« Ministères d’écoute, de bénédiction et d’espérance » : peur des grands mots ?

19 décembre 2009
Par CCBF

Une réflexion entrainante d’Anne Castéran
pour (re)lancer les baptisé-e-s que nous sommes tous
dans la réflexion partagée et l’exercice des trois « ministères »
rappelés par Anne Soupa le 11 octobre dernier.

Tibériade 2

Peur des grands mots ?

Ils m’ont trop souvent évoqué, en église, des assertions dogmatiques, des sermons tombés de chaire , où je me suis ennuyée.

Aussi, il me fallait m’interroger à propos des « ministères d’écoute, de bénédiction et d’espérance » qui, au premier abord m’ont un peu déconcertée.
Certain(e)s d’entre vous ont une solide culture théologique. De tels concepts leur sont familiers.
Mon bagage est plus léger. Pour ceux et celles qui sont dans mon cas j’ai eu envie de réfléchir tout haut ;

D’abord, « ministère » :

Je connais le ministère presbytéral grâce auquel le clergé est investi d’une autorité de pasteur pour guider son troupeau, nous, ses ouailles. . .ses administrés !

Ce qui est nouveau pour moi, c’est cette prise en main des ministères précités : Écoute, Espérance, Bénédiction .
Nous ne sommes donc pas des petites filles chaussant les escarpins de Maman, des petits garçons enfilant le veston de Papa.
Nous sommes l’ÉGLISE, peuple en marche. Nos flambeaux sont ces trois ministères. Pour qu’ils éclairent le chemin, chacun devrait les méditer au moins quelques instants.

Espérance

J’ai envie de remercier Xavier qui m’a fait comprendre le ministère d’espérance, en parlant d’« esperar », qui signifie en espagnol : attendre un enfant.
Sans attendre la première échographie, ni même qu’il bouge, la femme sait qu’il est là.

Chez nous, en France, on conjugue le  verbe « espérer » pour espoir et espérance. L’un n’est pas l’autre.
L’espoir est personnel, à court terme ( par exemple, espérer la présence de ses enfants à Noël) L’espérance dilate l’avenir et nous transcende :

nous avons l’espérance d’un monde  plus respectueux de la planète, plus juste et fraternel, avec moins de guerres et une meilleure répartition des richesses.
Surtout, nous vivons dans l’espérance de la Vie Éternelle.

Écoute

À première vue, nous sommes dans une société de communication. Dans les médias, à longueur d’émissions, les gens se livrent et s’épanchent.
On se doit de parler de tout sans se choquer de rien. Mais en réalité, qui écoute, sinon pour juger, ou se comparer avec soulagement ?

Et dans la vie de tous les jours, avec nos proches, nos amis, nos voisins, nos collègues, laissons nous à l’autre le temps de s’expliquer, d’ouvrir le fond de son cœur, pressés que nous sommes de l’abreuver de nos conseils au lieu de l’aider à trouver son propre chemin ?

Bénédiction

J’ai gardé pour la fin le concept  qui, pensais-je, me donnerait le plus de mal.
Je n’étais pas allée plus loin que le bout de mon nez- disons la bénédiction de fin de messe, l’« ite missa est-

Que pouvait-être un ministère de bénédiction ?

J’ai eu un déclic en pensant à son contraire : les  malédictions.
Qui n’a pas entendu, subi, ou peut-être dit des paroles du genre :
«  Je te déteste ! je ne te pardonnerai jamais ! je souhaite que tu connaisses à ton tour le mal que tu m’as fait, etc. . .etc . . ». Un monde se détruit entre  l’offenseur et l’offensé.

Dès lors, le ministère de bénédiction m’est apparu dans toute la lumière du commandement du Christ :
« Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Paroles d’encouragement, d’affection, de pardon , de reconnaissance.
Il suffit parfois d’un grand merci sincère  pour illuminer une journée.

Je serai heureuse que d’autres personnes complètent ces quelques réflexions qui m’ont juste permis de faire un premier tour de la question.

