Baptême de Jésus, fête des baptisé-e-s
Écoutez, prêtez l’oreille.
Dès le premier mot, le ton est donné : « Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu ».
Isaïe, le prophète, qui ouvre les lectures de ce dimanche 10 janvier, jour du baptême de Jésus, dit bien « le vôtre ». Votre Dieu.
Et vous voilà bientôt invité à monter sur une haute montagne, à dire, de ville en ville : « Voici votre Dieu ».
Saviez-vous que c’est à vous de dire alentour, en jubilant : « Voici votre Dieu »? Dieu est là, prévenant, qui prend soin.
Et que va t-il arriver ? Non, pas la Passion, mais le baptême.
Le coeur de cette consolation se passe là, au baptême.
Que voyons-nous?
Jésus est là, au milieu des hommes, comme tout le monde, auprès de Jean le Baptiste.
Rien d’une différence ne transparaît. Pourtant, l’expérience qu’il va faire est d’une intimité incroyable.
Intériorité dont nous lecteurs, sommes les seuls témoins. Lorsque la voix du ciel reviendra, et sera entendu par quelques uns, ce sera à la Transfiguration.
Mais là, c’est nous qui entrons dans l’intimité du cœur de Jésus.
Le ciel et la terre communiquent, en Jésus Christ.
Entendez-vous cette parole : « Tu es mon fils bien aimé. Aujourd’hui, mon amour t’engendre.
Jésus, à partir de là, va témoigner.
Chaque parole sera signe du royaume, et c’est de là qu’elle part.
Une parole féconde. Une parole à vivre.
Sous nos regards, se donne à voir un homme tout simple, accompli, simple, appelé à la vie de Dieu, Temple de l’Esprit.
C’est cela être fils, être enfant de Dieu.
Cette réalité, ce n’est ni plus ni moins que notre réalité à nous tous, dès lors que nous cherchons, que nous commençons à, dire « oui » à Dieu.
C’est la même chose. Paul le dit : par le bain du baptême, il nous a fait renaître. Dans l’Esprit-Saint. Répandu avec abondance.
Dès lors que nous disons oui, cette réalité s’accomplit.
L’aventure de notre vie est alors de nous ouvrir à cette parole unique donnée, aujourd’hui, demain, toujours : « Tu es mon fils », ma fille, à chaque instant, Tu es unique.
Chacun est unique !
Nous avons toute la vie pour déployer cette fécondité.
C’est cela vivre l’accomplissement de notre baptême.
C’est ce qui fait que la vie mérite d’être vécue, à travers tout ce que nous pouvons traverser, maladies, épreuves, joies.
Laissons se déployer la fécondité de notre vie de baptisé-e-s. Nous sommes envoyé-e-s, donné-e-s à notre monde, lumière au cœur du monde , là où nous sommes appelé-e-s.
Laissons nous séduire par cet amour, laissons le nous prendre toute notre vie.

Pour nous qui osons l’aventure de la conférence des baptisé-e-s de france, ce dimanche du baptême de Jésus consrtitue un fondement, une source à laquelle nous aurons souvent besoin de revenir, au long du chemin de la conférence.
Juste après, Jésus subira les tentations, et ensuite, sa vie publique se déploiera, de plus en plus largement.
Mais là, il reçoit la reconnaissance plénière du Père. Et elle lui suffit.
Nous suffira -t-elle, sur le long chemin qui attend la conférence? Oui, elle devrait. Mais avant de craindre de manquer, ou de faillir, le bonheur du jour suffit. Le bonheur de nous savoir fils et filles, pour annoncer la sollicitude de Dieu autour de nous.
oui les cieux se sont ouverts pour ne jamais se refermer.
Dieu s’est plongé dans sa création pour lui dire chaque jour:
« vous êtes mes filles et mes fils bien aimés par le Christ »
mon Esprit est en vous , n’ayez pas peur! vous êtes des filles et des fils et non des esclaves.
ce monde, aujourd’hui, vous devez l’aimer profondément et y être mes témoins pour marcher dans les pas du Christ qui comme à Emmaüs marche avec chaque enfant, chaque femme et chaque homme sur terre.
Effectivement Claudine, les cieux se sont ouverts pour jamais ne se refermer…
La confirmation se trouve elle-même dans la suite de l’Évangile de Luc :
Au moment de la mort de Jésus, lorsque c’est le Fils qui a son tour rend l’Esprit, le voile du Temple se déchire (Luc 23,45)… Ce voile qui marquait la séparation dans le Temple entre ce qui était du coté de Dieu et ce qui était du coté de l’humain. Aussitôt le premier à lui rendre témoignage est un païen : le centurion au pied de la croix (Luc 23, 47) !
Mais cela ne s’arrête pas là, car il y a le chapitre II de cette histoire qui se poursuit avec le récit des Actes des Apôtres, toujours par le même Luc… Et qui commence immédiatement dans les 2 premiers chapitres par l’évènement de la Pentecôte, à nouveau ce don de l’Esprit venant du Ciel.
Au final, le passage de l’Évangile aux Actes nous fait suivre la même aventure de l’Esprit. Mais dans l’Évangile on est centré sur un Corps individuel, le Christ ; dans les Actes on est centré sur un Corps collectif, celui formé par celles et ceux qui se sont risqués à mettre leur vie à la suite de cet Homme singulier, l’Homme véritable selon Dieu, le Fils. Mais c’est la même aventure qui se poursuit et se poursuivra jusqu’à la fin des temps et jusqu’aux extrémités de la Terre.
Voilà de quoi les « baptisé-e-s » que nous sommes, sont héritiers (Rom 8, 17, et Ga 3, 29 et 4, 7) ce que dira très bien St Paul lui-même, dont Luc était un disciple, dans sa lettre aux Ephésiens (4, 11-13)
« Les dons que le Seigneur a faits, ce sont des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs et catéchètes, afin de mettre les saints en état d’accomplir le ministère pour bâtir le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude. »
Ou dans sa première lettre aux Corinthiens (12, 27) : « vous êtes le Corps du Christ, et vous êtes ses membres »…
Et qu’est-ce qu’un corps vivant si ce n’est un corps où le sang et la parole circulent ?