Mémoires de Prêtres

Un passage de témoin

Rencontrer les prêtres qui ont marqué les cinquante dernières années ?
Connaître les temps forts de leur ministère, ce qui a fait le cœur de leur engagement.
Ce que le concile Vatican II a changé dans leur vie.
Les écouter, leur donner la parole.

Recueils de témoignages lors d’un entretien libre
Pour transmettre ce qui a été l’essentiel de leur vocation.
Un passage de témoin entre chrétiens dans l’Église.

Un guide d’entretien pour aider les intervieweurs et un guide de bonnes pratiques méthodologiques
Restitution de l’entretien oral sous forme typographique.
Publication ou mise en ligne avec l’accord du témoin.

N'hésitez pas à rejoindre l'équipe de Mémoires de Prêtres si vous avez dans votre entourage des prêtres agés susceptibles d'être intéressés par ce projet.

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Commentaires

Je lis toujours avec intérêt et respect ces interviews et remercie ceux qui s'y prêtent, fussent pour certains en demandant à CCBF de ne pas les publier. Sachant que ceux qui sont attelés à cette belle tâche sont aussi en quête de mémoires publiées, sous forme autobiographique, je signale "le Gué du Jaboq"  sous-titré "le rire d'un infirme", de Jean Massin (Stock1980) associé à l'interview télévisée de lui et de son épouse en 1970 (15'): http://www.ina.fr/video/CPF86625985, et aussi à la partie du livre "la religion que j'ai quittée" que Daniel Tollet consacre à l'itinéraire spirituel de Jean Massin qui se frotte à ceux de Y. Congar et P. Claudel notamment (pages 265 à 276)  https://books.google.fr/books?id=51sfhH9O0K4C&printsec=frontcover&hl=fr#...
Ordonné en 1945 Jean Massin quitta en 1951 suite à une crise théologique à ce qu'il dit. Pie XII fut personnellement très affecté par cette décision (de mémoire, dans Quand Rome condamne), ce qui n'empêcha pas l'institution de donner à croire que Jean Massin était parti pour une femme -et quelle femme!- le traitant au passage de menteur et traitant ainsi, au passage, les femmes de ... Une nièce de Brigitte Massin -nièce très estimable quoique femme!- m'a dit, il y a peu "ça m'a fait chaud au cœur. Revoir Jean  et Brigitte. Jean, dont je garde un souvenir de quelqu'un de si généreux".
 

Message reçu par le groupe de pilotage:

Je viens de m'apercevoir aujourd'hui, en surfant sur le site de la Conférence, que vous avez publié pas mal d'expériences de prêtres.
J'en ai lu plusieurs, c'est vraiment intéressant.
Je ne savais pas trop si ma contribution serait trouvée digne d'intérêt. 
Je dois donc vous dire merci, et de votre écoute, et de votre confiance.
Je suis certain que vous continuez à vous battre de toutes vos forces pour que notre Église devienne enfin plus fidèle à l'Évangile.
On disait autrefois : "si l'Église n'était pas divine, il y a longtemps que les curés l'auraient tuée !"
Heureusement, vous êtes un grand nombre de laïcs à vous battre courageusement pour que les choses avancent enfin.
Je vous en suis reconnaissant.
J'espère que vos frères, que j'ai connus et appréciés jadis, vont bien.
Olivier Gaignet

L'examen froid de l'évolution du nombre de prêtre oblige à constater qu'il y eut toujours un écart caché entre flux -ordinations et décès- et stock. Cet écart correspond aux "départs". A ces départs s'ajoute le nombre de ceux qui, ayant la vocationn, sont partis avant d'être ordonnés. L'instituion n'aime pas les hors normes et sait se faire comprendre à demi mots et même à quart de mot, quand elle n'est pas franchement malsaine. Le séminatiste de 23 ans qui dit "moi, je veux être prêtre et travailler se voit répondre par son évêque "c'est le diable, la tentation", il est envoyé terminer son séminaire à Rome, est ordonné, il dit toujours à son évêque je dois travailler pour être un bon prêtre, et il part à 35 ans pour une carrière d'homme dirigeant de société et de prêtre qu'il est toujours, et de père car il s'est marié. Quel gâchis cette institution d'incapables, d'eunuques qui souffrent d'enflure du cerveau et qui s'efforcent de n'avoir rien sous la jupe!  ... Nous connaissons sans doute tous et avons plus encore connu de ces vocations inabouties et de ces prêtres "partis". La variété de leurs raisons est aussi grande que la variété des raisons de ceux qui ont été ordonné et qui sont "restés". La personnalité propre à chacun -sens de l'obéissance et du service, degré de confiance en l'institution,  expérience du mot amour, ... -. Aussi bien caché que soient ces réalités, il est clair que l'écart entre flux et etstock n'est pas du tout anecdotique. De ces partis ou rejetés nous en connaissons Il semble bien qu'une proportion importante, sans doute entre 1/3 et la moitié, d'hommes et de femmes ayant voulu être ou ayant été prêtres, religieux religieuses aient fait un choix tel que l'institution est dans l'impasse qu'elle s'est construite. Ces prêtres là ont beaucoup manqué aussi à la plupart de leur confrères restés et plus encore à nous, qui sommes l'Eglise.

Merci chaleureux à vous prêtres qui témoignez ici, chacun selon sa personnalité et son coeur. Votre diversité, votre ténacité ou votre simple abandon à l'obéissance aide à préserver l'espérance.

Dans son autobiographie "À cause de Jésus", parue chez Plon, Mgr Joseph Doré consacre un passage assez long à "ceux qui sont partis" il me semble que c'est un témoignage qui rentre bien dans ces "mémoires de prêtres".

