Conférence des baptisé-e-s : synthèse des réponses en vue du Synode sur la famille

Nous remercions le pape François d’avoir demandé à tout chrétien de répondre au questionnaire sur le synode. Á cette fin, nous avons sollicité les commentaires libres de nos sympathisants. Voici la synthèse de près de quatre cents contributions écrites reçues à ce jour, en attendant les suivantes...

C’est d’abord un cri qu’exprime cette synthèse : il y a urgence à entendre le peuple de Dieu, car sa  pratique dans le domaine sexuel est en désaccord complet avec l’enseignement du magistère. Depuis 50 ans, le peuple le refuse, l’ignore, ou s’en va. Une parole audible est une parole de son temps, quelle qu’elle soit. La famille reste le lieu privilégié des apprentissages, de l’éducation, de la vie en commun, de l’acceptation des différences, de l’exercice de la liberté et de l’initiation à la foi. C’est un malheur pour notre Église de ne plus y être aussi présente qu’elle le pourrait.

Les baptisés attendent une parole qui ne juge ni ne condamne, mais qui, dans la complexité des vies, des choix, des ambivalences, aide à vivre. Il ne s’agit pas d’édulcorer l’Évangile mais de le vivre.

C’est donc un vrai défi pour l’Église que d’abandonner son rôle de douanier et de notaire du sexe, de ne plus se dire experte en humanité mais de le devenir. Sans oublier que le Christ n’est pas venu pour les bien-portants mais pour les malades. Notre Église doit se convertir à cette parole miséricordieuse.

Il est urgent de poser des actes concrets :

1.De bienveillance envers notre monde. Que le synode tienne compte des progrès médicaux, de l’allongement de l’espérance de vie, d’une démographie mondiale qui explose. Le concubinage « expérimental » est  devenu la règle, les unions libres sont de plus en plus fréquentes, les divorces de plus en plus nombreux. La loi naturelle (notion incomprise et incompréhensible) ne peut plus et ne doit plus être une référence.

2. D’humilité envers les couples. Qu’il se laisse enseigner par eux, qu’il s’arrête au seuil du lit conjugal, leur laissant les choix d’une parentalité responsable et heureuse qui permette l’épanouissement du couple et des enfants sans en fixer les modalités, ni en contraception ni en infertilité. Qu’il jette un regard positif sur toute famille car c’est sur ce terreau que la Parole de Dieu pourra s’enraciner.

3.D’accueil envers les « sans papiers » de l’Église, en commençant par bannir l’expression « situations irrégulières ».

Il s’agit :

  • -Des divorcés remariés. Que toute l’Église se réjouisse, tout simplement, quand un homme ou une femme se remet debout après un échec, fut-il celui du mariage. Que le magistère n’envisage pas de le faire au prix d’une demande en nullité qui serait inhumaine et injurieuse, autant pour le premier conjoint que pour les enfants. Qu’il les accueille sans restriction au sacrement de réconciliation et à la Table Eucharistique. Ce refus actuel est un scandale, car le Pardon est un don de Dieu pour tous.
  • -Des personnes homosexuelles, qui sont des baptisés à part entière.
  • -Des candidats sincères, au baptême ou à d’autres sacrements, quel que soit leur état de vie.

4.De bénédiction envers tout ce qui met l’être humain debout, en lien avec l’autre, aussi différent soit-il, qu’il bénisse tout amour sincère.

5.De justice, en instaurant la parité hommes-femmes dans toutes les instances décisionnaires de l’Église.

Pour la CCBF, ClaudineOnfray, le 28 décembre 2013 – synodefamille@baptises.fr

Si vous approuvez le texte ci-dessus, la CCBF vous invite à le lui faire savoir en indiquant votre adresse mail et en cliquant sur le bouton d’approbation ci-dessous  

Ce texte, avec l’indication du nombre d’approbations qui auront été reçues, sera envoyé le 14 janvier aux organisateurs du synode sur la famille qui se tiendra à Rome à l’automne 2014. Les indications recueillies das ce formulaire sont confidentielles et ne peuvent servir à aucun usage à caractère commercial.

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Commentaires

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@ Alain Litzellmann
"le mariage est un sacrement indissoluble et le rompre est un péché".

Si on accepte d’entrer dans ce genre de vocabulaire, aucune compréhension des situations réelles n’est possible.

L’église a mis dix siècles (à un ou deux près, les historiens préciseront !) pour définir le mariage comme "sacrement". Certes elle a toujours loué la fidélité, mais elle s’est longtemps contenté-avec sagesse- d’inviter les chrétiens à vivre dans l’amour du prochain les institutions de leur temps, et ces institutions ont évolué.
L’indissolubilité a d’abord pour but de protéger les plus faibles contre la dureté des circonstances. Dans un monde où l’autonomie financière et sociable des femmes est impensable ou concrètement irréalisable, l’indissolubilité protège l’épouse contre l’abandon, le quel abandon condamnerait aussi les enfants à l’errance et à la misère.
Dans un monde sans hygiène ni antibiotiques, il faut que les femmes aient EN MOYENNE huit enfants pour qu’il en reste deux vivants à l’âge adulte. Et pour qu’ils aient une chance d’arriver à l’âge adulte, il faut que la mère les allaite à peu près dix-huit mois. Faites le compte: toute la vie adulte des femmes est concacrée à assurer la survie de l’espèce. Alors, oui, pendant ces quinze à vingt ans de grossesses et d’allaitement continu, la femme a besoin d’un protecteur fidèle qui soit un bon père nouricier pour ses enfants. Et si le mari n’est pas assuré d’être le père, il risque aussi de ne pas être un bon protecteur: la fidélité est une stratégie de prudence élémentaire.
Mais nous ne sommes plus dans ce monde-la. La vie du couple n’est plus totalement asservie à la nécessité d’assurer la continuité de l’espèce. Deux ou trois enfants, dont la survie et l’éducation est en partie prise en charge par les institutions dépendant de l’état, une autonomie réelle des femmes pleinement acceptée par l’opinion publique, et une espérance de vie qui dépasse de trente ou quarante ans la période d’éducation des enfants: la fonction sociale de la fidélité n’est plus du tout la même.

On ne peut pas parler "péché" sans avoir fait un peu de démographie, de sociologie, d’économie, etc...

