Joseph Ratzinger est-il incorrigible ?

Non puisqu’il vient de réécrire l’un de ses textes datant de plus de quarante ans. Mais à qui le professeur Ratzinger croit-il devoir faire la leçon en corrigeant sa propre copie ?

Revenons aux faits : Joseph Ratzinger, évêque émérite de Rome, plus connu sous le nom de Benoît XVI, désormais retiré dans un ermitage au Vatican a entrepris depuis plusieurs années de faire publier ses œuvres complètes. Il en a confié la charge à un homme de confiance, Gerhard Müller. Pour preuve de sa confiance, il l’a de surcroît nommé Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Les œuvres de Joseph Ratzinger sont en effet, abondantes, livres, mais aussi très nombreuses contributions académiques, articles, conférences, préfaces, etc. Or, il se trouve que Joseph Ratzinger n’a pas toujours été le farouche gardien du temple et de la doctrine dont il a montré le visage comme Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi sous le pontificat de Jean Paul II et ensuite comme pape.

En effet, le jeune théologien était réputé pour la finesse de ses analyses et au Concile de Vatican II, comme théologien du cardinal Frings et comme expert, il a été identifié comme appartenant au courant dit « progressiste », c’est-à-dire à ceux qui ne se contentaient pas de répéter la doctrine mais qui fournissaient un intense travail de recherche afin de comprendre comment la tradition de l’Église s’était formée (et parfois s’était déformée). Le théologien Ratzinger met sa patte, si l’on peut dire, sur la Constitution Lumen Gentium, dans laquelle il est l’un des soutiens de la collégialité. Au cours des années qui suivent, il continue à être connu comme un théologien ouvert. Ainsi, en 1970, on trouvait son nom comme signataire d’un texte qui alertait l’épiscopat allemand sur la situation des vocations de prêtres et qui plaidait pour l’ordination des hommes mariés. Dans le même esprit, en 1972, il développait un argumentaire selon lequel on pourrait, suivant des règles qu’il faudrait élaborer, envisager de réintroduire les personnes divorcées remariées dans la communion eucharistique.

Il se trouve que les arguments du théologien Joseph Ratzinger furent cités par le cardinal Kasper lors de son allocution aux cardinaux en février 2014, dans la perspective de la préparation du Synode sur la famille.

Or, la publication du plus récent volume des œuvres complètes, portant précisément sur cette période montre que Joseph Ratzinger a non seulement éliminé son argumentaire en faveur des divorcés remariés mais l’a remplacé par un texte nouveau dans lequel il plaide contre. Si l’on veut lire les deux textes en parallèle, on les trouve sur le blog du vaticaniste Sandro Magister.

Cette opération présente quelques problèmes. D’abord, un problème d’honnêteté intellectuelle. Qu’est-ce que cela peut signifier que des œuvres complètes soient rectifiées, et pas seulement sur un souci de forme ou une imprécision de formulation, non, c’est une réécriture totale qui efface la version précédente et dit à peu près l’inverse. Bien sûr, Joseph Ratzinger peut changer d’avis, mais il devrait en ce cas éclairer les raisons de ce changement, discuter son propre texte et non le liquider. Ensuite, il y a un énorme problème de loyauté à l’égard du pape François. Joseph Ratzinger ne peut pas faire comme s’il ignorait que les opposants au pape actuel vont s’emparer de sa correction pour jouer « pape contre pape ». L’attitude de Joseph Ratzinger porte un nom, terrible, la forfaiture (le terme de forfaiture désigne une action accomplie en dehors des règles édictées, définition du Dictionnaire de l’Académie française). En se retirant, il avait formulé des règles, et en particulier celle du silence or il y déroge et ce de façon extrêmement grave, au risque d’introduire un risque de schisme. Certains n’hésiteront pas - ils le font déjà - à se réputer d’un pape contre l’autre. Et même s’il n’y a qu’un pape, François, même si un pape émérite, n’est finalement qu’un évêque émérite. Il reste que Joseph Ratzinger n’aurait pas dû. Albert Camus citait son père qui disait : « Un homme, ça s’empêche ». Las, Joseph Ratzinger n’a pas pu s’empêcher…

On peut cependant faire quelques commentaires, certains attristés, et d’autres réjouis.

Les attristés d’abord : Joseph Ratzinger montre là une pathétique petitesse. Pourquoi ne pas assumer ses contradictions ? La pensée d’un homme, surtout d’un intellectuel est un itinéraire. Il a dans de nombreux textes et de nombreuses déclarations postérieurs réaffirmé sa vision sans concession du mariage catholique. De quoi a-t-il peur ? Ne peut-il pas faire confiance à d’autres que lui ? Pourquoi vouloir tout verrouiller encore une fois, comme s’il était toujours le maître des clés ? Il a été le gardien du temple de la doctrine pendant 24 ans, pape pendant 8 ans, soit 32 ans de gardiennage. N’en a-t-il pas fait assez ?

Mais il y a motif à se réjouir, car un fait demeure, il peut donc y avoir des visions différentes, et en plus énoncées par le même homme (en 1972, Joseph Ratzinger a 45 ans, c’est un théologien en pleine maturité dont on peut estimer qu’il ne s’exprime pas à la légère). Ainsi, il semble bien qu’il y ait des vérités successives. De plus, quand on lit attentivement ce qu’écrit Joseph Ratzinger, on constate son insistance sur la prise en compte des situations actuelles (aussi bien dans la version 2014 que dans la version 1972). Voilà qui est hautement intéressant, car énoncer des règles éternelles pour le ciel et ses anges, pourquoi pas, mais pour la terre et les hommes et les femmes qui l’habitent, il semble qu’il soit utile de prendre en compte les circonstances… et de changer d’avis. Et s’il peut y avoir un changement dans un sens, pourquoi pas dans un autre. On ne s’attendait guère à ce que Joseph Ratzinger donne des arguments à une vision relativiste et même contingente du développement doctrinal.

