Ce que j’ai appris de Yeshoua

 Jésus cet homme inconnu, tel est le titre du livre que signe Christine Pedotti, rédactrice en chef deTémoignage Chrétien. Une femme part à la recherche de Yeshoua, ce Galiléen étonnant. Le récit qui en découle dépoussière le visage d’un homme souvent statufié et fait vivre une passion. L’auteure n’en sort pas indemne. Cet homme qu’elle croyait connaître, qu’en a-t-elle appris  ?

Il y a presque deux ans maintenant que j’ai commencé à travailler et à lire dans la perspective d’écrire un « Jésus ». Un « Jésus », c’est-à-dire une vie de Jésus, un travail régulièrement entrepris depuis un peu moins de deux siècles et dont le modèle du genre est la « Vie de Jésus » d’Ernest Renan. Le chantier est impressionnant et l’on ne s’y risque qu’avec crainte et tremblement. Mais au-delà des difficultés formelles, choix des sources, de la forme littéraire, du ton, du point de vue, qui donneront à cet ouvrage son identité – les lecteurs auront tout loisir d’en juger — il y a cette expérience tout à fait extraordinaire de passer deux années dans l’intimité, j’ose dire le cœur à cœur avec ce personnage hors du commun.

Tous les biographes confessent qu’il n’est pas possible de maintenir avec le « héros » que l’on traite une distance indifférente. Jésus n’échappe pas à la règle, tout au contraire. Bien que je n’aie aucunement cédé à la tentation d’écrire une psychologie de Jésus, comment aurais-je pu écrire sur cet homme sans me représenter ce qu’il fut, sans regarder les choses et les gens de son point de vue  ? Autant dire que ces deux années ont profondément modifié mon regard sur lui.

Yeshoua  ! Il a d’abord fallu que je fasse résonner son nom dans sa sonorité originelle pour chasser ce qui demeure de sucré dans ce nom de Jésus, « petit Jésus », « bon Jésus », « doux Jésus ». Yeshoua lui, pouvait être le gamin de Nazareth, le jeune charpentier, le marcheur de Galilée. Il pouvait toiser les pharisiens et les renvoyer à leurs études pour la plus grande joie de ses disciples, il pouvait aussi se pencher sur les enfants, relever les femmes repoussées par les hommes, Marie possédée par les démons à Magdala, la femme aux pertes de sang ou celle qui avait été prise en flagrant délit d’adultère.

Petit à petit, le Jésus de carton-pâte de tant de pieuses images s’effaçait et l’homme de Galilée prenait vie et chair. L’Évangile s’animait et par dizaines, les personnages s’échappaient des pages. Dès cet instant, le travail devenait possible. Et le livre a été écrit.

Au bout de ces deux années, qu’ai-je appris ou découvert que je ne savais pas  ? La liste est longue. Je choisirai 4 points qui sont parfois demeurés des interrogations.

J’ai d’abord été étonnée de ne trouver aucun récit de « vocation » de Jésus. Sa vie publique commence après trente ans. Il quitte Nazareth, son métier, sa famille pour se rendre auprès de Jean qui baptise dans le Jourdain. Les évangélistes n’en donnent aucune justification et l’on ne sait rien de ce qui a pu se passer avant. Sans doute souhaitent-ils rendre évident le fait que Jésus décide, de lui-même, de son destin.

Ensuite, j’ai cherché pourquoi Jésus décide de monter à Jérusalem alors qu’il a parfaitement conscience de la menace qui pèse sur lui. Bien sûr, il y va pour le pèlerinage de la Pâque, ce qui est conforme à la pratique du juif pieux qu’il est. Évidemment, il y va parce qu’à Jérusalem, avec le Temple, bat le cœur religieux d’Israël. « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés… », ce sont les mots que l’Évangile de Matthieu place dans la bouche de Jésus. Mais reste la question centrale : « qu’espérait Jésus de cette montée à Jérusalem  ? » Certainement pas mourir. Jésus ne recherche pas le martyre. Il sait qu’il prend un grand risque mais il le fait parce qu’il attend quelque chose. Quoi  ? Espérait-il sur l’esplanade du Temple voir s’opérer une grande conversion, un retournement des cœurs  ? La question reste posée. Les autorités religieuses le devancent et l’arrêtent. À vue humaine, l’issue sera la mort infâme de la croix.

Le troisième point est, on ne s’en étonnera pas, lié à la place des femmes. J’étais jusqu’alors convaincue que les femmes avaient souffert du fait que les Évangiles avaient été écrits par des hommes. Or j’ai découvert que ce ne sont pas les récits évangéliques qui sont andocentrés, mais leur lecture. Pendant des siècles, sous le coup de la domination masculine, les personnages féminins ont été mis en arrière-plan des récits évangéliques. Leur rôle a été minoré voire ignoré. On s’est certes avisé que c’est aux femmes, et plus spécialement à Marie de Magdala qu’est confiée la charge d’annoncer aux disciples la résurrection. Mais le rôle des femmes ne se réduit pas à ce moment particulier même s’il est essentiel. Les femmes dans les Évangiles sont très nombreuses. Jésus est manifestement très à l’aise avec elles et, au moins autant que les hommes, elles reçoivent son message et manifestent leur foi. « Ô femme, grande est ta foi  ! » s’exclame-t-il face à la Cananéenne. « Ma fille, ta foi t’a sauvée » dit-il à la femme aux pertes de sang, pourtant réputée impure. Et c’est Marthe qui prononce l’une des plus belles confessions de foi :« Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde. »

Tandis que les femmes font confiance, les disciples hommes se montrent râleurs, lents à la compréhension au point que Jésus s’exaspère à plusieurs reprises : « avez-vous donc l’esprit bouché  ! » Il a vraiment fallu que les hommes aient, pendant des siècles, la main sur les textes pour réussir à faire croire aux femmes que leur place n’était que de se taire et de « méditer en leur cœur » à l’image de Marie.