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Merci à celles et ceux qui continuent à parler
car certes on a parlé sans être entendu mais le monde change
l’Église c’est nous tous sans exclure personne
plus on parlera en 2014 posément mais avec fermeté plus on fera de pas ...........

le Christ a accueilli sans cesse les exclus de son temps, les lépreux dont on a parlé il y a peu.
les lépreux de l’Église sont aujourd’hui les divorcés remariés , les homosexuels........

oui aujourd’hui sortent des films sur des évènements tragiques :
philoména , Mandela .........ils ont un point commun :
la force du pardon et de l’amour

ce que les contributions demandent au synode confié à l’institution c’est le pardon accordé depuis toujours par le Christ
pardon et amour

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PS: Pour ceux qui n’auraient pas vu le film Philomena, il s’agit de la manière dont des "filles-mères" étaient traitées encore récemment dans des couvents catholiques d’Irlande: elles étaient "condanmées" aux travaux de lingerie pour le compte des paroissiens et du clergé et leur enfant adopté par des familles

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Je signale « Philomena » un film de la BBC qui vient de sortir basé sur des faits réels, un rôle admirablement interprété par Judi Dench. Philomena était une fille mère irlandaise dans les années 60, rejetée par son père, ignorée par son amant et « recueillie » dans un couvent catholique. Pour ceux qui le verront comprendront mes questions. Où était l’évêque ou la supérieure de ce couvent, dont le dernier a paraît-il fermé en 1995, il y a seulement 20 ans ? Où sont-ils, le père, l’amant de Philomena ? Comment se taire quand on apprend de tels faits ? Comment partir quand il y a des catholiques comme Philomena qui malgré tout pardonne ?

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Nécessité d’une mutation radicale
Caudine Onfray, qui a invité, au nom de la CCBF, les catholiques à approuver la synthèse de cette organisation, a souligné qu’ « il y a urgence à entendre le peuple de Dieu, car sa pratique dans le domaine sexuel est en désaccord complet avec l’enseignement du magistère » et que “c’est donc un vrai défi pour l’Église que d’abandonner son rôle de douanier et de notaire du sexe, de ne plus se dire experte en humanité mais de le devenir.»
La majorité des réponses souligne l’inadéquation des directives actuelles de l’Église catholique en matière familiale et dans le domaine sexuel. Mais certains ont pu percevoir qu’un changement de position de la part du Magistère dans le domaine de la pastorale ne pourra se réaliser que par un changement touchant un domaine plus fondamental. Les textes qui suivent témoignent de cette nécessité :
« Le GROS problème de l’Église réside à mon sens dans le fait que la plupart de ses doctrines ne sont jamais sorties de la bouche du Christ et pour celles qu’il aurait prononcées, l’Église les interprète encore sans se soucier du contexte socio-culturel de l’époque. Peut-on alors parler de catholicisme au sens universel du terme si l’on se réfère à un peuple particulier vivant à une époque donnée ? » […] La formulation de certaines questions montre que l’Église est absolument convaincue de la justesse de ses positions. « Quels sont les facteurs culturels qui empêchent la pleine réception de l’enseignement de l’Église sur la famille ? » Elle s’imagine qu’avec une bonne catéchèse elle arrivera à remettre ses fidèles sur les rails. » (Bruno GOUGE, 13 janvier 2014)

« [Dans le document de synthèse,] il manque cependant un aspect : l’arrogance de l’Église envers ce qui est « autre »: les athées, les agnostiques, les chercheurs de sens en dehors d’elle, les croyants différents. L’Église donne l’impression qu’elle croit avoir le monopole des valeurs humanistes d’amour, de charité, de respect et de miséricorde. » (Philippart, 9 janvier 2014)
Un réexamen de la nature des affirmations dogmatiques doit être opéré. Il faut qu’il soit reconnu que toutes sont dépendantes de leur époque et de la culture dans lesquelles elles s’inscrivent.
La méconnaissance actuelle, de la part des responsables de l’Église catholique, de l’inadéquation des mots pour exprimer la vérité ultime du réel est manifestée par le ton de condescendance qu’on peut constater, par exemple, dans les énoncés de certains documents du Concile du Vatican souvent citées, et qui, pourtant, ont été considérées comme ayant fait un pas en avant dans la reconnaissance des valeurs spirituelles contenues dans d’autres traditions religieuses :
« A ceux-là mêmes qui, sans faute de leur part, ne sont pas encore parvenus à une connaissance expresse de Dieu, mais travaillent, non sans la grâce divine, à avoir une vie droite, la divine Providence ne refuse pas les secours nécessaires à leur salut. En effet, tout ce qui, chez eux, peut se trouver de bon et de vrai, l’Église le considère comme une préparation évangélique (20) et comme un don de Celui qui illumine tout homme pour que, finalement, il ait la vie. » (Lumen Gentium)
« [Les règles et les doctrines des religions non chrétiennes] qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce [l’Église catholique] elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. » (Nostra Aetate)
Quand donc la hiérarchie arrivera-t-elle à reconnaitre qu’on ne peut traduire adéquatement en concepts ce qui est au-delà de toute conceptualisation ? Le bon pape François, malgré sa bonne volonté, aurait-il l’audace de déclarer qu’aucun des énoncés doctrinaux imposés aux fidèles depuis des siècles ne peut se targuer de vérité absolue ?

Henri Huysegoms

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Connaissez vous cette belle lettre ? Elle aussi mériterait d’être relayée.

Synode des évêques sur la famille - Questionnaire
Réponses du théologien espagnol José Arregi au pape François– 11/2013

Cher Pape François.
Comme tout va très vite aujourd’hui, j’ai déjà en mains le questionnaire sur la famille que vous venez de faire parvenir aux évêques du monde entier : 38 questions bien concrètes, réparties par blocs en 8 thèmes. Nous comprenons bien par là que nous nous ne sommes pas seulement l‘objet mais aussi les destinataires de ces questions qui nous concernent, nous davantage encore que les évêques - et qui nous font mal - . C’est pourquoi nous nous permettons d’y répondre en nous adressant directement à vous en raison de l’affection que nous vous portons et de la confiance que vous nous inspirez. Merci, Pape François, de nous consulter sur tant de questions délicates qui ont été et continuent à être taboues. Merci de nous écouter, de faire bon accueil à ces paroles qui sortent du plus profond de nous-mêmes, avec nos certitudes et nos doutes.

1 – Si l’enseignement des Ecritures et du Magistère de la hiérarchie concernant la sexualité, le mariage et la famille est connu des croyants et accepté par eux ?
Cet enseignement n’est peut-être pas bien connu, mais il est certainement mal accepté ou simplement ignoré. Nous constatons que durant les dernières décennies la brèche, ou plutôt la rupture, entre la doctrine officielle et le sentiment de la majorité des croyants s’est amplifiée jusqu’à un point critique. C’est grave et ça nous fait mal. Mais nous croyons sincèrement que la raison de cet élargissement croissant de cette brèche n’est pas l’ignorance et encore moins l’irresponsabilité des croyants, mais plutôt l’enfermement de la hiérarchie dans des schémas du passé.
En en une courte période les temps ont beaucoup changé en tout ce qui concerne la famille, le mariage et la procréation, et la sexualité en général. Nous savons que ce sont des questions délicates, qu’est là en jeu ce qu’il ya de plus sacré et requiert le maximum de circonspection.. Mais on ne peut pas être attentif à la vie en s’accrochant au passé. Nous sommes profondément convaincus que l’Esprit de la vie continue à nous parler depuis le cœur de la vie, avec ses joies et ses souffrances. Nous croyons que le souffle de la vie (la Ruah) ne peut être enfermé en aucune doctrine, ni texte ni écrit du passé, et qu’il continue à inspirer le sentir profond de tous les croyants et de tous les hommes et les femmes d’aujourd’hui. Jamais rien ne doit rester définitivement fermé.

