Les curieuses tribulations de Monseigneur Aillet

Mgr Aillet a fait à plusieurs occasions l'objet de critiques. Un prêtre retraité, Michel Oronos, avait déjà publié en février 2013 un ouvrage au vitriol, Enfin Don Aillet vint. Il y relate les liens de l’évêque avec les milieux intégristes qu'il rattache à « l’extrême-droite ».

Les prétentions politiques de Mgr Aillet ne s’arrêtent pas là. Un exemple particulièrement frappant est son voyage en Russie organisé par Grégor Puppinck, directeur du Centre européen pour le droit et la justice (un lobby chrétien conservateur). Mgr Aillet, accompagné de membres de la Manif pour tous, rencontra à l'occasion des membres du parti Russie Unie. Les liens avec la Russie restent d'ailleurs solides puisque le 10 octobre, le diocèse de Bayonne a fait venir pour une conférence, un personnage très curieux, Alexey Komov.

Ce dernier est le porte-parole du World Congress of Families (WCF), une organisation parrainée par deux oligarques pro-Poutine, Vladimir Yakunin, PDG des chemins de fer russes, et Konstantin Malofeev, fondateur du fond d'investissement Marshall Capital (pour plus d'informations sur le WCF, voir l'infographie de Mother Jones). Dans son intervention à Bayonne, Alexey Komov revendique ouvertement être financé par Konstantin Malofeev qui a aussi créé une « Fondation pour l'internet sûr » à l'origine de la première ébauche du projet de loi de censure de l'internet en Russie. Komov a aussi dirigé cette fondation. Au bureau de l'organisation, participent l’archiprêtre orthodoxe Dmitri Smirnov (qui a dirigé la commission du patriarche sur la protection de la famille, de la maternité et de l'enfance, très engagée pour promouvoir les lois répressives envers les homosexuels) et Elena Mizulina, rapporteur des lois anti-gays à la Douma. La WCF essaie de défendre à l'international les lois anti-gay russes et tente de tisser en lien en Europe et aux Etats-Unis avec des organisations extrêmement conservatrices. Selon Human Rights Campaign, la WCF a été très active dans la promotion de lois homophobes comme en Ouganda où elle a soutenu la peine de mort pour les homosexuels.

On peut aussi s'interroger sur le fond du message diffusé lors de cette conférence. Selon Alexey Komov, le plan de destruction de la famille est mené par les élites financières aux ordres du Federal Reserve System, la banque centrale des États-Unis. Komov affirme aussi que Trotsky était un agent financé par Wall Street et que les banquiers américains ont soutenu les bolchéviques en 1917 pour imposer le communisme en Russie. C'est ce que rapporte le directeur de l'organisation très conservatrice, Accuracy in media, dans son compte-rendu de l'intervention d'Alexey Komov dans une conférence de presse à Washington DC en février 2014. Toujours selon Komov, les marxistes et les financiers peuvent bénéficier du soutien de l'ONU pour promouvoir l'éducation sexuelle et le planning familial. Alexey Komov a aussi été invité lors de son périple en France au mois d'octobre à un débat dans l'église Notre-Dame de Passy (XVIe arrondissement de Paris) avec Jean-Marie Andrès, le président de la Confédération Nationale des Associations des Familles Catholiques (CNAFC) et ... Guillaume d'Alançon, délégué à la pastorale familiale et en charge de l’académie diocésaine pour la vie du diocèse de Bayonne.

Des thèses conspirationnistes comme celles d'Alexey Komov sont régulièrement diffusées sur le site du diocèse. Par exemple, cet article de Thibault Luret, chargé de communication du diocèse, sur le genre en est un parfait exemple. Á grand coups d'amalgames, l'auteur en profite pêle-mêle pour critiquer la lutte contre l'homophobie, contre les stéréotypes de genre ou encore contre les discriminations fondées sur l'orientation sexuelle. Au premier plan de ce grand complot de la théorie du genre, on retrouve là aussi l'ONU et la Commission européenne.

Mgr Aillet a l'habitude de se poser en victime de libertaires qui veulent s'en prendre à lui parce qu'il défend la famille et les valeurs morales. Le problème n'est pas là. Que Mgr Aillet exprime ses opinions et qu'il manifeste son désaccord avec le salon de l'érotisme à Pau, c'est son .droit.

Par contre, il est beaucoup plus choquant de voir les moyens du diocèse utilisés à des fins directement politiques et de propagande au service d’intérêts particuliers. Il y a aussi le coup financier de toutes ces interventions. On peut s'interroger sur le financement des déplacements d'Alexey Komov et Austin Ruse à Bayonne et du coût des déplacements de Mgr Aillet en Russie. En 2013, le diocèse enregistrait un résultat net négatif de 500 000 euros pour un budget de 5 millions d'euros, soit 10 % de déficit. Les charges de fonctionnement représentent la moitié des dépenses.

Cet état de fait est d'autant plus choquant quand on le met en perspective avec l'ambiance délétère qui règne dans le diocèse. Un article, de Véronique Fourcarde, paru dans Sud-Ouest, daté du 13 décembre, fait état de ces divisions. Une fois de plus, Mgr Aillet s'est présenté en victime de la désinformation. Fait assez drôle, il a cité le billet du blog du médiateur de Sud-Ouest, Thierry Magnol, pour souligner les nombreux courriers d'indignation reçus. De plus, d'après lui, le médiateur aurait reconnu qu'il serait « bien placé pour savoir que la « majorité silencieuse » de notre diocèse se tient à distance de ces polémiques.». C'est complètement faux, le médiateur tenait à insister justement sur l’extrême division qu'il observait dans le courrier des lecteurs. Son billet se termine par une conclusion de Véronique Fourcade qui évoque le climat d'omerta dans le diocèse et qui ajoute, c'était « comme si le débat sur la gouvernance au sein de l’Église était tabou. »

Les quatre ans de prélature de Mgr Aillet ont été animés par les querelles entre les partisans de l’évêque qui approuvent ses agissements et ceux qui ne supportent plus cette instrumentalisation du diocèse. Comme le dit Thierry Magnol, il y a bien deux chapelles dans le diocèse de Bayonne. Mgr Aillet a manifestement échoué à mener son diocèse dans l'unité.

