Thiberville : la CcBF aux côtés de l’évêque d’Evreux.
Ce qui s’est passé à Thiberville dans l’Eure le dimanche 3 janvier est une nouvelle et douloureuse illustration de la grave régression par rapport à Vatican II et de la progression d’un rêve de restauration du temps de chrétienté que toutes les mains tendues de Benoît XVI aux intégristes ont dangereusement ravivées.
Une « paroisse modèle »
Comme c’est souvent le cas dans ces « affaires », celle de Thiberville jouit d’appuis politiques de droite (royalistes, Front National…) qui se joignent aux traditionalistes pour crier au scandale devant ce qu’ils considèrent comme une agression de la part de l’évêque envers une paroisse modèle, vivante, missionnaire (beaucoup d’enfants au caté, des églises pleines, des enterrements célébrés par le curé, de l’argent, des processions dans les rues…) ! C’est « la seule paroisse vivante dans un diocèse dévasté » écrit une personnalité, et voilà qu’elle est attaquée par un évêque qui agit au nom de « l’idéologie de Vatican II », contre l’abbé Michel qui est « un modèle d’application de la volonté du pape. » On peut lire dans l’Homme Nouveau que Thiberville est « la paroisse la plus dynamique et la plus florissante » dans un « diocèse en capilotade » qui devrait la prendre comme modèle au lieu de faire « une gestion de crise à la gribouille ».
(voir le rappel des faits en fin d’article)
Une obéissance à géométrie variable
Certes, il n’est jamais facile de voir partir un curé auquel on était attaché, pas plus qu’il n’est facile pour un prêtre de quitter sa paroisse, mais les changements sont la règle du jeu partout. Certes, les regroupements de paroisse ne sont pas l’idéal, mais les évêques y sont tous acculés (sauf dans les grandes villes), et ces « nouvelles paroisses » ont le mérite de créer des liens de communion plus larges et de pousser les chrétiens à vivre pleinement leur baptême en communion entre eux et avec leur curé. « Elargis l’espace de ta tente »… et tu en récolteras des fruits.
Au contraire les traditionalistes se referment sur leur pré carré et dans leur certitude d’être les seuls dans la vérité vraie ! Depuis qu’ils ont repris du poil de la bête, ils ne cessent de tourmenter les évêques, et de redoubler leurs dénonciations à Rome. Gommés par Rome qui prend des décisions sans les consulter ni même les informer, les évêques sont également ignorés par ceux à qui ils n’ont pas l’heur de plaire et qui s’en réfèrent directement au pape qui est certes chargé de faire la communion, mais qui est d’abord l’évêque de Rome. C’est toute l’ecclésiologie de Vatican II qui est menacée. Comme le notait un évêque dans La Croix du 20 janvier 2010 : l’attitude de ces groupes relève d’un relativisme moderne : ils choisissent l’autorité à laquelle ils se soumettent, se réclament du pape, qui est au loin, au détriment des évêques qui sont proches.
Nous CBF apportons, à la suite des catholiques du diocèse d’Evreux, notre soutien à Mgr Nourrichard, ainsi qu’à tous les évêques qui connaissent les mêmes difficultés pour maintenir la communion au sein de leur diocèse.
Monique Hébrard
Rappel des faits (que l’on a pu voir sur TF1 le 17 janvier).
L’abbé Michel est le curé d’un groupement de 13 communes autour de Thiberville. C’est un prêtre de tendance traditionaliste, qui n’a pas attendu le Motu proprio pour célébrer dans le rite « extraordinaire », et qui a refusé par cinq fois les propositions qui lui étaient faites de changer de paroisse. Cependant, il y a un an il signait son engagement auprès de Mgr Nourrichard, de quitter son poste fin 2009 .Un décret du 23 décembre 2009 concrétisait la dissolution du groupement inter paroissial de Thiberville qui devenait l’une des communautés locales de la paroisse Notre-Dame de la Charentonne dont le curé est l’abbé Jean Vivien. Donc, le dimanche 3 janvier l’évêque, Mgr Nourrichard, arrive à 9h30 à l’église de Thiberville avec le père Jean Vivien pour concélébrer la messe et présenter le successeur de l’abbé Michel. A la porte de l’église, une pancarte : « Messieurs Nourrichard et Vivien vous n’êtes pas les bienvenus à Thiberville. » Effectivement ils ne sont même pas accueillis. Quand l’évêque tente de prendre la parole, les cris, invectives, et gestes de colère l’empêchent de parler… et tous les gens quittent l’église. L’abbé Michel annonce que la messe n’aura pas lieu et donne rendez-vous à 11h15 dans une autre église. Quand l’évêque arrive à 11h05, non seulement la messe est déjà commencée mais un barrage l’empêche violement d’entrer. Entre temps la gendarmerie a même été prévenue sans trop comprendre de quoi il s’agit.