Cependant, au-delà de la place des femmes, ma principale découverte est tout autre. Elle a trait à la résurrection et à la rencontre du Ressuscité. L’expérience que font les femmes au tombeau puis les disciples est celle d’une rencontre avec un Vivant. Les moyens et les mots se révèlent très limités pour rendre compte d’un événement proprement inimaginable : celui qui était mort est vivant. Tous les témoins disent en substance la même chose. « C’est le Seigneur, il est vivant ». Cette expérience est inaugurée par les disciples hommes et femmes qui avaient connu Jésus de Nazareth. Paul, sur le chemin de Damas, fait le premier l’expérience de la rencontre avec ce Jésus qu’il ne connaissait pas, il le reconnaît. Depuis, au long des siècles, de bien des manières, des milliers de personnes, a priori totalement saines d’esprit, ont fait cette même expérience. Elles rapportent qu’elles ont rencontré Jésus vivant, non comme une vision mais comme une expérience existentielle et pleinement relationnelle. C’est là que se situe la singularité absolue du christianisme. La foi ne tient pas sur un ensemble de notions, sur des savoirs, des dogmes ou des catéchismes mais sur l’expérience radicale et unique, réitérée depuis deux millénaires, que ce Jésus qui a marché sur notre terre, respiré notre air, mangé notre pain, bu notre vin, oui, que ce Jésus est aujourd’hui une personne vivante, le Vivant par excellence Il se peut bien sûr que ce soit une grande illusion collective. J’ose dire ici sans fausse pudeur que j’en suis sans regret l’heureuse « victime ». L’écriture de ce livre n’a fait que me conforter dans la connaissance de l’homme de Galilée. Il demeure comme les gens que l’on aime, toujours merveilleusement inconnu. Ce long travail a été pour moi une immense chance. Oui, ce Jésus m’a séduite et je me suis laissée séduire. Maintenant, j’ose rêver que ce livre sera pour certains et certaines un chemin de rencontre avec ce Yeshoua de Nazareth.

Christine Pedotti

Commentaires

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Vous dites : "il semble que les récits d’enfance chez Luc comme chez Matthieu n’appartiennent pas au genre littéraire "historique" La vérité qu’ils rapportent n’est pas factuelle"
Evidemment. Tout y est symbolique, à commencer par le lieu de la naissance. J'ai encore entendu à Noel la responsable de catéchèse de 4 paroisses (25.000 habitants) dire : "Dieu nous parle par des hommes (sic !) et elle a énuméré : "Adamm (resic !), abrahamm, moyse ...
J'ai cru réver ! Heureusement je vais rarement à la "messe".
On n'est même pas capable de parler de célébration eucharistique. On garde tout. On ne sait jamais. Si en jetant l'eau, on jetait aussi le bébé ...à Noel ??!!!

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@ Christine: le féminisme, c’est un peu comme la maison du Père: les demeures y sont nombreuses...
@ Michelle
J’ai peur que vous pensiez que je dévalorise la maternité en général, et celle de Marie en particulier. Il ne s’agit vraiment pas de ça. J’ai eu trois enfants, et il m’a été bien difficile de renoncer à continuer de "pondre"... Je sais que la grossesse, l’accouchement, l’allaitement, et la relation au petit enfant constituent, tout ensemble, une expérience magnifique- découverte existentielle, bouleversement affectif, ouverture spirituelle, je suis entièrement d’accord avec bien des choses qu’on peut dire là-dessus. Je ne nie pas non plus que Marie puisse être sainte, bien que les... sources scripturaires, comme disent les savants, soient assez minces.

Ce contre quoi je m’élève, c’est d’une part que l’on fasse de l’expérience maternelle- qui n’est pas vécue de la même façon par toutes, Oh que non- le noyau de l’essence féminine, vu qu’il n’y a pas d’essence féminine; et, d’autre part, que l’on lie l’affirmation "Marie est sainte" au fait qu’elle ait enfanté Jésus. En outre, j’affirme que ces deux refus de ma part sont liés.

Il paraît évident à certains que, pour pouvoir enfanter le Christ, il fallait que Marie soit sainte. Cette "évidence" repose en fait sur la postulat sexiste que l’essence féminine est dans l’enfantement. Cela équivaut à la plaisanterie évolutionniste qui dit: "la poule est une dispositif inventé par l’oeuf pour se multiplier lui-même". S’agissant de l’oeuf et la poule, c’et drôle; s’agissant des humains, ça l’est moins.

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C’est toujours intéressant d’être définie(s) par d’autres. Je ne suis pas une "féministe ultra différentialiste"; et je ne sais même pas exactement ce que ce terme signifie. je suis issue des mouvements de Libération des femmes du début des années 70, c’est à dire le moment où nous avons toutes décidé, effectivement, de ne plus nous laisser définir par d’autres, mais de nous définir nous mêmes; et de poser la question: "qu’est ce qu’être une femme" ? . Certaines se sont reconnues dans le "On ne nait pas femme, on le devient" de S. de Beauvoir, qui était présente au début du mouvement. Mais d’autres, tout en reconnaissant une part de vérité dans cet axiome, y on mis un bémol: la capacité de donner la vie était le noeud tout à la fois de l’oppression des femmes, et d’un vécu particulier et intransmissible.
Dire que nos positions rejoignent les misogynes conservateurs, c’est ne pas comprendre ce vaste mouvement, immense, échappant à toutes les classifications , qui a déferlé sur la France et les autres pays d’Europe.Le corps des femmes est un enjeu de luttes, car il n’est pas celui des hommes.
Il n’est pas péjoratif de faire des constats. Si certains hommes peuvent avoir en eux une part du maternel, pour le moment, partout, ils détruisent et les femmes reconstruisent. est ce parce que les femmes n’ont pas de pouvoir ? Les hommes pourraient faire autre chose que détruire, ils ne sont nullement programmés pour le faire, ils pourraient laisser agir en eux la part de maternel qui existe en tout être humain. Mais le maternel existe, il n’est pas seulement biologique Et nous n’avons jamais confondu être femme et être mère ! ! ! ! !D’ailleurs, certaines femmes qui participaient au mouvement ne voulaient pas être mères.Mais c’est cette possibilité qui induit tout à la fois le vécu des femmes dans toutes les sphères de l’existence, et ses représentations. Je vous incite à lire Kate Millett , Antoinette Fouque, Julia Kristeva, Luce Irrigaray, dont l’exposé sera plus complet que le mien...

