« L’Union », grand rêve de Charles de Foucauld et de Louis Massignon, et la « Conférence des Baptisé-e-s de France » par mgr J.-C. Thomas
« L’Union », grand rêve de Charles de Foucauld et de Louis Massignon,
et la « Conférence des Baptisé-e-s de France » par mgr Jean-Charles Thomas

Si la « Conférence des Baptisé-es de France » cherche à faire d’eux et d’elles ce qu’ils sont (ou devraient être) selon la Bible et les textes du Concile Vatican II, je ne peux m’empêcher de penser au « grand rêve » de Charles de Foucauld pendant les 7 dernières années de sa vie.
En 1909 Foucauld a l’intuition que tous les chrétiens sont appelés à devenir des évangiles vivants, ayant pour modèle Jésus vivant à Nazareth pendant 30 ans, sans autre ministère qu’une existence vécue dans l’amour de son Père, des hommes et des femmes de son temps. Ayant traversé l’incroyance en découvrant l’humanisme et la science, Foucauld connaît les résistances qu’on peut ressentir contre toute idée de croyance. Ayant retrouvé la foi chrétienne en vivant avec des musulmans et des chrétiens il sait que la bonté et la proximité touchent les cœurs et ouvrent des chemins vers la foi.
Le 29 novembre 1908, Louis Massignon, âgé de 25 ans, intellectuel de grande culture arabe, élevé en milieu catholique et ayant perdu la foi, avait écrit à Foucauld qu’il venait de s’ouvrir à la foi chrétienne en Irak et de retrouver la paix du cœur à Alep depuis le mois de juin.
Foucauld pressentait que beaucoup de catholiques allaient faire des expériences du même ordre. Que tous étaient appelés à défricher, à ouvrir des voies pour l’évangélisation. Là où ils vivaient. Quel que soit leur état de vie. Foucauld leur proposait Jésus de Nazareth comme modèle unique, l’Evangile et la Bible comme source de foi et de méditation, l’Eucharistie comme aliment, la bonté comme mise en œuvre de la fraternité universelle selon le commandement central donné par le Christ.
Persuadé qu’il était urgent de mettre en œuvre ces fondamentaux de la foi et du baptême, Foucauld propose ce programme à tous les baptisés de France : le manque de conviction de beaucoup lui semble dramatique, et l’ évangélisation semble réservée à quelques-uns. Il voit dans le couple d’Aquilas et de Priscille le modèle à proposer, eux que saint Paul avait reconnus comme éléments fondateurs des communautés de Corinthe et d’Ephèse.
Et, pour que les baptisés ne quittent surtout pas leur environnement culturel, professionnel, ecclésial ou ministériel, il ne structure aucun cadre selon les règles de l’Eglise romaine (le Droit ecclésial catholique de l’époque ne prévoyait rien qui puisse correspondre au rêve de Foucauld). Il parle seulement d’une Union, d’une sorte d’association des cœurs, d’une sodalité…Sans réunions spéciales, sans hiérarchie, sans règles particulières, sans vœux. Simplement une conviction chrétienne partagée entre les baptisés s’inscrivant dans cette Union.
A partir de 1909, Foucauld n’a qu’une idée en tête : en parler autour de lui, la proposer le plus largement possible en France. Le 22 février 1909, l’Union prend corps pendant une nuit de prière à Montmartre. Louis Massignon en devient membre : il a 26 ans. Foucauld a 51 ans, il est prêtre depuis 8 ans. Massignon se mariera à 31 ans. Il fera la guerre de 1914-1918. L’Union comporte 49 membres à la mort de Foucauld, en décembre 1916. Massignon succède à Foucauld. Il sera ordonné prêtre au Caire, dans l’Eglise orientale qui accepte d’ordonner les gens mariés, le 28 janvier 1950. Il fera connaître l’Union jusqu’à sa mort en 1962. Ce sera son grand rêve, et pour lui, et pour tous les baptisés de France désireux de vivre en fidélité à leur baptême. Aujourd’hui, Jean François Six a repris le flambeau : l’Union compte plus de 1.000 membres.
