Quelque chose a commencé aujourd’hui

Ce 11 janvier a tous les ingrédients d’une journée fondatrice. Tout d’abord, par le nombre considérable de ceux qui se sont unis dans la mémoire aux 17 victimes des récents attentats. Près de 3, 7 millions de personnes ont battu le pavé pendant le week end. Et un peu partout dans le monde, des milliers de voix se sont unies au rassemblement français.

Á chaque fois, comme en refrain, une même parole tenait lieu de profession de foi : « je suis Charlie », « je suis policier », « je suis juif ». Bien sûr, la question de savoir si l’on était vraiment Charlie, juif, ou policier était largement dépassée. La communion était à ce prix.

Enfin, cette journée est née du sang qui, hélas, cimente les peuples. Et ce sang - mon Dieu, les auteurs de ces crimes savaient-ils ce qu’ils faisaient ? - ce sang versé ces jours derniers ré-édifie symboliquement la France, une France prête pour son futur : il unit des représentants de la communauté intellectuelle, de ces forces « de l’ordre » que sont les « gardiens de la paix », et d’une minorité religieuse qui symbolise mieux qu’aucune autre la tradition d’accueil de la France. Il unit des chrétiens, des juifs et des musulmans.

Que demandent ces 3, 7 millions de personnes ? La réponse, ce manifestant qui me précédait et que j’ai prié de se laisser photographier, l’a inscrite sur son drapeau : « je suis Charlie, je suis bouddhiste, je suis musulman »… mais surtout, « je suis libre ». Le nombre, la communion, le sang, la revendication de liberté, tout est symboliquement là pour fonder quelque chose de neuf.

Voilà donc la liberté que l’on croyait enfouie sous les charmes de la consommation revenue en tête d’affiche des valeurs. Et c’est tant mieux. Parce qu’elle a coûté très cher à ces victimes innocentes, parce qu’elle se révèle désirable pour les 3,7 millions de personnes qui la plébiscitent, tout ce qui, jusque là, était grippé dans notre pays peut… peut-être… se remettre en mouvement.

Car demain, il va bien falloir la faire entrer dans les clous, cette liberté dont le prix se redécouvre. Demain, il va falloir « faire ce qu’il faut » pour qu’elle soit effective. Par exemple, faire admettre la loi de la République dans les écoles, dans les quartiers où elle n’y a plus accès, prendre au sérieux l’existence des mosquées, la médiocre intégration des jeunes générations issues de la diversité, aider activement l’islam à s’ouvrir au pluralisme, à l’égalité femme-homme, à la modernité, en somme.

Le fléau de l’intégrisme ne prend le pouvoir que sur des organismes déjà malades ou affaiblis. La faiblesse de l’islam, elle est dans sa rigidité au changement ; la faiblesse de notre modèle républicain, c’est qu’il intègre mal ceux qui arrivent d’une autre culture. Si l’on veut durablement éradiquer ces fléaux, cela coûtera quelques « déplacements » de part et d’autre, celui de vouloir s’intégrer comme celui d’apprendre à donner une place au voisin. Par exemple, est-il « impensable » ou déshonorant que l’arabe soit enseigné aux petits Berrichons et aux petits Savoyards?

Mais direz-vous, tout cela est affaire de citoyenneté non de religion. Certes, l’essentiel des mesures devront venir de là. Mais le poumon qui doit permettre à ce souffle nouveau d’irriguer tout le corps social, c’est la religion. Au singulier ou au pluriel d’ailleurs : l’essentiel n’est pas d’abord son intitulé, mais l’Esprit qui l’anime. La religion de demain saura rappeler que l’homme passe l’homme et qu’il est aimé par plus grand que lui. Elle saura se dépouiller de tout triomphalisme, elle sera ouverte à autrui, convaincue que la vérité n’est pas murée au coffre, dans les caves du Vatican, mais dans l’échange vécu et la construction de liens.

Après ce qui vient de se passer aujourd’hui, les jours fastes et faciles de l’intégrisme catholique sont comptés. Sauf à démanteler une à une leurs forteresses de certitudes invérifiables, les religieux les plus radicaux finiront par quitter le champ public pour de confidentielles chapelles. Déjà l’opinion publique les montre d’un doigt réprobateur car ils ne favorisent pas le vivre ensemble.

Au contraire, ceux qui sauront se reconnaître comme enfants du même amour divin, ceux qui accepteront de se retrousser les manches et de pétrir ensemble la pâte du festin, une bonne mesure de fraternité, un grand bol de solidarité, et le zeste d’espérance qui fera lever la pâte, ceux-là auront part au monde qui naît ce soir. La République n’aura pas tant besoin de leur « garantir la liberté de culte », mais elle les priera plutôt de collaborer à ce monde nouveau.

Pour les catholiques, ce constat est important. L’heure n’est plus aux combats d’arrière garde, aux étiquettes hargneuses, aux postures convenues, à la spiritualité affectée, mais à l’invention active, soutenue, efficace, d’une fraternité aimante qui passe les frontières religieuses. Quelque chose a commencé aujourd’hui, qui concerne à la fois la CCBF, dans son aspiration à une Église fraternelle, et le Comité de la jupe, dans cette intuition encore balbutiante qu’il doit, avec d’autres, défendre les femmes, de quelque religion qu’elles soient. Bel avenir pour nous tous !

Anne Soupa

 

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Anne SOUPA

Commentaires

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Curieux ces désaccords entre nous qui cristallisent sur Christine. C'est moche car la plupart ici approuvent le slogan "je suis Charlie", ... et rejettent la confusion qui mêlent le fondamentalisme -agitation, haine, peur, voir crime- aux personnes de paix qu'en temps troublés les "forts" somment de prendre parti. A chaque religion confrontée à ces manœuvres intestines de veiller à ne pas y mettre le bout de l'ongle. Le fondamentalisme "à la Arnaud" (Civitas, Veilleurs, ..) n'est pas anodin, pas du tout.