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@AnneMarie: La maternité est UNE des sources de ce qu’il y a de plus beau dans le monde, car dans une maternité acceptée, on s’oublie totalement pour un(e) autre pour un temps, et c’est ce que nous devons tous apprendre à faire, même pour ceux qui ne sont pas nos enfants. Vous savez, les blessés, les mourants à bout de forces, dans toutes les cultures appellent "maman"; et pas "papa"....être père est autre chose, de nécessaire, mais ...un responsable d’association manifestait récemment son inquiétude devant le nombre croissant de femmes abandonnées par un mari ou un compagnon, avec plusieurs enfants parfois en bas âge. On peut donc questionner l"être père". Certains sont capables d’oubli de soi; d’autres non.Les mères sont celles qui maintiennent la vie, qui luttent pour la vie, partout, au milieu des guerres et des injustices crées par les hommes. Il y eut des "grand mères de la place de Mai", des femmes pour la Paix aux check points de Palestine, qui veulent dire que la vie, c’est autre chose que se battre, tuer, faire disparaître. Elles sont des sources de paix.

Christine PEDOTTI

Michelle, vous montrez le visage d’un féminisme ultra-différentialiste qui fait une étrange équivalence entre femme et mère (comme le discours conservateur et misogyne), qui exalte les femmes à la fois comme des victimes et des héroïnes et qui est assez (voire totalement) péjoratif à l’égard des hommes. C’est intéressant, pare que ça permet de bien d’identifier qu’il existe deux grandes voies dans le féminisme. L’un, le vôtre, différentialiste, l’autre (le mien) égalitariste.
Merci de vos interventions qui permettent la pluralité des regards.

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je vais revenir un peu sur terre ! !
le oui de Marie est indissociable de celui de Joseph .......car sinon que serait devenu Jésus ? ?.........
Marie est là présente comme toute mère juive....on la cite si peu dans l’Évangile .........mais elle est là à Cana
elle est là au pied de la Croix, à la Pentecôte et certainement souvent sans être citée
maintenant Marie est depuis longtemps pour beaucoup de chrétiens la mère du ciel, la mère des orphelins, la mère en particulier des hommes celle qui écoute, qui console, ....
elle paraît accessible et donne accès au Christ
c’est évident et pour ma part important......humain

le problème reste que les célibataires masculins qui sont décisionnaires en Église voit en cette Marie construite par les siècles la seule image de la femme digne d’admiration : vierge, mère ,sainte et si peu épouse..........
et c’est encore vrai en 2014 même peut-être pour Notre Pape François.
et pourtant tant d’autres femmes furent proches du Christ

un sourire pour conclure

c’est si vrai qu’un cantique assez récent a un couplet qui n’est jamais pris par les clercs parce qu’il rapproche Eve de Marie :

"qu’elle fut la joie d’Eve lorsque tu es montée plus haut que tous les anges, plus haut que les nuées"

on peut y voir une déification de Marie ...dans les nuées .....mais c’est une image
on y voit surtout une solidarité de Marie avec les femmes communes avec Eve qui reste pour certains l’origine de tout mal ! ! !et là c’est non recevable pour eux

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@ Dominique

Je crois que l’Esprit souffle où il veut, et où nous le laissons souffler. Je ne pense pas que les dogmes de l’Église aient l’exclusivité de l’Esprit. Mais je n’exclus pas qu’il puisse aussi souffler grâce aux dogmes.

Je pense que les dogmes sont des réalités historiques, qu’ils peuvent exprimer la Foi de façon juste en une certaine époque, et devenir caducs à une autre époque.

J’arrête là, parce que je ne voudrais pas vous faire tomber raide d’apoplexie.

Ah, j’oubliais ! Je crois que, dans une discussion comme celles qui ont lieu ici,l’Esprit souffle des deux côtés. Mais si, mais si !

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Dominique, c’est à d’autres que vous adressez des questions.
Lorsque, ensuite, ils indiquent leur manière de voir, vous indiquez la votre assortie d’une sauce curieuse comme "dans la mesure ou je me prends pas assez au sérieux .... pas la moindre idée, vraiment pas". Quand par contre vous face à un silence, vous réitérez la question à la manière de l’interviewer mal élevé d’un candidat à une élection. Comme vous avez une idée assez nette de votre réponse, je ne saisis pas du tout ce que vous apporte ce "procédé" qui, en effet, n’est pas sérieux.

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Jean Pierre,se poser des questions sur des sujets aussi secondaires que çà serait donc un défaut ?
Par ailleurs je ne vois pas le rapport avec nos peines à vivre que nous avons tous bien évidemment.

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En effet, croire que l’esprit puisse être totalitaire et inquisiteur, il n’en est pas question. Et dommage, mais tant pis, si cela peine Dominique si questionneur qu’il en est lassant ! Nous avons tous nos parts de peine à vivre.

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Merci de votre réponse,mais rassurez-vous il m’en faut plus pour tomber raide d’apoplexie et puis je vous dirai que je suis presque d’accord avec vous si ce n’est que je ne veux en aucun cas déclasser un dogme mais rien n’empêche d’améliorer sa définition.
Quant à dire que dans nos discussions l’Esprit souffle des deux côtés,dans la mesure où je ne me prends pas assez au sérieux pour décider que l’Esprit Saint s’exprime par mes lèvres pourquoi donc voudriez-vous que je sois choqué par votre idée ?
Certes il est possible que parfois je tende suffisamment l’oreille pour entendre et donc répéter ce qu’il me souffle mais quand ? ? ?
Pas la moindre idée,mais alors vraiment pas ! ! !