Mais pour autant, cette affaire ne donne pas envie de sourire. Car au-delà de ces petites manœuvres assez indignes, de la part d’un homme dont on aurait espéré un peu plus de grandeur, on peut se demander si cette institution catholique, friande de complications théologiques, pusillanime et tatillonne, dont Joseph Ratzinger a été l’un des visages pendant 32 ans, sera capable de revenir a sa mission première, le service de l’Évangile.

 

Christine Pedotti

Photo: 
Joseph Ratzinger. Rome. 1988.
Credit photo: 
Rose Meierhofer. Wikipedia. CSous licence GNU

Commentaires

Visiteur

On sait Ratzinger grand admirateur de saint Augustin. Ce dernier, vers la fin de sa vie, a relu ses nombreux ouvrages en indiquant ce qui lui semblait à corriger. Il l'a fait dans un ouvrage intitulé "Retractationes", qu'il ne faut pas traduire par "rétractations", mais par "révisions". Joseph fait une opération semblable avec la publication de ses œuvres complètes et révisées. On pourrait ajouter qu'il n'y a que les ânes, paraît-il, qui ne changent jamais d'avis. Un théologien qui n'évoluerait pas dans ses opinions au cours de sa vie, ou qui n'aurait pas l'honnêteté d'avouer en quoi il a évolué, ne serait plus un vivant, mais une statue de marbre...

Christine PEDOTTI

Mais justement, s'il change d'avis, qu'il en rende compte. Qu'il se discute lui-même. Ce qui est regrettable c'est qu'il efface, tout simplement, sans rendre compte du cheminement qui le fait changer. Ce qui est hautement critiquable, c'est qu'il le fait en pleine discussion synodale alors qu'il avait clairement indiqué qu'il entrait "dans le silence".
Et la comparaison avec Augustin a ses limites car l'évêque d'Hippone s'est bel et bien convertit, que je sache, J. Ratzinger 1972, et J. Ratzinger 2014 sont l'un et l'autre réputés être strictement catholiques.
Pour finir, ce que fait J. Ratzinger, c'est un coup de pied de l'âne (ou de mule papale :-)) au moins à Kasper et, à travers lui, à François… Ce n'est pas joli joli…

Visiteur

Vous ne vous êtes pas demandé s’il est honnête de la part du Cardinal Kasper de citer la pensée d’un homme dont il sait pertinemment que la pensée a beaucoup évolué depuis la publication de ce texte en 1970 ?
Par ailleurs on dirait que vous savez exactement ce que le Pape veut à propos de cette question. Car toute la question est là .Personne ne sait exactement la position du Pape sur cette question à part qu'il veut que les choses bougent.
Dans tout ça une chose est sûre : le cardinal Kasper ne citera plus ce texte pour justifier sa position.

Christine PEDOTTI

C'est donc bien ce que je dis, une machine de guerre contre Kasper, et donc contre François. Car faire semblant de ne pas savoir ce que veut le pape, c'est de l'aveuglement, et de la surdité ou de la mauvaise foi.

Visiteur

Dans son dernier interview le Pape dit à propos des divorcés remariés :"ils paraissent excommuniés de fait ! Aussi faut-il leur ouvrir un peu plus la porte. " La question c'est donc de savoir ce qu'il entend par "leur ouvrir un peu plus la porte".
Et dans un autre entretien il explique même que la pensée de Benoit XVI l'aide beaucoup : "Le pape Benoît XVI a dit une chose 3 fois sur les divorcés remariés qui m’aide beaucoup. Une fois dans le Haut Adige, une fois à Milan et lors de l’ultime consistoire public : étudier les procédures de nullité matrimoniale parce que certaines peuvent être expédiées ou sont pour quelques personnes, étudier la foi avec laquelle la personne va se marier, et clarifier que les divorcés ne sont pas excommuniés et sont très souvent traités comme des excommuniés. C’est une question grave"."

Alors oui ce n'est pas de l'aveuglement ni de la mauvaise foi mais j'avoue que je ne connais pas la position exacte du Pape sur cette question.

Visiteur

Qui se corrige n'a pas à "se discuter lui-même", mais simplement à se corriger (ce que je vous souhaite). Ceux qui veulent comparer Ratzinger 1 et Ratzinger 2 le peuvent très bien, car rien n'est effacé. La preuve, c'est que vous pouvez le faire. Le silence, bien observé par Benoît, ne l'empêche pas de réviser ses propres œuvres, qui ne sont pas l'objet du synode. La comparaison avec Augustin tient parfaitement la route. Augustin s'est converti en 386. Il a écrit ses "Révisions" en 426-427, donc 40 ans plus tard. Toutes les œuvres qu'il révise ont été écrites entre ces deux dates. C'est comme Ratzinger, exactement. Votre interprétation concernant le moment de la révision de Ratzinger ne tient pas debout: "Coup de pied de l'âne à Kasper, à François". Benoît a 87 ans, il est affaibli (cf. sa renonciation): son calendrier lui est propre et ne doit rien aux coïncidences que vous supposez de façon arbitraire. Sa carrure théologique et ecclésiastique justifie amplement une publication révisée de ses œuvres complètes. C'est la marque d'un grand intellectuel, d'une totale honnêteté. Je peine à comprendre votre tentative d'opposer deux hommes, Benoît et François, qui ne cessent de se donner des marques de respect et de communion.

Christine PEDOTTI

Votre commentaire est fondé sur l'opinion que vous avez de cet homme, visiblement vous l'aimez beaucoup et n'avez pas envie de voir ce qui vous dérange, c'est une chose que je peux comprendre est qui est respectable, restons-en là.

Visiteur

En lien indirect avec le thème évoqué, mais en lien quand même.
La vidéo est en anglais (sous-titres en anglais) et dure 20 minutes mais elle vaut le détour :
http://www.gloria.tv/media/v6WpZoaFx8t

Christine PEDOTTI

Merci Cardabelle, en effet, le cardinal Burke dans toute sa splendeur…

Visiteur

Christine : merci pour votre travail d'analyse qui invite à réfléchir et nous rend plus soucieux de notre propre liberté de croyant.

