Le lien entre le sacerdoce du Christ, le sacerdoce des baptisés et le ministère des prêtres

16 décembre 2009
Par Christine

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Dans le journal diocésain du 7 septembre 2009, Jean-Louis Papin, évêque de Nancy et de Toul, s’exprime à propos de l’année sacerdotale.
On ne saurait exprimer plus clairement le lien entre le sacerdoce du Christ, le sacerdoce des baptisés et le ministère des prêtres :

En juin dernier, Benoît XVI a ouvert une année sacerdotale pour célébrer le 150e anniversaire de la mort de Jean-Marie Vianney, le saint curé d’Ars. Il a voulu cette année pour que soit approfondie la signification du ministère des prêtres et pour qu’on réfléchisse aux conditions et aux modalités de son exercice.

L’adjectif « sacerdotal » ne vaut pas seulement pour les prêtres. Il s’applique d’abord au peuple de Dieu parce qu’il est le Corps du Christ, unique médiateur entre Dieu et les hommes. Ensuite à chaque baptisé associé par le baptême au sacerdoce du Christ. Quant au sacerdoce exercé par les prêtres, il est au service de celui des baptisés afin que le peuple de Dieu vive du Christ et annonce l’Évangile.

L’année sacerdotale concerne donc l’ensemble des baptisés. Certes, elle nous invite tout spécialement à approfondir la signification spécifique du ministère des prêtres et à promouvoir l’appel à ce service dans l’Église. Mais comme l’écrit Benoît XVI dans sa Lettre aux prêtres, elle doit permettre aussi de réfléchir aux « espaces de collaboration que l’on doit ouvrir toujours davantage aux fidèles laïcs, avec lesquels les prêtres forment l’unique peuple sacerdotal ». Dans un message au récent Congrès ecclésial du diocèse de Rome, il invitait à un véritable « changement de mentalité… concernant les laïcs », afin de ne plus les considérer comme « collaborateurs du clergé » mais de « les reconnaître réellement comme coresponsables de l’être et de l’agir de l’Église ». On ne peut réfléchir valablement au ministère des prêtres sans approfondir et développer en même temps la responsabilité de tous les baptisés.

C’est dans cet esprit que nous ouvrons la nouvelle année pastorale avec une session consacrée à la diversité des ministères dans l’Église et que nous poursuivrons notre recherche sur la place des prêtres au service des communautés chrétiennes.

6 Reponses à “ Le lien entre le sacerdoce du Christ, le sacerdoce des baptisés et le ministère des prêtres ”

  1. Olivier sur 29 décembre 2009 à 14 h 25 min

    Un changement de mentalité concernant les laïcs afin qu’ils soient coresponsables … Quand je lis ça, je n’ai pas l’impression de vivre dans la même Eglise. Pardonnez des propos « localistes », mais mon expérience paroissiale m’a conduit, depuis plusieurs années, à me méfier un peu de la responsabilité des laïcs (au passage, je précise que j’y ai pris part). Ma paroisse est administrée par une équipe de laïcs, la même depuis 10 ans, inamovible. Les curés passent, eux restent. Les modalités de leur désignation étant floues, ils recrutent par cooptation. Ils font tourner la boutique, c’est vrai, mais ils l’ont enfermée dans l’habitude. Quelques-uns ayant eu des responsabilités politiques, ils mélangent allègrement l’Esprit avec l’esprit partisan. Quand des plus jeunes tentent de les bousculer un peu, ils sont certes entendus, mais jamais écoutés. Inutile de préciser qu’ils ne se voient pas proposer une quelconque responsabilité. Les curés successifs ne parviennent guère à les faire évoluer : le précédent était âgé et malade, le nouveau est surbooké avec plusieurs paroisses à son actif. Le cléricalisme n’est pas l’apanage de la hiérarchie de l’Eglise. Ces laïcs, qui revendiquent l’héritage de Vatican II, sont devenus au fil du temps bien plus cléricaux et jaloux de leurs prérogatives que bien des prêtres. Oui à la co-responsabilité, mais surtout pas dans ces conditions. Il faut des mandats clairs, limités dans le temps, non renouvelables. Sans quoi nous vivrons sous l’emprise d’un nouveau cléricalisme, plus redoutable que l’ancien car il avancera masqué. Le problème n’est pas tant de savoir qui exerce la responsabilité, mais dans quel esprit il le fait. Or un prêtre, ça se mute quand ça s’encroûte. Un laïc, ça peut rester ad vitam.

