Poitiers : la prime aux baptisé-e-s
« Ouvrez Saint Paul. Quand il parle de l’Eglise, il mentionne une diversité de ministères apôtres, docteurs, catéchètes, prophètes… en cela il ne se réfère pas d’abord aux religions qui l’entourent, mais aux dons que l’Esprit accorde aux baptisés pour le service de tous. On ne sait pas exactement ce que recouvre chaque titre, mais il est sûr que toute communauté avait à son service des ministères différents.»
Ainsi commence l’édito de Mgr Rouet dans le numéro du 6 janvier de Eglise en Poitou.
Alors qu’il y a actuellement dans l’Eglise une grande frilosité sur les ministères – mot devenu tabou en dehors du ministère des prêtres – Mgr Rouet est resté fidèle au concile et à ce que son prédécesseur Mgr Rozier avait initié. Ce numéro d’Eglise en Poitou retrace d’ailleurs l’évolution de ces ministères depuis les années 70. Avant de donner la parole à 5 personnes (dont 4 femmes) qui ont des « ministères reconnus » dans le diocèse.
Enfin on respire ! Loin de la dichotomie que l’on fait de plus en plus entre prêtres et laïcs, entre sacré et profane, entre ad intra et ad extra. Notre 21ème siècle retomberait-il dans la sacralité païenne ou la conception sacerdotale de l’Ancien Testament ? Le Christ et les premières communautés sont venus apporter une toute autre réalité avec laquelle le Concile Vatican II a renoué : celle d’un peuple de baptisés tout entier ministériel.
Merci aux baptisés (dont l’évêque) du diocèse de Poitiers d’oser garder vivante cette Tradition !
Monique Hébrard
Pour commander « Les ministères reconnus », n° 127 de Eglise en Poitou.
Sedicom. 10 rue de la Trinité 86035 Poitiers Cedex. Le numéro 5 €

merci Monique pour cette précieuse information. je commande l’ouvrage.
C’est exactement ce que j’attends de la CCBF ou tout au moins de son site internet : partager les « bonnes pratiques » (comme on dit dans le milieu professionnel) de l’Eglise.
Ce que d’autres ont fait, avec leur évêques, proposons le, là où nous sommes.
De même, ce qui marche bien chez nous, communiquons le ici pour que les autres en profitent.
Il ne peut pas y avoir je pense d’attitude plus positive : valoriser les richesses de notre si chère Eglise.
Regroupons les bonnes expériences, structurons les (synthèse, témoignages, conseils de mise en oeuvre), diffusons les : c’est ce qu’on appelle le « Knowledge management » (gestion/animation des connaissances, des savoirs, des compétences)
Soyons les « Knowledge manager » de notre si chère Eglise.
Par exemple :
vous tous visiteurs,
- racontez nous comment dans votre paroisse, les garçons et filles enfants de choeur vivent très bien ensemble.
- votre conseil pastoral d’évangélisation fonctionne bien et les laïcs jouent un rôle déterminant dans le choix des orientations à prendre : racontez-nous.
- votre diacre, homme actif professionnellement , marié, père de famille fait des sermons qui vous touchent par la proximité avec votre propre vie quotidienne, et par son ton « original » : racontez nous !
ou communiquez nous les coordonnées des personnes que nous pourrions interviewer.
Fouillons autour de nous, ne partageons pas seulement ce qui fâche, partageons le meilleur pour le développer.
Fraternellement,
Brigitte
Bonjour à tous,
Les orientations de Mgr Rouet sur les ministères sont particulièrement intéressantes, originales. elles ont ouvert un espace de co-responsabilité laïcs – prêtres.
Et pourtant, le résultat n’est pas vraiment au RDV , dans la durée :
- Faible renouvellement des équipes constitutées, rendant difficile la durée, courte des mandats
- Augmentation de la moyenne d’âge des paroissiens
- Très faible nombre de vocations sacerdotales suscitées par la dynamique engendrée, du fait notamment d’une proximité avec les prêtres absentes.
Difficile de rapporter les difficultés rencontrées par le diocèse de Poitier aux seules orientations et communautés paroissiales constituées, tant la situation est difficile en France.
Pourtant, je pense que l’articulation entre le ministère sacerdotal et le sacerdoce des baptisé est inapte et part davantage d’une absence de vocation plutôt que d’une redécouverte de la vocation fondamentale des laïcs.