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En haut de la page d'accueil, il y a un encart " Nous rejoindre." Il n'y a pas "Nous quitter." C'est pourtant ce que je vais faire pour la raison suivante : le plupart des écrits me sont de l’hébreu. Hermétiques, et ça me donne des complexes. Après trente années dans une tourelle de char, j'ai partagé mon existence entre le compagnonnage des prisonniers et des Gens du Voyage et des Migrants. Je n'y ai pas beaucoup philosophé. Trop de discours qui me sont inaccessibles. Je vous laisse à vos débats. Je connais un peu la vie, ses difficultés comme ses joies. J'aime la vie ! Bonne route.

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Bonjour Arnaud, peut-être lirez-vous. L'expression de nos réactions traduit nos expériences de vies diverses, de manière maladroite parfois, et relate le présent de parcours construits sur un passé propre à chacun. C'est leur richesse et leurs pauvretés que nous essayons de partager, y compris avec des frottements ... Je fus accueilli à CCBF par un "ni partir ni se taire" troublant pour moi qui avais quitté la pratique depuis une dizaine d'année pour un autre chemin que celui balisé de l'obéissance, et par un "nous ne demandons rien nous espérons tout" gentil ou hypocrite: j'ai retenu gentil et ne l'ai pas regretté du tout. Sur le "parti", nous avons partagés nos frottements, ici, il y a quelques années et j'ai compris qu'il n'y avait pas de fossé, et suis resté de l’Église universelle et pas de l'institution romaine qui m'a rendu la foi incroyable. J'ai quitté la pratique progressivement alors que nos enfants avaient grandi et que de lourds engagements professionnels et autres prenaient fin. Levant un peu le nez du guidon après une trentaine d'année, il devint possible de faire le point sur ce que j'avais mis de côté: "Pourquoi ai-je été -dès l'enfance- en porte à faux avec ce que l’institution propose en demandant et imposant?" et aussi "Qu'est-ce qui fait la fragilité de l'amour, de l’Église, de la démocratie?". Actuellement, pour moi, la religion catholique et la démocratie sont des béquilles dont la principale faiblesse se cache derrière le sacré (mot aussi insensé que foi). Le sacré: rideau de fumée qui met à l'abri des questions et sans lequel il serait bien difficile de commander y compris et trop souvent au sens médiocre voir vil du terme.

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Pourriez-vous expliquer pourquoi le mot " foi" vous paraît insensé ?
Car si l' on préfère le mot foi au mot religion par quoi remplacez-vous le mot foi ?

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Comment dire clairement? La religion "cadre" repose sur la foi "credo" comme le sentiment religieux "intérieur" sur l'espérance. La vocation de la religion est sociale: réunir un groupe humain autour d'un culture propre avec forcément des conflits avec d'autres cultures. Chaque culture organise ses défenses théologiques et cherche à convaincre les autres de sa supériorité. Cette manière d'être propre à toute religion contraint la diversité des sentiments religieux. Pour nous catholiques ces contraintes sont : le Credo, la virginité de Marie, la domination des mâles, des idées comme révélation, vocation, ... la foi est par nature farcie d'artifices malsains. Quand François rame comme un diable pour faire comprendre à des cardinaux "encurialés" que l'amour ne s'enferme pas dans les règles ancestrales, eh bien oui! l'institution altère la foi et abaisse la religion, sans pouvoir atteindre le sentiment religieux qui nourrit l'espérance. Seul l'amour est universel, a été et sera toujours comme l'indique d'une certaine manière ce début d'un prière sumérienne qui a 4000 ans et dessine la figure de Job: "Mon Dieu, je me tiendrai devant Toi, je Te dirai ...; ma parole est un gémissement, je Te parlerai de cela, je me lamenterai sur l'amertume de mon chemin, ... Ah! ne laisse pas la mère qui m'a enfanté interrompre sa lamentation pour moi devant Toi, Que ma femme exprime avec douleur mes souffrances! Que le chantre déplore mon si amer destin! ..." Et avant qu'il y ait l'écriture, ces sentiments ont nourris l'humanité.

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Je vois, question de terminologie, pour moi la foi est l'amour pour le Christ et son évangile.

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Foi en ce que les évangiles -et les Actes ...- nous rapportent globalement sur Jésus, les disciples et les années qui suivirent sa mort, oui. Globalement, c'est à dire: i/ en tenant compte du fait que l'art d'écrire religieux -en groupe et au fil du temps- a été en continuité avec la tradition Juive influencée par les traditions romaines et grecques, ii/ par écriture il faut entendre les groupes qui la maitrise, y compris son support -préservation, transmission, traductions-, iii/ la canonisation fut tardive -du IIème avec Marcion au IVème) et des nuances et ajouts ont continué d'être apportés. A cet égard, ce que l'on sait et les questions qui se posent évoluent au fil du temps. Exemples: i/ il est de plus en plus crédible que les frères Zébédée sont morts vers 43 avec, que donc l'évangéliste est un autre Jean -peut-être aussi auteur de l'apocalypse- disciple, fils d'une famille du temple, chez lequel se déroula la Cène et qui rapporte en plus de sa mémoire la mémoire de Marie, ii/ la fin de l'évangile de Marc est un ajout tardif canonisé par le concile de Trente. Et il y a tant de fondamentaux troublants: l'ésotérisme des nombres (12 apôtres!), le besoin de raccorder Jésus et ses paroles aux prophètes, les miracles, 3 jours de passion (matériellement impossible pas plus possible qu'une centurie pour arrêter cet homme quasi seul). Tout cela tend, pour nos yeux d'aujourd'hui, non seulement à reléguer au second plan l'essentiel, mais aussi à rendre très difficile la recevabilité de l'essentiel. La difficulté principale pour l'institution est là, même s'il est vrai que selon les régions du monde les sensibilités culturelles sont contrastées, car elles convergent obstinément vers les "lumières": l'institution devrait prendre la route des lumières, c'est à dire reconnaître s'être lourdement plantée depuis le concile de trente en rejetant ce qu'elle aurait du applaudir, et oser enfin accompagner la sécularisation nettement engagée avec la renaissance. S'opposer ne sert pas l'humanité, mais seulement des forces conservatrices mortifères pour lesquelles la loi se résume à "après moi le déluge!"

