Le piège de la puissance

21 avril 2010
Par Xavier

Depuis un mois, l’hebdomadaire Témoignage Chrétien mène l’enquête et alimente le débat : auprès d’intellectuels, de religieux ou de responsables associatifs, croyants ou non, la revue cherche à savoir si et comment, de leur point de vue, l’Église est encore influente dans notre société.  Dans ces différents points de vue qu’il vaut la peine de lire, j’ai remarqué plus particulièrement la dixième intervention, celle d’Agnès Rochefort-Turquin, sociologue et journaliste.

A partir de son regard sur la situation que traverse l’Église, Agnès Rochefort-Turquin nous fait entendre avec finesse et bienveillance l’appel à reconsidérer radicalement notre manière d’être chrétien dans ce monde. Bien consciente que « c’est l’affaire de toute une vie, que de se laisser convertir par la Bonne Nouvelle du Christ », elle nous invite néanmoins à l’espérance en ouvrant notre regard pour voir avec précision, « non pas ce qui n’est plus, mais ce qui est dé­jà là et engendre demain »…

Une belle réflexion qui, à mon avis, rejoint bien la dynamique que cherche à mettre en œuvre la CCBF…


L’Église est-elle encore influente ? (10e intervention) par Agnès Rochefort-Turquin

Le piège de la puissance

Dieu, que cette question est difficile ! Il me semble que tous les mots en sont piégés, voire usés. Et pourtant elle a sa légitimité. L’Église catholique vient d’une histoire où elle eut une telle in­fluence en France qu’elle en a organisé l’espace et le temps, formé les consciences et tenté de légitimer les pouvoirs et les sa­voirs. Ce passé grandiose, qui a façonné la civilisation européenne, nous obstrue aujourd’hui l’avenir. La question telle qu’elle est posée en témoigne. S’agit-il d’inventorier les restes de ce qui fut ? Alors qu’il faudrait être capable de faire le deuil de ce qui ne sera jamais plus. Et s’en réjouir.

Je sais la souffrance du constat, et je ne veux pas la minimiser. Je sais les erran­ces et les erreurs que nous n’avons pas fini d’inventorier et d’accuser d’être cause du déclin. Mais ne sont-elles pas d’abord les conséquences d’une institution aux prétentions hégémoniques qui porte inévitablement en elle de graves dérives ? Les derniers soubresauts de l’actualité, qu’ils prennent la forme des scandales de la pédophilie ou d’abyssales incompréhensions entre une parole vaticane et une opinion mondiale, sont comme autant de signes que ce « système » est devenu « contre productif » dans l’annonce de la bonne nouvelle du Christ.

Ces gigantesques et effrayants contresens que l’Église catholique génère par elle-même et contre elle-même, nous invitent à reconsidérer radicalement notre manière d’être chrétiens dans ce monde.
Paul considérait qu’une ville était évangélisée lorsqu’une petite poignée de chrétiens s’y rassemblaient. Vivre en frères, témoigner de la bonne nouvelle, ce n’est pas d’abord chercher à faire nombre, à remplir les églises, à augmenter le nom­bre de prêtres, et encore moins à tenir une position dominante dans la société et le monde. Dans l’Église, chercher à « faire nombre » absorbe trop souvent les énergies et les orientent vers des stratégies d’efficacité chiffrable qui peuvent s’avérer des impasses.

Pourtant, l’annonce de la bonne nouvelle reste une mission pour tout chrétien. Mais, il nous faut trouver une nouvelle manière d’être chrétiens et en Église dans un monde définitivement mondial et pluriel où la mission ne peut pas être de « faire chrétiens » tous nos frères en humanité. Aux évêques du Maghreb, lors de leur visite ad limina en 1986, Jean-Paul II avait dit : « Au fond, vous vivez ce que le Concile a dit de l’Église : elle est un sacrement, c’est à dire un signe, et on ne demande pas à un signe de faire nombre.»

C’est l’affaire de toute une vie que de se laisser convertir par la bonne nouvelle du Christ. Et nul ne peut accomplir ce chemin sans la bienveillance et le soutien de frères dans la foi. Toute la pastorale de l’Église pourrait être revisitée dans cette perspective de s’aider chacun mutuellement à donner forme et sens à son existence, dans le plus grand respect de l’éclosion d’une liberté de fils de Dieu nourri par la Parole. Et gageons que cela ferait signe de proche en proche pour le monde d’aujourd’hui. Ne plus chercher à faire nombre mais à faire signe et sens par ce qu’ils vivent et partagent, c’est sans doute en opérant cette conversion-là que les chrétiens et leur Église retrouveront d’être levain dans la pâte.