Pape François, nous vous félicitons pour votre décision d’écouter encore une fois la voix de l’Esprit à travers les hommes et les femmes d’aujourd’hui, et nous osons vous demander : continuez à prononcer des paroles de miséricorde et d’encouragement, ne revenez pas à des « vérités » et des « règles » obsolètes qui n’ont pas de sens. Au nom de la Vie !

2 – Sur la place que tient pour les croyants le concept de «loi naturelle » en ce qui concerne le mariage.
Nous vous le disons en toute simplicité et franchise : pour l’immense majorité des penseurs, des scientifiques et des croyants de notre société, le concept de « loi naturelle » n’occupe aucune place. Bien sûr, la nature, dont nous sommes, fait montre d’un ordre merveilleux, de lois merveilleuses, ce qui rend possible la science. Mais la loi suprême de la nature c’est sa capacité de transformation et de renouvellement. La nature est créatrice, inventive. Produits de cette capacité créatrice et inventive sont les atomes et les molécules, tous les astres et les galaxies. Produits de cette capacité créatrice et inventive sont tous les vivants, toutes les langues et les cultures, toutes les religions.. et seront aussi, durant encore des milliers de millions d’années, une infinité de nouvelles formes que nous ne connaissons pas encore.

La nature est habitée par l’Esprit, par le souffle saint (Ruah) qui voletait au dessus des eaux de la Genèse et qui continue à vibrer dans le cœur de tous les êtres, dans le cœur de chaque atome et de chaque particule. Tout vit, tout respire, tout est en mouvement. Tout change. La famille aussi a changé sans cesser, depuis les clans primitifs jusqu’à la famille nucléaire, en passant par la famille patriarcale que nous avons connue jusqu’à il y a peu.

Le modèle familial continue à changer sous nos yeux : familles sans enfants, familles monoparentales, et familles avec enfants de différents parents … Et elle continuera à changer, nous ne savons pas comment. C’est un sujet très délicat. Il y a beaucoup de souffrance. Nous demandons à l’Église qu’elle ne dise pas du mal des nouvelles formas de famille qui ont déjà assez de mal à vivre au quotidien et à s’en sortir, au milieu de menaces plus graves encore d’un système économique cruel et inhumain. Il ne revient pas à l’Église de légiférer, mais en premier lieu d’accompagner, de soulager, d’encourager, comme vous l’avez affirmé vous-même.

3 - Sur comment se vit et se transmet dans les familles la foi, la spiritualité, l’Évangile
Question décisive. Oui, nous constatons avec douleur que les familles ne sont plus ces « églises domestiques » où l’on prie, et où se cultive, se respire, se transmet la bonne nouvelle de Jésus. Mais non ne croyons pas qu’il soit juste d’en faire porter la responsabilité aux familles. La crise de la religion et de la transmission de la foi dans la famille a à voir en premier lieu avec la profonde transformation culturelle que nous vivons. Cela constitue un grand défi non seulement, et peut-être pas d’abord, pour les familles elles-mêmes, mais pour la propre institution–Église : il va lui falloir assumer les nouvelles orientations spirituelles et formes religieuses que l’Esprit inspire aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui.

4 – Sur comment l’Église doit affronter certaines situations matrimoniales difficiles (fiancés qui vivent ensemble sans se marier, « unions libres », divorcés remariés…)
Merci de nouveau à vous Pape Francois d’abord pour le fait même de vouloir reconsidérer ces questions ! Merci de vouloir nous écouter et de faire mention de la miséricorde dans vos questions ! Vous connaissez bien l’histoire complexe et changeante du « sacrement de mariage » depuis le début de l’Église. L’histoire a beaucoup varié et continuera à varier. Voyez ce qui se passe chez nous, dans cette Europe ultramoderne : jusqu’à 30 ans, dans le meilleur des cas, nos jeunes ne disposent pas de logement ni de moyens économiques pour se marier et vivre en couple. Comment l’Église peut-elle leur demander de s’abstenir de relations jusque là ?
Les formes changent, mais nous nous croyons que le critère est très simple et que Jésus serait d’accord : « Là où existe l’amour, il y a sacrement, que les fiancés soient mariés ou non, et là où il n’y a pas d’amour, il n’y a pas de sacrement, même si l’on est marié canoniquement ». Tout le reste est de trop. Si le couple est en difficulté, comme il arrive très souvent, surmonter ses difficultés et s’aimer de nouveau, s’ils le peuvent, sera de Dieu seul ; et pouvoir se séparer en paix s’ils ne peuvent surmonter leurs difficultés et ne parviennent pas à s’aimer de nouveau sera aussi de Dieu seul . Supprimez, nous vous le demandons, les empêchements canoniques pour que ceux dont le couple a été un échec puissent reconstruire leur vie avec un autre amour. Que l’Église cesse d’ajouter encore de la souffrance à leur souffrance. Et qu’en aucune façon on les empêche de partager le pain de la table de Jésus qui réconforte, car Jésus n’en a jamais écarté personne.

5 – Sur les unions entre personne du même sexe
Le tort causé par l’Église aux homosexuels est immense, et un jour il faudra leur demander pardon. Puisse le Pape François, au nom de l’Église leur demander pardon pour tant de honte, de mépris et de sentiment de culpabilité accumulés sur eux des siècles durant.
L’immense majorité des hommes de des femmes de notre société ne peuvent comprendre aujourd’hui cette obsession et cette hostilité. Comment peut-on continuer à soutenir que l’amour homosexuel n’est pas naturel, étant donné qu’il est si commun et naturel, pour des raisons biologiques et psychologiques, entre tant d’hommes et de femmes de toutes les époques et de tous les continents, et aussi dans tant d’espèces animales. ?
Sur cette question, comme sur tant d’autres, l’Église devrait être en avance, mais la société nous a devancés. Nous nous félicitons que soient de plus en plus nombreux les pays qui reconnaissent les mêmes droits à l’union des personnes du même sexe qu’aux personnes hétéro sexuelles. Et qu’est-ce qui empêche d’appeler cela « mariage » ? Est-ce que, par hasard, on n’appelle pas « mariage » aussi les unions hétérosexuelles qui, pour quelque motif que ce soit, ne vont pas avoir d’enfant ? Que soient donc modifiés les dictionnaires et le Droit Canonique, qu’ils s’adaptent aux temps et se préoccupent pour les personnes.
Et qu’est-ce qui empêche d’appeler sacrement un mariage homosexuel ? C’est l’amour qui nous « fait » humains et qui nous « fait » divins. C’est l’amour qui fait le sacrement. Tout reste n’est que commentaires et traditions humaines.