Le 6 mars 1909, l’évêque de Viviers qui était aussi l’évêque de Foucauld, lui écrivait à propos de l’Union : « J’approuve votre projet…mais si Dieu veut qu’il se réalise, que de difficultés il va rencontrer et par quelles souffrances il lui faudra conquérir sa place au soleil de la Sainte Eglise. Ce n’est pas un motif pour reculer, c’est au contraire un encouragement à se mettre vaillamment à l’œuvre…Elle vaut la peine qu’on s’y emploie de tout son pouvoir ».
Vous voyez pourquoi je ne peux m’empêcher de faire un certain lien entre « l’Union » et la « Conférence des Baptisé-es de France ». Exactement un siècle sépare les deux naissances.
Jean Charle
s Thomas,
ancien évêque d’Ajaccio et de Versailles,
membre de l’Union,
baptisé depuis 80 ans.
(PS. Voir le livre de Jean-François Six intitulé
« Le grand rêve de Charles de Foucauld et Louis Massignon »,
Albin Michel, mars 2008, 380 pages)
Ah, Monseignreur, comme je suis émue de vous voir retrouver sous vote plume les noms de deux de mes aînés dans la foi, Ch. de Foucauld, et surtout Louis Massignon, dont le très grand récit de conversion au bord d’un fleuve d’Irak, le Taq, je crois, m’avait tellement marqué, et dont la Badaliya, cette union à laquelle vous faites écho, est comme sa signature de fraternité.
Merci de comparer notre grand rêve, à nous aussi, à cette union. C’est bon d’avoir des aînés. Peut-être que nos enfants le diront plus tard de la conférence, si nous parvenons à leur laisser une maison de parole où il fait bon laisser parler l’Evangile….
Anne Soupa
Quel bonheur…
Quelle émotion au sens le plus fort du terme : une véritable motion intérieure très forte que de lire ce que vous nous rappelez, mgr Thomas : une intuition qui nous précède et qui avait donc été déjà mise au jour par de si belles et de si fraternelles figures… Il y a tout juste 100 ans… Et si vous saviez combien la figure de Charles de Foucauld est parlante pour moi…
Que ce signe est fort !!!
Que ce signe porte à l’espérance…
Comment ne pas y voir comme la résurgence d’un travail souterrain, discret mais au combien persévérant pour ne pas dire obstiné de l’Esprit…?
Le fin murmure d’une brise légère qui réconforte, soigne, régénère, vivifie… et qui révèle la beauté de frères et de sœurs à nos cotés…
Ce que vous nous écrivez réveille et fait chanter en moi le psaume 132 :
« qu’il est bon, qu’il est doux pour des frères (avec leurs sœurs !),
de vivre ensemble et d’être unis [...]
C’est là que le Seigneur envoie la bénédiction,
la vie pour toujours ! »
Comment ne pas se laisser prendre par un tel élan ?
Merci !
Merci profondément,
merci infiniment monseigneur pour cette bénédiction que vous nous portez ainsi !
Qu’elle féconde et fortifie l’intuition que cherche à développer cette si belle idée de la Conférence des Baptisé-e-s de France…
votre petit frère, baptisé depuis moitié moins de temps !
Chère Anne et cher Xavier,
Moi aussi je suis très émue car c’est une voix autorisée, un évêque émérite, un Ancien dans la foi, qui lève pour tous ici un peu le coin du voile, confirmant notre conviction intime.
C’est le même Esprit qui agit en 2009 à travers la création, par Anne, Christine et quelques autres, de la Conférence des Baptisé(e) s de France comme Il a agi en 1909 à travers la création, par Charles de Foucauld et Mgr Bonnet, de l’UNION des Frères et Sœurs de Jésus – Sodalité Charles de Foucauld*.