Visiteur

@Christine : Tu sais comment je suis quand on s'en prend à quelqu'un que j'aime, n'est-ce pas ? Ecoute, tout ce que je vois, c'est que de ce que tu crois à ce que je crois, il y a une équivalente incertitude (objective). Au-delà l'affection particulière que j'ai pour ce pape - ce qui semble être la chose la moins partagée parmi tes commentateurs - je fais le pari de la bienveillance. Tu fais un autre pari... que veux-tu que je te dise, c'est un choix.

Et pendant que je suis là, juste par curiosité... est-ce que quand gershomleibowic fâché, lui toujours faire ainsi ? (cf. réponse à mon commentaire). Bon en tout cas, je note que mon hypothèse d'une démarche "cohérente" de Benoit XVI semble au moins acceptable au plan logique - dès lors qu'elle permet au minimum de déplacer la critique sur un autre sujet.

En tout cas, Christine comme Anne, je ne peux souscrire, même avec la meilleure volonté du monde, à saisir cet événement comme preuve d'un certain "relativisme doctrinal" : la première version du texte du père Ratzinger, en 1970, ne faisait de toute évidence pas partie du corpus doctrinal. Que le théologien Ratzinger, à une époque, ait émis des hypothèses et théories (fort séduisantes, je trouve) un peu réformatrices quant à la doctrine, ne les intègre pas de facto au magistère quand ce dernier devient Pape, autant que je sache. Benoit XVI n'a fait que retravailler le texte d'un théologien, avec l'accord tacite de ce dernier (attention à ne pas devenir schizophrène en me lisant), et le fruit de ce travail n'a d'ailleurs pas plus prétention à intégrer le magistère que la version première. Qu'on m'explique en quoi il y aurait là un précédent en matière de "relativisme doctrinal". Au pire, c'est juste l'histoire d'un théologien qui a changé d'avis !

Mais je rejoins Anne sur un point : d'une certaine manière, il eut fallu le faire dès le départ (au début de son pontificat) ou ne pas le faire du tout. Quoiqu'en exercice, ça aurait peut-être été encore plus bizarre. Finalement, je regrette juste qu'il n'ait pas plutôt écrit une critique de son premier texte, un débat avec lui-même, à la place de cette révision.

Mais bon, tout le reste de ce qu'on peut dire sur ses intentions et motivations personnelles, relève d'un jugement qui, il me semble, est réservé à Dieu.

Visiteur

Certes, l'air bon de J.R. est remarquable -bien décrit par J.M. Guénois dans son dernier bouquin- mais cette bonté est prisonnière de l'hypocrisie "officielle". JR/BXVI a trop feint de ne rien savoir, a trop feint de faire ce qu'il se refusait à faire, a bien servi la curie en la laissant à ses errements traditionnels, mais quant à l'Eglise, ...! Quant au grand théologien, bof, formol et nuage de fumée. Que de niaiseries dans les politesses et les jolies phrases. Si jamais la Curie élisait à nouveau pape une personne de sa trempe, le lien entre l'institution et l’Église en mourrait.

Visiteur

Ainsi, cette manipulation relèverait d'un jugement qui serait réservé à Dieu seul... C'est un point de vue pour le moins surprenant car c'est quand même aussi le métier des historiens heureusement, de juger les actes des hommes, car il reste un homme... Par ailleurs, Ratzinguer, lui, ne se prive pas de juger les hommes et les besoins du monde : en effet, avant de partir, il a interdit aux divorcés-remariés d'être nommés chefs d'établissement dans l'enseignement catholiques, en Europe... Alors que de nombreux enfants issus de familles recomposées y sont inscrits et y font toutes leurs études. Ainsi, l'exigence de discipline et de fidélité qui sous-tend cette démarche est-elle valable en toute circonstance pour tous ou bien est-ce seulement le privilège des monarques que de s'y soutraire ? Pourquoi s'immiscer en "règlementant un métier" ce qui va peut être à l'encontre de la miséricorde dont le monde a tant besoin ? Et enfin pourquoi stigmatiser les DVR comme au temps des pires heures des années noires du XX° siècles qu'on croyait disparues, mais non, les fantômes sont toujours présents, non seulement c'est dramatique mais en plus, il ne peut y avoir aucune circonstance atténuante, seulement des circonstances aggravantes.. L'histoire des hommes jugera ces faits que vous le vouliez ou pas.

Visiteur

Bonjour Jobinette,

Benoit XVI, avant de partir, aurait "interdit aux divorcés-remariés d'être nommés chefs d'établissement dans l'enseignement catholiques, en Europe" ? Pardonnez ma curiosité, mais auriez-vous des sources à me communiquer attestant de cela : je n'en avais jamais entendu parler.

Merci d'avance.

Claudine ONFRAY

très intéressant merci à diffuser !!!

Visiteur

à Pneumatis,

Merci beaucoup de m'avoir comparé à un animal,fut il un lama.Peut être est ce votre conception du débat et du respect de l'autre , que de répondre à des arguments uniquement par une expression de mépris à l'égard de leur auteur sous couvert d'un pseudo humour.Mais rassurez vous, comme juif , je suis immunisé depuis longtemps contre ce type de comparaison qui n'atteignent que leur auteur.Libre à vous de défendre un système clérical sous couvert de défendre la personne de benoit XVI, personne n'est dupe. En ce qui me concerne , je choisis toujours l'Evangile y compris contre le système clérical que d'aucuns cherchent à identifier à l'Eglise. De plus si vous m'aviez lu vous auriez constaté , que je ne porte aucun jugement sur la personne de Joseph Ratzinger, mais critique uniquement un système inhumain , qui paradoxalement prétend se fonder sur l'Evangile en demandant qu'on lui sacrifie sa personne.Un bon point pour vous, vous êtes cohérent jusque dans vos injures dans votre défense d'une logique totalitaire qui est celle de l'église cléricale.Par contre préférer l'injure à l'argument est toujours une forme de faiblesse. J'en prends acte.

