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Quelques réflexions sur la béatification

Bernard PAILLOT
Église de Saint-Étienne-du-Rouvray
Par Giogo (Travail personnel) [CC BY-SA 4.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], via Wikimedia Commons

L'actualité me conduit à rapproche la commémoration de l’assassinat du Père Jacques Hamel alors qu'il présidait l'eucharistie et la mort de Mme Anne Dufourmantelle alors qu'elle se portait au secours d'enfants pris dans un accident de baignade.

Tandis qu'une procédure de béatification est en cours pour l'un, le souvenir de l'autre ne vit que dans le cœur des siens et la mémoire de ses lecteurs. Je me permets quelques réflexions que je vous livre ici.

L'un est assassiné parce que, pour deux jeunes égarés, il représentait ce jour-là et en cette église, le christianisme. Il subit la mort. L'autre, par amour d'autrui, se risque volontairement au secours en s'exposant à la mort.

Le martyre (c'est-à-dire le témoignage de l'amour de Dieu) est-il dans la mort subie par hasard et malchance ou dans la vie exposée, offerte dans un élan de compassion et de solidarité fraternelle ?

Le paroissien blessé mais survivant, les religieuses présentes qui ont vécu le drame de Saint Étienne-du-Rouvray ont-ils moins de "mérites" que le Père Hamel ?

Est-on béatifié ou sanctifié par sa mort ou par sa vie ? Je ne connais ni Jacques Hamel ni Anne Dufourmantelle. Jusqu'à sa mort, le Père Hamel était quasi anonyme, sans doute par discrétion. Anne Dufourmantelle, philosophe, psychanalyste, vivait d'une autre façon l'amour de la vie et le service des autres. Je ne pousse pas plus loin le parallèle et, surtout, je me garde bien de juger !  

J'aurais aimé que, par la place accordée à l'un et à l'autre, les chrétiens se manifestent et osent sortir du conformisme et de l'auto-célébration cléricale.

Là où est l'amour, Dieu aussi est présent. Aidons à le reconnaître et à le faire savoir. N'est- ce pas, fondamentalement, notre vocation ? Et n'oublions pas tout ceux qui, par le monde, innombrables, meurent ou sont morts du fait de leur religion, et trop souvent de la main de chrétiens. N'oublions surtout pas ceux, heureusement plus nombreux, qui offrent leur vie quotidiennement au service des autres. Le témoignage et la sainteté ne sont pas dans l'exceptionnel ni dans le sensationnel mais dans l'amour offert, discrètement, quotidiennement.

Dieu reconnaîtra les siens et nous, nous pouvons fêter et prier tous les saints, béatifiés, canonisés ou non.
 

Bernard Paillot

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Commentaires
Dangessin

Merci pour votre intervention en faveur de Mme Dufourmantelle, je prie volontiers pour que le Seigneur lui fasse miséricorde. Quant au P. Hamel, l’enquête diocésaine engagée pour sa béatification dira si, comme on peut le penser, ses assassins l’ont tué en haine de la foi chrétienne, élément caractéristique du martyre chrétien.

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