6 – Sur l’éducation des enfants au sein de situations de mariages irréguliers.
Nous croyons que ce langage – régulier, irrégulier – est inadéquat, plus encore, qu’il est préjudiciable. Il est préjudiciable pour un enfant d’entendre qu’il est né ou qu’il vit dans un couple ou une famille « irrégulière ». Et c’est aussi préjudiciable pour ses parents, quels qu’ils soient. Ce qui est préjudiciable ce n’est pas d’être une exception, mais d’être réprouvé pour être une exception. Du reste, nous savons tous qu’il suffit que se multiplient des cas semblables pour que l’exception devienne règle. Quoi qu’il en soit, l’Église n’est pas là pour définir ce qui est régulier et ce qui ne l’est pas, mais pour accompagner, encourager et soutenir chaque personne telle qu’elle est et dans la situation dans laquelle elle se trouve.

7 – Sur l’ouverture des personnes à la vie.
Heureusement ils sont peu nombreux aujourd’hui les croyants au dessous des 60 ans qui ont entendu parler de Humanae Vitae, cette encyclique de Paul VI (1968) qui a déclaré péché mortel l’usage de tout moyen contraceptif « non naturel », l’usage de toute méthode autre que l’abstinence où la conformation au cycle féminin de la fertilité. Cela a trop fait souffrir la quasi-totalité de nos parents. Cette doctrine, adoptée contre l’avis d’un bonne partie de l’épiscopat, a eu un effet désastreux à l’époque, et il est non moins désastreux qu’elle ait été maintenue jusqu’à ce jour.
Aujourd’hui personne ne la comprend et quasi personne n’en tient compte même parmi les catholiques. Et peu de prêtres et d’évêques se risquent encore à en parler. Affirmer que la relation sexuelle doit être ouverte à la reproduction n’a plus de sens aujourd’hui. Vouloir continuer à faire la distinction entre méthodes naturelles et méthodes artificielles n’a plus de sens, et moins encore de condamner une méthode parce qu’elle serait « artificielle », parce pour la même raison on devrait proscrire un vaccin et quelque injection que ce soit.

Nous assistons de nos jours à un changement sans pareil en ce qui concerne la sexualité et la reproduction : pour la première fois depuis de nombreux millénaires la relation sexuelle a cessé d’être la seule voie possible pour la reproduction. C’est un changement technologique qui entraîne un changement anthropologique et requiert un nouveau paradigme moral. La sexualité et la vie sont toujours aussi sacrées et doivent être traitées avec beaucoup de délicatesse. Mais justement les critères et les normes de Humanae Vitaene vont pas dans ce sens, elles sont plutôt un obstacle. Que la parole de l’Église soit de lumière et de réconfort, comme l’Esprit de Dieu et comme l’a été la parole de Jésus en son temps et devrait l’être en notre temps d’aujourd’hui.

8 – Sur le rapport entre la famille, la personne et la rencontre avec Jésus.
Nous croyons que Jésus vient à notre rencontre sur tous nos chemins et dans toutes les situations dans lesquelles nous nous trouvons, quels que soient le modèle et la situation de famille dans lesquels nous nous trouvons. Nous croyons que Jésus ne fait pas de distinction entre familles régulières et familles irrégulières, mais qu’il se fait proche dans toute situation avec ses enchantements et ses blessures. Nous croyons que nous enfermer en nous-mêmes (dans nos idées et nos règles, dans nos peurs et nos obscurités) est l’unique chose qui nous éloigne de l’autre et de Dieu. Et nous croyons que l’humilité, la sincérité, la confiance nous rapprochent chaque jour davantage de l’autre, et chaque jour nous ouvre à la Présence du Vivant dans la situation où nous nous trouvons et tels que nous sommes. Et nous croyons qu’une Église qui serait l’annonce de cela, comme Jésus, serait une bénédiction pour l’humanité en quelque situation qu’elle se trouve.

(Traduction Claude Faivre-Duboz)

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Bonjour,
Je ne suis pas familière des lectures et réactions sur ordi, je suis encore très "papier", et plus trop dans une orbite de paroisse ... Bref c’est l’article du CCBF paru dans TC qui me mobilise :
Ma conviction est que le mariage est avant tout UN SACREMENT D’ALLIANCE signe d’une alliance indéfectible (elle) de Dieu avec nous, et que les enfants et la famille en sont des conséquences et non des buts.
L’homme quittera père et mère pour s’attacher à une femme et ils ne formeront qu’un seul corps. Il me semble que l’évangile s’arrête là, les "heureux ils eurent beaucoup d’enfants" sont plutôt dans les contes de fées ...
Mes essais de conversations n’ont pas trouvé d’échos auprès d’amis chrétiens plus classiques, carrément anti mariage gay, ou même prêtre de paroisse; mes convictions sont elles incongrues ?
Je suis mariée depuis 50 ans, et ces convictions ne se sont affermies que progressivement; nous avons 3 enfants dont les familles s’expriment de façons variées (mariage civil, religieux, pacs) et nous réunissons 10 petits enfants dont l’ainée d’un premier mariage d’une belle fille est parfaitement partie prenante.
Lise-Marie
PS, Merci à Ch Pedotti pour son article sur les aléas de la vie affectives de notre président.

Visiteur

Oui puissions être enfin être entendue ,il est temps que les divorcés remariés retrouvent leur vraie place au sein de l’église
Etre divorcés empêchent ils d’avoir la foi ? ? ? ?
Là j’en doute , suis bien placée pour le savoir ......
Et quand en plus vous êtes battue pendant 33 ans qui rompt les liens du mariage ?
Double injustice , on vous bat et en plus l’église vous ferme sa porte si vous divorcez , trop injuste......

Visiteur

l’église dont je ne me sens plus solidaire, à cause de sont immobilisme et de son incompréhension du monde actuel devrait s’enrichir de cette synthèse, et si c’était le cas, je reviendrai dans son giron

Visiteur

Mont St Martin, 64
Il est grand temps que les chrétiens s’expriment franchement sur ce sujet : ils ont trop longtemps fait partie d’une majorité silencieuse qui prenaient leurs responsabilités "en cachette" parce qu’on ne pouvait pas en débattre ouvertement !... Et d’autres sont partis sur la pointe des pieds, sans faire de bruit, mais ils sont bien partis et ne reviendront pas ...