Une fois notre regard débarrassé des pièges que sont la mesure de la puissance et la quête de la reconnaissance, il est possible de voir combien les chrétiens ont d’ores et déjà une présence active dans la société française dans des lieux hautement significatifs où se jouent l’enjeu majeur de la dignité de tout être humain : dans les prisons, les hôpitaux ou tout autre lieu d’exclusion, de souffrance et dans l’accompagnement des grandes étapes et épreuves de la vie : la naissance, l’amour, la mort.

Bruno Chenu, grand intellectuel théologien, écrit cette phrase magnifique à propos de ceux qui ont su se rendre proches de lui alors qu’il souffrait d’un cancer : « le mouvement vers l’autre construit l’humanité de tous » (1).

Il y a des présences d’Évangile qui sont bonne nouvelle pour tous et chacun. Sans doute devons-nous abandonner la posture de la puissance et laisser se convertir notre regard pour voir, non pas ce qui n’est plus, mais ce qui est dé­jà là et engendre demain.

1. Dieu et l’homme souffrant, Brunon Chenu, Bayard (p. 49)

14 Reponses à “ Le piège de la puissance ”

  1. Pierre Jaouën sur 21 avril 2010 à 6 h 42 min

    Excellent article.

  2. Marie sur 21 avril 2010 à 7 h 10 min

    Je souscris pleinement à ce point de vue.
    Si le christianisme a pu avoir un rôle social important qui lui permettait de s’exprimer par interdits, l’augmentation du niveau d’études, le développement rapide des sciences, les nouvelles technologies de communication, la montée de l’individualisme font que l’institution est maintenant remise en cause.
    Il nous faudrait une Eglise, moins cléricale et moins moralisante, moins obsédée ( cf « petit troupeau » Luc 12,32 ) par faire nombre mais capable de former des chrétiens libres et responsables, ouverts au dialogue et à la coexistence avec les autres .Si l’Eglise est contestée, bien des personnes sont prêtes à entendre l’Evangile mais que le chrétien se débarrasse de tout prosélytisme, repli identitaire, spiritualisme émotionnel…. Le chrétien devrait témoigner par sa vie et son implication dans la société pour l’intérêt général, en justifiant sans dogmatisme ses valeurs.
    La campagne lancée actuellement pour « recruter » des prêtres était-elle opportune avant de revoir le statut du prêtre qui est figé depuis le Concile de Trente …. la société a bien changé depuis 400 ans !
    Je doute de l’efficacité …. initiative encore décalée !!!

  3. dembele.k sur 21 avril 2010 à 12 h 28 min

    Pour réagir à cet article je voudrais juste rajouter une phrase de Benoit XVI l’an dernier en route vers Prague dans ce pays où 60% de la population se déclare sans religion : «  Ce sont des minorités créatives qui déterminent l’histoire. Avant de rajouter « En ce sens, l’Église catholique doit être considérée comme une minorité créative, avec un héritage de valeurs qui ne sont pas dépassées !  »

    Comme c’est dit dans cet article on peut donc aussi considérer que Benoit XVI ne se fait plus d’illusion sur l’avenir quantitative des catholique en occident mais qu’il mise sur le petit reste.

    Par ailleurs je voudrais rajouter que dans une encyclique Jean Paul II rappelle que la mission de l’Église est la même que celle du Christ çàd révéler le Père par le Fils. C’est dans ce sens qu’il écrit dans la lette apostolique pour la Journée missionnaire mondiale de 2004 : « Les défis sociaux et religieux que l’humanité affronte à notre époque stimulent les croyants à renouveler leur ferveur missionnaire. Oui ! Il est nécessaire de relancer avec courage la mission  » ad gentes « , en partant de l’annonce du Christ, Rédempteur de chaque créature humaine. » Avant de rajouter : « Rassemblée autour de l’autel, l’Eglise comprend mieux son origine et son mandat missionnaire.  » Eucharistie et Mission « , comme le souligne bien le thème de la Journée Missionnaire Mondiale de cette année, forment un binôme inséparable.« 

  4. onfray claudine sur 22 avril 2010 à 7 h 22 min

    parfaitement en accord avec Marie
    surtout quand je vois le recul dans notre diocèse en raison du thème de cette année
    je suis plus nuancée sur la pensée de Benoît XVI:
    ce petit nombre est j’espère : pas celui auquel il pense….
    je dirai même que c’est ma foi:
    un petit nombre au sens de celui de Mgr Rouet, c’est à dire un petit nombre qui ne se réfugie pas dans un cocon au chaud qui ne dit plus rien à personne , qui juge , reprend des recettes inadaptées, mais des personnes qui dans le monde soient signe de l’Evangile dans ce qu’il a de bouleversant au sens fort, c’est à dire qu’il change notre regard pour l’ajuster à celui du Christ , donc à celui de Dieu.
    c’est à ce prix que nous serons porteur d’espérance dans le monde et digne d’intérêt.