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@ Marie-Jeanne, avec l’esprit de l’escalier

Je crois que la puissance du Christ aurait pu s’incarner dans le fils d’une pécheresse quelconque...

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Chère Marie-Jeanne,

je vous ai choquée, ou agacée, un peu blessée, vous avez raison de me reprocher mon penchant pour la polémique, mais croyez bien que ce n’est pas contre les personnes que je m’enflamme, mais contre des idées.

À mes yeux, la place démesurée qu’a prise la piété mariale dans la tradition catholique est inséparable de la façon dont la même tradition catholique a enfermé les femmes dans leur rôle maternel et domestique. C’est pour moi une évidence indiscutable, alors prier Marie, non, je ne veux pas. Ou alors, uniquement dans la mesure où toute prière est inscrite dans la Communion des Saints. Je prie avec Marie comme je prie avec ceux de mes amis défunts que je crois dans l’intimité de Dieu. Sans plus.

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@ Michelle, Marie-Jeanne
Moi non plus, je ne suis pas théologienne. Mais ce que je vois, gros comme la basilique de Lourdes, c’est que le culte de Marie, et tout ce que vous dites sur le thème "il faut bien que... sans cela il n’y aurait pas..." contribue à contruire une mythologie de la maternité comme source de tout ce qu’il ya de bon dans l’humanité. Et par conséquent, contribue à vouer les femmes à être d’abord et avant tout des mères, et à ne pas s’intéresser à autre chose qu’à leur "vocation" maternelle.

Je rappelle qu’il faut deux gamètes pour faire une cellule initiale, que pour protéger, nourir et élever un enfant, mieux vaut une famille (quelle que soit sa composition !) qu’une personne seule, et que Jésus est le rejeton de toute l’histoire du Peuple élu, et pas seulement le fils de sa mère. Marie était sans doute une bonne mère et une bonne juive. De là à en faire la reine du ciel...

Toutes les vertus que la tradition attribue à Marie sont plus le fruit de l’imagination que d’une lecture des Évangiles.

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Anne -Marie,pourriez-vous dire si vous croyez à la moindre intervention de l’Esprit-Saint dans les dogmes définis par l’Église depuis la rédaction des Évangiles ?

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Le fond du problème c’est l’évolution des connaissances concernant la procréation. Quand ont été élaborées les principales constituantes du mythe marial (conception virginale, immaculée conception...), vers le haut moyen age et magnifiées par StBernard, on ignorait tout de la conception: la mère n’était que "porteuse" sans intervention de ses propres gamètes si je peux m’exprimer ainsi. Jésus pouvait donc être vraiment le fils de Dieu par "l’opération du StEsprit" et pas trop Fils de l’Homme, malgré ses affirmations répétées qu’on oublie trop souvent.
Tout a changé maintenant, il faudra bien qu’un jour nos grands théologiens se mettent à trouver quelque chose de plus cohérent...

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Chère Anne Marie,
excusez-moi, mais je n’ai jamais utilisé le terme de "Reine du ciel". Je voulais juste essayer de dire que, pour moi, Marie était sainte, avant de dire oui, avant d’accepter d’être la mère du Sauveur. Dieu ne semble pas s’être adressé à une païenne, à une pécheresse quelconque, ni même une "bonne juive" anonyme pour reprendre vos termes à vous. Il me semble qu’il s’est adressé à une jeune fille qui espérait en Lui et qui vivait de son Amour en plénitude.
Marie a magnifié (si je peux dire)sa sainteté par son "OUI", certes. Mais ne sommes-nous pas tous, les hommes comme les femmes, appelés à "enfanter" le Fils ou la Fille de Dieu qui est en chacun de nous en disant "OUI" à notre tour et à notre manière ?
Je vous l’ai déjà fait remarqué: je vous trouve un peu trop dans la polémique à tout prix et vous ne prenez pas le temps de chercher à comprendre ce que les gens veulent dire avec leurs propres mots. Je trouve cela un peu dommage. Je me permets de vous faire remarquer que rien ne prouve que vous avez systématiquement raison. Rien ne prouve que vous détenez LA Vérité. Votre vérité est peut-être valable. Mais celles des autres ont le droit d’exister aussi car elles détiennent sans doute au moins une part de vérité aussi. Alors essayez-donc de vous enflammer un peu moins vite, s’il vous plaît.
Très fraternellement

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@Anne Marie: il n’y a pas de quoi hurler ! Il me semble que Marie est dite sainte de par les conditions d’acceptation de sa maternité; et du sort qui en suivrait. Quelle aurait été notre réaction si, à 15 ou 16 ans, on nous avait annoncé: "tu vas être enceinte d’une manière assez mystérieuse, et celui que tu vas porter vient pour sauver l’humanité. C’est pourquoi tu le verras mourir dans des souffrances atroces".
Est ce que nous n’aurions pas dit "non, non, s’il vous plait, pas moi ?".....Je crois que Marie a tout accepté parce qu’elle voulait que l’humanité soit sauvée, c’est pourquoi elle est sainte.
Par ailleurs, même si le cordon est coupé, vous êtes plus liée à votre mère que vous ne le croyez.
La mienne est morte depuis bien longtemps, mais tout ce qu’elle m’a donné vit encore en moi
Ne faisons pas de misogynie spirituelle...la méditerranéenne que je suis prie avec joie Marie à chaque fin de messe....

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Oui, combien la réflexion d’Anne-Mare H sonne juste.
L’enfant qui ne coupe pas le cordon grandit d’autant plus difficilement qu’il a fondé une famille. Une mère trop attachée à un enfants force ce dernier à prendre ses distances; et exactement de même avec un père. Le genre ne fait rien à l’affaire.
Ces situations, difficiles pour les personnes directement concernées le sont aussi pour les autres proches qui sont rarement longtemps dupes des enjeux et de leurs causes.
Rompre sans casse, tous n’y parviennent pas, sur le moment. Mais le temps aide souvent à renouer si le désir est là, de part et d’autre.
Il en est de même pour le lien d’Église. Pour moi, actuellement, l’institution est -malgré François- un parent prodigue qui prétend dicter la loi. J’entends avec joie ceux qui disent" patience !" Et je suis surpris par ceux qui me laissent entendre que je suis enfant prodigue, qu’il faut croire comme il faut.