Christine PEDOTTI

Jean-Pierre, je suis assez loin de partager ce que vous dites sur bien des points factuels, mais en discuter est de l'ordre d la querelle de courant de lecture, d'exégèse et d'analyse. je précise d'ailleurs que sur certains point je serais plus critique que vous, sur d'autre moins. Mais en revanche, je suis certaine, et l'expérience le montre que la solution n'est pas la "rationalisation" des textes, mais un acte "de foi" qui consiste à les prendre en charge non pour leur factualité, mais pour le sens. La révélation au sens fort, c'est-à-dire l'acte par lequel Dieu se fait connaître n'est pas dans la véracité des faits mais dans leur narration. Le texte est Parole, il est relation (conversation) et c'est par le texte, par la médiation du texte que Dieu se révèle. Les écueils de l'accueil de cette révélation sont aussi bien le fondamentaliste ou littéralisme, qui prend le texte au pied de la lettre, alors que l'acte de réception du texte appartient à la révélation, que l'historicisme ou rationalisme qui consisterait à éliminer du texte tout ce qui n'est pas ce "qui s'est réellement passé".
Or pour nous, hommes et femmes de la modernité, ce qui est "vrai" est ce qui s'est passé, ce qui serait "journalistiquement" observable et vérifiable. Mais ces réflexion sortent largement du cadre de cet article. Nous devrions les reprendre sur un article qui traiterait directement de cette question.

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Il n'y a pas à toucher aux textes tant ce serait illusoire vu que ce qui semble plausible aujourd’hui l'était moins hier et que nul ne sait ce qu'on découvrira demain. La difficulté pour la transmission sociale de la foi est que le doute ne peut plus être ignoré, qu'il est fondé et accessible et qu'il s'oppose frontalement à l'autorité qui proclame "l'institution est l'Eglise et sait". Je fait le lien avec le questionnement de Babou (comité de la jupe): "qu'est-ce qui distingue la foi catholique de la foi protestante?", et ma réponse est "l'histoire" et des babioles montées en neige.

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Dans la foi, on peut dire que les récits des évangiles sont vrais , parce qu'ils relatent ce qui a été vécu par les témoins de la vie de Jésus. Mais ce qui a été vécu ne coincide pas forcément avec ce qui s'est objectivement passé. Donc pour lire ces textes ,il faut d'abord comprendre comment les auteurs ont essayé de rendre compte , de rendre audible et de rendre compréhensible ce qui a vécu , et qui est suffisamment important à leurs yeux pour vouloir en témoigner. Ils ont tenu compte de leurs auditoires, des destinataires de leurs écrits ; ce qui implique qu'ils aient intégré, leur culture , leurs concepts, leur langage. Pour moi , vingt siècles après la question est : quelle est la grille de lecture qui peut faire sens si vraiment ces textes me libèrent et donnent sens à ma vie comme l'affirme le témoignage de l'Eglise? Une approche littérale voire fondamentaliste , ne résiste pas cinq minutes. Une approche historico critique est intéressante pour le savoir ,mais la foi en Jésus Christ ne se réduit pas à un savoir. Seule une lecture symbolique (pour moi) est à même de faire sens. pourquoi? Simplement parce que le langage symbolique peut atteindre et toucher toutes les facettes de la personnalité de celui qui l'entend . Quand le lis le texte de l'Ecriture de cette manière , je m'identifie à lui , c'est comme si cela se passait maintenant . Qu'est ce qui est le plus réel? croire en la réalité objective de l'ascension comme un phénomène photographiable, précis, repérable historiquement ou croire que les témoins ont fait l'expérience que Jésus ramène ses disciples à la réalité du monde qui est notre tâche et ou il nous accompagne à travers une expérience d'ordre spirituelle qui change leur (notre) vie? En ce sens le croyant n'a plus besoin de chercher à vérifier sa perception de Jésus Christ par l'objectivité des faits et gestes de Jésus de Nazareth.

Christine PEDOTTI

Arnaud on ne retient personne, donc faites comme vous le sentez. Mais les évènements qui viennent de se dérouler méritent vraiment qu'on réfléchisse. La vie ne s'oppose pas à la réflexion, loin de là.

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Pour montrer que ces "désaccords" ne sont pas artificiels, je renvoie ci-après à un article de M. René Poujol, qu'au moins on ne saurait taxer de "fondamentalisme": http://www.renepoujol.fr/vers-un-blaspheme-laic-gratuit-et-obligatoire/

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J'ai qualifié l'état d'esprit manifesté par Arnaud de fondamentaliste parce qu'il n'avait réagit jusqu'alors qu'au seuls propos de Christine. Sur le slogan, une partie des coupeurs de cheveux en quatre de l’intelligentsia y est allé de fines observations, fondées et sérieuses ... En voulant apaiser les réactions à l'étranger, ils ont montré aussi qu'ils avaient mal compris les manifestants qui retenaient du slogan (simpliste par nature) la valeur positive eu égard aux faits. Ils ont ainsi aidé l'union des fondamentalismes religieux et politiques à construire des amalgames. Certaines culture utilisent ces amalgame pour affermir leurs pouvoir en manipulant les foules, sans voir qu'ainsi elles invitent leurs gourous à produire du terroriste à la pelle, rien de nouveau: la face sombre de la théologie de ces "religions" permet de dominer par la peur. Heureusement, la plupart des intellectuels ont compris le niveau élevé de l'attente du peuple et de notre État, de nombreux États du monde ont compris ce qui s'est joué, autour de ce slogan. Dommage qu'à nouveau, une partie de nos pouvoirs -religieux, médiatiques, politiques- se soient montrés maladroits et si peu à la hauteur du peuple: René Poujol est de ceux-là qui, comme l'affirme le titre de son papier, confond droit et obligation sous contrainte,il fait la même manip intellectuelle qu'avec le mariage civil pour tous.