Visiteur

Pardonnez-moi si je vous ai blessé. Je ne faisais que reprendre une formule humoristique, en espérant détendre un peu l'atmosphère. Je ne voulais en aucun cas pousser la figure de style jusqu'à vous comparer à un lama, mais votre précédent propos m'avait seulement donné l'impression d'un genre de crachat de colère. La métaphore s'arrêtait là, dans mon esprit. N'y voyez donc aucune insulte. Si vous me permettez, vous devriez peut-être respirer un peu plus profondément, la colère vous fait manifestement lire des choses que je n'ai pas écrite ou supposer des choses à mon sujet qui sont erronées, concernant le pape, l'Eglise et la conception que j'en ai. Par exemple, votre "Libre à vous de défendre un système clérical sous couvert de défendre la personne de benoit XVI" est du pur procès d'intention. Et ce n'est pas à vous que je m'adressais quand je parlais de s'en prendre à Joseph Ratzinger, je ne faisais que répondre à Christine, trouvant qu'elle lui faisait un peu trop sévèrement la leçon. Malheureusement, mes sauts de paragraphes ne sont pas visibles dans le commentaire, ce qui a pu prêter à confusion. Enfin, pour finir, vous me croirez si vous voulez, mais je choisis moi aussi le Christ, l'évangile et toute l'Ecriture, comme le coeur et les poumons de ma vie. Il m'arrive aussi d'avoir un regard critique sur l'institution, sur son passé, son présent et son devenir. Mais je le vis mieux sans colère et ma critique ne m'interdit pas bienveillance, tendresse et amour, y compris pour les hommes qui la gouvernent. Bref, l'évangile quand ça se respire, on en expire généralement de la joie et de la paix. La colère, le ressentiment, toutes ces choses ne me semblent que très moyennement en phase avec le choix de l'évangile. Je me permets de vous le dire, parce que c'est pour moi-même un critère de discernement important (Saint Paul en parle d'ailleurs beaucoup mieux que moi), à côté duquel il m'est trop souvent arrivé de passer - ce que j'ai toujours regretté.

Bonne continuation à vous, dans la paix du Christ.

Visiteur

Tout de même, si vous retournez sur le site de Sandro Magister pour lire l'intervention du Cardinal Velasio De Paolis, canoniste, on ne peut s'empêcher d'être troublé. Car ces propos laissent apercevoir une forme d'obstination positiviste. Et comme celle-ci n'est peut-être pas tant d'abord théologique ou canonique qu'humaine, on ne peut écarter la possibilité qu'il s'agisse d'une forme de "corruption morale". C'est Jean-Paul II lui-même qui parlait de "structure de péché" à l'intérieur de l'Eglise.

Visiteur

à Pneumatis.Merci pour votre réponse.Je crois que notre divergence vient essentiellement du fait que nous ne parlons pas de la même chose.Je ne connais pas Joseph Ratzinger comme personne et je n'ai donc aucun sentiment personnel à son égard et donc bien sûr aucune animosité. Mon discours se situe exclusivement sur le plan du fonctionnement structurel de l'église et en particulier du paradoxe de son langage qui dit que la Parole libère, donne vie etc alors que dans la pratique il aliène et est mortifère.Ma critique concerne exclusivement ce fonctionnement incarné par Benoit XVI dans sa fonction de gardien de l'intégrité de la doctrine. Je remarque de plus que ce fonctionnement conduit le même homme à renier ses propres écrits et à aliéner sa liberté de recherche comme théologien en la subordonnant aux exigences du magistère.Je m'interroge enfin sur la logique puissante d'un système qui conduit la même personne à sacrifier sa liberté intellectuelle sur l'autel d'un système qui idolâtre un langage, vidé de son sens et qui relève plus de l'idéologie de groupe que d'une parole vivante.Il n'y a donc nul sentiment personnel, nulle colère dans ma réaction , mais seulement un constat et une opinion que je veux argumentée et qui peut être discutée , critiquée et remise en cause. En vous situant , dans votre critique sur le terrain personnel et des sentiments, je pense que vous vous trompez de registre.En me comparant au lama dans l'album de Tintin "le temple du soleil" , je pense que vous ne vous situez pas dans le registre le plus approprié pour critiquer mon opinion , critique qui est évidemment légitime et que vous démontrez ainsi que la culture du débat que vous refusez par une pirouette se voulant humoristique n'est pas la mieux partagée dans notre Eglise. Cela aussi je le regrette.Je vous souhaite un joyeux Noël.

Christine PEDOTTI

Cher ami Pneumatis, la colère n'est pas toujours condamnable et il y a eu des exemple éminents (à Jérusalem en 30 par exemple). La point de la colère de Gershom est contre de qu'il nomme un système inhumain, et c'est bien là le point de notre désaccord.
Plus je réfléchis à cette histoire de divorcés remariés, plus je reviens à l'Évangile qui est le support de la doctrine que tant de gens trouvent "inhumaine" sur le mariage. On pourrait rétorquer par une boutade que si elle semble inhumaine, c'est justement parce qu'elle est divine. Mais l'argument est absurde, que les dieux païens soient inhumains, c'est possible! Mais par NATURE, le Dieu des chrétien est humain. Mais plus sérieusement, je reviens à la raison invoquée par Jésus pour interdire la répudiation: "c'est à cause de la dureté de votre coeur". Ces mots sont terrible car aujourd'hui, c'est la discipline de l'institution catholique qui est accusée de "dureté" de coeur. Là où dans les famille, on essaie cahin caha de se pardonner, de faire de nouveau circuler l'amour, la vie, cette discipline dresse le mur d'un "péché obstinée, impardonnable. Là est la dureté de coeur, et les gens ordinaires, ceux qui ne fréquentent guère les églises, le savent et cette attitude disqualifie, décrédibilise la capacité de l'Église d'annoncer un Dieu d'amour et de miséricorde, un Dieu qui sauve. Cette affaire n'est pas un détail, c'est un symptôme, celui d'un maladie grave, la maladie de la dureté de coeur. Et je vois bien aussi que cette maladie met le pape François en colère. Je ne sais pas s'il pourra guérir le système catholique de cette maladie…