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Il me semble (mais c’est vrai que je ne suis pas théologienne !)que Marie n’est pas seulement sainte parce qu’elle a accepté d’être la mère du sauveur, même si ce "oui" est un acte de foi indéniable. Je suis persuadée que si Dieu la choisit entre toutes, c’est parce qu’elle était habitée par une espérance immense en la venue du Messie... Pour accepter une telle "mission", il est indéniable qu’elle était déjà pleinement habitée par la force de l’Esprit avant même la "Visitation".
Est-ce que Jésus aurait pu être reconnu comme "Fils de Dieu" par l’humanité, comme Messie sans l’amour, la présence de Marie ?... C’est encore une autre histoire...

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J’ai rencontré beaucoup de gens dans ma vie, certains m’ont donné des choses précieuses, et tout ce qu’ils et elles m’ont donné continue de vivre en moi. Il y a parmi ceux là des personnes avec qui je suis liée par un héritage génétique- mon père et ma mère, mes grands-parents, mes frères, mes oncles et tantes- et d’autres avec qui le lien est ou fut intellectuel ou spirituel- des professeurs, des prêtres, des religieuses, des amis, etc. Et tous ces dons reçus continuent de vivre en moi.
C’est la richesse d’être humain: nous ne sommes pas seuls, comme il est dit dans la Genèse: il n’est pas bon que l’homme soit seul. J’entends ce verset comme fondant l’humanité dans la relation à autrui, ce qui dépasse infiniment la figure du couple à quoi le magistère veut réduire le sens de ce mythe fondateur.

Mais je me méfie terriblement de l’idée selon laquelle, entre une mère et son/ses enfants, le lien soit d’une mature exceptionnellement autre que tout ce qui nous lie à autrui au cours de notre existence. Certes, nous avons tous vécu neuf mois dans le ventre d’une femme. Et nous ne pouvons pas éviter de phantasmer là-dessus. Mais, par pitié, n’en faisons pas une théologie !

Comme vous le dites trop bien, en sanctifiant Marie, l’Église sanctifie d’abord la maternité, et en faisant cela, elle créé une essence du féminin qui est le socle du sexisme.

Si Marie est sainte, c’est parce qu’elle a été la disciple de son fils. Pas parce qu’elle est sa mère. Je serais même portée à penser que, pour devenir sa disciple, il a fallu qu’elle renonce au privilège de la maternité.

En outre, si elle est sainte, beaucoup d’autres le sont aussi, à qui on n’a pas élevé de cathédrales, et que l’on ne s’est pas amusé à faire apparaître ici et là pour le plus grand bénéfice des hôteliers et des marchands de souvenirs. Marie est une sainte, dans un ciel infiniment vaste. Pour moi, rien de plus.

Christine PEDOTTI

La psychologie de Marie, c’est comme la psychologie de Jésus; terrain miné !

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Sans Marie, Jésus n’aurait pas existé. Sans les femmes , rien n’est possible, et les deux moitié de l’humanité ne peuvent exister ni l’une sans l’autre; ni sans Dieu.
Cela ne fait pas de Marie une "déesse Mère", mais une Mère de Dieu. Quant aux prières, désolée, mais elles n’ont pas de circuit obligatoire ! ! ! Marie a été la source de nombreux miracles; elle protège et accompagne ceux et celles qui la prient, j’en demeure certaine. Nous la prions d’intercéder pour nous, nous la prions de nous tenir la main, surtout quand nous sommes désemparés. Souvent, elle prend notre main, et la met dans celle de Jésus. C’est l’image que je garde.

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à Gershom, oui,je suis bien d’accord avec vous et c’est pour cela que s’interroger pour savoir si Jésus était un homme heureux me gêne quelque peu car enfin quasiment tout ce qui à été écrit sur lui provient de ses disciples qui ont écrit bien après coup et surtout après la Résurrection laquelle a modifié bien évidemment leur regard. Pour ma part dans la mesure à où contrairement à nous il n’a été jamais que "oui" à la volonté de son Père je ne peux m’imaginer de le voir autrement qu’heureux,pas insensible pour autant pas au dessus de la souffrance humaine, pas au dessus de l’angoisse,pas un surhomme,mais heureux malgré tout.

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Vous avez raison, Michelle, il n’y a pas de circuit obligatoire pour la prière.

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Et la suite...

Bien sûr que Dieu est Père, puisque Jésus nous le dit. N’oublions pas toutefois que Jésus était un juif de son temps, et qu’il lui était sans doute difficile, en ce lieu et en ce temps, d’exprimer son lien avec Dieu avec une autre image. Mais oui, Dieu est Père. Sauf qu’il n’est pas que cela. Et si vous en déduisez que les humains masculins sont un peu plus créés à l’image de Dieu que les humaines, alors là... vous avez bien de la chance que je ne sois pas le Grand Inquisiteur !

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Je cite:
"Marie, du fait de sa maternité, est sans doute la première des saintes".
Voici très exactement ce qui me fait hurler. Qu’est-ce que la maternité a à faire avec la sainteté ? En quoi le fait d’avoir porté l’embryon, puis le foetus qui deviendrait Jésus de Nazareth, devrait-il faire de Marie une sainte ? Si une femme a le malheur d’enfanter quelqu’un qui deviendra un tueur en série, est-ce que le crime remontera jusqu’à elle, est-ce qu’on imaginera que sa personne a dû, à travers le placenta et la matrice, être imprégnée du crime futur de son enfant ? Alors, pourquoi la sainteté de Jésus devrait-elle remonter jusqu’à sa mère ? Non, les femmes n’ont pas avec le fruit de leur ventre une communication mystérieuse qui va jusqu’à diffuser la sainteté dans les deux sens. La mère et l’enfant qu’elle porte sont deux êtres distincts. Mes enfants ne sont pas moi; je ne suis pas liée à ma mère pour toujours come si le cordon n’avait jamais été rompu.