Anne Castéran

3 Reponses à “ « Ministères d’écoute, de bénédiction et d’espérance » : peur des grands mots ? ”

  1. onfray claudine sur 20 décembre 2009 à 7 h 39 min

    bonjour en ce 4éme dimanche de l’Avent
    comme vous bien que depuis toujours engagée dans mon diocèse malgré ma profession: gynécologue spécialisée en stérilité!!!!!donc en désaccord complet sur certains textes du magistère…..( il n’y aura plus de médecins catholiques choississant cette spécialité car les jeunes générations pratiquantes demandent des réponses et ces réponses sont incompatibles avec ce choix…..)
    mais toujours soutenue par mes pasteurs ….et ayant connu avant Mai 68 une discussion libre et constante avec les Jésuites…..je me suis demandée si les mots étaient bien choisis.
    il y en a un qui m’a fait craindre une mise à l’écart des médias catholiques c’est le terme même de conférence jusqu’au jour où j’ai pu constater qu’il existait de nombreuses conférences dont les logos apparaissent sous un texte d’André XXIII……
    les trois ministères choisis me paraissent par contre sans problème aucun:
    le ministère de l’écoute: c’est l’une des qualités des femmes de savoir écouter, sans juger, être là simplement à côté d’un enfant, d’une personne qui se meurt…..
    de plus c’est l’une des urgences en Eglise: écouter sans juger, écouter l’autre, l’autre sexe……comment dialoguer sans altérité?…et comment rejoindre l’autre sans avoir vécu ou senti un peu les réalités…..le Christ n’a pas fait de grands discours, il était là à côté pour faire grandir….Des hommes ont aussi cette qualité….mais en raison du célibat des prêtres obligé du moins chez nous……la sensibilité féminine, les choix devant lesquels sont affrontés les couples ne peuvent être vraiment compris …..il est déjà si difficile dans un couple qui s’aime de rejoindre la spécificité de l’autre .
    Dieu a d’ailleurs fait l’être humain : homme et femme en face à face, …..
    pour permettre cet échange…..cela me rappelle cette phrase d’un Cardinal qui a un jour dit: je vous demande de ne pas parler de la souffrance sans l’avoir vécue vous-même.
    l’Eglise meurt d’une parole qui ne peut s’exprimer…..

    le ministère de l’espérance : oui j’ai beaucoup aimé vos mots…..logique…..
    mettre au monde un enfant c’est le plus extraordinaire geste d’espérance …..
    en ce temps de la Nativité on oublie souvent quel risque Marie a pris, on édulcore …..
    et Joseph!!!!! ce couple a risqué la mort…..

    le minitère de la bénédiction est le ministère de toute femme et de tout homme : c’est dire du bien , c’est vouloir du bien pour l’autre, comme vous le dîtes c’est aimer…..
    bien sûr certains diront il y a la bénédiction du prêtre , de l’evêque, du pape ….
    oui mais ils ne bénissent pas en leur nom ils demandent à Dieu de bénir ce lieu, cet évênement surtout ces hommes et ces femmes qui sont là non pas par un rite magique mais ils disent de la part de Dieu que Dieu veut pour cette humanité le bonheur, la joie…..
    cet engagement de Dieu l’a conduit sur la croix.
    à evreux notre réflexion prendra corps en janvier…..

    Mais comment franchir ce barrage des institutions qui ne veulent pas voir que c’est en Eglise, pour l’Eglise, que nous marchons?
    peut-être par des gestes concrets au quotidien….ou plus organisés……

    en union de prières et de joies familiales avec vous en ce temps de Noël
    claudine onfray

  2. martine Faïsse sur 22 décembre 2009 à 10 h 14 min

    Bonjour à tous,
    Pour ma part, je vois dans l’appellation de « ministère » pour ces trois missions que sont l’écoute, l’espérance et la bénédiction, un petit parfum d’impertinence et de provocation, exactement comme le terme de « conférence » des baptisés que l’on pouvait mettre en parallèle à la conférence des évêques, laquelle avait lieu pile au même moment.
    Cela donne à l’église un ton de jeunesse et de fraîcheur qui me plaît beaucoup et qui rappelle que tout baptisé a un rôle à jouer, une responsabilité à prendre.
    Personnellement, je prépare la veillée de Noël sur le thème de la naissance = faire naître Dieu par une re-naissance de la foi, de l’écoute, de l’espérance de la bénédiction, je me sers de tous vos commentaires et de vos prières aussi et ainsi, le soir de Noël, c’est toute la promesse de cette conférence des baptisés que je porterai avec moi.
    Soyez tous bénis pour votre engagement !
    Très joyeux Noël à tous.
    Martine F.

  3. AdrienneH sur 29 décembre 2009 à 22 h 37 min

    Merci à Anne C, Claudine et Martine pour l’aide apportée à notre réflexion.
    J’ai bien aimé la définition du mot ministère = mission,et les essais de définition de celui de la bénédiction qui pointent tous sur le « vouloir du bien « pour les autres et le leur dire.
    Internet nous offre aussi des richesses, voilà ce que dit wikipédia :
    Le terme Bénédiction apparait 67 fois dans la Bible:53 fois dans l’A.T. et 14 fois dans le Nouveau Testament.

    Dans l’Ancien Testament, le terme ברכה (BaRaKh) signifie trois choses :

    * 1 – une grâce accordée par Dieu,
    * 2 – un souhait humain que Dieu agisse favorablement envers quelqu’un d’autre,
    * 3 – une joie de celui qui voit la réussite ou le bonheur d’autrui.

    Et bien sûr, nous savons que les grâces de Dieu passent par les gestes des Hommes …

    Je souhaite à tous de recevoir et de donner « la Barakah » tout au long de l’année qui vient.
    adrienne

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