Etienne Borocco 

Photo: 
Président Wladimir Poutine
Credit photo: 
Photo: Mgr Aillet, Wikimedia.
Président W. Poutine : http://www.kremlin.ru.

Commentaires

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Aillet", joyeux Noël... ce petit évêque vient d'en prendre pour son grade avec les voeux du pape François (décidément il me plait beaucoup ce pape).
"Aillet", c'est peut-être un mauvais moment à passer !
Des 15 maladies diagnostiquées par François de laquelle fait-il souffrir le plus les cathos de son diocèse

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Dieu, s’il existe pourrait nous obliger croire en Lui. Pourquoi être plus Dieu que Dieu ? Cet homme juge, condamne et n’ouvre pas son cœur. Je vous rejoins Michel mais il y a des sourds.
Le « croisé de Bayonne » n’a rien d’un évêque mais tout d’un homme politique le problème est là. Ou sont les urnes pour que cesse cette utilisation de l’Eglise à des fins personnelles ? L’homme peut penser et dire ce qu’il veut mais pas l’évêque. C’est un Gaillot de droite pour lequel un diocèse de Partenia bis pourrait tout à fait convenir.
L’utilisation de « l’Autre » c’est politique mais est-ce chrétien ? La manif pour tous n’a existé et n’a eu un tel impact que grâce à l’utilisation de la naïve Frigide Barjot et son réseau relationnel. Ne savait-elle pas qu’elle ne correspondait en rien aux critères aimés et polit par la catho-sphère ? Elle fût jetée comme une épluchure après qu’on lui ait bu goulûment tout le jus. Notre évêque se pavanait au bal. Lorsque l’on est capable de telles manipulations, d’un tel irrespect de l’autre comment peut-on se dire Chrétien ?
Oui, dans cet univers d’où je viens, c’est faite ce que je dis et surtout pas ce que je fais.

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Dans le processus de sélection du haut-clergé, il y a au bout du parcours, l'acceptation écrite et signée par celui qui est pressenti de la "doctrine disciplinaire" de l'institution. Ceux, probablement trop rares, qui par conviction intellectuelle, théologique ou pastorale n'ont pas signé, ne sont pas évêques. Parmi ceux qui l'ont fait, il y a notamment ceux qui comme Castet et Aillet l'ont fait des deux mains. Et puis il y a tous les autres qui de ce jour acceptent de devenir les simples relais de la bureaucratie romaine, la curie, sur leur territoire. Désormais, ils sont neutralisés, verrouillés de l'intérieur, théologiquement morts, pastoralement impuissants. Quelle que soit sa sensibilité, aucun croyant ne peut se résoudre à un tel désastre ecclésial. A Augustin qui développait sa théorie du péché originel, un autre évêque avait le front de lui rétorquer que que les animaux souffraient en mettant bas : "Auraient-ils mangé du foin défendu ?". Comme j'aimerais que la discussion soit de nouveau permise, que le débats théologiques nous réunissent dans l'affrontement. Ne comptez pas sur les évêques : ils sont morts. Aillet n'est qu'un épiphénomène d'une médiocrité intellectuelle et bureaucratique méthodiquement organisée par le centre romain depuis trop longtemps. Les croyants n'ont rien à attendre de l'épiscopat français.

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Oui, absolument, ils sont morts exactement comme l'étaient tous ceux qui avaient été nommés par Pie XII au moment du Concile.Par ailleurs si j'avais mauvais esprit je ferais remarquer que les diocèses dans lesquels il y a le plus d'ordinations sacerdotales ne sont pas les plus avant -gardistes,mais à cela on me répondra que c'est parce que dans ces diocèses le recrutement des candidats n'est vraiment pas à la hauteur

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Dominiquebargiarelli : C'est votre opinion et je peux la comprendre. Toutefois, ma position est plutôt la suivante : il n'y a pas ou plus d'avant-garde ou d'arrière-garde. Ce temps est terminé ou, plutôt, on ne peut plus raisonner ainsi. Je pense que la réflexion théologique et canonique est au point mort depuis tellement longtemps, que tout est pétrifié, autrement dit, seul le passé subsiste et a encore une réalité. Je pense qu'il n'y a pas de séminaristes de telle ou telle école, progressiste ou traditionaliste. Il y a des jeunes qui font tous un pari sur leurs raisons de s'engager pour les 40 prochaines années. Or le pari est, de mon point de vue en tout cas, très improbable. Je voudrai ici prendre l'exemple de l'enseignement catholique au lycée. Il condense, à mon sens, l'impuissance de l'Eglise à enseigner aujourd'hui les raisons de la foi aux jeunes, car nous-mêmes adultes serions désormais incapables intellectuellement d'en rendre compte autrement que par le biais de la spiritualité ou de "l'engagement", ce qui est totalement insuffisant. (Il ne s'agit pas de l'expérience de la piété ou, mieux, de la charité en acte, ou du "vécu", il s'agit de "l'intelligence de la foi", ce qui pour une "vie consacrée", qui devra s'inscrire dans la durée, me semble essentielle). Or de l'ancien système "intellectuel", celui de mes grands-parents, il ne reste rien. C'est devenu une évidence pour le protestantisme depuis le début du XIXe siècle, pour les catholiques depuis seulement cinquante ans (et la source d'un désarroi qui finit par se couvrir de ridicule aux yeux des hommes et des femmes d'aujourd'hui). J'ai tâché d'observer de près ce qui allait dans ce sens dans l'école de mes enfants et le matériel utilisé : des vidéos empruntées aux évangéliques protestants des Etats-Unis, ou des vidéos utilisant l'argument du "dessein intelligent". C'est insuffisant pour des terminales qui font un peu de philosophie. Aussi je pense que les séminaristes méritent plus de respect que vous ne leur en témoignez en apparence, par pure idéologie.