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@ Anne-Marie H.
On trouve, dans l’Évangile selon St Luc, cette réponse extraordinaire du Christ à la femme qui s’extasie : "Heureuse celle qui t’a portée et allaité !" - "Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui l’observent  !" (Lc 11, 27-28).
Autrement dit, Jésus vous donne raison !… :-))

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à Dominique,

Il faut je crois se méfier d’une approche psychologique de Jésus et lui prêter tel ou tel sentiment. Si nous savons que l’homme Jésus a existé dans un contexte historique social et culturel donné, nous ne disposons pour le connaitre que des textes évangéliques .

Ces textes ont été écrits longtemps après la vie et la mort de Jésus . Sans doute avant la destruction du temple(en 70) pour celui de Marc juste après pour Matthieu et Luc et peut être vers 90 pour celui de Jean.(soit en entre 30 et 60 ans après la mort et la résurrection de Jésus) . De plus il s’agit de témoignages engagés (témoigner de ce qui est perçu comme une réalité à savoir la résurrection) et sans doute plus destinés à annoncer et à témoigner de la foi à des communautés différente, qu’à rapporter des faits.Ou plus précisément à rapporter des faits en ce qu’ils sont des éléments pour témoigner de la foi

Paradoxalement c’est parce que ce sont des confessions de foi et non des documents historiques qu’ils peuvent être pris au sérieux.

Aussi en déduire quelque chose sur la psychologie de Jésus me parait plus que téméraire, sauf à "inventer" un Jésus à notre propre dimension.Ce que je ma garde de faire et qui peut sembler à certain un manque de foi.

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@Christine ,de quelle minorité me demandez-vous ? Je répondrais de ceux qui s’expriment sur ce blog et qui croient au "fiat" prononcé par Marie,qui croient à sa médiation même s’il n’y a qu’un seul Médiateur,qui croient que Jésus était heureux parce qu’il savait qu’il faisait la volonté de son Père ce qui ne l’a cependant pas empêché de connaître l’angoisse avant son arrestation.

Christine PEDOTTI

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Cri. Ça commence à bien faire ces manières de dire je crois comme ci, et ce serait tellement bien que tout le monde croit comme moi, ou bien, moi je vois les choses ainsi, donc pas tout à fait comme ça, ou bien je crois pas, c’est pas dans ma nature et l’espérance me convient.
Proposition de méditation sur un court extrait de l’hommage posthume du maitre/cheikh soufi Redouane Rahal à son ami Mgr Pierre Claverie.
"Malgré sa mort physique, il reste vivant parce que son message de fraternité est toujours d’actualité. C’est aux hommes de le faire fructifier et de le diffuser pour la paix des âmes et des esprits. En son temps, il fut un homme courageux dans ses convictions et il restera à jamais un exemple de tolérance, d’amour, et une grande référence".
Complété par un autre court extrait du texte "Humanité plurielle" de Pierre Claverie.
"On parle de tolérance, je trouve que c’est un minimum et je n’aime pas ce mot, parce que, la tolérance ça suppose qu’il y ait un vainqueur et un vaincu, un dominant et un dominé, et que celui qui détient le pouvoir tolère que les autres existent. Mais j’ai trop l’expérience de ce qu’il signifie dans son acception condescendante pour l’accepter vraiment. Bien sûr, il vaut mieux que le rejet ou l’exclusion, la violence, mais je préfère parler de respect de l’autre".

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Ah oui ? et où ai-je dit que ce serait bien si tout le monde pensait comme moi ?
Je me contente de donner mon point de vue sur ce blog dans lequel je suis ultra-minoritaire.Est-ce donc encore trop ?
Quant à l’hommage de ce cheikh il est incontestablement très beau,mais absolument pas chrétien.Simple constat.

Christine PEDOTTI

Et de quelle minorité êtes-vous Dominique Bargiarelli ?

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Je ne doute pas que Marie ait été l’une des premières disciples de son fils, sans doute la première et la plus fidèle jusqu’à la croix. Je ne doute pas que méditer sur le chemin qu’elle a suivi puisse être pour nous un chemin de foi authentique. Mais j’ai le plus souvent l’impression, quand j’entends parler des personnes attachées au culte marial, qu’elle adressent à Marie ce qui devrait être adressé à Dieu. Le point commun avec la représentation du Père éternel en vieillard barbu, c’est que chacun se fait une image de Dieu selon ce qu’il/ elle peut concevoir. Dans ce que j’entends ou vois du culte marial, Marie est une figure féminine de Dieu. Si des siècles de masculinisme clérical n’avait pas doté la divinité d’attributs exclusivement masculins, on n’aurait pas besoin d’une déesse-mère en plus, ou pour compenser...

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Non ,Anne-Marie , Marie n’est pas déesse-mère même si son culte en ses excès a frôlé cela c’est certain,mais pour prendre un exemple très terre -à- terre ce n’est pas parce que certains abusent du vin que le vin est mauvais en soi.
Marie ,du fait de sa maternité est sans doute la première des saintes ,mais après tout si certains trouvent moins de difficultés à s’adresser à elle plutôt qu’à son fils que font-ils de mal ?
Pour ma part je pense que toute prière sincère est respectable et que le Seigneur l’entend.
Quant aux siècles de masculinité cléricale comme vous dîtes, force est de constater que Jésus a toujours parlé de son Père et quasiment jamais de sa mère.