En cette « Visitation » entre l’UNION et la CBF, je me coule, pour rendre grâces, dans le simple relevé (références ôtées) des passages des textes du Concile Vatican II qui traitent, dans la table analytique de l’édition du Centurion (1967), de « L’action de l’Esprit Saint dans l’Église » :
L’Esprit Saint conçoit les fils que l’Église engendre, vivifie le Corps mystique, remplit l’Église.
Ses grâces sont avant tout ajustées aux nécessités de l’Église.
Il transforme l’Église en communion fraternelle, la pousse à s’étendre, à se renouveler, à se sanctifier, à se mettre à jour, à se rajeunir, à apprendre le langage du temps, à se conserver et à progresser dans la foi, en l’introduisant à une intelligence plus profonde de l’Écriture, à évangéliser le monde.
L’Esprit Saint conserve l’Église dans la fidélité à son époux et à sa mission, et la guide pour le pèlerinage vers le règne du Père.
(* L’UNION et la Badaliya sont distinctes. La Badaliya est née en 1934 du « vœu » ou offrande de soi de Louis Massignon et Marie Kahil, une Égyptienne de rite melkite, à Damiette, là où François d’assise s’était offert (en vain) à l’épreuve du feu pour témoigner de la foi chrétienne devant le sultan. De rite oriental, elle est vouée à l’Islam.)
Quel bonheur de lire cet article , et quel cadeau , alors que nous allons feter l’anniversaire de la mort de Charles de Foucauld le 1er Décembre prochain! Je me pemets aussi de partager avec vous ce que je vis avec conviction, joie, et foi, depuis quelques années ,simplement, comme le voulait Frère Charles…Je suis membre de l’ union sodalité créee par lui en 1909. J’ y ai trouvé un sens a ma vie, mon travail, mes engagements, et la liberté des enfants de Dieu, dans la certitude de l’ accomplissement de ce que j’avais a vivre, et a accomplir, en vivant dans la sérénité de mon unité intérieure profonde, et dans la cohérence.C’ etait une révélation, une grande joie, et ça l’ est toujours…Cette aventure m’a permis de marcher sur des chemins surprenants,a hauteur d’ homme (et de Femme!),en renversant bien des obstacles..Avec vous, je rends grace pour tout cela. L’ engagement avec le Comité et la CCBF, en sont la poursuite logique pour notre temps, la continuité évidente, et je suis sure, que frère Charles est bien présent dans cette histoire, et qu’il en est heureux! Action de grace, bénédiction,éspérance! Merci infiniment.
« Une maison de parole où il fait bon laisser parler l’Evangile…. »
C’est faute d’une telle maison que beaucoup sont partis, que nos enfants ont fui leur église de baptême, eux que l’on voit vivre pourtant selon les principes évangéliques …
Merci à Mgr Thomas pour son article, il nous informe sur « l’Union » , confrérie trop peu connue de baptisés que nous comprenons très discrète, tant il est difficile d’être à l’intérieur et de garder sa spécificité et son originalité.
Originalité sans aucun doute puisque la communauté est ouverte aux hommes comme aux femmes, sans réunions spéciales, sans hiérarchie, sans règles particulières, sans vœux… et elle continue à vivre ! Quel bel exemple !
Dès son arrivée je me plongerai dans le livre de Jean-François Six que je viens de commander…
@ AdrienneH,
L’UNION, depuis 25 ans que j’en suis, a changé ma vie de fond en comble. Pour les raisons que dit très bien Sylvie.