Visiteur

à Dominique Bargiarelli
je n’ai pas vu votre réponse
je n’exclue pas les prêtres ! !
bien au contraire j’ai passé ma journée à en aider certains en maison de retraite
et ce n’est pas la seule ....
mais vous en conviendrez il est actuellement impossible de pouvoir influencer d’une manière ou d’une autre les décisions de la hiérarchie
seuls des lobbies dans le domaine de la famille ou des mouvements labellisés ont une écoute
quand des baptisés pratiquants dans leur très grande majorité ne se préoccupent plus de la parole officielle dans leur vie de couple ....reconnaissez que l’on ne peut si on aime l’Église continuer à se taire.
aimer l’Église n’est pas se taire
aimer les clercs ne veut pas dire penser que seule leur parole est Vérité
d’ailleurs vous parler du Christ et je crois que le cri des 400 contributions n’est pas une parole contraire à l’Évangile , il est un cri incarné
je pense que vous avez entendu l’Évangile de ce jour ..........le Christ ne dit pas autre chose aux disciples

bonne soirée

Visiteur

Ayant pris connaissance du "Questionnaire préparatoire en vue du Synode sur la Famille" et remarqué certains aspects regrettables: formalisme, juridismes, sécheresse, manque d’empathie,incompétence, naîveté,...
Ayant parcouru les divers commentaires reçus à la CCBF,
Je remarque que ce vaste forum a le mérite d’une découverte, d’un début qui fait espérer des suites plus organisées, plus élaborées, plus assimilables, permettant d’ouvrir un chemin sur lequel progresser. N’est-ce pas l’objectif proposé à ce Synode ?

Visiteur

@ Dominique Bargiarelli et Marie-Françoise

Je suis consciente qu’il ya de vrais désaccords entre nous, mais ce serait une erreur de réduire ce désaccord à des accusations mutuelles de manque d’amour ou de confort spirituel. Tous nous manquons à l’amour dix fois par jour, tous, si nous sommes chrétiens, nous tentons de revenir vers nos frères et vers Dieu d’un meilleur coeur, tous nous sommes tentés de nous en tenir une fois pour toutes au chemin qui fut pour nous naguère chemin de conversion et qui devient, par habitude, vie confortable.

Ce que je tentais d’illustrer avec l’image du père maltraitant, c’est que les fautes personnelles et les erreurs institutionnelles ne sont pas du même ordre. Une collectivité peut être composée d’hommes et de femmes sincèrement ouverts à l’appel du Seigneur, des hommes et des femmes pieux, dévoués et priants, et fonctionner collectivement de façon mortifère. C’est pourquoi il est urgent de dénoncer les erreurs institutionnelles, ce qui n’a pas beaucoup à voir avec des accusations personnelles envers ses responsables.

Visiteur

Je signe bien volontiers ce texte pour que l’église, dont je me revendique, soit à l’écoute du monde pour que le monde l’écoute à nouveau. Dans le livre des actes quand les apôtres parlent de Jésus ils citent les guérisons qu’il a faites, la misère qu’il a soulagée et sa résurrection. C’est à un comportement comparable à celui du Christ que l’église d’aujourd’hui est appelée : être à l’écoute de ceux qui souffrent sans juger...

Visiteur

Je ne peux qu’être d’accord avec votre analyse mais j’aurais souhaité souligner 3 points - le rôle et la place des femmes dans l’Église qui va bien plus loin que la parité - l’importance de la réconciliation qui ne fait plus recette comme sacrement et qu’il faudrait adapter à notre époque: depuis que l’aveu des fautes a été réintroduit dans le cérémonies pénitentielles il y a de moins en moins de pratiquants !
- la position sur l’avortement qu’il faut réaffirmer chaque fois que l’occasion est offerte.

Visiteur

Je suis en plein accord avec la synthèse du texte proposé.
L’amour, la miséricorde, le pardon, l’accueil, le partage des uns envers les autres sont la proclamation de la Bonne Nouvelle de Jésus.

Visiteur

J’approuve totalement ce texte
Merci de cette initiative qui sera peut-être le début d’une renaissance

Visiteur

@dominique bargiarelli
"Alors , plutôt que de souligner perpétuellement les fautes incontestables commises par les membres ce cette hiérarchie si l’on s’efforçait de voir ce qui est contraire à l’enseignement du Christ dans notre comportement à nous sans oublier cette phrase de l’Évangile:
« C’est à l’amour que vous manifesterez les uns pour les autres que le monde vous reconnaîtra comme mes disciples »…
Excellente suggestion, Dominique.
A vous l’honneur !…

Visiteur

à Michelle et Alain...
que vous exprimez bien les souffrances et le mal fait par des hommes et non par le Christ .
oui Que notre Église que nous aimons et formons tous devienne en actes et non en paroles vaines un signe de la miséricorde infinie de Dieu
mais l’accouchement est long et si dur
les paroles très sévères du Christ aux pharisiens devraient éclairer certains ..........
je pense qu’ensemble en Église et où nous sommes nous pouvons aider à cela ...............
ne jamais laisser passer une exclusion sans réagir
c’est souvent le silence qui permet aux censeurs d’imposer leurs lois
par contre que cela soit facile je ne le crois pas et c’est du vécu

mais peut-être que si chacun de nous s’exprimait quand il a connaissance d’une exclusion non pas en secret mais au grand jour..........
le soleil entrerait

il y a sûrement un point fort que nous avons tous du mal à vivre :
c’est le sentiment profond que notre baptême nous a fait : prêtre, prophète et roi pour célébrer annoncer et servir et non des brebis sans voix

de notre Pape François
"Les évêques,
particulièrement, doivent être des hommes capables de soutenir
avec patience les pas de Dieu parmi son peuple, de
manière à ce que personne ne reste en arrière, mais aussi
d’accompagner le troupeau qui a le flair pour trouver de
nouvelles voies."

bon dimanche !
claudine

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Bonjour,
je signe des deux mains ce texte, dans lequel je me retrouve totalement en tant que femme, célibataire et lesbienne ! Je n’ai pas entièrement quitté l’Église en raison de mes liens familiaux, mais sans ces derniers j’aurais pris le large depuis longtemps.
Je trouve formidable que le Pape ait lancé cette consultation mais je reste sceptique. A chaque fois qu’il évoque les homos ou tend la main, le Vatican s’empresse d’apporter des correctifs ou de démentir. Lorsqu’un jeune homo toulousain a raconté le coup de fil qu’il a reçu du Pape, le Vatican a fermement démenti, alors qu’il n’a pas démenti les autres coups de fil que le Pape a pris l’habitude de passer à ceux qui lui écrivent... Quand le pape évoque la problématique de la petite fille que "l’amie de sa maman n’aime pas", immédiatement le Vatican précise qu’il ne s’agit pas de reconnaître l’existence des familles homoparentales - et des difficultés qu’elles rencontrent comme toutes les familles recomposées - mais de pointer l’immense et forcément inévitable souffrance des enfants qui grandissent dans les familles "anormales"...
J’ai vécu le "débat" sur le mariage pour tous comme l’affirmation que la communauté catholique française - enfin ceux qui ont défilé - est un entre-soi de gens qui s’autofélicitent de leur "normalité" au point de refuser des droits civils à ceux qui sont différents (tout en acceptant, bien sûr, que ces gens différents financent leurs allocations familiales) et qui aujourd’hui, en voulant "défendre les stéréotypes de genre" ! ! ! ! ne voient plus le chemin anachronique, dépassé, inutile, odieux, consternant, qu’ils empruntent au nom de Jésus...
J’ai bien relu les évangiles et en particulier la cène, et je n’ai pas trouvé où Jésus dit "prenez et mangez en tous, sauf les pédés, les gouines et les divorcés remariés".
Bon courage à la CCBF...