Visiteur

J'ignore si les dieux païens étaient inhumains ou non. Il semble tout de même qu'ils étaient "tolérants". Et à ce titre le polythéisme urbain était porteur de sagesse. C'est le monothéisme qui veut, à la pointe de l'épée, à partir du IVe siècle, que la religion soit "vraie". Elle est à l'origine de "l'hérétique", de "celui qui choisit" parce qu'elle exclut ceux qui pensent différemment en voulant contrôler la manière de pensée des fidèles, toujours mis sous tutelle. Est-elle humaine, est-elle une religion de la liberté ? Il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt : ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, je suis un "hérétique" au regard de la "vraie doctrine" proclamée à Rome.

Visiteur

Non, ce n'est pas le monothéisme qui veut que la religion soit vraie. La preuve il n'y a pas d'hérétiques en judaïsme et c'est même tout l'objet du talmud que de consigner des controverses à l'infini. C'est l'influence de Constantin, et des empereurs romains à sa suite, qui, ne voulant voir "qu'une seule tête" a imposé le concile de Nicée tout d'abord et les conclusions qu'il avait dictées. Et les conciles successifs, toujours sous direction des empereurs, et le Pape de Rome, à partir du 6ème siècle se prenant pour successeur de l'Empereur (Souverain Pontife), ont continué. Et il est frappant que les musulmans, peut-être influencés par Byzance, ait pris le relais de cette intransigeance,encore plus accentuée, surtout après que le calife Al Kadir ait, en 1018, déclaré le Coran incréé et en ait interdit toute exégèse.

Claudine ONFRAY

tout homme peut changer d'avis, moduler sa pensée.
Dans le domaine de la famille Joseph Ratzinker puis Benoît XVI a jugé sans cesse, manoeuvré , s'est appuyé comme Jean Paul II sur ,entre autre , la Fondation Lejeune dont le fondateur fut un scientifique arriviste et malhonnête ( son mensonge revint au grand jour cette année ). On peut monter un empire sur la misère des personnes .
Que sait -il lui de la vie ordinaire des familles ? RIEN
Comment condamner à vie quand on fut Pape ?
Comment ignorer à ce point les situations actuelles concrètes ? A t-il juste une semaine veiller un enfant malade ?
A t-il eu un enfant handicapé qui nécessite des soins lourds quotidiens ?
Est -il seulement capable de s'occuper de lui-même complètement ?
Il avait bien sûr le droit de sortir ses textes mais il aurait du attendre les conclusions du synode sur la famille .
Nul croyant n'est dupe sur sa volonté de peser sur ce synode .
C'est politique au sens le plus mesquin .
Ce qu'il oublie c'est que ce genre de manoeuvre a abouti il y a presque 50 ans à Humanae Vitae qui marqua la rupture entre beaucoup de familles et l'Eglise .
NON les familles ont compris, il ne s'agit pas de ré-éxpliquer mais de les écouter enfin pour le magistère.
Car la famille c'est leur domaine et elles sont adultes dans la foi et dans la vie .
Comment peut-on baptiser : prêtre, prophète et roi des serviteurs dont la voix n'est pas entendue ?
Où peut-on trouver dans l'Evangile un début de justification de ces NON infranchissables ?

Visiteur

Assez d accord avec Pneumatis.
Et puis, il n'est pas interdit de respecter les autres,qu'ils soient pape ou non.

Christine PEDOTTI

Exact, respecter, re-spectare étymologie, y regarder à deux fois. Pape ou pas quand on viole à la fois les règles de sa communauté scientifique et celle que l'on a fixé en se retirant, on se juge soi-même. Il faut beaucoup d'aveuglement (et pourquoi pas celui de la tendresse (le plaidoyer de Pneumatis) mais aveuglement quand même) pour ne pas le voir.

Christine PEDOTTI

Il y a une chose qui m'étonne à propos de Joseph Ratzinger, c'est que ceux qui le défendent font comme si cet homme était plus grand que la politique, un peu comme s'il vivait sur une autre planète que la nôtre et que ces considérations bassement matérielles ne ne concernaient pas. Ce fut le cas tout au long de son pontificat qui s'est achevé dans un fiasco pour la raison qu'il en effet voulu vivre en dehors des obligations prudentielles ordinaires. En l'occurence, je considère que ce fut une grand mal pour un grand bien car sa renonciation (dans des formes exemplaires) rend un très grand service à l'Église. Pour autant, je ne le dédouane pas de cette négligence des conséquences de ses actes. Non, il ne vit pas dans les hauts sphères éthérées des idées! Et ce qu'il vient de faire est hautement regrettable et très difficilement pardonnable.

Visiteur

Si j'ai apprécié le geste de Benoît XVI avec sa démission, j'aurais souhaité qu'il retourne vivre en Allemagne. En demeurant certes retiré dans un ermitage mais au sein du Vatican, il entretient une ambiguïté. Non seulement comme le dit Christine il déroge au silence mais en plus cette parole est tenue depuis le Vatican ce qui donne l'impression qu'il y a en fait deux papes, l'un semblant jouer contre l'autre. C'est très malsain.