Je suis encore dans l’émerveillement de ma rencontre avec Foucauld présenté par J-F Six, lui-même membre de l’UNION. Comme tout catholique de ma génération, je connaissais le Père de Foucauld comme une sorte de « moderne père du désert » : silence, pauvreté héroïque, « enfouissement » (mot qu’on ne trouve nulle part dans ses écrits) au milieu de populations vaguement musulmanes. Je connaissais sa postérité spirituelle à travers les « petites sœurs de Foucauld » et le livre du P. Voillaume « Au cœur des masses » (enfouissement…). J’admirais, de loin ce modèle qui n’était pas pour moi, appelée à vivre la prière au cœur d’une vie d’une Mme Tout-le-monde, la plus concrètement utile, la plus riche en relations, la plus intense possible.
Étant tombée sur un texte de J-F Six, j’ai commencé à lire ses travaux sur Foucauld, me disant : « C’est trop beau pour être vrai ! » ; et encore : « C’est un original », « c’est « son » Foucauld à lui, ce n’est pas le vrai »… En femme curieuse qui ne s’en laisse pas compter (historienne de formation, allergique aux hagiographies), j’y suis allée voir par moi-même, en même temps que je commençais à expérimenter dans ma vie la « méthode » UNION.
Eh bien le Foucauld que présente J-F Six c’est le bon (Six est aussi un historien) ! C’est le bon pour une raison très simple : c’est Foucauld suivi simplement pas à pas (sans idée préconçue de ce qui serait le plus important), dans sa vie, dans son itinéraire spirituel jusqu’à son dernier jour. Et ce Foucauld donne envie qu’on lui emboîte le pas : c’est un homme qui, en amoureux de Jésus, se laisse conduire par l’Esprit et marche jusqu’au bout, en perpétuelle conversion.
Sa vie a été présentée, de manière tristounette comme « disloquée », « déconcertante », alors qu’elle est marche mystique. Et sa « petite confrérie », comme il disait, l’UNION, dont on peut se sentir partie prenante sans forcément faire la démarche de demander à y entrer officiellement, nous met à bonne école : être « original » est une marque foucauldienne. (Et moi j’ai envie que chaque baptisé devienne « original », unique : c’est cela dont nous avons besoin aujourd’hui et c’est cela que peut encourager la CCBF).
Foucauld était à la fin de sa vie un homme rayonnant de joie (ceux qui l’ont approché l’on dit ; et ça se voit sur la photo mise dans l’article de Mgr Thomas !)
Si vous aimez lire, vous serez passionnée par le dernier livre de Six : « Foucauld autrement » (DDB, 2008).
Pour ma part, j’ai présenté ce « Foucauld autrement » dans une série d’articles sur le site des Groupes Jonas : http://www.groupes-jonas.com/neojonas/article.php?sid=541&mode=&order=0
Très beau témoignage en effet. N’est-il pas une invitation à appeler votre mouvement « Union des baptisés de France »… ce qui semblerait plus consensuel ??
Nous ne sommes pas du tout « crispés » sur la question du nom. Les buts sont bien supérieurs à l’étiquette qui les couvre. Nous écoutons, nous entendons. Nous ferons ce qui semblera le mieux et le plus consensuel, car nous voulons être d’abord une force constructive.
C’est vrai qu’ « union » est un fort et beau nom.
J’ai fait une recherche rapide sur « sodalité » qui m’était inconnu.
Jean-François Six le définit ainsi : « Terme utilisé dans l’ancien Droit Canon. Synonyme de « confrérie ». »
C’est dans son article sur « la postérité spirituelle de Charles de Foucauld, paru dans la revue Etudes, qu’on peut lire à l’adresse suivante :
http://www.cairn.info/article.php?ID_ARTICLE=ETU_971_73
Merci Thérèse, qui portez un patronyme bien connu de Charles de Foucauld,pour le partage, pour cette belle histoire, les explications et les conseils de lecture (que je vais suivre bien sûr).
Comment faire pour connaître l’Union ?
Je n’ai rien trouvé sur Google !