René POUJOL

Heureux de répondre à Jean-Pierre qui se situe, lui, aussi naturellement et spontanément à la hauteur du peuple. Je me fiche comme d'une guigne des exégèses abracadabrantesques sur le "Je suis Charlie". Dans la rue, dimanche, j'ai trouvé des hommes et des femmes attachés à la liberté d'expression et qui, pour autant, ne faisaient pas du blasphème un droit sacré, comme on tend à vouloir nous le faire avaler. D'ailleurs s'il est sacré c'est qu'il est de nature religieuse et donc… contestable, ou je n'y comprends plus rien ! On peut s'irriter de mes propos. C'est le jeu du débat démocratique. Je ne demande aucune interdiction du blasphème. Je demande simplement aux journalistes, caricaturistes et autres auteurs de ne pas s'affranchir trop vite de leur responsabilité. Point ! Encore une fois, j'imagine mal des enseignants faire un cours de morale laïque en expliquant aux enfants qu'il y a des cas, ou des métiers, où la liberté peut s'affranchir de la responsabilité. Mais c'est peut-être, chez moi, un réflexe intégriste !

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Merci à Christine d'avoir signalé à René Poujol cette discussion, et à René de sa réaction, plus directement accessible à mon esprit -scientifique et peu littéraire- que la lecture de son blog que j'ai trouvé flou, puis relu et trouvé plus clair même si les observations me paraissent mal fondées. Mais sans doute aurais-je, moi aussi, du mal à me faire comprendre et à motiver mon point de vue.
Sur "la revendication d’un prétendu droit au blasphème": je n'ai pas entendu ou lu que ce soit la prétention des caricaturistes. Par contre, la revendication portée à l'ONU depuis des années par 57 États -1.5 milliards de citoyens- qui demandent au droit international de reconnaître un délit de blasphème existe, or ceux qui "appellent simplement à la raison et à la fraternité" semblent l'ignorer.
Il est notable aussi que les religions se serrent les coudes, pour peser sur les lois civiles de ays démocratiques -on l'a vu en France sur le mariage civil- et cela de connivence avec les courants conservateurs et libéraux.
Sur le droit au blasphème amalgamé à la liberté d'expression par le pouvoir politique qui agite ainsi une sorte de chiffon rouge contraire à l’esprit de la loi de 1905: je n'ai pas entendu/lu cela ni perçu d'allusions à cet égard de la part de nos dirigeants actuels.
Le titre du n° "historique" est du Charlie, pas du Monde, du Parisien, du New York Times, ... Pour moi le titre du journal participe au sens, .. montrer commenter dans le monde de cette "une" en occultant l'esprit du journal c'est agiter le chiffon rouge: les caricaturistes n'en sont pas responsables.
Quant au fond, nos analyses diffèrent : vous craignez que s'accomplisse la prophétie de "Houellebecq", moi je prophétise que la sécularisation va l'emporter pas contre les religions, mais s'il le faut sans elles. Je suis "sécularisateur", pas au sens matérialiste du XIXème siècle, mais au sens d'accompagnement de la mondialisation alors que l'émancipation à l'égard des autorités religieuses qui ont depuis des millénaires flirté avec l'obscurantisme le pouvoir, l'argent me parait inexorable et salutaire. Les religions pourraient/devraient s'atteler à aider à comprendre les valeurs positives d'une sécularisation qui ne nie pas l'idée "Dieu", mais qui la relativise, se refuse à l'enfermer, se consacre au "vivre ensemble la diversité" plutôt qu'à diffuser du "prêt à croire" ... ce serait autre chose que les alliances hostiles aux évolution en cours. Moyennant cet effort sans doute jamais aboutit, les religions retrouveraient l'oreille attentive et respectueuse qu'elles ont largement perdu par leurs erreurs et enlèveraient tous motifs sérieux aux caricaturistes; elles pourraient redevenir aptes à rassembler les diversités au lieu de se prétendre détentrice, chacune, de la seule vérité. Certes, un tel virage parait plus difficile aujourd'hui qu'il y a 50 ans, mais le refus d'obstacle peut-il être une solution.

Christine PEDOTTI

Jean-Pierre, je vais plaider la cause de mon ami René Poujol qui est sûrement capable de le faire lui-même, et d'ailleurs, je vais lui signaler que son article http://www.renepoujol.fr/vers-un-blaspheme-laic-gratuit-et-obligatoire/ est discuté ici.
René à le grand tort ou courage (rayer la mention suivant votre sentiment) de tenter une médiation entre un courant de jeunes catholiques très "affirmatifs" et parfois intransigeants et sa famille naturelle et vieillissante qui est celle des chrétiens de gauche. Il est convaincu qu'il faut trouver des passerelles, et il se propose d'en être une. Forcément chercher le compromis est une tâche rude qui expose celui qui s'y attelle à l'accusation de compromission.

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Jean-Pierre, vous devriez aiguiser votre discernement, si l'Arnaud auquel vous faites référence est arnaud41.................
"Je ne suis pas Charlie" c'est vrai ! Même si la mort des journalistes de ce journal m'a bouleversée. "Je ne suis pas Charlie !" Dans le formatage de la pensée, je suis ailleurs. Comme je suis ailleurs de Civitas, veilleurs, manif pour tous etc. L'autre, celui qui ne pense pas comme moi, est toujours « un fondamentaliste » ! Ne l'êtes vous pas, vous aussi, à votre manière ?