Claudine ONFRAY

d'autant plus que la partie du clergé anti vatican II le nomme dans la liturgie et ne voit que par lui
c'est lui qui crée le risque de schisme
dur dur d'abandonner le pouvoir !!
mais il devrait s'il était honnête se garder de toutes publications durant ce synode
facile de laisser faire le boulot par un autre et de tout saper par derrière ..........très évangélique bien sûr!!
car si certes il a fait du ménage et a démissionné , il a aussi été complice car il savait sur la pédophilie , sur Maciel

Visiteur

Tiens, on dirait que mon commentaire d'hier soir s'est perdu en route. Du coup, je vais le refaire plus court.

"Joseph Ratzinger montre là une pathétique petitesse". Je ne sais si elle est pathétique, mais je trouve que sa petitesse est bien grande ! Je ne vois pas où est le relativisme ni où est la tentative de peser sur le synode dans cette révision de son texte. Au contraire même : le théologien Ratzinger s'est effacé depuis bien longtemps derrière l'évêque, puis le pape Benoit XVI. En 1970, il n'avait pas la responsabilité de la fonction. Or il se trouve - c'est assez évident quand on connait un peu l'ecclésiologie du personnage - qu'il ne conçoit pas la mission du pape comme celle d'un réformateur. Comme évêque, il a l'humilité de mettre sa réflexion théologique de côté, et se range derrière le catéchisme. Quand on connait sa puissance intellectuelle - et le vieillissement du catéchisme, c'est une kénose incroyable !

Je crois que Benoit XVI s'est rendu compte que le Ratzinger de 1970 risquait d'usurper son autorité pour peser sur le concile. Il est tout simplement revenu, non pas à une position qui pèse, mais à celle qui est pour lui la plus neutre qui soit : celle du catéchisme.

Quant à dire que l'opération est malhonnête, elle bouscule peut-être les codes éditoriaux actuels, mais la publication mentionne bien la révision et la date. On peut regretter qu'il n'argumente pas clairement contre lui-même, mais là, pour le coup, cela aurait été une manière de peser sur le concile. Et entre nous, je ne suis même pas certain qu'il en ait eu envie, parce que je ne suis pas certain qu'il ait changé d'avis (personnel) par rapport à sa réflexion de 1970. Il s'est juste fait taire, précisément. Peut-être le mieux eut-il été de ne pas publier ses oeuvres à ce moment-là, mais peut-être aussi y avait-il d'autres enjeux dans ce travail qui relativisent un peu, pour un homme vieillissant, la portée de ce seul texte perdu au milieu de nombreux autres. C'est peut-être le seul relativisme qu'on peut vraiment lui reprocher dans cette affaire.

Bref, j'ai l'impression que, parce que la révision vous séduit beaucoup moins que la version originale, ce que je comprends, qu'il y a un gros malentendu nourri allègrement d'une hostilité a priori envers ce que pourrait dire ou faire le pape émérite.

Visiteur

à Pneumatis.Il me semble que vous confondez humilité avec soumission à une structure écclésiale envisagée comme un absolu.Or c'est bien cela que l'on peut critiquer dans la position de Benoit XVI: c'est sa conception du théologien exclusivement envisagée comme subordonné au magistère. Si on accepte votre logique on peut seulement affirmer que Benoits s' applique à lui même ce qu'il a exigé des autres: se renier lorsque la position défendue théologiquement n'est pas compatible avec l'intérêt bien compris du magistère. En cela , il est conforme à ce que le magistère exige de tous:se soumettre y compris contre ses propres convictions, y compris contre toute raison et présenter cette soumission comme une vertu.Or pourtant chacun sait et la Tradition de l'Eglise le confirme, l'Eglise n'est sur le chemin de la vérité que lorsqu'elle organise en elle même une tension féconde entre le magistère , les théologiens et les baptisés.Pour avoir minoré les sensus communis fidélium et instrumentalisé les théologiens au seul profit du magistère , l'Eglise n'est plus capable d'annoncer l'Evangile de manière audible pour les hommes et les femmes de ce temps.C'est bien parce que Benoit XVI s'est toujours soumis à cette logique de pérennité d'une certaine forme de l'institution écclésiale considérée comme condition indispensable et préalable à l'annonce de l'Evangile , qu'il a contribué à engager l'Eglise dans les impasses dans lesquelles elle se trouve aujourd'hui (cf le synode sur la famille) et à l'enfermer. Appeler cette soumission humilité n'est qu'un détournement sémantique qui relève de l'idéologie écclésiale.Rien de plus.

Christine PEDOTTI

le commentaire n'était pas perdu, le site était en rade cette nuit et la modératrice en goguette toute la journée. Désolée.

Christine PEDOTTI

Ce serait peut-être beau si je pouvais croire une seconde ce que tu dis. Mais non, je ne crois pas à son humilité; je crois même que c'est l'inverse. C'est pour ça "qu'il ne peut pas s'empêcher". Et vraiment il me fait peine et me désole. Mais chacun porte sa pauvre petite humanité, pleine de plaies et de bosses, même les papes émérites.

Claudine ONFRAY

moi non plus
vous me direz qu'en savez-vous ? un long vécu en Eglise et un désespoir quand un certain Joseph Ratzinger fut élu Pape : lui qui depuis longtemps enfermait l'Evangile dans une cage dogmatique en particulier sur le plan de la famille . C'est navrant ce désir de pouvoir sur des sujets qu'il ne connaît absolument pas : les sciences de la Vie et la femme. Des mondes qu'ils pensent pouvoir juger, peser, diriger.
oui navrant car cela conduit l'Eglise dans le mur .
Le vent souffle où il veut et il soufflera dans le coeur de saints inconnus sans longue robe ni chaussure rouge......

Claudine ONFRAY

Chère Christine
on pourrait aussi dire : est-il corrigible ?? depuis le temps qu'il tire les ficelles

Claudine ONFRAY

et aujourd'hui il dit qu'il n'a pas voulu peser sur le synode !!
il nous prend pour qui .............c'est GRAVE et cela montre bien le combat qui fait rage intra muros
QUAND DONC le Peuple des baptisés que nous formons se lèvera pour dire STOP au sein de l'Eglise , au nom du Christ et de l'Evangile !
Qui a une idée géniale fédératrice et évangélique ?

