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« Bon Livre » 2017 n°9, septembre 2017. Alexis Jenni et Nathalie Sarthou-Lajus, Une vie simple

Monique HÉBRARD
Une vie simple

Prix littéraire de la Conférence : « Bon Livre » n°9, septembre 2017

Cette « Note de lecture » vous invite à vous procurer l’ouvrage, à le lire, afin de pouvoir voter pour le livre de votre choix, parmi les douze « bons livres » proposés par la Conférence.

Alexis Jenni et Nathalie Sarthou-Lajus, Une vie simple
Éd. Albin Michel – mars 2017 – 210 pages– 15€

Ils avaient entendu parler de Bose et ils y sont allés. Ils livrent une information sur cette communauté fondée par Enzo Bianchi à Biella près de Turin, mais aussi leur réflexion sur une actualisation de l’Évangile incarnée dans l’humanité de notre époque. Où s’harmonisent des contraires : pauvreté et beauté, mixité et chasteté, accueil ouvert et silence, habitation dans le monde et place de la lectio divina. Ils sont aujourd’hui 80 et leur façon d’être moine dérange ou enthousiasme.

L’œcuménisme et la mixité de cette communauté monastique ont rendue évidente cette écriture à deux, homme et femme, romancier et philosophe journaliste. Dans une première rencontre à Paris, ils avaient été frappés par la personnalité d’Enzo : il prend soin de lui et il prend soin des autres. Il s’adresse à chacun avec la distance exacte qui ne cherche pas à séduire ou à capter, mais à rencontrer celui avec lequel il parle. Cette justesse dans la relation et cette présence sans débordement ni captation est rare pour quelqu’un dans sa position. Enzo va fonder une communauté nouvelle, à la fois héritière de la tradition monastique, ouverte aux fruits du concile et qui ne broie pas son sens aigu de la liberté.

En 1968 arrive avec lui un pasteur protestant, puis une sœur de Grandchamp puis deux autres et en 1972 il ébauche une règle. C’est plutôt un style de vie qui doit répondre aux besoins spirituels de notre temps, entre les tendances de sortie de religion et le repli identitaire frileux et crispé sur les dogmes. « Il fait voir ce que les autres ne voient plus dans l’héritage évangélique, ce qu’il comporte d’inattendu, d’inouï et de subversif. » Au centre, l’Écriture, la Parole, la lectio divina. Une règle pour se conformer à la vie de Jésus, dans la radicalité de la pauvreté et de l’obéissance, mais avec l’écoute, la liberté, la confiance. Un chapitre sur le jardin, les légumes, la nourriture délicieuse et abondante car pour Enzo, « si on ne se sent pas bien dans son corps, on ne peut pas être bien dans le corps de la communauté ». Une bibliothèque de 84 000 volumes, une maison d’édition qui publie 25 titres par an et divers ateliers : poterie, boulangerie, icônes…

Un livre lumineux, porté par une belle écriture.
 

Monique Hébrard

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