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@Alain Litzellmann: merci de la dignité et l’absence de haine avec laquelle vous décrivez vos mésaventures de divorcé-remarié. Ce que vous vivez relève, à mon avis, de la bêtise, la malveillance, et l’obsession suspecte du sexe.Mais aussi peut être de la jouissance que procure à certains l’abus de pouvoir: interdire à quelqu’un de se réconcilier avec Dieu, d’approcher Dieu, quel pouvoir !
Et quelle hypocrisie ! ce sont les mêmes qui dénoncent une soi-disant "culture de mort", qui incitent à souhaiter malgré soi la mort de personnes que l’on estime... A la suite d’expériences comme la vôtre, deux couples de mes amis ont quitté l’Église, irrémédiablement, et le coeur lourd.
Ceux qui sont partis, où peuvent ils trouver la place de s’exprimer ? ?

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Qu’ont-ils quitté ? L’Église ou l’institution. Il arrive que, pour rester de l’Église, il faille dire adieu à l’institution.

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Nous nous retrouvons nombreux à approuver la synthèse de Claudine Onfray. C’est donc bien une large communauté qui choisit l’option "Ni partir, ni se taire".
Pourtant, bien qu’étant femme et convaincue de la nécessité d’une réelle progression de l’Église sur cette question, j’ai d’abord été étonnée, comme d’autres, que la parité hommes/femmes soit reprise dans cette synthèse. Puis, en quelques secondes, c’est devenu une évidence. Comment ne pas évoquer l’indispensable parité quand on parle de la famille ? C’est le fondement même d’une relation respectueuse entre conjoints, qui permet de construire les projets communs sans recherche de domination de l’un envers l’autre. Et pour que l’Église le perçoive mieux, pour qu’elle l’intègre dans ses enseignements et dans ses pratiques, l’espérance d’une évolution interne doit aussi être exprimée. Elle est attendue.

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Merci pour le travail de synthèse réalisé.
Accueil et non exclusion.

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j’adhère totalement à tous les points abordés dans ce texte !
oui à une Église accueillante sans restriction aucune, attentive aux "petits" et surtout ouverte à ceux qui sont éloignés d’elle.
Le Christ n’est pas venu pour "les bien-portants" mais pour "les malades".
Merci au Pape François pour le nouveau souffle qu’il amène et qu’il continue à aller dans l’ouverture à la modernité; la place des femmes et des laïcs doit être repensée pour que Christ soit plus accessible à tous !

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J’approuve ce texte, mais, avec Maurice Zundel, Je voudrais souligner qu’il nous faudra aussi revoir un porte à faux évident:"...De quel Dieu parlons-nous ? et à quel Homme ?...Il est évident que si la morale n’est pas une mystique, si la morale n’est pas une promotion pour notre humanité, s’il ne s’agit pas d’un problème métaphysique, s’il ne s’agit pas d’une ontologie créatrice, on comprend en effet cette levée de boucliers contre l’encyclique Humanae vitae et contre tout ce qui serait la dénonciation des contraceptifs. Nous sommes dans un climat où l’on perçoit qu’une mutation est indispensable : il faut changer de dieu en un mot ; il faut arriver à retrouver ou à découvrir le Dieu intérieur, le Dieu-Trinité, le Dieu-liberté, le Dieu qui est le seul chemin vers nous-même, le Dieu qui nous promeut à une grandeur infinie qui est la sienne..."
"Vingt siècle de christiannisme ont fait de nous des déistes accésoirement Trinitaire..."Mgr Rouet

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Je signe mais j’émets quelques réserves.
"concubinage expérimental" est un usage mais, pas forcément la règle on ne peut accepter cet état de fait sans réserve.
La loi naturelle n’est pas à exclure totalement. Si on élimine la suggestivité des hommes, on condamne l’humanité et le monde à une grande solitude.

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À propos du nombre des réponses et de l’ampleur de l’approbation recueillie par la synthèse: j’ose espérer que l’écho de la démarche de la CCBF est en fait PLUS importante que ce que nous en voyons. Je le dis en sachant ce que, personnellement, j’ai fait. Dès le premier appel lancé par la CCBF, j’ai répercuté l’information à une douzaine (quinzaine ?) de personnes de mon secteur paroissial, susceptibles d’y être sensibles. J’ai diffusé le lien vers le site de la CCBF, ainsi que celui de "La Vie" qui donnait aussi le texte du questionnaire. J’en ai parlé à la sortie de la messe. J’ai relancé quinze jours après. Conséquence de mon insistance, ou tout simplement signe de bonne santé de ce secteur (les deux, je crois !) il y a eu une réunion ouverte à tous, une réponse collective rédigée par un membre de l’EAP. Et le curé a invité toute personne qui aurait quelque chose à dire à faire parvenir sa réponse au vicaire général. Si d’autres ont fait la même chose, l’écho de ce questionnaire sera, grâce à la CCBF, bien plus large que ce qu’on aurait pu craindre, vu la brièveté du délai et l’impréparation totale de l’Église de France pour gérer une consultation de ce genre.

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je vais répondre aux 4 derniers mots mis

à religieux Rachel :on va vers un mieux en humanité , je le crois et j’en avais beaucoup discuté avec un théologien décédé.
Malgré tous ceux qui pensent le contraire, ce qui ne veut pas dire que tout va bien.
mais c’est l’atrocité du génocide de 1940...qui a fait prendre conscience des handicapés comme êtres humains ayant des droits .....
mais ce n’était pas le sujet du questionnaire

à Levy :
oui ne pas juger
cela a été l’un des cris

cela me permet de répondre à la critique sur le cri :
ces cris en sont:
parce qu’ils étaient présents sous une forme ou une autre dans la quasi totalité des contributions qui n’avaient aucun lien entre elles car pas mal de contributions sont venues par hasard ( car en France la base n’a même pas eu d’infos sur le sujet )

parce qu’ils exprimaient dans leurs mots une urgence à une conversion

parce que jamais ils n’ont été entendus même au moment de Vatican II et le monde a tant bougé et quand tant de fois on a posé une question et que l’on n’a pas eu de réponse on prend le micro ( Mgr Lienard lors de Vatican II)

parce que les contributions expriment que ce refus du sensus fidei pose un problème par rapport à l’Évangile , à l’annonce , que même c’est un contre témoignage

parce que les personnes ont un espoir qu’ils soient pris en compte par François ..........beaucoup d’engagés en Église ont depuis longtemps l’impression de crier dans le désert....