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Merci de votre réponse Oui,il est complètement dingue de vouloir être prêtre à l'heure actuelle quand on sait les difficultés qui vous attendent,et comment ne le saurait-on pas.oui c'est dingue à un point inconcevable,vous avez tout à fait raison,mais là où nous ne sommes plus d'accord c'est que je crois absolument à l'aide spirituelle car le Christ nous a dit entre autres deux choses:
-d'une part, "sans moi vous ne pouvez rien faire"
-d'autre part,"et moi je suis avec vous chaque jour jusqu'à la fin du monde"
Pour moi ce sont deux éléments absolument essentiels.
Quant au protestantisme ,que je connais tout de même pas trop mal,je n'ai pas le sentiment que sa course perpétuelle pour s'adapter au monde(et cette adaptation est bien sûr nécessaire mais jusqu'à un certain point)porte beaucoup de fruits.
Par ailleurs je ne comprends pas votre attaque finale contre ce qui serait selon vous le fond de ma pensée sur les séminaristes.Je suis en fait plutôt plein d'admiration pour eux qu'ils soient "progressistes ou conservateurs car pour s'engager ainsi il faut de toute façon un certain courage.
Par ailleurs en matière d'intelligence de la foi je pense que nous ne sommes pas si dépourvus que çà,quand je pense à René Girard par exemple au Cardinal Lustiger et à bien d'autres

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Cher dominiquebargiarelli : Lustiger, Girard, très bien... mais pardonnez-moi d'y revenir, la question est celle-là : peut-on être et rester chrétien de manière rationnelle ? Croyez-vous aux dogmes de votre foi et dès lors pouvez-vous en justifier ou même en parler à votre entourage : la rédemption, l'immortalité de l'âme, l'existence de l'enfer, le royaume des cieux, la naissance virginale de Jésus... etc. c'est cet examen qui introduit dans une autre réalité : celle de la situation intellectuelle dans laquelle se trouvent aujourd'hui la religion et la critique de la religion catholique. Ainsi, peut-on partager le tourment d'un séminariste qui se pose les bonnes questions.

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Dans l'énumération des choses que vous trouvez difficiles à expliquer (je vous rassure, moi aussi) certaines ne me paraissent pas vraiment fondamentales. La virginité de Marie, franchement, en quoi est-ce nécessaire à notre salut? Au passage, vous pouvez aller faire un tour sur le blog de François Vercelletto:
http://religions.blogs.ouest-france.fr/archive/2014/12/22/vierges-et-sai...
où la question a suscité une jolie discussion...

Quant à l'enfer, où le voyez-vous dans le Credo? Il y a des théologiens fort sérieux qui ont avancé l'hypothèse que l'enfer existe, mais qu'il n'y a personne dedans... La discussion de Marie Balmary et Daniel Marguerat, parue chez Albin Michel sous le titre "nous irons tous au paradis", offre une vraie réflexion sur le sujet (pas seulement sur l'enfer, mais sur la rétribution, le mal, la responsabilité humaine, l'éternité)

L'immortalité de l'âme, ce n'est pas dans le Credo non plus. La resurrection des corps, si; vous me direz que ce n'est pas plus facile. Certes... Mais tant qu'à tomber sur un os, autant que ce soit le bon.

Reste la rédemption. Là, on est au coeur du sujet. Mais... qu'entendez-vous par là exactement? Je ne vous demande pas votre réponse. Je suggère seulement que la "difficulté" de nous faire comprendre des non-croyants tient souvent à un malentendu sur les mots. Peut-être en faut-il d'autres. Peut-être surtout faut-il éviter de mettre la charrue avant les boeufs- c'est-à-dire, de mettre les mots de la foi avant l'expérience spirituelle. Et je suis convaincue que celle-ci est beaucoup plus largement paratagée que ne le pensent les gens pieux, qui s'imaginent que les non-croyants sont des bêtes brutes. Oh, que non.

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Anne-Marie et Dominique : êtes- vous ces chrétiens qui ne demandent aucune preuve pour leur foi ? Ceux-là en appellent généralement au cœur et aux sentiments. C'est légitime et personne ne peut leur en vouloir (ce serait un fondement de la foi : l'argument du vécu qui se suffit à lui-même ; ce serait peut-être la grâce comme action immédiate de Dieu). Ce croyant est "inattaquable"... et on peut passer son chemin. Car la relation "personnelle" avec Dieu, comme "confiance" peut s'entendre aussi comme critique de la raison et de la culture. Les non-croyants seraient justifiés à leur reprocher cette dérobade (qui est un phénomène récent dans l'histoire, daté du XIXe siècle, on l'a oublié de nos jours, mais cela n'a pas été "la nature" éternelle de la foi de se cantonner dans un tel préambule). Appartenez-vous à ceux des croyants d'aujourd'hui qui s’affranchissent du magistère en ne voulant plus soutenir l'ensemble de la "doctrine" et refusent l'obéissance à la liste des assertions présentées par l'institution ? pour eux, il est envisageable de "choisir" ou "de faire un tri personnel" dans la théologie, le catéchisme ou les dogmes. Pourquoi pas, mais il faut nécessairement clarifier loyalement sa relation avec l'institution et puis... s'en justifier, sinon à quoi bon. Et puis, il y a le "malentendu sur les mots" qu'il suffirait de lever pour se faire comprendre des non-croyants. Là, je vous rejoindrai peut-être à certaines conditions. Est-ce à dire en effet que la connaissance "philosophique" de Dieu est encore possible ? la liberté de l'examen et de l'adhésion réfléchie seraient encore possibles ? le brouillard intellectuel de la foi (auquel tous les croyants se sont habitués depuis deux générations) n'est donc pas inéluctable ? On pourrait enfin sortir de cette rhétorique de l'amour (et de sa "posture", à moins bien sur de la garder invisible) que beaucoup de non-croyants abhorrent précisément ? En réalité, le croyant ne pourra jamais se retirer de la communauté des hommes et des femmes qui argumentent. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas parce que je soutiens pour ma part que la technostructure cléricale par orgueil et paresse, par soif de domination, par haine de la connaissance, ne donne plus à boire et à manger aux fidèles depuis très longtemps.