Le chantier reste ouvert…
Pour les questions posées par Monique, je n’ai malheureusement pas beaucoup de témoignage positifs :
- J’étais responsable d’un groupe de servant de messe de garçons. 20 garçons pour une paroisse rurale. Historiquement, ce groupe avait engendré 6 prêtres en 20 ans. Un nouveau curé a introduit la mixité du groupe : les filles, plus mures que les garçons ont pris à coeur et générosité ce service. >aujourd’hui, il n’y a plus q’une petite fille. Un grand gachis… Je pense important de donner un service au jeunes filles, mais pourquoi nécessairement le même que les garçons, dont la proximité avec le sacerdoce est importante ?
Pour les homélies, là aussi, j’ai eu de mauvaises expériences de diacres bavanrds et peu intéressantes : il a finalement été décidé de réserver les homélies aux curés (deux exemples). en revanche, je connais des laïcs qui sont de remarquables enseignants dans le cadre du centre de formation paroissial (la Trinité, Paris)
@Damien,
Merci pour ces précisions.
La CCBF est particulièrement d’accord avec vous quand vous dites: « je pense que l’articulation entre le ministère sacerdotal et le sacerdoce des baptisés est inapte et part davantage d’une absence de vocation plutôt que d’une redécouverte de la vocation fondamentale des laïcs« .
Quand les laïcs sont utilisés comme des supplétifs par manque de prêtres, il nous semble qu’on trahit la réalité de la vocation baptismale. Malheureusement, c’est le cas le plus courant. Ça « cléricalise » les laïcs et ne met pas chacun, prêtres, diacres et laïcs dans leur juste place, d’où les dysfonctionnements.
Sinon, il me semble que nous, laïcs, avons régulièrement à endurer de la part de prêtres, des homélies aussi bavardes qu’inintéressantes. Ce que nous supportons des prêtres, nous pouvons aussi le supporter des diacres… Il me semblerait plus judicieux que les curés confient régulièrement l’homélie à des laïcs qui en auraient la compétence et le charisme.
bien sûr il faut se réjouir de tout ce qui marche et j’ajouterai de tous les laïcs formés théologiquement, bibliquement.
cependant ces laïcs ont souvent des cheveux blancs, car parmi les plus jeunes pratiquants : ils attendent une parole d’en haut, c’est tout!
mais je ne pense pas que le nombre de vocations sacerdotales dépende de la présence ou de l’absence de filles, même si je reçois que la présence de filles puisse repousser certains garçons.
mais que voulons-nous? des prêtres bien dans leur tête, de leur génération , ou des garçons qui rêvent d’un monde où les femmes n’avaient que seule possibilité pour exister que d’être une épouse soumise et sans aucun droit: ni de vote, ni de chèquier, ni d’autorité parentale…..
on est loin du Christ et de Saint Paul:
pour qui les femmes pouvaient être appelées apôtres,
le christianisme a été au début accueilli par les femmes autant que par les hommes.
c’était sa spécificité.
après la structure a repris le controle et remis les femmes « à leur place »
mais cela ne pourra en rester là à plus ou moins longue échéance, la parité vraie se met en place dans tous les domaines….
et pour sourire un peu je fais un rêve c’est de voir un jour, un seul jour, toutes les femmes de l’Eglise déserter leur poste de servante humble ou de paroissienne de base.
je pense que le vide serait saisissant dans nos Eglises y compris au Vatican!!
de plus notre monde a besoin du souffle de Vatican II qui est inscrit dans la parole et dans la vie du Christ et dans la parole de Saint Paul.
si nous étions plus charitables entre nous, plus vrais aussi, l’Eglise irait mieux.
de toute façon , il y a urgence à ne plus éviter de voir la réalité, à s’attaquer avec les autres avec les autres aux défis de ce monde sans penser que l’on détient la vérité.
la Vérité n’est pas humaine ,mais une part d’elle est accessible à tout homme.
Il y a probablement une urgence c’est que nos Evêques réaffirment la collégialité réelle et n’aient pas peur de le dire et que nous soyions avec eux: laîcs diacres ou prêtres .
réponse à Damien.