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Je suis heureux de voir que vous pouvez parler à d'autres que Christine.

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Sans esprit de division, je préfère dire "je suis Clarissa"

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Marie-Jeanne (20 janvier) : Oui nous sommes frères et soeurs et nous pleurons nos frères terroristes beaux enfants de Dieu défigurés.
Cela dit un échange pacifique n'est pas un échange d'amabilités doucereuses et mondaines neutres, c'est un échange d'idées, de convictions .
Sur ce site chacun s'exprime avec son tempérament, Christine avec le sien et pour moi c'est parfait.
Je suis persuadée que celui ou celle qui ne veut contrarier personne mécontente tout le monde.
Doit on supprimer les paroles de Jésus aux marchands du temple, et Saint Jacques il pourrait être plus gentil non? et les prophètes ah! non c'est pas sympa ce qu'ils disent !Allons ne soyons pas si douillets..!

Guy75010

Esprit munichois, es tu là, sur le site de la CCBF ?
Charlie Chaplin n’aurait il pas dû faire « le Dictateur » en son temps, car c’était insulter Hitler, et à travers lui tout le peuple allemand (?!)
Les barbus descendent dans la rue le plus souvent à des fins politiciennes.
Restons solidaires des musulmans éclairés qui se sentent insultés par ces barbares bornés
C’est le gars qui est allé détruire une photo du Christ à coups de pioche qui m’a insulté comme chrétien. Pas l’inverse.
Etre chrétien ne signifie pas forcément être borné. Être musulman non plus…
Même si beaucoup le sont et veulent le rester et ainsi le laissent croire
La « bornitude » (c’est à dire l’obscurantisme) doit rester le combat des caricaturistes.
Parce qu’elle est aussi notre combat à nous, baptisés !
Dieu est Charly

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Un journaliste français à l'étranger s'est exprimé aujourd'hui sur F.I., prônant la prudence...L'écouterons-nous ?

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à Ania : ne pas tout mélanger.

1)Il ne s'agit pas d'aller promouvoir et encore moins d'imposer notre conception de la liberté d'expression dans des pays qui ne partagent pas nos valeurs. Il s'agit simplement d'affirmer nos valeurs en France et en Europe, parce que c'est sur elles qu'est bâti le socle de notre vie commune.Il n'y a aucune raison que qui que ce soit puisse les remettre en cause à fortiori par la violence et l'assassinat.2)Notre liberté d'expression non seulement ne nie pas les valeurs des autres ,mais les respecte profondément :si la moquerie est possible , l'injure est réprimée par la loi.Toute personne qui se sent offensée dans ce qu'elle croit et qui peut démontrer le préjudice subi peut en demander raison devant les tribunaux. Les journaux satiriques ou les humoristes sont régulièrement condamnés lorsque la diffamation ou le dommage fait à autrui est reconnu.3)il y a quelque chose de profondément pervers à préjuger que la victime est toujours un peu coupable , responsable ou complice de ce qui lui arrive et de prôner une forme d'autocensure qui est à terme génératrice de violence.4)En France ,respecter l'Islam comme toutes les religions ou les courants de pensée , c'est ne pas remettre en cause le principe que la limite entre la liberté d'expression et le respect de l'autre relève des seuls tribunaux, dont l'indépendance est garantie par notre loi fondamentale.

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En effet, si mon voisin m'insulte, je peux en référer au tribunal. J'aimerais mieux cependant qu'il soit correct, car ses paroles vont me rester et continuer de me faire du mal même si je le fais condamner.

Christine PEDOTTI

Plus que de la prudence, de l'intelligence.
La célèbre phrase de Churchill en 1938, après les accords de Munich:
"Vous avez eu à choisir entre la guerre et le déshonneur ; vous avez choisi le déshonneur, vous aurez la guerre."
En particulier, n'ayons pas la naïveté de croire à la "spontanéité" des réactions violentes de foules musulmanes, au Niger ou ailleurs.

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Le regard d'un dominicain, regard que, pour ma part je préfère de très loin à celui de notre pape dont les propos peuvent être compris comme "Charlie Hebdo l'a bien cherché".
"Le pape nous chie dans les bottes" disait LUZ aux obsèques de Charb ! On pourrait dire " à chacun son tour"...sauf que là il ne s'agit pas de s'envoyer des vannes mais bien de se souvenir que le job de tout dictateur commence par la destruction des journaux existants pour imposer une seule propagande . Attention à ne pas se tromper de cible .

http://www.chautard.info/2015/01/caricaturer-dieu-par-philippe-lefebvre-...

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François s est exprimé aujourd'hui disant que la liberté d'expression est un droit fondamental mais qu'on ne peut insulter la foi des croyants.

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Et bien si on le peut et on peut même caricaturer.l église et l état sont separes. Et bien souvent nous les catholiques nous sommes nous mêmes des caricatures par rapport a ce qui' on devrait être !!

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Parler de liberté d'expression en ajoutant un "mais " c'est la pire des expressions , c'est vider de toute sa substance la notion même de liberté. La liberté Est ou n'est pas.Il est dommage que le Pape se soit aligné sur le politiquement correct , lui dont nous avions jusqu'ici admiré le courage des positions ...
Je voudrais citer également des propos que j'ai retenus pour leur pertinence :
" La formation au sens critique est une entreprise indispensable mais de longue haleine. Elle exige des personnes solides pour la dispenser. Pour les communautés chrétiennes, il est essentiel de creuser leur réflexion sur la foi au-delà de l'émotionnel et du sentimental. Plus votre rapport au religieux est pensé, argumenté, et moins vous craignez la caricature."