  5. Xavier L. sur 22 avril 2010 à 9 h 07 min

    Le piège de la puissance, qu’il se referme sur nous depuis si longtemps sans que nous n’y entendions rien est tout de même étonnant !
    Tous les Évangiles sont des témoignages que Jésus refuse ce piège, ou plutôt ces pièges puisqu’il se décline sous plusieurs formes : les tentations de Jésus au désert et toutes celles que l’on peut repérer dans les Évangiles.
    Le refus de toute puissance n’est pas seulement une nouvelle méthode d’évangélisation, c’est la condition de notre fidélité au Christ, la voie étroite du salut.
    La question est alors : pouvons-nous lui être fidèles ?
    Ce n’est pas gagné.
    Si l’on regarde l’itinéraire spirituel des disciples on peut se dire comme devant le « jeune » homme riche :
    Entendant ces paroles, les disciples furent profondément déconcertés, et ils disaient : « Qui donc peut être sauvé ? »
    Jésus les regarda et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pour Dieu tout est possible. »
    L’œuvre du Christ se poursuit à travers notre histoire de croyants et lorsque nous chutons, lorsque se révèlent nos pensées secrètes, nous devrions nous réjouir de venir à la lumière, même si c’est dans les larmes.
    Nous devrions nous réjouir que ces pièges soient manifestés à tous et comment le seraient-ils si ce n’est en venant à la lumière.
    Aujourd’hui, grâce à Dieu, les pièges de la puissance deviennent odieux à beaucoup, même quand ils se travestissement en toute puissance d’amour, surtout dans ce cas.
    Après tout, révéler le monstrueux contre-sens, n’est-ce pas ce que fait Jésus quand il se laisse par amour clouer sur une croix par ceux qu’il est venu sauver ?
     » Père pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. »
    Comme Église du Christ, nous sommes à la fois solidaires du crucifié et de ses assassins, nous sommes des pécheurs et des disciples, comment nous étonner de ce qui nous arrive ?
    Donc, laissons-nous encore conduire par le Christ et par son Esprit Paraclet vers le Salut du monde. Il sait nos aveuglements et comment nous en libérer, il nous commande seulement de veiller et d’aimer, pour le reste il ne nous abandonnera pas.
    Prenons Simon le pêcheur pour guide : laissons-le nous laver les pieds.
    Entendons-le nous dire :  » Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le froment. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne sombre pas. Toi donc, quand tu sera revenu, affermis tes frères. « 

  6. Stephane sur 23 avril 2010 à 8 h 59 min

    ça me fait du bien de lire ça. Plus j’avance dans ma vie de croyant, plus je mesure en effet que la fragilité a à voir avec la condition de disciple du Christ… L’Ecriture, me semble-t-il, manifeste cette condition : il n’y a qu’à voir comment le peuple hébreux va au casse pipe dès lors qu’il veut être un peuple puissant (avec un roi et une grande armée comme les autres peuples); il n’y a qu’à voir comment David va combatte Goliath (en slip et non pas en armure); il n’y a qu’à voir la manière dont Jésus naît; il n’y a qu’à voir la manière dont Jésus meurt; il n’y a qu’à voir la manière dont Jésus réssuscite… Sans esbrouffe, avec discrétion, tout fragile…

  7. Chandernagore sur 23 avril 2010 à 10 h 35 min

    « Faire nombre » voilà la tentation.C’est aussi le noeud de nos peurs, peur de passer inaperçus demain…un petit reste.On a beau le dire, l’écrire, le proclamer…mais à certains moments, on ressemble à des supporters de foot…Ah ces JMJ ou ces foules massées sur la place St Pierre!Beaucoup de chrétiens ont cela en horreur mais moi, bêtement, ça me fait vibrer…Tentation de la puissance ou sentiment d’appartenance?
    « Le chrétien devrait témoigner par sa vie et son implication dans la société pour l’intérêt général, en justifiant sans dogmatisme ses valeurs » dit Marie.Et Xavier L: »Comme Église du Christ, nous sommes à la fois solidaires du crucifié et de ses assassins, nous sommes des pécheurs et des disciples, comment nous étonner de ce qui nous arrive ? »J’aime bien aussi cette dernière phrase parce qu’elle montre indirectement qu’il ne suffirait pas de changer les structures de l’Eglise, de changer de pape pour que l’Eglise retrouve son attrait.On pourrait par exemple si on voulait assez facilement permettre le mariage des prêtres. Oui mais a-t-on pensé au divorce des prêtres; comme s’ils étaient plus aptes que d’autres à « réussir leur mariage »?