et encore on a gardé que ce qui était mis comme urgent , impossible à garder en état........

l’un des autres points est exprimé :
questionnaire indigeste ......combien l’ont dit.......ce ne sont pas les mots de notre Pape ......et plus

belle journée à toutes et tous et MERCI de toutes ces paroles

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Que ce questionnaire soit très très mal fait,j’en conviens sans aucun problème ,loin de là,

et certaines questions m’ont laissé ébahi par leur innocence. Pour autant de votre côté ,si j’ai bien compris,vous avez fait une synthèse de l’opinion de 400 membres de votre mouvement et cette synthèse a été approuvée par plus de ...4000 personnes venant de France et de Belgique et de Suisse francophones.
Qu’en déduire,si ce n’est que ce résultat est fort loin de ce que vous attendiez.
Bien sûr je me situe fort loin de vos idées mais croyez bien que cela ne m’empêche pas de m’interroger pour autant.

Christine PEDOTTI

En effet, Dominique, nous sommes très étonnés par la quantité et surtout la qualité des réponses qui ont été produites - et il en arrive encore - Beaucoup de groupes se sont constitués se sont rencontrés à plusieurs reprises dans un temps très court, on mis à profit les quelques jours de l’entre-Noël et Nouvel an pour rédiger. Quant aux approbations, là non plus, nous ne nous attendions pas à une telle ampleur de réaction et si rapide. Merci.
Nous sommes très heureux de ce processus participatif qui a été ouvert selon la volonté du pape François, c’et pourquoi nous l’en remercions.

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Comme Dominique, Véronique, Michel, Jean-Paul et sûrement beaucoup d’autres j’ai renoncé à répondre au fameux questionnaire. Trop indigeste, trop long,trop juridique, rédigé dans un langage obscur...
Questionnaire dont j’ai pris connaissance par le lien pointé par la CCBF. J’ai renoncé et puis en ce moment je passe beaucoup de temps à la préparation des élections municipales dans ma ville de 10000 habitants. Je suis frappé par l’ampleur du repliement sur soi, des caricatures, amalgames et mensonges , des montées de la peur des autres. Le mot social devient un gros mot.
Mon engagement a soutenir une liste qui a fait ce qu’elle avait dit, qui est portée par les valeurs de solidarité et de fraternité, est pour moi une source d’espoir. Et puis aujourd’hui je "zappe" sur le site de la CCBF et je lis la synthèse. Autre source d’espoir et de joie ! Et je constate que le nombre de personnes qui écrivent est impressionnant. Whaouh !
Si ce texte ne remonte pas jusqu’à François en tout cas il créé un sérieux lien entre celles et ceux qui "bossent" pour que cela devienne plus évangélique.
Un petit point cependant, qui n’est pas un détail: les chrétiens ailleurs sur les autres continents n’ont pas forcément la même approche ou priorités que la synthèse de la CCBF...les scribes du Vatican vont faire la synthèse...quid !

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Cette synthèse exprime, selon son auteur même, "d’abord un cri" en réponse à l’invitation au dialogue du Pape François.
Mais un cri distord la voix et le timbre de cette synthèse est, en effet, parfois dur et dissonnant.
Un cri écrase les nuances et ce texte est parfois brutal et pas toujours clair, ni précis.
Un cri ne favorise ni l’écoute ni la compréhension mutuelle.
Ce n’est pas en criant que nous pouvons exprimer le mieux la reconnaissance de pouvoir répondre à l’invitation de notre Pape.
Ce n’est pas en criant que l’on invite son interlocuteur à prolonger le dialogue.
Ce n’est pas toujours en criant que l’on exprime sa douleur ou son attente.
Ce n’est pas en criant que l’on parle d’amour et de pardon.
Je n’approuve pas ce cri et je prie pour que cette démarche d’Église ne se transforme pas en cacophonie.

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A propos de cris, chacun y va du sien signe de tensions. Il y a celui dont Claudine Onfray s’est fait l’interprète, émanant de 400 personnes et groupes après discussions et échange de points de vue, conforté par 4000 signatures, là encore assorties de commentaires; là, pas d’anonymes.
Et il y a des cris moralisateurs à la cathophobie, à la théorie du genre, à l’euthanasie, à l’avortement ... comme cette pétition fermée * rédigée par une personne seule, publié par le blog d’une fondation espagnole ** dont les responsables sont anonymes, et destinée au Pape qui va recevoir le Pt de la République (champ politique !). Cette "pétition" aurait été signée par plus de 50 000 personnes.
* http://www.citizengo.org/fr/2663-visite-f-hollande-au-vatican-lettre-ouv...
** http://www.rtbf.be/info/emissions/article_les-echos-de-paris-film-polemi... ?id=8175522

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Eh oui, l’Abbé Pierre avait bien compris, lui aussi, que lorsque l’on a affaire à des sourds, la seule solution est de crier...et d’écrire; ce qu’a fait la CCBF, sans agressivité mais en appelant un chat, un chat !

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On a bien parlé de cri de l’Abbé Pierre en 1954 et à ce que je sache, il parlait bien d’amour de son prochain.

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L’espace d’un instant j’ai eu peur de la réponse de Christine Pedoti, rédactrice de Témoignage Chrétien, que nous lisons fidèlement chaque semaine. Mais elle répondais à Victor qui répond sans signer complètement d’ailleurs: pourquoi ? Peur, la peur dans laquelle on veut nous enfermer: "l’humanité va mal, le monde est à la décadence brave gens etc, ect."
Non, le monde ne va pas mal, le monde avance et vers un mieux. Une belle humanité se prépare, fraternelle et pleine d’Amour.
J’y crois et je place ma confiante en l’Homme, en Dieu qui nous la donner dans Sa Bonté infinie.

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nous nous devons d’ouvrir nos cœurs a tous le peuple mondial pour les baptiser au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. nous devons les écouter pour les mettre en accord avec la foi du Christ. nous devons leurs montrer le chemin a prendre par nos exemples de vie. Que Dieu nous donne la force de ne pas juger nos frères et de les aimer du mieux que nous pouvons.

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Le pape François révolutionne positivement cette Église en lui offrant enfin une chance de s’ouvrir en ouvrant les yeux sur les différences et les personnes différentes qu’elle recèle. Il était temps d’ouvrir les yeux plus qu’un cœur sec à toutes nos réalités, à ces différences qui permettent qu’au final, toute la famille s’en enrichisse. Henri de Portzamparc, chrétien homosexuel

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Je ne suis pas membre de la Conférence des baptisé(e)s, mais je signe volontiers ce texte dans lequel je me retrouve largement; sauf peut-être en ce qui concerne la parité, qui me paraît une notion très théorique et juridique; il vaudrait mieux parler de prise en compte des compétences et des vocations, là où, me semble-t-il, hommes et femmes sont effectivement...égaux.