Christine PEDOTTI

La France est un pays de droit. Quiconque se sent insulté peut porter sa plainte devant un tribunal, lequel arbitre entre le cadre général qui est la liberté d'expression et la réalité de l'insulte pour la personne. Il y a eu de nombreuses plaintes contre Charlie qui n'a pas toujours gagné. Le respect dû à autrui, ne peut en aucun cas ni justifier ni donner de circonstances atténuantes à ceux qui règlent l'affaire à la Kalachnikov. On peut dire que Charlie a cherche les procès, pas qu'il a cherché ce qui lui est arrivé. (Cf la lettre scandaleuse de Zanetti-Sorkine. Ce type me fout la honte, j'ai envie de lui dire "not in my name". Pour info, la pire phrase, sirupeuse et meurtrière: "Chers Jean, Georges, Stéphane et Bernard, votre mort ignominieuse me fait une peine immense et je voudrais qu’elle ne soit pas inutile. Vos caricatures ne méritaient pas de vous tuer, mais elles l’ont fait. D’une certaine façon, vous avez touché de votre humour grinçant les régions les plus viscéralement haineuses de la nature humaine assoiffée de justice et de vengeance, et par là, vous avez provoqué l’avénement de la barbarie."http://delamoureneclats.fr/#!/dans-les-medias/presse/2015-01-13/Boulevar...)

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Tout à fait d'accord,Christine,tordue la lettre de Zanetti qui caresse dans le sens du poil les intégristes en feignant la tendresse et la compassion,"Not in my name" !!
Le pape me déçoit, à côté de la plaque !!

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Mais que pensez-vous de l'intervention du pape François ? La phrase que vous citez n'a pas de rapport avec ce que j'ai écrit.

Christine PEDOTTI

Je pense ce que j'ai écrit. Dans les pays de droit comme le nôtre, celui ou celle qui se sent offensé fait valoir son droit devant la justice. Celui ou celle qui écrit ou dessine le fait dans un système de liberté d'expression encadré par la loi. Le caractère "insultant" d'un écrit, d'un dessin, d'un attitude n'est pas facile à établir. Par exemple, les dessins de Charlie hebdo anticatholiques ou anticléricaux m'ont plus souvent fait hausser les épaules que fait rire. En revanche, quand des fanatiques braillent des cantiques en latin devant un théâtre en se réclamant de la même foi que moi, je me sens insultée dans ma propre foi. Avoir un sentiment est une chose, le défendre en allant devant un tribunal en est une autre, mais on peut avoir d'excellentes raisons de le faire.
Je préfère vivre dans un état de droit que dans une société "autocensurée". Ce que je dis vaut aussi pour Dieudonné. Il s'exprime et la justice tranche.
On peut aussi se référer à l'article 10 de la Déclaration des Droits de l'homme (1789) : "« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi. ».
Le "trouble à l'ordre public" est l'une des limites de la liberté d'expression.

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"Le trouble à l'ordre public est l'une des limites de la liberté d’expression". Cela fait des années que Charlie Hebdo trouble l'ordre public. Même l'ordre public à l'échelle planétaire ! Vous imaginez des Musulmans aller au commissariat de police déposer une plainte ?
"Le caractère "insultant" d'un écrit, d'un dessin, d'un attitude n'est pas facile à établir." Mais que vous faut-il pour établir que ces dessins sont insultants ? Vous avez les yeux fermés, c'est pas possible ! Des millions de Musulmans vous le crient, mais avec les bobo et intello parisiens, vous dites que c'est la liberté que vous défendez.
"On juge un arbre à son fruit", nous a dit quelqu'un.
Charlie-Hebdo c'est l'arbre, et son fruit c'est la mort, la haine, la violence, le feu destructeur. Avez-vous vu hier ce fruit à travers le monde musulman ? Les jeunes du Niger ou de Dakar auraient dû aller déposer sagement une pétition à l'Ambassade de France ? Mais vous ignorez le monde, c'est pas possible !
Une journaliste musulmane dans son éditorial : "Un enfant dans la partie du monde qui écrit de droite à gauche lit en moyenne six minutes par an ! Et les parents de cet enfant lisent dix minutes par an ! Non pas par jour, par an ... Sur le Vieux Continent les gens lisent douze mille minutes par ans."
Ce sont là des moyennes, ce qui veut dire que ceux qui animent la CCBF lisent environ 300.000 heures par an.
Cela ne vous dit rien, ces chiffres ? Vous voyez le monde qui est face à vous et que Charlie-hebdo provoque inlassablement ? Quelles armes a-t-il, ce monde, pour réagir ? Qui sème la tempête récolte l'ouragan.
On ne défend pas la liberté de la Presse en défendant les caricatures de Charlie-hebdo, on la prostitue

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à Arnaud 41. Vous vous placez exclusivement sur le terrain de l'éthique de responsabilité en estimant que les déclaration de principe sur la liberté d'expression sont un luxe de privilégiés qui génèrent des dommages collatéraux insupportables. Vous oubliez d'envisager que votre argumentaire poussé jusqu'au bout conduit logiquement à favoriser concrètement l'obscurantisme car il y aura toujours quelqu'un qui s'estimera choqué par l'affirmation d'une quelconque liberté. Si l'on vous suit votre raisonnement il faut renoncer à l'enseignement de la Shoah comme une réalité historique, il faut renoncer au fait qu'un médecin homme puisse pratiquer un examen clinique sur une femme, il faut renoncer à la mixité dans les activités sportives scolaires , à la mixité scolaire voire à envoyer les filles à l'école, au motif que cela choque une partie de la population qui y voit de la "provocation". En France ,la provocation n'est ni un délit ni un crime; seules les conséquences de cette provocation peuvent l'être dans deux hypothèses:, au niveau des personnes privées,si cela crée un préjudice reconnu comme tel par à un tribunal indépendant; au niveau collectif si cela constitue une atteinte à la sécurité ,à la salubrité ou à la paix publique.Ne pas admettre cela , c'est se situer en dehors de notre contrat social. Cela ne veut pas dire ni que je suis d'accord avec le choix de Charlie hebdo , ni que j'estime opportun dans le contexte de se livrer à la provocation. Mais notre contrat social implique que je doive défendre dans les limites rappelées ci dessus, la liberté d'expression y compris de ceux qui professent des idées avec lesquelles je suis en désaccord . C'est le préalable indispensable à tout véritable débat , c'est le préalable indispensable au respect de l'autre , c'est surtout la condition nécessaire pour réguler les conflits autrement que par la violence.En résumé, votre position au motif du respect de l'autre sous couvert d'une éthique de responsabilité, fait de vous un allié objectif de la violence que vous dénoncez. Je veux croire que ce n'est pas votre souhait.