Tu soulignes que les bonnes intentions de Poitiers ne donnent pas forcément des résultats mirobolants. Je sais, nous ne sommes pas encore au paradis !!! Mais plus concrètement je dirai que le chemin partique, mental et spirituel est encore long pour effacer cette séculaire dichotomie entre les ministères et le les charismes de tous les baptisés. Je crois qu’il faut que nous apprenions à raisonner autrement, à nous aimer, nous comprendre et travailler ensemble, sans complexes de supériorité ou d’infériorité entre prêtres et laïcs. Et à nous engager ensemble dans un chemin de fraternité réelle et de sainteté. Et là nous aurons je crois les vocations dont l’Eglise aura besoin.
C’est passionnant les chantiers qui nous sont ouverts même si nous ne verrons pas toujours les résultats. La CBF est là pour conscientiser et ouvrir le chemin.
Amicalement à toi.
Monique
@Christine
D’après ce que je sais l’homélie ne peut être dit que par un prêtre ou un diacre mais je ne suis pas sûr.
Réponse:
Je place la réponse sous votre question pour qu’elle ne se perde pas dans les autres commentaires
Le prêtre a la responsabilité de l’homélie. Il peut confier la parole à quelqu’un.
Christine
Le meilleur à partager est sans doute tout ce questionnement des baptisés qui aiment l’Eglise et réfléchissent .Il me semble que quand les choses marchent bien c’est qu’il y a ouverture, communication et dialogue, charte bien établie à la quelle chacun adhère, critique positive et remise en cause acceptées
Construire la parité homme/femme, fille/garçon autant dans les groupes de servants d’autel, dont parle Damien que dans les équipes diverses ou dans la création de la CCBF relève d’un travail de réflexion et de sensibilisation qui demande du temps pour être effectif et concrètement opérationnel.
Il me semble aussi que les prêtres jeunes sont parfois inquiets,dans ma paroisse en tout cas, ils insistent sur la place et la fonction du « clergé » comme s’ils craignaient une sorte de spoliation de leur ministère ? Comment sont-ils formés dans les séminaires, à quelles consignes obéissent-ils ( le thème de l’obéissance est d’ailleurs un leitmotiv chez eux) quelles sont leurs attentes, souhaitent-ils réellement un dialogue? Pour ma part, ils me paraissent peu enclins à considérer un changement possible de l’ordre établi.
Damien,
votre raisonnonnement me choque … Les filles à l’autel font fuir les garçons et donc sont la cause du tarissement des vocations, et une homélie est forcément juste et « intéressante » si elle sort de la bouche d’un prêtre … quelle pression, sans vouloir mal faire, met-on sur les prêtres (et les enfants de choeur !!!)en raisonnant ainsi ! quelle pression quand on les transforme en une sorte de surhommes et qu’on veut en faire des parfaits! n’en connaissez-vous pas, des prêtres, qui aspirent à ce qu’on pose sur eux un regard « normal », c’est à dire juste, reconnaissant leurs qualités mais aussi leurs faiblesses d’hommes, et enfin tout simplement à ce qu’on les regarde comme des hommes au milieu d’autres?? …je crois qu’il y aurait un soupir de soulagement de la part d’un certain nombre d’entre eux … mais pas forcément de tous !
dans mon diocèse il y a eu un genre de synode il y a un peu plus d’un an : je participais au groupe d’échanges sur « baptême et ministères » … une vraie désolation, ça s’est terminé en foire d’empoigne entre des prêtres qui avaient peur qu’on leur vole leur bifteck et des laïcs (femmes en responsabilité) excédées qu’on ne leur reconnaisse aucune autorité ni voix au chapitre … il y a encore du chemin à faire …
sinon, puisque vous parlez d’homélies, et pour partager les expériences vécues, dans ma paroisse il y a un diacre dont les paroles touchent souvent : ce n’est pas parce qu’il est diacre, ce n’est pas non plus parce qu’il est marié ou père de famille,il y fait peu allusion, c’est parce que, comme chacun de nous peut le faire, il apporte au seigneur sa semaine et surtout le fruit de ses rencontres avec d’autres, des gens qui eux mêmes ont pris du temps dans la semaine pour partager l’Evangile du dimanche … c’est la pâte de nos vies,ce que nous sommes en vérité qui est juste et qui sonne juste me semble t-il, et non le titre ou la fonction qui nous pare de qualités que nous n’aurions pas autrement …
Enfin, très personnellement, j’ai de plus en plus de mal à accepter sans broncher un discours (l’homélie)dont l’essence paraît d’être sans droit de réponse … où voit-on cela ailleurs dans nos vies ??? pas au travail, pas en famille en tout cas (des fois on voudrait bien pourtant !!!!)…
et puis, s’il vous plait, de la part d’une maman d’enfants de choeur, stop à la pression mise sur les petits garçons !!! laissons-les être enfants de choeur « pour rien »!!