  2. Christine sur 30 décembre 2009 à 11 h 12 min

    Les sociétés civiles ont mis au point et testé de multiples modes de régulation du pouvoir, dont la démocratie, les mandats non renouvelables, les conseils de surveillance, directoires et hautes autorités diverses et variées. Il ne serait peut-être pas inutile de nous en inspirer! Toute responsabilité doit s’exercer sous le regard de ceux pour lesquels elle s’exerce et doit être contrôlée et régulée, sinon, elle devient un pouvoir arbitraire. l’Esprit-Saint ne garantit ni les clercs ni les laïcs de ce type de dérive.

  3. Etienne sur 30 décembre 2009 à 16 h 12 min

    Le problème des laics qui s’accrochent, souvent inconsciemment, à leur tâche pastorale existe partout et il est délicat à aborder pour le curé. Chacun porte en effet un besoin de reconnaissance important pour ces missions confiées qui peuvent structurer l’identité de la personne de façon importante. Un peu de savoir faire est donc requis pour faire évoluer en douceur ces situations.

    Pour avoir animer un séminaire de formation à l’intention de séminaristes et jeunes prêtres sur ces aspects de « management », je peux témoigner qu’ils sont conscients des enjeux et qu’ils ont apprécié les jeux de rôle pour découvrir comment aborder ces situations, avec tact mais détermination.

    La question de la gouvernance est essentielle et l’Eglise a des marges de progrès dans ce domaine.

    La bonne nouvelle, c’est que la Conférence des Baptisés de France doit également aborder cette question de gouvernance pour elle même, pour structurer la dynamique lancée par Anne Soupa et Christine Pedotti.
    Rien ne vaut l’autoexpérimentation pour devenir crédible et convaincant :-)

  4. AMALVY Robert sur 31 décembre 2009 à 10 h 41 min

    permettez moi de vous signaler le dernier N° RSR tope 97/4 où un dossier : Du neuf en théologie sacramentaire.
    En particuler l’article de Joseph MOIGNT : sacrements et peuple de Dieu.
    Il nous invite à sortir d’un sacramentalisme « abusif » rigoureusement fondé sur l’application d’une forme sur une matière qui à pour conséquence l’oubli de ceux pour qui les sacrements sont institués : sacramenta propter homines , le peuple de Dieu.

    Il invite les théologien à la recherhe. Il conclu déjà que les ordinations de lefebvristes ne produisent aucun effet.
    Il propose deux applications : à l’ordre presbytéral et l’administration du baptême.

    Voilà qui aiderait à la probématique de la « Conférences des baptisée/és … »

    Note de la modératrice: RSR, Recherche en Sciences Religieuses, http://www.revue-rsr.com/

  5. isabelle sur 20 janvier 2010 à 19 h 56 min

    dans cet article, je remarque que prêtres ou laïcs , personne n’échappe aux sirènes du pouvoir ( n’est-ce pas une des tentations du Christ?)
    je pense que toute équipe EAP ou autre est redevable face à l’assemblée qui lui a confié ce service. toute équipe laïcs et clers doit rendre des comptes . c’est ce qui se passe chez nos frères protestants.
    Tout engagement ne devrait être que pour un temps limité 3 ans (renouvellable qu’une fois).
    Ceci est vrai dans les mouvements scouts en particulier , pour quelles raisons l’Eglise ne s’applique-t-elle pas cette recommandation? la difficulté , c’est d’accepter de n’être qu’un serviteur inutile , qui accepte de repartir dans l’ombre des projecteurs pour vivre sa foi sans avoir les ors de la renommée , du pouvoir des compliments et j’en passe.

    Tout service officiel demande des comptes et des remises en cause pour continuer à avancer au nom de quelqu’un d’autre, le Christ et non son nom propore.

  6. somot élie sur 7 février 2010 à 18 h 44 min

    Les commentaires aux propos de l’évêque de Nancy et de Toul mettent le doigt sur l’enjeu essentiel… Chaque baptisé, quel que soit sa fonction dans l’Eglise, est convoqué à se convertir sans cesse, à s’ajuster toujours davantage au seul commandement à respecter (Jean 15,12) de “aimez-vous les uns les autres comme je vous aimés”… Mais, nul n’est garant de son propre cheminement si ce n’est le regard fraternellement interpellant des frères et des soeurs qui l’entourent… Hors de cette dynamique de croissance à s’ajuster au Christ, les uns par les autres, rien ne tient dans la durée…
    Pour être personne ressource les uns pour les autes, nous pouvons compter sur la Parole, nourrissante et vivante… Sur notre ouverture au Christ qui, au quotiden, nous façonne… Sur notre présence au monde qui nous permet de faire l’apprentissage au large du commandement qui nous est confié

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