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Si c'est aux fruits que l'on reconnait l'arbre vous permettrez de rappeler que la liberté d'expression n'existe que dans les pays de culture chrétienne, que la libre critique est issue de l'immense travail d'érudition effectué par des moines et des clercs, que l'exégèse biblique a débouché sur la critique des textes, des traduction et finalement sur l'herméneutique actuelle. Oui nous sommes les fils de cette extraordinaire aventure commencée par respect pour notre Dieu et son Christ. La critique d'une religion, depuis Rabelais nous savons tout ce qu'elle nous apporte de recherche d'authenticité dans la foi. Et la religion n'est pas ce que dit Dieu mais ce que les hommes disent de Dieu. Si l'arbre se reconnait à ses fruits, je vois aujourd'hui dans l'Islam une religion totalitaire qui tourne le dos à toute ses traditions intellectuelles dont nous sommes pourtant redevables ne serait ce que dans la transmission de Platon. Non il ne s'agit pas de défendre des bobos mais seulement la liberté de penser et d'exprimer celle que nos ancêtres ont construite depuis la disputatio scolastique. Au prétexte que certains ne liraient pas ou peu peut on interdire aux autres de s'exprimer. N'est ce pas aux "clercs" de l'Islam d'éclairer les fidèles non pas en rabâchant des phrases plus ou moins extraites du Coran mais en cherchant le sens. Toute religion révélée est confrontée à cet exercice infini dire dans le temps ce qui est hors du temps, dire dans la chair ce qui n'est qu'Esprit. La caricature n'est pas une insulte mais la mise en éminence d'un point de vue. Charlie nous a beaucoup aidé à sortir du conformisme communautaire pour nous interroger sur ce que le Christ nous dit ici et maintenant dans nos actes, dans nos relations.
Les musulmans qui manifestent n'ont pas lu Charlie, ceux qui assassinent en Syrie, au Nigéria, ceux qui interdisent aux fillettes d'aller à l'écoles, ceux qui fouettent des blogueurs n'ont pas lus Charlie pour commettre leurs actes. Ils perpétuent des sociétés inégalitaires, patriarcales, obscurantistes, violentes qui n'ont pas grand chose à voir avec l'Islam qui n'a fait qu'épouser des formes sociales et culturelles préexistantes comme le christianisme l'a fait pendant des siècles. On peut regretter seulement que, du fait notamment du dogme du Coran incréé (dogme certainement mal compris), le message spirituel de l'Islam reste prisonnier de formes sociales anciennes et que ce soient ces formes sociales qui sont défendues par la terreur par les fondamentalistes et non pas le message de Dieu.

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Ma grand-mère était une femme pleine de sagesse, elle disait : "on ne plaisante ni avec les enfants, ni avec les vieillards !" Elle ajoutait en regardant mon père : "ni avec les officiers supérieurs !"
Des enfants...
Tout ce que vous dites, je le sais, mais ni Platon, ni Aristote ne viendront arranger nos affaires. Les Musulmans (je les connais un peu, vivant en Terre d'Islam) changeront quand nous changerons. Après l'assassinat des journalistes de Charlie Hebdo, en dehors de rares manifestations de liesse, le monde musulman a été comme pris dans un saisissement silencieux. Mais la Une du dernier numéro a été une provocation insupportable et comme Charlie Hebdo = Occident = Chrétienté, on brûle les églises...On tue. (Donc Charlie Hebdo = Chrétienté !)
Rabelais ne vous aidera pas à connaître ces peuples. Ni à les aimer.

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"Les musulmans changeront quand nous changerons" désolée je n' arrive pas à nous sentir coupables....

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Ce matin, j'ai demandé aux détenus chrétiens (une centaine au milieu de 8 à 9000 musulmans) ce que leurs co-détenus disaient de cette affaire. Réponse: ils se réjouissent de l'assassinat parisien. "Charlie Hebdo est mort !" Ils pensent que Charlie Hebdo est le nom d'une personne : un certain Hebdo Charlie qui injuriait le Prophète par ses dessins... Alors on l’a tué et c’est bien.
Vos raisonnements, Francis, sont sans doute justes, mais vous raisonnez dans le vide. Votre raisonnement n’est pas en prise avec la réalité du monde qui est en face de vous. Vous êtes, comme tous les penseurs qui se manifestent en ce moment, débranché de la vie. Vous pédalez sur une bicyclette sans chaîne.
Je ne sais pas si Christine Pedotti peut relire ce qu’elle a elle-même écrit : le « trouble à l'ordre public est l'une des limites de la liberté d'expression » sans se rendre compte que l’ordre public, c’est pas la libre circulation Avenue Montaigne, mais que cette paix et cette sécurité à laquelle nous avons tous droit est plus que troublé par les œuvres de Charlie Hebdo sur une grande partie de la planète Terre. Voit-elle ce qu'il se passe dans le monde aujourd'hui en pensant que l'ordre règne ?
Le remplaçant de Charb est l’invité du journal de 20h sur « La 2 » demain. Gloire !
Vous pouvez raisonner, argumenter, faire appel au passé et à l’œuvre de moines du Moyen-âge, ça ne changera rien à la situation devant laquelle vous-vous trouvez aujourd’hui.
« Non il ne s'agit pas de défendre des bobos mais seulement la liberté de penser et d'exprimer celle que nos ancêtres ont construite depuis la disputatio scolastique. » Voila une bicyclette sans chaîne avec laquelle vous ne grimperez pas les pistes des vallées sauvages du Waziristan…
Laissons brûler et tuer, asseyons-nous et causons.

