souci ». Pas du « souci des aînés » qui vont à la messe, mais du souci du Bon pasteur pour les autres de tous les âges, qui ne sont pas ou qui ne sont plus Chrétiens : ce qui est très différent. Et ce souci, croyez-le, rend heureux.
« Sachez que la souffrance n’est pas dans un seul camp », dites-vous : je vais me permettre de n’être encore pas d’accord et sur la notion de « camp » et sur votre instrumentation de la souffrance.
Vous êtes peut-être, après tout, vraiment dans un « camp » ; mais y en a-t-il un seul autre ? Et vous vous servez de votre souffrance comme d’un projectile contre les supposés assaillants. Toute souffrance est instrumentable : c’est ce que dit la mort et la Résurrection du Christ. Mais autrement.
A Blandine Marie
Je suis adhérente de la Conférence des Baptisés, je communie debout avec les mains, et j’aurais apprécié qu’on propose à mon fils de danser le jour de sa première communion.
Et je suis très heureuse que vous ayiez pris le temps d’exprimer sur ce site ce que vous pensez et ce que vous ressentez.
Je me sens très proche de vous. Je comprends très bien que vous soyez mal à l’aise avec une certaine forme de liturgie ou avec une certaine manière de proposer le catéchisme aux enfants.
Parent moi-même, je vous reconnais parfaitement le droit de choisir la formule qui vous paraît la mieux cohérente avec les options d’éducation que vous prenez par ailleurs. Et je vous fais confiance pour élever des enfants épanouis, comme le seront aussi sans doute ceux qui auront dansé.
Comme vous je suis sensible à ces choses-là, même si c’est d’une autre manière : récemment j’ai pleuré en communiant tellement je me suis sentie frigorifiée par la raideur de la liturgie.
Je ne trouve pas du tout choquant que l’on choisisse la paroisse dans laquelle on se sentira le mieux. Et je ne suis pas choquée que vous ayiez changé de paroisse. Bien sûr c’est dommage que vous n’ayiez pas pu vous entendre avec le prêtre, mais cela peut arriver. On ne peut pas demander, on ne doit pas demander aux prêtres d’être parfaits et nous ne le sommes pas non plus.
Reste la question la plus importante et c’est là que je me réjouis vraiment de votre présence sur ce site.
La question la plus importante c’est « que fait-on pour les autres ? », pour ceux qui ne peuvent pas changer de paroisse parce que c’est trop loin. Pour ceux qui ne mettent pas les pieds à la messe ? Pour ceux qui savent danser mais ne connaissent pas le « Notre Père » ?. Pour ceux qui voudraient faire partie de l’Eglise, communier avec les autres, sans attendre des années avant d’avoir le « bagage spirituel » qu’ils n’ont pas acquis chez eux, petits ?.
Ce que dit la CCBF c’est que l’Eglise doit aujourd’hui répondre à un monde qui a changé et que c’est à nous tous, prêtres, religieux, laïcs de toutes sensibilité d’en discuter ensemble.
C’est pour cela que je me réjouis de votre présence ici : discutons-en ensemble.
Fraternellement,
Merci Blandine Marie.
@ Thérèse,
Vous m’avez jugée sans me connaitre. Vous m’avez accusée de me moquer des gens, je cite : « malheureusement la suite de votre propos montre que cet amusement est aux dépens de ceux qui ont partagé ici leurs difficultés, leurs inquiétudes quant à l’évolution actuelle de l’Église, voire, pour certains, leur découragement… Croyez bien que j’en suis consternée. » Quel dommage ! Je parle de souffrance et cela vous rend amère ! Et vous en profitez pour m’expliquer, je cite :Toute souffrance est instrumentable : c’est ce que dit la mort et la Résurrection du Christ. Mais autrement. »
Merci pour votre sens de l’écoute, votre compassion toute chrétienne !
Nous pourrions vivre ensemble sans nous battre mais pour cela il faut savoir faire un pas vers l’autre. Accepter que nous soyons différents dans nos ressentis, notre façon de croire et de prier.
Cela fait 5 ans que j’essaie de vivre avec mon curé et mes collègues catéchistes. Je peux fermer les yeux sur le fait que mon fils va danser (!!), (sachez que je l’ai fait pour ses 2 soeurs ainées, vous voyez que je ne suis pas si fermée !!)mais on pourrait envisager de proposer-pas imposer- la communion à la bouche !!! Tendre une main charitable envers les plus classiques ! NON ! ici, dans cette paroisse, cela n’est guère envisageable ! Pas de compromission. Mon curé passe son temps à répéter qu’il faut savoir accueillir l’autre. Le protestant avec qui on fait une messe en sortant toutes références à la Vierge Marie, pour ne pas choquer. Le musulman, l’orthodoxe etc….. Mais les tradis, grand Dieu, non !
Je parle de camp, et j’assume. Parfois, je n’ai pas l’impression que nous ayons la même religion. celle de l’Amour de Dieu, père, fils et Saint Esprit, du Dieu-Amour , de la tolérance et de la charité.
@ Brigitte,
Je vous remercie pour cet accueil. Je n’ai pas pour habitude de témoigner sur ce genre de site. Mais je dois dire que le témoignage de Paul et les commentaires qui ont suivi m’ont interpelé. Je remarque que nous partageons une même « consternation », pour employer le terme adéquat, avec des causes diamétralement opposées.
Contrairement à vous, je trouve choquant de changer de paroisse. En effet, où l’on peut changer de boulanger ou de coiffeur, il me semble difficile de choisir sa paroisse. Mais pour cela, il faut ouvrir ses bras et son coeur aux autres, à ceux qui sont différents. Or, nous sommes souvent mal perçus et mal acceptés. Notez que je le regrette vraiment ! Je suis d’autant plus désolée que je sais que mon curé m’apprécie mais que ma façon de pratiquer l’insupporte. A genoux, à la bouche ….
Mais vous avez entièrement raison. Que faisons nous pour les autres ????? Déjà, faisons l’unité si chère au Saint Père. Donnons un exemple de tolérance, d’amour et de charité. Je pense que seul l’exemple peut servir ! Nous sommes dans un monde qui pense pouvoir vivre sans Dieu. Nous, nous savons que c’est faux ! Donnons leur la possibilité de se poser la question : Pourquoi sont-ils si heureux ? Parce que nous savons que nous sommes Aimés !
Et puis pour ceux qui savent danser mais ne savent pas le Notre Père, il suffit de les rassurer en leur expliquant qu’être catholique ce n’est pas partager des valeurs ou un même savoir, c’est juste une rencontre. Une merveilleuse rencontre. Et que s’ils L’aiment, ils apprendront très facilement cette prière usuelle. Mais d’abord, le plus important, c’est de L’aimer.
Le plus dur sera la première approche, la première annonce. Mais, malgré tout, les gens se posent beaucoup de questions, ils cherchent des réponses. Je crois qu’il doit être possible de faire cette première approche.
L’heure tourne, il faut que j’aille chercher mes enfants à l’école.
Je suis ravie de discuter avec vous.
In Xto
Blandine-Marie