@ Adrienne,
« Thérèse Huvelin » est un nom choisi pour écrire (au départ pour ne pas impliquer malgré eux mes proches): Thérèse de Lisieux (mon second prénom reçu au baptême, passé pour moi en premier) et l’abbé Huvelin, oui. De tamanrasset, Foucauld écrit à Massignon le 31 août 1910 : « le courrier vient de m’apporter des détails sur les derniers moments de celui entre les mains de qui je me suis converti il y a 24 ans et qui est resté depuis lors mon père bien-aimé. Il a gardé jusqu’à la fin toute sa connaissance mais pouvait à peine parler. Ses deux dernières paroles ont été « amabo nunquam satis »* et « on vaut par ce qu’on aime » ; il se parlait comme à lui-même poursuivant sa pensée. Ces deux mots résument sa vie. »
* = « je n’aimerai jamais assez »
@ Camille,
l’Union n’a pas de site jusqu’à présent.
@ Gonzague
Merci pour votre lien avec l’art. paru dans Etudes.
Ce nom d’UNION pour la confrérie créée par Foucauld : une « union de frères et sœurs (du Sacré-Cœur) de Jésus » qui se vouent à la recherche des « frères et sœurs de Jésus qui L’ignorent ».
Ça renvoie à l’Évangile de Jean où les disciples deviennent « un » entre eux du fait même qu’ils prennent à cœur, chacun chacune, de devenir « un » avec Jésus qui est « un » avec le Père, Jésus venu rassembler dans l’unité tous les hommes, enfants de Dieu dispersés.
C’est l’union mystique visée par Jean de la Croix dans ses écrits (que Foucauld a lus de près).
Union ou confrérie : devenir frères et sœurs. Les distinctions, prêtres, laïcs, etc sont secondes et ordonnées au « un » johannique. D’où les accointances, que Mgr Thomas a bien vues, avec la Conférence des Baptisé (e)s de France. Et il est permis de penser que la naissance de celle-ci réjouit le bienheureux Charles de Foucauld.
Il pensait pour son UNION à une archiconfrérie, structure qui permet d’agréger aussi des personnes morales : dans la liste des 49 premiers membres établie de sa main – où la moitié sont des prêtres et la moitié des laïcs, hommes et femmes, mariés on non, religieuses –, figurent deux carmels en tant que tels ! C’est dire la souplesse, l’ouverture.
La CCBF n’est-elle pas dans la même problèmatique que Foucauld créant l’UNION : fonder qqch d’ouvert à l’Esprit (donc de souple), qui trouve sa place, canoniquement, dans l’Eglise afin d’avoir de l’efficacité ?
@ Adrienne
« Thérèse Huvelin » est le nom que j’ai choisi pour écrire (au départ pour ne pas « embarquer », par mon nom de femme mariée, ma famille dans des paroles personnelles nées de ma vie de foi).
Thérèse de Lisieux : mon second prénom reçu au baptême.
Et l’abbé Huvelin dont Foucauld écrit de Tamanrasset, le 31 août 1910, à Massignon :
« Le courrier vient de m’apporter des détails sur les derniers moments de celui entre les mains de qui je me suis converti il y a 24 ans et qui est resté depuis lors mon père bien-aimé. Il a gardé jusqu’à la fin toute sa connaissance mais pouvait à peine parler. Ses deux dernières paroles ont été « amabo nunquam satis »* et « on vaut par ce qu’on aime » ; il se parlait comme à lui-même poursuivant sa pensée. Ces deux mots résument sa vie. »
* = « je n’aimerai jamais assez »
@ Camille
L’UNION de frères et sœurs de Jésus – Sodalité Charles de Foucauld n’a pas de site ni de messagerie. On prend contact avec elle toujours au travers d’une rencontre de personne à personne, le plus simple étant d’écrire à Jean-François Six, son coordinateur, 127 rue Notre-Dame-des-Champs, 75006 Paris.
Demain 1er décembre : Foucauld a été tué le 1er décembre 1916.