merci à la ccfb d’ouvrir cet espace de dialogue et de tisser ce réseau au delà de l’horizon limité de nos paroisses ! et pardon pour la longueur de ce message !
cordialement
Anne
Bonsoir,
Notre Eglise n’attire plus, les gens ne viennent plus à nos célébrations, les médias n’en parlent plus, regardez la dernière encyclique du pape, passé aux oubliettes de l’histoire… un article dans la Croix et un petit passage dans le Monde et puis s’en va.
Nous sommes une minorité qui n’intéresse pas grand monde, c’est cela la réalité pour moi et je pense pour beaucoup de français.
Alors, faut-il désespérer ? Oui et non.
Oui de voir la structure archaïque et non-démocratique de notre Eglise. Une Eglise dirigée par des hommes en 2010 ! Une type d’Eglise qui se meurt mais qui renait ailleurs autrement et là il y a espoir. La soif de spiritualité reste bien vivante chez tous. La soif de solidarité reste vivace. La soif d’annonce de l’Evangile reste très présente mais pas chez nous, les cathos ou trop peu. Alors sortons de nos schémas, de notre tradition soi-disant inspirée mais que je ne vois plus très bien inspirée en ce moment.
J’ai 40 ans et deux petites filles, que proposons-nous dans nos Eglises ? Une liturgie bien huilée avec des costumes bien propres pour celui qui est au-dessus de tous parlant de l’autel où le Christ va apparaitre ! Lui seul ayant le droit de parler ? J’aurais parfois envie de lui dire à cet homme, je ne suis pas d’accord avec votre homélie (et cela m’arrive bien souvent). Je ne suis pas d’accord de célébrer comme vous le fait (comme si lui seul célébrait alors qu’il ne fait que présider ce que nous faisons tous ensemble) mais j’ai l’impression que si je ne suis pas d’accord dans notre Eglise, il me faut aller voir ailleurs car le dialogue sur nos modes de fonctionnement, de célébration ne se discute pas. Nos conciles sont une lourdeur aujourd’hui. Notre hiérarchie en est une autre. Nous perdons le souffle de l’Esprit par nos structures.
Un dernier espoir, notre pauvreté matérielle qui s’agrandit va nous faire quitter les superbes et peut-être revenir à l’essentiel du message ? Je rêverais de nous voir déménager de l’avenue Breteuil à Aubervilliers ou Villiers le Bel ! Avoir un référendum sur les questions que nous nous posons tous depuis des décennies, comment être communautés chrétiennes ? comment et qui les animent ? sans tabous et acceptant que l’Esprit parle aux Eglises autrement que par les seuls clercs… Bonsoir.
Bonjour, pour ma part un petit témoignage de ce que j’ai vu dans une paroisse de Nantes : il y avait des servants d’autels (garçons, nombreux), et… des servantes d’assemblée ! Les filles avaient ainsi un rôle important pour la cérémonie, aidant à ce que les mouvements d’assemblée se fassent dans le recueillement (comme les servants d’autel, elles marchaient lentement en joignant les mains, et avec le sourire tant elles étaient fières !). Mais leur rôle était différent de celui des servants d’autel, ce qui me semble très intéressant : dans l’Eglise, hommes et femmes ne sont pas appelés aux mêmes ministères. Elles étaient notamment chargées de rassembler les enfants qui avaient leur propre homélie, de la procession des offrandes…
Cette paroisse est TRES vivante, l’église est toujours pleine quand nous y allons, et il y a un nombre très important d’initiatives. Mon mari et moi sommes toujours très heureux d’y aller lorsque nous nous rendons à Nantes : le Christ est vraiment présent, et ça se voit sur les visages !