  8. Jean-Pierre sur 23 avril 2010 à 12 h 10 min

    Déclin : « faire le DEUIL de ce qui ne sera jamais plus ET S’EN RÉJOUIR ». Puis : « L’ANNONCE DE LA BONNE NOUVELLE reste une mission pour tout chrétien. Mais, il nous faut trouver une nouvelle manière d’être ».

    « Trouver cette nouvelle manière » passe par être d’accord sur ce qu’est « être chrétien ». Mme Rochefort-Turquin nous dit que l’annonce de la bonne nouvelle est centrale et qu’il faut faire le deuil. OK donc attendre comme le disent certains commentaires la réponse d’une encyclique, d’une théologie, ou de la tradition -sauf à les épurer considérablement- n’est jamais qu’une manière de refuser de dire ce qui est central. Pour moi, être chrétien c’est prendre part à l’aventure humaine, avec compétence, avec cœur en me référant à l’esprit de « aimez vous les uns les autres », du « Notre Père … », du sermon sur la montagne et DONC en ESPÉRANT que la mort -indissociable de la vie- n’est pas la fin. Si les clercs admettaient que c’est seulement cela être chrétien, il y en aurait beaucoup. Faut-il être en harmonie avec le Credo? Faut-il croire à la présence eucharistique réelle, aux notions de trinité, à la résurrection de Jésus à cette conception mystérieuse ? Proposer ces mystères, oui, je le conçois, mais il faut laisser au cœur de chacun le soin de les apprivoiser, de les faire sien. Ces deux exemples montrent combien le deuil serait difficile et long s’il était admis de relativiser à ce point les évangiles et la tradition.
    Selon ce que le clergé met au cœur de la foi, bien peu peuvent, pour lui, se dire chrétiens: « beaucoup seront appelés, peu seront élus ». C’est affligeant! et à cet égard, la citation de BXVI sur les « minorités créatives dans l’histoire » semble dire que c’est bien d’être peu. Bizarre. Et à quelles minorités pense-t-il? A celles qui ont domestiqué le feu et découvert l’agriculture, aux philosophes grecs, à ceux des lumières, aux réformateurs du XV et XVIème, aux conquistadors et aux croisés, à Mahomet et ses compagnons, aux inventeurs du monachisme (y compris dans les autres religions), aux pères de l’église, aux scientifiques têtus -style Darwin-, aux saintes et saints et aux justes au sens hébraïque, …? Le nombre est une mauvaise question, définir le chrétien est une bonne question. Si nous sommes nombreux, nous ne sommes pas principalement dans les paroisses dans les diocèses ou à Rome, peut-être même ne sommes nous pas forcément baptisés! En tout cas ceux qui dénient à d’autres de se dire chrétiens ne peuvent pas se dire tel : un chrétien peut-il exclure?
    Faire deuil c’est relativiser ce que les clercs nomment vérité. Il y a moins de 100 ans les limbes les anges et les démons étaient enseignées, Eve était sortie d’une côte d’Adam (2d récit mythique, on ne le lit toujours pas le 1er!). Aujourd’hui les limbes ont disparus du caté, la côte d’Adam reste une des images qui fonde la hiérarchie des sexes, mais elle est sacrément ébranlée. Il y a moins de 100 ans, pour la science l’espèce humaine avait quelques dizaine de milliers d’années, aujourd’hui c’est quelques millions et on peine à distinguer ce qui diffère primate et homme, ou comment s’est fait la passage (Theillard de Chardin a payé cher le culot de se poser de telles questions).
    Alors, il faut relativiser. Par exemple l’infaillibilté, la prétention à la vérité, les apparitions, les miracles, les cultes (marial, cœur de Jésus, reliques, …), le péché originel. Ces croyances ont une valeur très relative aujourd’hui, faut-il s’en offusquer? Par contre, il faudrait affirmer haut et fort que toute responsabilité de service (clerc ou non: religieuses, politiques, médicales, administrative, industrielles, financières …) est confiée à des humains comme les autres -hommes et femmes- par des humains qui espèrent que la grâce de Dieu les éclaire: que l’on soit clerc, banquier ou balayeur, la grâce de Dieu est tout aussi nécessaire. Et il faut que ces serviteurs passent (Pâques) par un grand deuil, une colossale relativisation. Ceux qui se proclament chrétiens (pape en tête) n’y sont pas encore prêts. Préfèrent-ils rester les seuls PURS d’une secte qui exclu, alors que d’autres chrétiens, hors église, vivent aussi avec bonne volonté et espérance l’aventure humaine.