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De mon point de vue de croyante, vous posez plusieurs questions qui ne sont pas de même nature, bien que vous les présentiez comme liées, ou même identiques.
Est-ce que je demande une "preuve" de ma foi? Evidemment, non. Si la vérité de la foi pouvait être démontrée, de façon rigoureuse et quasi mathématique, tout le monde serait croyant, sauf les imbeciles et les gens de ... mauvaise foi. Manifestement, ce n'est pas le cas.
Est-ce pour autant que j'accepte de vivre dans le brouillard intellectuel, où la "rhétorique de l'amour", comme vous dites, remplace toute élaboration intellectuelle, évacue tout esprit critique, interdit toute lucidité? Non, certainement non.

Ce qui n'est pas démontrable, ce qui relève à proprement parler de la foi, c'est-à-dire de la confiance faite à un autre, c'est le saut, le pari, l'aveu (ces mots sont maladroits) par lequel, lisant les textes de la Bible, j'accepte de les recevoir comme le témoignage d'une relation entre des humains comme moi (c'est-à-dire, ni débiles ni fous...) et l'être transcendant qui s'est nommé à Moïse comme "je suis". Bien entendu, cela n'empêche pas d'examiner ces textes comme des oeuvres littéraires relevant de règles propres à une époque et à une culture, transmises par des institutions qui les ont travaillées selon leur vison de ce qui est bon pour elles, etc...

Mais, au-delà du "saut" de la foi, toutes les interrogations sont permises, et je ne vois pas pourquoi ce saut initial m'empêcherait d'avoir besoin de rationnalité, et m'interdirait de vouloir satisfaire ce besoin.

Suis-je assez claire? Vis-à-vis du magistère... eh bien, je pratique une écoute respectueusement critique. Exactement comme tout étudiant sérieux.

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je souhaite simplement vous dire ceci : vous parlez d'amour et d'une relation d'amour : il me semble qu'on puisse démontrer que Dieu est aussi un Dieu de colère et de vengeance et qu'il apparaît comme tel dans les Ecritures et dans la doctrine de l'Eglise. Dans ces conditions, pouvez-vous exiger le saut et le pari de la part des incroyants ?

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Relisez bien mon message, le mot "amour" s'y trouve dans l'expression "rhétorique de l'amour", que je reprends de vos propos précédents, et manifestement avec une allusion péjorative, chez vous comme chez moi. J'ai parlé d'une relation entre Dieu et les humains, sans préciser la nature de la relation.

Ceci dit, il est clair que Dieu nous invite à l'amour. Quid du Dieu vengeur, jaloux et meurtrier qui apparaît dans la Bible? Je crois que le Peuple élu avait besoin de croire que Dieu prenait son parti dans les guerres pour croire en Lui. Mais remarquez que, lorsque le même peuple élu a été vaincu, déporté, dispersé, il n'a pas cessé de croire en Dieu: il a changé son image de Dieu. La Bible raconte des histoires qui témoignent d'une histoire, pas au sens de science historique contemporaine, mais au sens où la vérité d'une personne se découvre dans son histoire, le parcours de sa vie. La Bible raconte le parcours de Dieu avec les hommes. Si, dans ce parcours, vous isolez un moment, vous perdez le sens.

Enfin, je n'exige rien de personne. Je suis convaincue que beaucoup d'incroyants, qui ont refusé de donner leur foi à l'Église, et qui l'ont fait pour de bonnes raisons, sont des justes devant Dieu. Je n'exige pas de Dieu qu'il juge selon ma conception de la justice.

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merci de votre réponse. Je vous souhaite une bonne et heureuse année en souhaitant vous retrouver pour d'autres échanges.

Christine PEDOTTI

Si le christianisme et particulièrement le catholicisme cessait de se frotter à la culture et aux arguments des autres, il deviendrait un ésotérisme. Il est d'ailleurs possible que ce soit le chemin qu'il est en train de prendre si on en juge par les poussée de fondamentalisme dur ou de fondamentalisme mitigé qui le secoue. Je vise sous cette appellation tous les appels à l'obéissance que poussent sur la blogosphère les gardiens du dogme, toujours prêts à pousser dehors celui ou celle qui exerce son intelligence. Ainsi, l'intelligence serait le début de la désobéissance, hors selon les nouvelles normes , le critère de la foi serait précisément l'obéissance.
Martin, vous avez raison, c'est une grande et tragique nouveauté dans l'histoire du christianisme, qui au contraire, pendant des siècles a été aux avant-gardes de la science, de l'intelligence, de la raison. En fait, la crise de la modernité , c'est la rupture du lien entre le système religieux et le système de la connaissance non religieuse.
Évidemment, on ne peut pas penser aujourd'hui comme on le faisait du temps de Thomas d'Aquin, c'est-à-dire, comme si la terre était plate, située au centre de l'univers et vielle de 7000 ans. Or, c'est ce qu'on fait, c'est là que se situe la paresse honteuse dont vous parlez. On pose un postulat: "il n'y a pas de véritable problème science et foi" et on reparle d'Adam et Ève comme si de rien n'était. Et le problème ne se pose pas seulement avec les sciences dures, mais aussi avec tous les apports des sciences humaines. Le chantier est immense et on lui tourne le dos. Oui, vous avez raison par paresse, et sans doute aussi par peur.