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Je me joins avec plaisir à tous ceux qui soutiennent ce texte. l’important maintenant est de faire le suivi !

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Je suis divorcé remarié depuis 1973. En 1984 j’ai rencontré le père Jean-Charles Thomas, évêque de Versailles, pour lui dire ma souffrance et témoigner de ce que, ne pouvant sortir de cette "situation de péché grave" que par la mort de ma première ou de ma seconde femme ou en commettant le péché grave d’abandonner femme et enfants de mon second mariage, je ne considérais pas que je commettais un péché en étant fidèle à ma famille. Il m’a dit que si cela était ce que je pensais au plus profond de ma conscience je n’étais pas en état de péché. Les trois curés successifs de ma paroisse m’ont autorisé à recevoir les sacrements de la réconciliation et de l’eucharistie et, pendant 23 ans, j’ai pris une place de plus en plus importante dans le fonctionnement de la paroisse, jusqu’à faire partie pendant 7 ans de l’équipe pastorale.
Et puis en septembre 2012 est arrivé un nouveau curé à qui j’ai dit ma situation et mon histoire. Il m’a aussitôt interdit la réconciliation et l’eucharistie et notre nouvel évêque le Père Eric Aumonier a confirmé sa position au nom de "l’obéissance à notre sainte mère l’Église". Le refus de la réconciliation avec le Christ "jusqu’à ce que cesse la situation", c’est-à-dire jusqu’à la mort d’une des trois personnes concernées ou jusqu’à la destruction de la nouvelle famille est parfaitement odieux. J’ajoute que ma femme, baptisée mais athée au moment de notre mariage, s’est convertie et a reçu l’eucharistie et la confirmation. Elle s’entend dire aujourd’hui qu’elle est adultère et ne peut pas recevoir les deux grands sacrements. Toute sa progression vers Dieu est anéantie.
Vivant cette situation douloureuse, j’approuve pleinement ce texte.

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Alain, bonjour
J’ai été dans votre situation, j’ai vécu à Versailles de 1979 à 2013. Le Père Thomas était un authentique chrétien. Il avait mis à la disposition des paroisses un texte très clair : après un temps de probation (plusieurs années), les divorcés remariés, sous réserve de leur conduite, étaient de nouveau accueillis á part entière dans l’église, ce qui signifiait à nouveau la Réconciliation et l’Eucharistie. J’ai eu le bonheur de béneficier cette embellie, très exceptionnelle, grâce à l’humanité du P. de Lavigerie. Puis est arrivé, non plus "le Père", mais "Monseigneur Aumonnier", avec des directives du Vatican. Rester seul, à son banc, dans la cathédrale, pendant que la quasi. totalité des fidèles (fidèles ou non dans leur couple ! ! !) s’empressait chaque dimanche d’aller communier (parfaite hypocrisie), oui, une grande tristesse et un profond sentiment d’injustice. Ce n’est pas près de changer puisque notre nouveau pape n’a rien trouvé de mieux - pour calmer (croit-il !) les divorcés remariés de "faciliter" le processus d’annulation du mariage en cour de Rome, en produisant de nouveaux cas. De qui se moque-t-on ? De nous. Par ailleurs, cette église catholique continue, exception de poids par rapport á toutes les autres institutions, de considérer plus de la moitié de ses fidèles, LES femmes, comme des mineures. Et "on" nous dit qu’il n´y pas de raisons pour que cela change. En revanche, il y en a plusieurs pour rejoindre les églises protestantes qui, elles, appliquent les Évangiles chrétiennement, et non pas dogmatiquement.
Bon courage !

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Alors que la bouteille a été lancée à la mer je tiens à remercier l’intuition d’Anne et Christine qui nous donne à respirer, par la diversité des apports, le bon air de l’Église.
Je reviens sur les commentaires sur la parité par cette question: Faut-il craindre un juridisme étroit -un H une F- ou espérer que, justice étant rendue à l’humanité blessée par cette fracture artificieuse, l’esprit purifié de l’Église redore la légitimité de l’institution ?

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Très intéressant. Une belle avancée de l’Église.....

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j’approuve ce texte

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Bonjour à tous,
Je me réjoui de votre initiative ! Je suis en route vers le Baptême, engagement sacré, il faut que certaines souffrances cessent que les gens n’ai pas peur de prier, de poser des questions. Je ne veux pas d’une Église qui juge trop vite sans nous condamnés directement, je souhaite qu’elle s’interroge, qu’elle aille chercher encore plus loin certaines réponses qui leurs échappe encore.
Que le pape valide cela, et qu’il puisse faire sa mission en toute transparence. Merci à tous en espérant que ce texte fasse avancer l’Église. MERCI

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Comme un certain nombre de commentateurs de ce site, j’ai commencé... puis abandonné de répondre à l’enquête : trop administratif, trop peu de place à l’expression libre, fainéantise, pas convaincu de l’utilité, sans doute un peu de tout ça.
Aussi je vous remercie d’autant plus de ce texte dans lequel je me sens bien, en particulier pour ce qui est de passer de l’expression de règles à l’expression de valeurs. Comment pourrait-il en être autrement lorsque l’on prétend s’adresser au monde entier ?
- j’ai souri et aimé votre expression "sans papier de l’église"; c’est bien de cela qu’il s’agit !
- Le sujet n’est peu ou pas directement en lien avec la famille, mais il semble que l’ordination de femmes aux différents ministères que j’espère et qui viendra forcément tôt ou tard, fera évoluer les choses. Je ne me retrouve cependant pas bien dans votre invocation de la "justice" au sujet de la parité H/F. Il me semble que cela relève d’autre chose. Pas grave quand même.

Félicitations pour ce texte et encore Merci !

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Merci pour l’expression des uns et des autres ! J’ai signé car la démarche et la réflexion me semblent pertinentes...
Lisant ce texte, j’ai revu le pape Jean XXIII, lors de l’ouverture du Concile, faisant ce geste d’ouvrir la fenêtre...= une Église ouverte au monde, aux cultures différentes, aux attentes et questions d’aujourd’hui...
Si le contexte est complexe, il reste que des femmes et des hommes, jeunes et adultes, nombreux, sont toujours en questionnement, en recherche de sens...
Des miettes d’Évangile tombent dans la terre de la vie... L’Évangile n’est pas la propriété de quelques-uns... L’Église (nous sommes concernées) a des pas à faire dans le sens de l’écoute, de la compréhension, de l’ouverture, ouverture à des cultures autres, à des Ministères : femmes-hommes, à l’accueil de nouvelles situations ; osons ouvrir des portes !

Merci à notre pape François ! je prie pour lui...

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Je suis d’accord

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