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Je vois a vos images cyclistes que vous êtes dans la réalité et que je suis moi, pauvre travailleur français arpentant à longueur d'année la France en long et en large, dans un vide certainement sidéral. Je suis si débranché de la vie que je n'ai qu'à relire mes classiques. Votre réalité existe ne déniez pas l'existence de la mienne. Votre connaissance de l'Islam, votre vie au milieu de musulman fait de vous un excellent observateur. Et vous observez quoi? Que des gens se réjouissent de la mort d'un Charlie qu'ils pensent être un homme, c'st dire seulement que pour eux, ce qui est considéré comme blasphème vaut la mort. Je ne partage pas cela, excusez m'en. Et je dis que c'est l'effort de chrétiens depuis 7 ou 8 siècles qui fait qu'aujourd'hui nous pouvons affirmer notre religion et notre absence de religion ce qui est toujours blasphémer une autre religion. Je n'oublie pas que même en Europe, même dans un des pays les plus catholiques, il y a seulement quelques décennies on exécutait des personnes car elles étaient mal sentant la foi. C'était en Espagne, pays que ma famille a du fuir. Alors oui je crois a la vertu de la pédagogie, du respect, de la dignité des conditions sociales pour faire progresser la liberté de penser et la tolérance. Et non je ne partage pas ce relativisme qui ferait croire qu'entre la mort infligée et un dessin fut il obscène c'est du pareil au même.

Christine PEDOTTI

Arnaud, vous semblez très en colère, mais ce n'est pas en criant très fort contre tout le monde que vos arguments sont plus audibles. Le trouble à l'ordre public est la limite inscrite dans notre loi. Si on étend la notion au trouble que l'on suppose que cela pourrait provoquer quelque part dans le monde, il ne reste plus de liberté du tout.

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Non, je n'en reste pas là, encore une dernière remarque sur cette phrase : "Si on étend la notion au trouble que l'on suppose que cela pourrait provoquer quelque part dans le monde, il ne reste plus de liberté du tout."
Pensez-vous que les journalistes de Charlie Hebdo ne savaient pas, ne "supposaient" pas, en publiant en "Une" la caricature du Prophète Mohammed ce que cela allait provoquer ? Ils savaient ! Cette "Une" ne nous était pas destinée, elle ne provoque rien en nous en la regardant, ni rire, ni tristesse, ni révolte, ni même réflexion : rien. Cette "une" est pour nous, non-musulmans, totalement inexpressive. Elle a été publiée à destination unique du monde musulman et les journalistes savaient très précisément ce qu'ils faisaient et allaient provoquer. Le Pape François les a bien défini : des provocateurs. J’en ai fini maintenant.

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Une Une qui dit " tout est pardonné" alors que tous leurs amis ont été assassinés, moi je trouve que cela en remontre à plus d'un...pourquoi n'avez- vous pas vu cela ?

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Aliette, la première question que j'ai posée, l'est à ce sujet. Mais je n'ai pas vu cette question aussi simplement que vous, sans doute parce que vous avez un bon cœur. En général, on pardonne en réponse à une demande de pardon, ce qui n'a pas été le cas. Et puis, qui pardonne ? Dieu ? Allah ? Le Prophète ? Les journalistes survivants ? A qui ce pardon est-il accordé ? Cette phrase est ambiguë.

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Arnaud, je comprends très bien ce que vous voulez dire: Une bonne preuve que nous ne vivons pas dans le même monde que les personnes qui sont offensées, c'est qu'ils se sont trompés de président! Au Pakistan, on a brûlé une effigie de M; Sarkozy! Cela corrobore ce que vous dites des personnes qui pensent que "Charlie" est une personne. Les masses qui manifestent (pas les intellectuels des pays en question)n'ont plus rien, elles ont généralement dans une position d'extrême pauvreté et de survie, avec, à leur porte , des conflits sanglants. Il ne leur reste que leur dignité et Dieu, et son représentant. Leurs gouvernements sont bien contents que leur colère soit déviée vers autre chose que les salaires à l'équivalent de 30 euros par mois, l'insuffisance dramatique des services de santé, etc…La police qui bastonne la moindre manie d'habitude laisse faire avec complaisance. Non, ce n'est pas le même monde, nos grilles de lecture sont différentes.Nous sommes tranquillement dans nos pantoufles avec des niveaux de vie confortables.Il faut le comprendre. Provocateurs ou inconscients, les journalistes? Je l'ignore, mais le résultat est le même: ils ont joué les apprentis sorciers. Je comprends aussi les paroles du Pape, qui cherche à calmer ce brasier.

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"Si on étend la notion au trouble que l'on suppose" ...le trouble actuel, vous le "supposez", Christine ? Vous le "supposez" ? Mais ouvrez donc les yeux ! C'est pas une "supposition" et c'est pas "quelque part dans le monde" ! Oui, je suis en colère de voir tant d'aveuglement : cet aveuglement vous rend complice de ceux qui sont cause de la souffrance de tant d'hommes. Allez dire aux chrétiens de Niamey que ce qu'ils vivent, ce n'est qu'une "supposition". J'en resterai là.

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Vous vous trompez de cible Arnaud...

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Phrase de Christine tronquée, ce qui lui faire dire autre chose que ce qu'elle dit: erreur ou volonté?

Christine PEDOTTI

Je regrette, Arnaud, mais je ne suis pas d'accord avec vous. Vous considérez que la Une de Charlie est la "cause" des émeutes. Mon analyse, c'est que c'est un prétexte. Une bonne occasion saisie par ceux qui veulent le feu et la guerre.

Claudine ONFRAY

et oui prétexte ! trop facile

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