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Bonjour Martin,question rouge que vous me posez là et ma réponse ne pourra pas vous satisfaire si vous pensez que la foi dans les dogmes peut s'expliquer de façon mathématique.Alors oui, je crois en Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme mort et ressuscité par amour pour nous.C'est totalement irrationnel à notre regard,mais je prends au sérieux tout ce qu'onT écrit les disciples lesquels avaient de multiples raisons de refuser de croire.J'y crois parce qu'il me parait invraisemblable qu'un être humain ait pu imaginer pareille histoire parfaitement invraisemblable et pour laquelle tant sont morts en refusant de se renier.J'y crois parce que ça donne un sens à mon existence.J'y crois par les exemples de vie héroïque que j'ai eus autour de moi.
Alors ,non ,à première vue çà ne rime pas à grand chose et pourtant...
oh bien sûr cela ne m'empêche pas de douter parfois mais en lisant et relisant le Nouveau Testament et certains passages de l'Ancien avec lequel j'ai pas mal de difficultés, je retrouve toujours des raisons de croire. Lorsque Jésus a annoncé publiquement sa mort et sa résurrection beaucoup l'ont abandonné.Il a alors demandé aux douze si eux allaient aussi le quitter et Pierre a répondu au nom des douze "A qui irions-nous,tu as les paroles de vie éternelle"
Alors oui, à vie humaine çà ne tient pas la route,mais devons- nous donc nous faire un Dieu acceptable,répondant à nos critères,un Dieu à notre image et à notre ressemblance?
Cordialement

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merci de votre réponse. je pense pour ma part que nous avons donc peut-être moins besoin de prêtres, fussent-ils saints, pieux (ou en soutane), que de théologiens, clercs et laïcs, hommes et femmes. Il y eut des personnalités comme Augustin ou Thomas ou d'autres. Mais cet "intellectuel", que l'Eglise doit espérer pourrait être tout aussi bien un "intellectuel collectif". Le concept de Peuple de Dieu, dans une acceptation territoriale limitée, n'est pas ici une simple figure de style. L'Eglise du XXIe siècle devra être celle de l'audace. (Et bien sur, dans cet esprit, personne ne peut exclure non plus un paradoxe venant de la communauté Saint-Martin).

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Bonjour, Dominique.

encore vous, encore moi, d'un site à un autre... Espérons que nos arguties ne fatiguent pas les autres visiteurs.

Sur cette question de savoir si nous avons raison ou tort d'essayer de penser rationnellement la foi, je suis à moitié d'accord avec vous, et à moitié pas d'accord du tout.

Bien sûr que nous avons toujours tort de vouloir nous faire un Dieu à notre mesure, à notre façon, à notre goût. Que Dieu soit, en vérité, totalement inconnaissable, c'est certain. Que son projet pour nous soit fondamentalement dérangeant, il faut en passer par là. Mais devons-nous accepter que, parlant de Dieu, nous soyons dans l'irrationnel, l'incommunicable, ou même l'absurde, je ne le pense pas. Après tout, ce n'est pas nous qui avons inventé que le Dieu d'Abraham se soit fait connaître des humains, qu'il leur ait parlé. Dieu vient à nous par des paroles d'hommes. Donc, il nous revient de transmettre cetgte parole, et pour commencer, de nous la dire entre croyants d'une façon qui nous fasse vivre. Il faut que cette parole soit une vraie nourriture, et, ne vous en déplaise, les humains se nourrissent de rationnalité. Donc, oui Martin, nous avons besoin de rendre compte rationnellement de notre foi. Quitte à avouer, ensuite, que cette rationnalité que nous essayons de construire ne pèse pas grand chose face à l'essentiel: le oui d'amour à la demande amoureuse de Dieu.

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Cela aurait paru invraisemblable à la fin du XIXe siècle : à l'époque, les rares qui passaient le baccalauréat avaient fait du latin et du grec (jusqu'au bourrage de crâne) et ils étaient intimement familiarisés avec le Dieu des philosophes. La foi était de l'ordre de la raison : Augustin et Thomas n'avaient-ils pas enraciné leur foi dans le respect des conditions de la raison antique, sans la confondre avec celle-ci ? ; le premier dans la philosophie néoplatonicienne et le second plutôt dans la philosophie aristotélicienne. Mais c'était déjà la fin : entre le XIVe et le début XIXe siècle, ces garanties ont progressivement été contestées et se sont délitées. La foi s'est mise sur la défensive et sa tendance est devenue anti-intellectuelle. La rationalité de la foi est devenue purement rhétorique. La spiritualité de l'amour fait désormais office de théologie. Le journal le Monde a titré récemment : "Le pape fustige le vide spirituel du Vatican". Mais si l'institution cléricale est devenue une bureaucratie n'est-ce pas surtout en raison du vide théologique et intellectuel qui l'affecte ? D'accord avec Christine : le fondamentalisme en est la conséquence mortelle.

