Ecoute, bénédiction et espérance en réanimation pédiatrique

26 février 2010
Par Xavier

Cécile nous fait le récit de son expérience de bénévole dans un service d’hôpital pour enfants malades.
Elle nous rend témoin d’une manière de vivre les ministères d’écoute, de bénédiction et d’espérance…

Pousser la porte du service, passer le SAS d’entrée, se laver les mains, se revêtir de la blouse bleue en papier, poser la charlotte sur les cheveux, se désinfecter les mains  et …  entrer.

Je viens pour « être là » « parmi eux » : l’équipe du service de réanimation pédiatrique.
Je viens en tant que bénévole pour me tenir auprès des enfants malades et de leurs parents.
Je viens les écouter.  
Me tenir auprès ,  qu’est-ce que cela peut bien être ?
Être présente et toute attentive à ce qu’ils vivent, à ce qu’ils souhaitent et à ce qu’ils ne souhaitent pas.
Ne pas parler.
Venir un peu plus tard.
Sourire et regarder dans les yeux, bien franchement et paisiblement, le père de ce petit garçon qui a eu une greffe du foie, qui a des tuyaux partout, même dans le cou, qui respire grâce à un tuyau.

Ne pas avoir peur.
Être bien ancrée sur le sol et dans la présence. 
Sortir mes antennes et mon sixième sens, celui qui connaît le cœur,  rempli de peine et d’amour, de ces parents.

Écouter  les longues heures debout, à tourner autour du lit, à observer le va-et-vient des infirmiers, à regarder par la fenêtre, à attendre le résultat d’une prise de sang, à attendre des nouvelles de l’interne, à espérer un frémissement de paupières sur le visage de leur enfant… à donner des nouvelles aux uns et aux autres  pendus au portable…
Écouter le souci pour le frère aîné qui attend le retour du petit malade à la maison, qui est gardé par les grands-parents, les amis.
Écouter la nuit qui va venir : ne pas pouvoir quitter l’hôpital car la situation est trop « critique », et donc décider de dormir dans la salle d’attente, avec ses fauteuils bien durs en bois.
Écouter tous ces jours de vacances qui sont utilisés pour veiller leur enfant.
Écouter et VOIR L’AMOUR.

Comment ne pas ressentir un immense respect ? Un besoin de s’incliner intérieurement devant ce courage et cette endurance. 
Comment ne pas ressentir l’envie de leur donner quelques forces intérieures,
de les bénir, de leur dire que cette présence et cet amour silencieux et total est vivant, que leur enfant le ressent et qu’il y puise sûrement ?

Leur dire aussi que leur enfant est un vrai « samouraï », qui endure et résiste, qui se bat. Leur dire qu’ils peuvent consulter la psychologue pour parler du grand frère. Qu’ils peuvent voir l’assistante sociale pour des jours de congé spécifiques. Leur dire que l’équipe est formidable et ils sont bien les premiers à l’avoir remarqué. Leur dire qu’ils ne sont pas seuls.

Et qu’y a-t-il de plus sinon l’espérance ?
L’espérance que leur enfant passe ce seuil critique,
l’espérance qu’ils tiennent le coup, eux, les parents – physiquement et psychologiquement –
l’espoir dans l’équipe médicale, que toute sa compétence et toute sa technique sophistiquée fassent des miracles et que leur petit garçon soit sauvé !

Ainsi,  chaque fois que je passe le SAS et que je rentre dans le service, 
je sais que je vais rencontrer l’Amour, la manifestation de l’Esprit Saint, et que l’écoute, la bénédiction et l’espérance s’y tiendront la main.

Cécile G.V.

Une Réponse à “ Ecoute, bénédiction et espérance en réanimation pédiatrique ”

  1. Anne-Marie sur 26 février 2010 à 20 h 25 min

    En vous lisant je me souviens d ‘avoir demandé un jour à une de mes amies ,Ptte Sr de Jésus,pourquoi y a t il des Petites Soeurs au Désert?Pour une présence ,m a t elle répondu.
    Nous avons beaucoup de mal à réaliser qu il n y a pas assez de Présence gratuite et silencieuse dans les endroits de souffrance .Nous voulons toujours ètre dans l action utile.

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