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Je suis bien chagrine de voir qu’Armel H se fait ainsi chapitrer par plusieurs personnes, parce qu’il pose une question qui, certainement est pour lui cruciale, et à juste titre. " Si le Christ n’est pas ressuscité, alors nous sommes les plus malheureux des hommes"(des êtres humains), ai je lu. je n’ai vu nulle question jugeante ou intrusive dans ce qu’il dit à Christine; seulement une sorte....d’angoisse, que je peux partager si on commence à insinuer que "tout est symbolique". Pourtant, l’extrait du beau texte de Christine redit avec force la signification de la Résurrection: la mort n’est jamais la plus forte; on se relève toujours de tout. Mais qui n’a pas eu peur de ne pas se relever, qui ne s’est pas dit un jour ou l’autre: "et si ce n’était que des hallucinations ou une légende ?" Un tel mystère est difficile et extraordinaire de force à la fois. Il nous tient debout. De grâce , n’afadissons pas, ne réduisons pas la foi en insinuant qu’après tout, même si cela n’était pas , ce n’est pas grave....car que reste-t-il ? Ce n’est pas la réalité de ce que pose Christine, mais cela peut être perçu comme tel. C’est la le problème qu’à mon sens , pose Armel. Vous ai je bien compris ?

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@Michelle

Je vous remercie de votre message, et je pense que vous m’avez compris, oui.

J’ajouterai que l’angoisse dont vous parlez concerne également le message que l’on transmet à notre prochain : si l’on essayait de rendre notre foi plus compréhensible, plus accessible, moins austère, mais que dans le même temps on laissait entendre que la réalité de la résurrection serait accessoire... alors cela n’aurait pas de sens.

Merci encore.

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Parfaitement d’accord avec vous,Michelle.Oui, il est très difficile de croire à la Résurrection mais pas plus aujourd’hui qu’hier er PAUL est bien placé pour nous le rappeler.
Des raispns de ne pas croire mais il y en a une foultitude.Alors puisqu’en principe nous sommes tous ,en principe du moins Chrétiens sur ce site,sommes-nous -là pour étudier avant tout les raisons de ne pas croire ? ? ?
Ne serait-ce pas bien étrange tout de même ?

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Je vais peut-être commettre une imprudence en "raccrochant le grelot" à propos de Marie, mais... bon, moi non plus, je ne fais pas de Marie le centre de "ma religion".

Que de nombreux saints aient eu une grande confiance en elle, c’est un fait, mais je ne me sens nullement obligée d’en faire autant. Je ne dirais pas qu’ils se sont trompés, non. Pas plus que les artistes qui peignent Dieu en vieillard barbu ne se trompent. Ils savent bien que cette image est dérisoire. Ils peignent parce qu’ils sont peintre, voilà tout. De même, beaucoup prient Marie parce qu’ils ont besoin d’un visage maternel de Dieu. Dieu a l’oreille assez fine pour entendre les prières que nous adressons aux saints,y compris ceux qui n’ont jamais existé. Ce n’est pas une raison pour en inventer d’autres, bien sûr...

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Je ne vois certes pas le rapport entre la représentation du Père Eternel en vieillard barbu et la vénération pour Marie.
Je ne suis en rien mariolâtre, absolument pas,mais par exemple je crois aux apparitions de Lourdes notamment et ce même si je n’y cours pas chaque matin alors que c’est à 40 kms de chez moi et surtout même si je sais bien que les Évangiles ne sont pas un reportage au jour le jour de la vie de Jésus et que le témoignage des évangélistes a été mis par écrit bien après les évènements je ne me permettrai jamais de remettre en cause la moindre phrase des Évangiles.Que voulez-vous,je n’imagine pas une seconde Matthieu et Luc nous raconter des histoire dans le seul but de nous faire croire à l’essentiel,et encore moins Luc prenant la peine de préciser dans son prologue qu’il a pris soin de tout vérifier.
Ce n’est pas par je ne sais quel fondamentalisme,mais parce que pour ma part je crois absolument à l’intervention du Saint Esprit auprès des évangélistes.Certes il ne leur a pas dicté ce qu’il fallait écrire mais comme le dit Jean leur témoignage est véridique.

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Je viens de terminer la lecture de votre livre, que j’ai bien aimé et avec lequel je suis d’accord en grande partie. Je regrette cependant que vous ne donniez aucune crédibilité historique aux récits de l’enfance de Jésus. J’ai de la difficulté à croire que les auteurs des Évangiles n’aient eux aucune connaissance de l’origine de Jésus. Un autre point: Vous ne semblez pas aimer la Vierge Marie. Marie fait partie intégrante de la foi catholique: la lecture des Pères de l’Église témoigne de l’importance de Marie dans notre foi chrétienne. Je suis cependant d’accord avec le fait que certains catholiques pratiquent une mariôlatrie insupportable. Pour le reste je vous félicite pour votre beau travail.

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Oui, Marie fait partie intégrante de la foi catholique,mais pas seulement, de la foi orthodoxe aussi qui la vénère autant que nous même s’ils n’acceptent pas le dogme de l’Immaculée Conception.
Et puis réduire quasiment à l’accessoire le rôle de Marie c’est dire que les nombreux saints qui avaient une immense confiance en elle se sont tout simplement trompés .Quant à ses apparitions...n’insistons pas.

Christine PEDOTTI

@Robert Lapointre,
La question dans le travail que j’ai fait n’est pas de savoir si j’aime ou pas Marie. Je m’explique dans la livre des règles que j’ai suivies; une lecture exigeante et discutée des sources les plus sûres (et les Évangiles en sont une) qui nous informent sur l’existence historique de Jésus. Si nous lisons les Évangiles, ce que j’ai fait, nous ne trouvons presque rien sur Marie. C’est la tradition catholique (et aussi orthodoxe d’une autre manière) qui lui donnent une importance théologique et mystique. Mais faites l’expérience sans a priori, sa présence dans les Évangiles comme dans les Actes des Apôtres, et plus encore dans les écrits de Paul est furtive voire inexistante.
Je confirme aussi ce que vous dites, au risque de choquer, après avoir lu beaucoup d’études reconnues parmi les plus sérieuses, y compris émanant de chercheurs catholiques, il semble que les récits d’enfance chez Luc comme chez Matthieu n’appartiennent pas au genre littéraire "historique" La vérité qu’ils rapportent n’est pas factuelle. Je me range largement à leurs conclusions.
Je vous remercie de votre commentaire globalement flatteur, il me réjouit.
Si je devais parler de Marie, je devrais le faire non point à partir des sources scripturaires qui sont beaucoup trop ténues mais à partir de la méditation ultérieure des Pères, de l’Église, des théologiens, des mystiques… un très vaste programme. Un éditeur me le suggère, mais de n’est pas à mon programme avant longtemps. J’ai d’autres projets en cours.