Christine PEDOTTI

Je repose ma question est-ce le le boulot d'une évêque c'est recruteur de curés? Est-ce que c'est la mission que Jésus confie à son Église: "Allez et recrutez des curés, plein de curés" ou variante chic : "Recrutez des bons prêtres, des saints prêtres"?
La vérité c'est que personne (ou presque), de sain d'esprit et pas trop névrosé ne veut s'engager dans cette vie. Mais si on n'est pas trop regardant sur la santé psychique…

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Non,personne ne veut vivre la vie du prêtre aujourd'hui.
La fonction doit changer.
Les actes des apôtres et les lettres de Paul devraient nous donner des idées.
La vie des laïcs doit changer aussi : les laïcs ne peuvent pas donner tout leur temps à des services d'église !
Tout cela est lié.

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Effectivement ,Christine et ça m'avait échappé mais il est clairement établi que la quasi totalité des nouveaux prêtres sont des névrosés,c'est clairement établi.Bon, bien sûr certains vous diront qu'ils se rendent bien compte que ce ne sera pas facile mais qu'ils font confance et à qui? J'vous l'donne en mille : à l'Esprit Saint!!!
Invraisemblable n'est-ce pas?

Christine PEDOTTI

Eh bien oui, Dominique, c'est hélas établi. Pas tous mais beaucoup, beaucoup trop, et quand ils sont refusés par un séminaire "normal", ils trouvent refuge dans ceux des diocèses qui ne sont pas très regardants et pour qui l'affichage de "bons chiffres" est la priorité. Ce n'est pas une rumeur, c'est la réalité que nombre d'évêques et de directeurs de séminaires ne connaissent que trop bien. ça rend d'ailleurs les relations de la majorité des évêques français avec les évêques "ramasseurs" un peu délicates. Quant à l'Esprit Saint, je n'ai pas entendu dire qu'il soignait les névroses: "Gratia non tollit naturam, sed perficit", comme dirait Thomas d'Aquin.

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+1 Christine.
Dans la mesure où les places dans les séminaires ne manquent pas, ça ne sert à rien d'en ouvrir de nouvelles.
Quelqu'un de motivé pour être prêtre va postuler dans différents séminaires et aller là où il sera pris.
Je vois mal quelqu'un qui a la vocation dire "ah, je ne vais pas postuler parce que tous les séminaires sont dans des diocèses avec des évêques progressistes".

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Je me souviens avoir donné une conférence, à Pau, il y a deux ans et avoir entendu des personnes me dire : "D'ici cinq ans, il y aura deux Eglises dans le diocèse, celle de l'évêque et la nôtre".

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La fin pour un chrétien ne peut pas justifier pas les moyens. Mais en ce moment cette maxime est loin de guider les comportements dans une certaine sphère politique, qui ne s'encombre pas d'une telle contrainte éthique. Qu'un parti politique se vautre sans vergogne et au mépris de l'indépendance qu'il prétend défendre dans des basses manoeuvres pour financer ses activités c'est son affaire et celle de ses élécteurs qui aiment se faire rouler dans la farine.
Mais qu'un prélat français lui emboîte le pas, cela relève soit de l'hypocrisie et du plus profond mépris pour les âmes dont il a la charge et de la mission qui lui a été confiée, soit de la naïveté et de l'aveuglement face aux sirènes des défenseurs auto-proclamés de certaines pratiques que l'on baptise "traditions" pour mieux masquer leur côté douteux, au service d'un nationalisme chauvin qui se soucie comme d'un guigne de la parole évangélique.
A propos de Mgr Rouet on est là aussi dans la rumeur et dans les arguments de bazar. Mais pour certains les propos à l'emporte-pièce ont valeur de vérité dès lors qu'ils sont assénés avec force.
Dans tous ces cas on nage dans le mensonge.

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Le discours d'Alexey Komov a été prononcé le 10 octobre 2014, à l’invitation de Mgr Aillet. En 2012 Mgr Aillet avait organisé un grand colloque iinternational « Pro-vie », dans le plus grand hôtel de Biarritz, avec divers intervenants dont le cardinal Burke, invitations gratuites et colloque financé pour 70 000 € par un mécène américain.
En 2014, il a fait qqch de plus discret, avec deux intervenants, un russe et un américain : Mgr Aillet se pose en coordinateur français des mouvements pro-vie. Si vous voulez lire en direct ces interventions, celle du russe Alexey Komov et celle de l'américain Austin Ruse, cherchez sur Google par exemple Alexey Komov Bayonne, et vous serez redirigé sur le site du diocèse de Bayonne.

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Mgr Aillet n' a certes pas que des qualités il s'en faut de beaucoup, mais au moins ,lui, va visiter ses paroissiens et puis, excusez-moi , mais je préfère un évêque qui réussit à rouvrir son séminaire à tant d'autres qui sont obligés de les ferrmer ,faute de candidats.Oh bien sûr je doute fort que ces futurs prêtres correspondent aux goûts de la plupart de ceux qui s'expriment ici,mais j'attends toujours qu'on m'explique pourquoi les évêques "conciliaires" n'ont pas réussi à remplir leurs séminaires et je donnerai comme exemple le cas de Mgr Rouet,évêque conciliaire -type dont le successeur a été contraint de fermer le séminaire faute de candidats.

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Oui, mais si c'est aller visiter les paroissiens comme on va coller des affiches électorales...
Quant aux évêques "conciliaires", ils auraient moins de mal à garnir leurs séminaires si certains n'avaient pas empêché la mise en place de certaines orientations du Concile et les Églises seraient peut-être, elles aussi, moins désertées!