    Peut-être que la CCBF pourrait proposer à notre réflexion quelque chose sur « qu’est-ce qu’être chrétien? » ou  » une autorité peut-elle décider de qui a droit de se dire chrétien? ».

  9. sauvage sur 23 avril 2010 à 20 h 00 min

    Il me semble que les mots Eglise/influente/puissance… impulsent un débat qui d’entrée de jeu est biaisé. En effet, Dieu élève qui Il veut et abaisse qui Il veut. Il y a de nombreux exemples dans la Bible.
    Si l’article est comme un inventaire, celui-ci a déjà été fait. Lisez donc « les confessions d’un cardinal » d’Olivier Gendre Editions JC LATTES. L’intérêt de ce livre est dans le fait que le Vatican constitue un monde à part, aide à comprendre comment les responsables du Vatican voient le monde où nous vivons, quels sont leurs espoirs, leurs regrets, leurs craintes, leurs affrontements, leurs résignations… Très édifiant !
    REGIS

  10. Maylis sur 24 avril 2010 à 7 h 37 min

    Tout ce que vous écrivez fait beaucoup de bien et me raffermit dans la foi chrétienne.
    C’est vraiment, comme le disait Xavier, une experience spirituelle ,en tout cas d’Eglise, forte que nous vivons.
    J’ai réagi un peu vite aux propos de T Radcliff mais c’est justement cette hypersensibilité à ceux qui ont le pouvoir où que ce soit et encore davantage dans l’Eglise qui me rend très réactive. C’est aussi des souffrances dans ma propre famille élargie.
    Car l’Evangile et la Bonne Nouvelle c’est bien l’inversion totale de ce à quoi spontanément nous aspirons tous : le pouvoir ! voyez la mère de Jacques et Jean qui veut la gloire pour ses fils chéris !Mais par quelle mort devront-ils passer ? et la seule gloire, c’est celle que Dieu se plaît à donner à ceux qu’Il aime.

  11. Jacques sur 25 avril 2010 à 9 h 29 min

    la « puissance » c’est aussi cet appétit de pouvoir qu’on discerne chez certains laïcs dès qu’il reçoivent une « fonction » dans l’Eglise; il arrive qu’on y voie naître de petits dictateurs/trices pleins de pieuses intentions… Tout service dans l’Eglise, si petit ou si grand soit-il, devrait être « encadré » par une réflexion préalable sur l’indispensable modestie. A cet égard j’aime que certains textes spirituels qui nous sont proposés soient seulement signés: « un moine » ou « une religieuse », marquant une certaine intemporalité de ce que nous sommes.

  12. Christine sur 25 avril 2010 à 10 h 54 min

    Il n’y a pas de raison pour que les laïcs soient épargnés par la tentation du pouvoir. Il me semble aussi que ce qui nous semble « normal » de la part d’un clerc (après tout, est-ce que ce n’est pas lui le patron?) nous est insupportable de la part des laïcs qui sont « comme nous ».
    Je crois que tout pouvoir doit être régulé, aussi bien celui des prêtres que des laïcs. Et les mots n’y suffisent pas, surtout pas ceux qui ne font que « customiser » le pouvoir en l’appelant service.

  13. anne laetitia sur 25 avril 2010 à 14 h 06 min

    Merci de dire si clairement ce que l’o, pense sans toujours savoir bien le formuler. c’est réconfortant de se sentir rejoint dans ce que l’on pense

  14. Philippe Ch. sur 1 mai 2010 à 16 h 02 min

    Cet article bien beau me réconforte.
    Mais l’apprentissage d’une église humble et minoritaire n’est pas facile après tant de siècles de pouvoir, d’abord parce qu’une partie importante des catholiques n’y consent pas ; ensuite parce que ceux qui y consentent ne savent pas bien comment faire.
    Il me semble que nos frères protestants, qui sont depuis toujours minoritaires, ont appris à vivre cette condition. Et je pense que c’est eux qui peuvent nous aider aujourd’hui à servir Jésus-Christ par leurs conseils et par leur exemple. Ceci est une raison supplémentaire de faire vivre l’oecuménisme, non comme un rapprochement d’intention, mais comme une démarche productive où l’Eglise catholique, délaissant sa pompe et sa vanité aura l’occasion de reconnaître l’Eglise réformée comme plus avancée qu’elle dans le domaine de son rapport au monde.

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