Visiteur

Ah si tous les chrétiens du monde arrêtaient de se référer uniquement à un ou des hommes, pape ou prélat de tout bord...
Finalement, s'en référer au Christ et à son Evangile ne serait-il pas suffisant? S'en remettre uniquement à Dieu, n'est-ce pas ce à quoi les psaumes nous invitent?
Chacun est libre de penser et faire ce qu'il veut. Moi, j'ai choisi de n'écouter "les" papes ou autres prélats que lorsqu'ils me parlent réellement du Christ, uniquement lorsqu'ils agissent en véritables serviteurs du Christ... donc je les écoutent de moins en moins souvent... et si tout le monde faisait comme moi, peut-être n'y aurait-il plus de "combat" de la sorte... En fin de compte, prendre en trop grande considération leurs paroles ou écrits, c'est leur donner une importance... qu'ils n'ont pas. Le Christ est notre lumière, notre objectif, notre seul centre d'intérêt.
Pour moi, le schisme a eu lieu: et ce sont eux qui l'ont créé. Ils ne sont pas dignes de leur responsabilité tant qu'ils se conduisent ainsi...

Visiteur

Le peuple des baptisés ne se lèvera pas, car il est vieux, du moins, en Europe !
Avez-vous fait la moyenne d'âge dans la plupart des paroisses et mouvements français ?

Claudine ONFRAY

je crains que non comme vous , pas parce qu'il est vieux mais parce qu'il est docile et peureux .
Il n'a pas encore compris que Dieu ne donne que son amour
et beaucoup de jeunes pratiquants sont des vieux avant l'âge et c'est encore pire pour les prêtres !
je le dis sans aucune méchanceté car j'ai peur pour eux qui vont se trouver devant un monde qu'ils ne comprendront pas

Visiteur

Au lendemain de la démission de Benoît XVI, le théologien suisse Hans Küng s’était montré très critique à l’égard de Benoît XVI en redoutant que ce « pape fantôme » n’interfère dangereusement au sein du Vatican.

Par la nouvelle mouture de son argumentaire plaidant cette fois à l’encontre – et non plus en faveur – des divorcés remariés, Benoît XVI n’a pas hésité à jouer un rôle de « pape fantôme » interférant avec la papauté : c’est précisément cela que Hans Küng redoutait.

Visiteur

Bonsoir,

Il y a un concept qui a du mal à faire son chemin dans certains esprits, hein. En 1970 Joseph Ratzinger n'était pas évêque, encore moins pape (émérite ou pas). Autrement dit, il s'estimait sans doute plus "théologien" que "gardien de la tradition". Benoit XVI n'appartient plus à Joseph Ratzinger, c'est cela qu'il faut avant tout comprendre, il me semble.

Qu'il décide de réécrire son article sans s'en expliquer est bien dommage, je suis tout à fait d'accord. Mais qu'on parle de relativisme, alors que tout au contraire, il met sa "personnalité théologique" en retrait par rapport... et ben oui, au catéchisme ! Enfin quoi, c'est si difficile à comprendre comme mécanisme ?

Certes la façon de faire est critiquable au plan éditorial, quoiqu'en elle-même, elle ne mérite pas un article ; oui la nouvelle conclusion peut déplaire à ceux que la première version séduisait. Mais parler de relativisme... allons ! A sa manière, Benoit XVI est au contraire fidèle à ce qu'il a toujours fait depuis qu'il est évêque : s'oublier lui-même derrière ce qu'il pense être l'Eglise et sa doctrine. Certains y verront peut-être de la lâcheté. J'y vois une grande humilité. Vertu que, d'ailleurs, ceux qui le connaissent lui prêtent incontestablement, à un niveau hors du commun.

Le théologien s'efface devant le pape, comme l'acteur devant son rôle, à qui il donne certes ses talents d'interprétation, mais dont il ne s'autorise pas à improviser le texte. Ratzinger/Benoit XVI ne le sait que trop bien ! Christine, peux-tu imaginer deux minutes l'humilité qu'il faut avoir pour ainsi se taire, pour s'abaisser devant le pauvre catéchisme de l'Eglise ?

Aujourd'hui nous faisons des héros d'individualités hors du commun, d'originaux, de révolutionnaires. Ratzinger, tout génial qu'il ait pu être comme théologien, n'a jamais, jamais conçu la vocation apostolique comme cela. Pour lui, et il le disait dans son texte de 1970, c'est à l'Eglise d'être signe de contradiction, mais certainement pas à un individu qui, parce qu'il endosserait la mitre, pourrait usurper l'autorité de l'Eglise pour véhiculer ses idées personnelles, fussent-elles géniales.

Aussi je crois que tu as raison, Christine (d'une façon qui t'as peut-être échappé malgré tout) : "Joseph Ratzinger montre là une pathétique petitesse". Joseph Ratzinger n'a toujours fait que de se faire tout petit, en particulier depuis qu'il est Pape, fonction qu'il ne s'est même jamais senti réellement capable d'endosser, d'ailleurs. Bref, je ne doute pas qu'il te remercierait pour le compliment !

Visiteur

Si l'on suit votre argumentaire du retrait, Pneumatis, pourquoi n'a-t-i pas ouvert son pontificat en biffant tous les textes qui lui paraissaient incompatibles avec sa fonction de pape?