La spiritualité de Charles de Foucauld est source d’inspiration pour tout baptisé, le terme « Union » est symbolique, il me semble, de la communion dans l’Esprit saint .
Cependant, je trouve que le terme de « Conférence » fait davantage référence à l’échange d’idées, de dialogues, de prise de parole, l’un n’excluant pas l’autre,surtout pas !
Merci de tout cœur, Père Thomas, de votre rapprochement stimulant entre l’Union et la conférence des Baptisé-e-s. Je reconnais bien là votre liberté de parole.
Puissent l’une et l’autre n’être pas seulement qu’un beau rêve !
Chère Thérèse
Merci beaucoup, beaucoup pour les toutes les précisions et développements que vous nous apportez… Surtout avec la dernière : le prolongement avec l’évangile de St Jean dans cette expérience de l’unité, d’une unité si profondément vivante…
Cela rejoint précisément l’expérience du Cœur ouvert de Jésus qui a été si fondamentale et déterminante dans l’itinéraire de Charles. Je crois y reconnaitre la même petite musique intérieure au cœur même de ce qui m’a justement mis en route dans la rencontre de cette intuition de la CCBF…
Je viens de commencer le livre conseillé par J-C Thomas… Fabuleux…
Quelle belle convergence se confirme là !
Tout en respectant l’originalité de l’Union, quelle puissante source d’inspiration pouvons-nous puiser là… Ce que rapporte J-F Six dans son livre, garde toute sa pertinence dans cette « maison de parole » que nous désirons pour notre Église, dans et pour sa mission au cœur de notre monde : « prêtres et laïcs travaillant ensemble, les uns et les autres, de pensée intelligente et intelligible » (p 315).
Être vraiment, à frais toujours nouveaux, et ensemble ces « défricheurs évangéliques », pour être plus aptes à vraiment rencontrer notre monde : « L’essentiel est d’être le sel de la terre, de porter l’Évangile à cette Terre, de le faire avec intelligence et délicatesse, selon ce qu’est cet Évangile. De l’apporter au monde chacun selon sa vocation [...]
L’Union, tout baptisé, quelque soit son état, peut en vivre. » (p. 316) !!!
Quel réconfort intérieur, un vrai baume, un « baume précieux » comme dit le psaume 132, surtout lorsque l’on sort d’un temps éprouvant de lecture sur des blogs qui se déchainent avec violence justement contre la CCBF…
Ce matin la journée avait commencée sur ces paroles du prophète Joël : « Demain, tes fils et des filles prophétiseront… Même sur les esclaves, hommes et femmes, en ce jour là, je répandrai mon esprit. » (Joël 3,1).
Ce soir, en ce jour anniversaire de la mort de notre cher petit frère Charles de Jésus, je termine ma journée, porté par le rythme de Vivaldi donnant toute sa profondeur et son mystère au psaume 126 :
« Nisi Dominus ! Nisi Dominus aedificaverit domum, in vanum laboraverunt qui aedificant eam…
Cum dederit dilectis suis somnum ; ecce haereditas Domini filii : merces, fructus ventris !
Sicut sagittae in manu potentis : ita filii excussorum… »
« Si ce n’est le Seigneur qui bâtit la maison, en vain travaillent ceux qui la construisent…
Le Seigneur comble ses amis dans leur sommeil.
Voyez : l’héritage du Seigneur ce sont ses fils (et ses filles !), sa récompense, le fruit de ses entrailles…
Telles des flèches dans la main d’un guerrier, tels sont les fils (et les filles !) engendrés dans la jeunesse. »
ce 14.02.2010 : Merci à ce vent frais qui nous fait du bien !
Secouer ce qui peut paraitre un peu empoussiéré ! Restons des chercheurs de Dieu…
Merci aux pasteurs, théologiens et évêques qui soutiennent la Conférence des Baptisés.
Avec mon amitié fraternelle, Vive ceux qui nous auront précédé; dont Ch. de Foucault…
Georgette C.