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Jean Christian Hervé ,et qui vous a dit que les visites de Mgr Aillet étaient de ce type-là,qui?
Mgr Aillet est allé entre autres à Pau dans une paroisse des plus avant-gardistes et n'importe qui pouvait l'interroger.Par ailleurs quand il vient il reste 6 jours dans la paroisse et loge au presbytère.Son prédécesseur quant à lui on ne le voyait que très rarement et avec lui les visites étaient du type express que vous déplorez.
mgr Aillet est loin d'être parfait,c'est certain ,mais il n'est pas du tout l'Evêque lointain enfermé dans son palais épiscopal.
Que donneront les futurs prêtres sortant de son séminaire,je n'en sais fichtre rien,mais je me refuse à insulter l'avenir en pensant par exemple au parcours réalisés par Charles de Foucauld et même Saint Vincent de Paul

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Juste pour qu'on rigole, tu peux nous dire le nom de la paroisse avant-gardiste à Pau?
Sinon, c'est drôle, je n'ai pas du tout les mêmes échos du terrain :D .

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Mais bien sûr Erastothène puisque tu es apparemment si bien informé il n'y a plus qu'un seul modèle de paroisse à Pau .Elles se ressemblent toutes, l'uniformité absolue et
les prêtres ont été obligés(bien sûr) d'adopter le col romain,de virer les filles de l'autel,de porter la mantille et si j'oublie quelque chose encore je compte sur toi pour me rafraichir la mémoire.

Christine PEDOTTI

Ce qu'ils donnent en sortant du séminaire? Ben, nous ont sait, on voit, les témoignages, il y en a à foison.

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Christine, je n'ai pas parlé de ce qu'ils donnaient en sortant du séminaire,et encore je ne sais si l'on peut dire qu'ils sont tous semblables que ce ne sont que des clones, mais de leur avenir,et si je conçois que l'on puise considérer que quelqu'un comme moi qui approche à très grands pas de ses 70 ans ne changera plus ,pour moi il est inconcevable de penser la même chose de quelqu'un de 27 ou 28 ans . Par ailleurs j'aimerais bien qu'on m'apporte la preuve que les séminaristes de Bayonne ne sont qu'un ramassis de ceux qui n'ont pas été acceptés ailleurs.
Non le rôle des évêques n'est pas de fournir des prêtres à tout ^prix ,mais lorsqu'un diocése ne donne plus de prêtres du tout depuis des années je pense qu'il n'est pas interdit de considérer que c'est parce que les prêtres dans leur manière d'être ne donnent vraiment pas l 'envie de s'inspirer de leur attitude et surtout ne donnent pas l'impression d'être heureux ni de croire à ce qu'ils font.
Tiens ,pour s'amuser un peu en cette période je vous invite à regarder la présentation que font d'eux-mêmes les séminaristes de la Communauté St Martin.Ah oui,pour faire bourgeois ils font bourgeois ,mais névrosés? Franchement j'ai des doutes...

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Le théologien Joseph Moingt fait cette hypothèse qui mérite d'être discutée : le tarissement du recrutement sacerdotal est l'indice que la société d'aujourd'hui ne veut plus se reproduire religieusement à l'identique. Puisque vous parlez de l'Esprit Saint : observez donc aussi les signes des temps (moi, je préfère parler de sociologie). Enfin, qu'est-ce que cela veut dire : à 27 ou 28 ans "on peut changer", alors que le logiciel de fonctionnement ecclésial est totalement à l'arrêt et que la bureaucratie cléricale tourne à vide ? Vous l'exprimez vous-même (c'est un comble) sous une autre forme en déplorant la sinistrose qui s'est emparée du clergé mal dans sa peau ou plutôt dans sa tête (mais à vous lire : miracle ! la névrose n'atteint pas (encore) la communauté Saint-Martin ! pourquoi ? parce que sa communication très juvénile vous a séduit ? Là, cela devient grave : en s'attachant aux apparences, vous manquez peut-être de ce fameux "discernement spirituel"). En réalité, votre argumentation est contradictoire et finit par être passablement naïve. Ergoter n'est pas discuter.

Christine PEDOTTI

Mais Monsieur Bargiarelli, c'est précisément parce qu'il est évident qu'un grand nombre de prêtres ne sont pas heureux, et en effet, ils ne croient pas en ce qu'ils font, ils ne croient surtout pas au système d'autorité dans lequel ils sont insérés. ils sont épuisés, souvent déprimés, malaimés… Boulot de chien, et quand ils sont vieux, ils sont abandonnés ou presque dans des mouroirs. Oh, bien sûr, la plupart vont protester qu'ils sont heureux jusqu'au jour où ils craquent. Les plus anciens se consolent avec des bouteilles, les plus jeunes passent la moitié de leurs nuits sur internet. La communauté Saint Martin… excusez-moi, mais ils me font le même effet que les moinillons hilares de la secte Hare Krishna qu'on rencontrait dans les rues, tout d'orange vêtu… sauf que le noir est moins gai!

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Ah Christine, si vous faites les questions et les réponses et savez mieux que les intéressés s'ils sont heureux ou pas et que s'ils disent qu'ils sont heureux ce n'est évidemment pas sincère de leur part ... et qu'en plus vous avez bien évidemment la solution à leur mal -être affirmé...
Tout est dit...

Christine PEDOTTI

Au cas où ce détail vous aurait échappé, j'ai écrit au 3 ou 4 livres sur cette question à la suite desquels j'ai reçu des centaines de courriers de prêtres de tous âges. Alors, oui, je prétends que ça me donne une certaine compétence.
Et pas plus tard qu'hier, je lisais ça:
http://www.lalibre.be/actu/belgique/malades-de-leur-travail-les-cures-on...

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Christine, je ne suis pas obtus au point de ne pas savoir que des prêtres souffrent et même énormément et que vous aillez reçus des centaines de lettres en ce sens ne me surprend pas.Mais faire de ce fait une généralité me parait aller un peu vite en besogne.Pour ma part je vois essentiellement des prêtres qui me donnent l'impression d'être plutôt "bien dans leurs baskets" avec bien sûr des coups de blues et , Dieu soit loué,les prêtres qui en viennent à se supprimer sont tout de même rarissimes
Je ne nie pas ce problème pour autant.