Claudine ONFRAY

que fait-il donc celui qui avait promis le silence et la prière mais au Vatican !!
montre t-il une fois de plus son vrai visage ?
celui du gardien du temple
c'est indigne d'un ancien Pape
cela relève de la politique au sens non noble du terme
un discours si éloigné de l'Evangile et dire que cela a déjà un air de déjà vu
Que l'Esprit chasse ses querelles de pouvoir car le Christ s'est fait serviteur et le peuple de Dieu subit ce pouvoir depuis plus de 50 ans

Visiteur

Tout est dit, Christine. C'est tout simplement bête de réécrire des articles anciens (scripta manent, de toute façon...). Là je crains qu'il ait pris un coup de vieux, car cela ne lui ressemble pas, ou ne lui ressemblait pas... Mais qui sait - peut-être sous l'influence de ses visiteurs du soir, dont un certain cardinal Müller, il a cru devoir corriger ce qui ne peut l'être - et, en effet, intervenir dans les affaires de son successeur, ce qui semblait impensable jusqu'ici. Une fois encore, cette affaire dévoile l'étendue du problème de François, s'il veut réformer un tant soit peu le sommet de la Sainte Eglise. Comme pour les icebergs, il y a le visible... et l'invisible, beaucoup plus considérable.

Visiteur

D'accord avec Christine,il aurait été plus honnête de la part de Joseph Ratzinger de faire un supplément de texte avec une analyse critique pointue et justifiée de son texte de 1972,là c'est quand même une forme de falsification peu glorieuse , étonnant non,en est-il pleinement responsable ?
En même temps il conforte les opposants de son successeur, voisin de chambrée,là aussi c'est gênant.
Benoit XVI a innové en démissionnant mais a seulement démissionné pour la galerie, c'est ça ?
Finalement Joseph Ratzinger devrait peut-être plutôt réfléchir aux règles de bonne conduite à suivre par un pape démissionnaire afin que Benoit XVI en tire les leçons,non ?

Visiteur

Il est connu que le jeune théologien progressiste de Vatican II, qui à l’époque était sur la même longueur d’onde que Hans Küng, est devenu méconnaissable quand il est devenu le cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi et Benoit XVI en 2005 a déclaré que le Concile Vatican II se situait dans la continuité de ce qui précédait.
Ce même jeune théologien a aussi signé le 9 février 1970, avec 8 autres théologiens allemands un mémorandum adressé à l'épiscopat allemand demandant de reconsidérer le célibat obligatoire pour les prêtres. Parmi ces signataires il y avait aussi Karl Lehmann, Walter Kasper et Karl Rahner mais la réflexion sur le célibat des prêtres est restée dans les starting-blocks et la position de Benoît XVI sur cette question n’avait plus grand-chose à voir avec celle du jeune Ratzinger.
http://www.niobium.fr/dotclear/public/actualites/memorandum71_ratzinger.pdf

Visiteur

Merci et félicitations à Christine PEDOTTI pour ses commentaires de la dernière intervention de l'ancien pape ,Joseph RATZINGER. C'est rationnel , c'est clair. Puissent ces évidences aider les chrétiens à ne pas prendre pour infaillibles toutes les interventions des papes au cours de l'histoire ni même celles des conciles. La part du culturel y est,comme toujours, trop importante. C'est vrai aussi pour les interventions du pape actuel.La papolâtrie n'est pas de foi même sous des formes nouvelles .Va-t-on bientôt arrêter de canoniser et de béatifier? Cela dispenserait-il de parler du Christ et de son message pour les hommes d'aujourd'hui? Quel est avec précision ce message et comment l'annoncer par une parole claire et compréhensible, par les actes et par l'organisation et les structures de l'Eglise?
Que signifie, pour les hommes de notre époque, ce petit état du Vatican avec ses robes, ses couleurs,ses chefs
ses hiérarchies , son gouvernement , ses ambassadeurs , son argent et ses scandales à répétitions ? On est bien loin de Nazareth et du Golgotha....
Ce raccourci mériterait un long développement pour y apporter les précisions et les nuances nécessaires.

Visiteur

Un bien mauvais service rendu à son propre camp. Au delà de l'attitude du pape qui révèle seulement que le pouvoir est une drogue dure et pas seulement pour les hommes politiques , ce changement de position du pape , non explicitement assumé , n'est pas très responsable .Je ne me place pas ici sur le plan moral , Christine s'en est chargée. Du simple point de vue de la défense de la doctrine , Benoit XVI a fait une colossale erreur. En effet ce revirement fragilise grandement la légitimité de la doctrine.Si l'on peut légitimement dire que les divorcés remariés peuvent à certaines condition accéder à l'eucharistie (Ratzinger en 1972) puis changer ses propres écrits pour dire le contraire(Ratzinger en 2014), c'est bien la preuve que la doctrine est fragile , qu'elle n' est le résultat d' d'interprétations qui peuvent être contradictoires tout en étant également fondées ( le Ratzinger de 1972 n'était pas un hérétique). Ceci démontre donc que la doctrine n'est en aucun cas intangible et qu'elle peut donc évoluer et être remise en cause en fonction des circonstances. L'actuel discours de l'église sur l'interdiction pour les divorcés remariés de recevoir l'eucharistie est donc critiquable et peut être légitimement relativisé et remis en cause.CQFD Ratzinger vieillissant, sans le vouloir marque donc d'une manière par ailleurs peu élégante, un but contre son camp.

Visiteur

D'accord avec vous... Ceci étant, il n'est pas neutre de souligner l'avantage "politique" que compte, un peu naïvement, en retirer pour l'avenir les partisans de "l'institution forte", comme l'actuel préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi, qui, si j'ai bien compris, sert de facteur. Pour cet intellectuel que fut Benoit XVI qui, dans les faits, a donc rompu un pacte avec son successeur, je souhaite croire qu'il est simplement manipulé et instrumentalisé par une partie de la curie. Il faut l'avouer : c'est quand même très intéressant pour l'historien : merci cardinal Muller.

Claudine ONFRAY

oui excellent et si vrai si l'on va jusqu'au bout des choses .
on pourrait d'ailleurs le voir comme la liberté de tout homme en insistant sur le fait qu'un Pape seul est un homme et non Dieu sur terre

Visiteur

Relativisme mauvais pour les autres, mais bon pour Ratzinger quand cela l'arrange. Voilà le postulat relativiste dans toute sa splendeur.

Pages