Le paragraphe s'intitule "Ceux qui sont partis"

"Auparavant, cependant, je dois afin de répondre de façon rigoureuse à la question de ce livre, « Pourquoi je suis demeuré chrétien », et faire état de ce qui fut une épreuve et une souffrance en cette période ma vie qui était par ailleurs si gratifiante. Je veux parler de ceux que j’ai vu partir. Prêtre moi-même, j’ai vu des prêtres que j’estimais, voire que j’admirais et dont certains étaient des amis proches, quitter l’exercice du ministère presbytéral. Certains sont restés chrétiens, d’autres pas, ou à peine. Je dois à la vérité de dire que beaucoup de ces départs soulevèrent de vrais obstacles, qu’il m’a fallu franchir. Dans certains cas, je n’hésite pas à dire que je ne m’en suis jamais tout à fait “remis”. D’abord, je voyais bien que je n’étais pas “meilleur” qu’eux, qui considéraient, en conscience, qu’ils ne pouvaient pas continuer. J’ai même souvent eu le sentiment que ceux qui partaient comptaient vraiment parmi les meilleurs de nos frères. Comment n’aurais-je pu ressentir ces départs avec un immense regret, aussi bien pour eux que pour l’Église.

Il m’est arrivé aussi de penser que les raisons pour lesquelles celui-là partait, découragé, étaient celles qui me faisaient rester. Comme eux, je voyais bien que quelque chose que j’espérais ne se passait pas vraiment, pas assez. L’Église ne réussissait pas assez bien sa transformation selon l’esprit de Vatican II. Était-ce à cause de la résistance du monde ? Pas seulement. Je voyais bien qu’il y avait aussi du côté de l’Église, dans ses interventions, ses comportements, une façon de ne pas être assez évangélique, de ne pas conformer sa façon d’être aux exigences qu’elle recevait et aurait dû être la première à mettre en œuvre au nom du Christ. Oui, j’ai souffert, je souffre encore chaque fois que mon Église – qui est ma famille – semble laisser une part d’elle-même s’éloigner de son inspiration évangélique originelle et de sa mission apostolique.

Les années passant, mes engagements dans l’Église étant plus grands, je me suis senti de plus en plus responsable de ses manquements. Mais chaque fois, cela a renouvelé mon enracinement dans le Christ. « À qui irions-nous Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle ? »"

Christine, Mgr Doré ... et nous tous. Un ami prêtre avec lequel j'ai parlé longuement a 5 ans de plus que Mgr Doré. Il n'a pas souffert de voir d'autres "rester", il a été heureux que d'autres restent. Sa vocation de prêtre était de travailler au milieu des gens et comme les gens, ... Il a beaucoup souffert de devoir partir. Son père ouvrier décéde à 5 ans, sa mère sans métier avec deux enfants .. l'institution (début des années 40) repérait les enfants prometteurs payait leurs études, ... il est entré au petit séminaire à 11 ans mais contrairement à ce qui était usuel dans d'autres régions, il a pu sortir un peu, rester au contact de la vie. Les premières années de grand séminaire il s'aérait au maximim avec les jeunes et dans les colos laïques des gens de la mine et de l'industire lourde. Après 4 ans de gd sém, il dit à son évêque qu'il voulait partir, travailler, ... celui-ci y lui dit "c'est le diable, mon fils, c'est la tentation!" ... et lui proposa de finir le séminaire à Rome. De retour au diocèse, ordonné, heureux, il se mit avec ardeur au travail ... mais rien à faire, il voulait demeurer prêtre et travailler au milieu des autres et comme eux: marié avec des enfants, un boulot. La soutane fut pour lui une prison et Vatican II de l'air pur. Cela l'a mené au "burn out intérieur" vers la fin des années 60. Un théologien dominicain dont il a tu le nom l'a aidé à se libérer du conflit qui le minait, l'a invité à contacter un psychiatre. Conclusion du psy : "prenez une cure avec votre mère ou menez votre vie". Il a fait son premier vrai choix, ... et demeure aujourd'hui mal à l'aise avec des promesse qui lui ont été "imposées" quand il est "parti" avec une dispense, dont celle de ne jamais remettre les pieds dans son diocèse et d'être discret. Il a beaucoup travaillé auprès de hautes personnalités dans l'organisation et la gestion de territoires et de patrimoine immobilier social, sauvé quelques société de la faillite. Il été un peu gêné quand il dit que des gens parmis tous ceux qu'ils dirigeaient lui ont dit "tu es chrétien, tu es prêtre" sans qu'il ait jamais rien dit, seul ses repondables politique directs savaient. Il n'a pas voulu demander la retraite à laquelle il avait droit au titre de 10 à 15 ans passées en service officiel de l'Eglise, ... il est reconnaissant à l'institution de lui avoir permis des études qu'il n'aurait jamais pu faire, de connaître des personnes qu'il n'aurait jamais rencontrée, il a retrouver une pratique d'on il s'était éloigné, avec l'aide de son épouse Il a foi en Jésue, et Françoi lui a redonné espérance en l'Eglise. L'usage que l'institution fait du mot parti est maladroit voire malsain quand il est révélateur d'une posture de pouvoir.

Je ne crois pas que l'on devient prêtre parce qu'on en a envie.Bien sur qu'il faut que cete envie existe ,qu'elle soit présente,mais de même que Jésus n'a pas accepté de prendre parmi ses disciples  l'infirme qu'il venait de  guérir et qui le souhaitait ardamment ,de même l'Eglise est en droit  et a même le devoir de choisir ses futurs serviteurs.De toute façon  pour être un "bon" chrétien il n'est nullement indispensable d'être membre du clergé,heureusement d'ailleurs...

Par ailleurs l'Eglise catholique n'est pas la seule à faire ce "tri",les Eglises protestantes (luthero-réformées) et orthodoxes  en font autant.

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