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Dominique, ce n'est que votre opinion qui n'est étayé sur aucun fait solide empirique.
Quand quelqu'un vous fait remarquer que le blues des prêtres est quelque chose de documenté avec des ouvrages et des articles de presse sur le sujet, c'est qu'il y a bien un problème.
Il faut arrêter d'être dans l'irrationnalité la plus totale pour regarder la vérité en face.

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Sinon, je rappellerai juste que le sujet à la base, ce sont les liens de Mgr Aillet avec la propagande homophobe du Kremlin.
Ce que Dominique Bargiarelli ne remet manifestement pas en cause.

Christine PEDOTTI

erastosthène, vous avez raison, mais il semble que puisqu'il remplit son séminaire on peut lui pardonner.

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Il y a aussi des témoignages de bonne acceptation...mais ceux-là ne font pas de bruit.
Il semblerait quand même que nous allons vers un schisme, à force de nous battre à coup de conciles.
Pour ma part, je crois que plusieurs formes d'évangélisation peuvent cohabiter. Le Christ a-t-il parlé à tous de la même façon ? Non, il s'adressait à chacun de façon unique ! A nous tous de retrouver le langage qui va au coeur, et qui ne dépend pas d'une forme ou d'une autre !

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Son séminaire, parlons-en. Quelle est la qualité du recrutement? Si c'est pour prendre des gens qui ont été refusés partout ailleurs, ce n'est pas terrible.
Ensuite à vous lire, on croirait que la fin justifie tous les moyens.

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21 séminaristes. Très bien. Mais soyons concrets : que leur enseigne-t-on pour les quarante prochaines années ? cet enseignement est-il à l'image de l'idéologie de Mgr Aillet ? Mais du reste qu'est-ce que l'institution cléricale peut enseigner aux hommes d'aujourd'hui ? elle qui a cessé de penser depuis cinquante ans, probablement depuis la "crise moderniste", peut-être même depuis la fin du XVIIIe siècle. L'institution ne sait plus faire autre chose que condamner et maudire les hommes et la société, elle ne sait donc faire que ressasser la théologie du passé et entériner sa faillite pastorale. A cause de la paresse, de l'orgueil, de la médiocrité du haut-clergé dans son ensemble depuis trop longtemps, vos séminaristes construisent, bien malgré eux, sur du sable et sur une illusion car il n'y aura pas de miracle pour eux non plus : il n'y a pas que la curie à Rome qui est gagné par le vide spirituel et intellectuel, c'est l'ensemble de l'appareil clérical, toutes tendances confondues, et ses filières de formation qui sont gagnées par l'obsolescence, la stérilité et la bureaucratisation. Pour ma part, je pense qu'il revient aux fidèles d'aller dans des endroits où ils ne sont jamais allés. Je ne veux pas dire physiquement, mais mentalement. eut-être faut-il que l'ensemble des fidèles posent de difficiles questions et suggèrent de difficiles réponses. Rien à voir avec la facilité des postures et des idéologies. Et il se trouve que le pape est peut-être sur cette voie.

Christine PEDOTTI

Ainsi le boulot d'un évêque, et le critère de sa qualité, c'est recruteur pour son séminaire, et peu importe qui, c'est le nombre qui compte.

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Christine, certes le nombre n'est sûrement pas le critère prédominant mais si ce nombre est proche de zéro n'y a -t-il pas un problème tout de même ?
Quant à Mgr Aillet je ne partage pas ses choix politiques et je regrette beaucoup qu'en tant qu'Evêque il est apposé sa signature au bas de cette pétition.Il aurait dû le faire ,si bon lui semblait, qu'en temps que citoyen.

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Vous vous trompez sur l'échelle du problème. Il n'est pas au niveau de l'évêque, il concerne l'occident plus généralement.
Le nombre de vocations s'effondre. Dans ce contexte là, ouvrir un nouveau séminaire n'est peut-être pas forcément la meilleure idée.
De plus, quelqu'un qui veut devenir vraiment prêtre va postuler à plusieurs séminaires. Donc on peut se poser beaucoup de questions sur la sélectivité d'un séminaire quand un individu séminariste là-bas ne l'aurait pas été ailleurs.
Ce serait bien que le diocèse de Bayonne publie le nombre moyen de refus de chacun de ses séminaristes dans les autres séminaires. On rirait bien, je pense.

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Il faudra lui infliger le même traitement qu'à Mgr Le Vert, évêque de Quimper. Les prêtres et les laïcs se sont révoltés face au comportement de l'évêque: aucune écoute, aucun sens de l'argent, vie dispendieuse, etc. Il a été mis en congé maladie!!!

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Mgr Aillet est-il un évêque ou un homme politique ? Personne n'est obligé d'être d'accord avec une idéologie politique. Il suffit donc, à mon sens, aux fidèles de son diocèse qui refusent cette instrumentalisation du ministère épiscopal d'écrire au citoyen Aillet (ou à l'archevêque dont il dépend canoniquement) pour lui indiquer courtoisement qu'ils ne sont pas ou plus "en communion" avec lui comme évêque de l'Eglise qui est à Bayonne. On peut être baptisé, membre d'une communauté ecclésiale et refuser en conscience la communion spirituelle avec le pasteur si celui-ci instrumentalise son ministère au service d'une idéologie. Le droit canon n'est pas seulement un outil au service du pouvoir clérical, il peut également "porté" l'objection de conscience des fidèles. Au Peuple de Dieu d'en saisir l'opportunité.