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@Christine P.;

Permettez-moi de tenter de répondre à votre question à propos de l’Espérance de Jésus.
Sachant le supplice qui l’attend à Jérusalem Jésus a pourtant hâté d’y aller pour donner à ses bourreaux et à ses amis un dernier témoignage de son Amour. Il espère en y allant que le dessein du Père qu’il porte en lui comme Agneau ne sera pas contredit et mis en échec par une liberté crée qu’il est venu racheter .Cette liberté est celle de Judas, celle des tous fils de perdition pouvant rendre vaine pour eux la Rédemption . C’est d’ailleurs à mon avis sur cette espérance que s’est porté son agonie à Gethsémani.

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Bonjour Christine,

Je voulais te dire encore ma joie d’être témoin de ce chemin que tu as eu l’occasion de faire avec Jésus. Je ne suis pas midinette et je fonds rarement devant un film à l’eau de rose, me semble-t-il, mais ton histoire d’amour avec le Christ est magnifique, et elle me retourne.

Ta question sur l’espérance de Jésus dans sa montée à Jérusalem est très intéressante, je dois dire. Et elle laisse songer à quelque chose qui n’est pas une raison, sauf à entrer dans un cheminement méthodologiquement apophatique, que Jésus s’est sans doute distinguer pour une grande part de ses contemporains, par une chose capitale : il n’espérait pas le retour du Messie ! Du moins il ne le semble évidemment pas dans les évangiles - comment cela serait-il compatible avec la thèse des mêmes évangiles selon laquelle Jésus est le Messie. Mais même, au-delà des procédés littéraires, comment auraient-ils pu voir en lui ensuite le Messie s’ils l’avaient côtoyé vivant de cette espérance messianique ? Cela ne dit rien et cela dit en même temps bien des choses sur son espérance, je crois, et notamment sur ce qui tient de sa montée. L’espérance du Jésus des évangiles est toute entière tournée vers l’avènement du royaume, ici et maintenant, court-circuitant dans cette espérance ce qui devrait être la marque de cet avènement : la venue de Machiah.

Mais peut-on parler de l’Espérance de Jésus, en réalité ? Dans le même ordre d’idée, peut-on parler de sa Foi ? Sans doute cela nous oblige-t-il a faire du ménage dans la définition que nous nous faisons de la Foi. Par ailleurs, il est indubitable que l’on puisse parler de sa charité, son amour, ou plutôt l’Amour qu’il incarnait tout entier. Et c’est bien là celle des vertus qui surpasse toutes les autres, si bien qu’en Jésus elle ferait presque de l’ombre à ces deux autres que sont l’Espérance et la Foi. Bref... ou est-ce que je m’embarque, là ?

Bref, je t’ai déjà dit merci pour ton livre, et j’ai juste envie d’ajouter, sans aucune condescendance (au contraire) mais plutôt comme on le dit à une jeune mariée, même quand on ne l’est pas soi-même... te dire donc : toutes mes félicitations !

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pourquoi et en quoi croyons -nous ?

nous faisons confiance à quelques femmes et après quelques hommes qui ont vécu un évènement qui a changé leur vie
à leur rencontre avec jésus de Nazareth , à ce qu’il leur avait dit de Dieu , à ce qu’ils avaient perçu de Dieu à travers lui.

" notre foi est vaine si le Christ n’est pas ressuscité"
mais après comment ? ?
combien de nuit de la Foi des plus grands saints
"je veux croire"
car il n’y a ni reportage, ni images ....
mais parfois aussi des instants de lumière où la foi se fait certitude...

on ne prouvera jamais rien mais on pourra suivre les pas du Ressuscité sur les chemins du monde en étant les témoins de l’Amour de Dieu pour la femme et l’homme , en étant comme Job sûr que Dieu est pour lui, avec lui.

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@ Christine, oui effectivement vos déclarations étant tellement contournées ,à mes yeux du moins, qu’il m’arrive de m’interroger sérieusement sur votre foi.Pourtant comme vous le savez je suis en contact par internet avec des gens que vous connaissez dont je ne partage pas toutes les opinions mais qui ne me donnent aucun motif de m’interroger sur leur foi.
Quant au cri de Jésus"mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné" n’est-ce pas le début d’un psaume s’appliquant absolument à sa situation d’alors; pour moi je ne crois pas une seconde qu’il a pensé qu’il avait raté sa mission,pas une seconde.;
par ailleurs pourquoi tenir pour vrai ce passage de l’Évangile et tenir pour plus ou moins douteux celui ou plutôt ceux où il a annoncé sa passion, sa mort et sa résurrection ?

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Qui a évoqué le "haute culture" ? Rh bien, c’est "dominique bargiarelli 3 janvier 2014 at 15 h 32 min - "Entre Gershom à la culture certaine et Benoît XVI eh bien j’ai fait mon choix d’autant plus que certains sur ce blog ne connaissent pas la différence existant entre l’Immaculée Conception et la Virginité de Marie."
Si votre rire est pure joie, communicatif, je ris volontiers avec vous. Quant aux questions, je persiste à dire que votre insistance déplacée m’a forcé la main.

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Puisque Christine Pedotti récite sans réticence le Credo chaque dimanche je m’en réjouis,mais je me demande alors pourquoi a-t-elle été si réticente à répondre à la question sur sa croyance en la Résurrection.En ce qui me concerne la réponse qu’elle vient de faire m’aurait largement suffit

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