L’abbé Michel a été révoqué par l’évêque mais, soutenu par ses paroissiens et des personnalités du monde civil, et comme le droit canon l’y autorise, il a fait appel à Rome.
Monique Hébrard

merci tout d’abord à vous toutes et tous !
en accord profond avec Monique
je prends le clavier pour dire un mot sur l’affrontement dans le diocèse d’Evreux dont je fais partie.
Je connais bien aussi le prêtre qui s’oppose à son Evêque .
je voudrais juste apporter quelques précisions.
ce prêtre ,l’ancien curé de Thiberville a créé un fief drainant depuis longtemps, malgré d’intervention de vrais amis, un clan royaliste aisé tradi, avec messe en souvenir de la mort de Louis XVI, dorures, dentelles….il n’y a que la crêche qui reste humble….
Il a refusé 5 propositions et signé un accord avec son Evêque de laisser fin 2009 son poste à un autre.
car il est le seul a refusé tout changement dans sa vie!!!
il n’a rempli aucune de ses promesses.
il se tient à l’écart de presque toutes les réunions de prêtres, et aussi très souvent de la messe chrismale depuis des années.
il veut une paroisse pour lui , à lui, ….avec des personnes qui ne dépendent pas de son clocher mais de son idéologie.
Vatican II , il ne connait pas…
le maire le soutient , car c’est un apport financier inespéré pour la commune que cette affluence très aisée et influente.
c’est un visage de l’Eglise qui n’aime pas le monde.qui vit dans un cocon au chaud, et j’irai plus loin acheté.
le Christ a tant aimé le monde qu’il a donné sa vie pour lui.
je pense que là hélas il ne s’agit pas de querelle de clocher , mais d’un enjeu bien plus grand entre une Eglise sel du monde et une Eglise qui aurait chassé le Christ s’il avait vécu à notre époque.
c’est très triste pour l’annonce de la Bonne Nouvelle et je vous demande de prier pour les Evêques affrontés à des problèmes impossibles et des prêtres pris en otage même s’ils sont consentants.
continuez!!!
nous du coup à Evreux on essaye de ne pas en rajouter.
Merci pour cet article. Oui, les évêques ont vraiment besoin de soutien, surtout en ce moment ! C’est ici que se joue l’unité.
Nous vivons les mêmes difficultés, manifs, appel du prêtre intégriste à Rome, jugement qui lui est favorable, l’évêque fait appel à son tour, communautés paroissiales déchirées,triste schisme, je ne vois pas d’autre mot possible, schisme.
Il n’est pas question de » sensibilités diverses « , c’est un triste et réel schisme consommé, enraciné, à ne pas cautionner par un silence complice, « qui ne dit mot consent ».
Oui ils sont riches et les maires ne sont pas responsables, ce n’est vraiment pas de leur ressort, n’auraient-ils pas tort de se priver d’une activité lucrative pour leur commune? Après tout ils favorisent bien des manifestations culturelles, pourquoi pas les processions qui animent le village? Ces chrétiens royalistes rêvent du retour d’un roi de France, visage du Christ sur la terre, sacré roi par le pape, par défaut ils s’offrent la fraternité St.Pie X et consorts, est-il vraiment possible que Joseph Ratzinger n’en soit pas conscient ?
Quand je lis certaines lignes, je me dis : « Et Jésus dans tout ça, pour nous, chrétiens qui adhérons(en principe) à son enseignement »
… Et l’Amour dans tout ça … où est-il ?
Comme il est bon de méditer ce que Saint Paul nous disait ce matin (dimanche 31 janv.) :
1Co 13, 4 – 13
L’amour prend patience, l’amour rend service, il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s’enfle pas d’orgueil,
il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il n’entretient pas de rancune,
il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité.
Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.