Tout savoir sur la CCBF
Énigmatique, vague, floue, la CCBF?
Vous êtes nombreux à souhaiter en savoir plus sur la conférence catholique des baptisé-e-s de France,
fondée, dans son principe, le 11 octobre.
Voici ce que nous proposons aux 6 questions fondamentales que vous vous posez.
La conférence catholique des baptisé-e-s de France commence par un serment, ce mouvement tout intérieur qui nous a mis en route et nous a poussé à l’audace d’une parole qui engage : celui de ne pas laisser mourir l’Église. Nous nous engageons, en effet, à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que le déclin de son appareil institutionnel ne touche que sa surface, pour que la vie en son sein l’emporte, pour que l’Église puisse se consacrer plus sereinement à sa vocation fondamentale qui est d’annoncer l’Évangile.
En tant qu’institution, l’Église est non seulement nécessaire mais bienfaisante. Le jaillissement des communautés du temps de saint Paul reste un modèle de communion et de dynamisme, mais il doit s’accompagner d’une organisation adaptée aux temps et aux lieux. Aussi la CCBF se place-t-elle en soutien de l’institution, non en opposition.
I. Quels sont les objectifs de la CCBF ?
1. Susciter la conscience des baptisé-e-s
Comme l’indique son nom, c’est le baptême qui fédère les membres de la conférence. Si, à l’époque où la plupart des gens étaient chrétiens, le baptême a surtout été un signe, d’appartenance et d’identité, aujourd’hui, son aspect missionnaire est essentiel. L’Église de demain reposera sur des baptisés, et sur tous les baptisés.
Cette prise de conscience vitale est une entreprise de longue haleine.
- Elle suppose d’écarter la peur qui aujourd’hui paralyse l’Église.
- Elle se fait dans l’écoute, la communion effective, l’échange d’expériences, le soutien mutuel et se déploie dans la prise de parole.
2. Mettre chacun en situation d’inventer l’Église de demain
Ce qui se fera demain dépend d’aujourd’hui. Il est urgent que chaque baptisé se sente au plus vite responsable, adulte, qu’il quitte une culture d’assistanat ou, ce qui va de pair, de critique systématique. L’Église c’est lui.
3. Habiter la maison Église et contribuer à la faire vivre
Si l’Église, c’est nous, c’est donc « notre affaire ». Ce troisième objectif est de construction. A chacun, chacune, de se demander activement quels gestes sont porteurs d’une annonce véritablement évangélique et comment les mettre en œuvre, quelle attitude favorise la communion, quelles divisions il faut éviter de susciter ou de creuser.
II. Que sera la CCBF ?
La CCBF sera une maison de parole, un espace d’accueil, de communion et d’espérance.
Accueil qui suppose bienveillance, sollicitude, empathie avec la vie des hommes et des femmes qui nous entourent.
C’est le ministère de la bénédiction.
La communion, elle, naît de l’écoute, de la conviction que l’on est entendu pour qui on est.
La communion est là lorsque chacun peut dire qu’il a sa place et qu’il ne pourrait exister sans l’autre.
Elle génère un ministère d’écoute, au sens le plus large du mot.
Quant à l’espérance, c’est vraiment elle la messagère de l’avenir,
la colombe venue de l’autre rive.
Seul un ministère de l’espérance peut rendre à l’Église la foi en son avenir et rappeler à notre monde qu’il est aimé de Dieu.
Ces trois actions, ou ministères, sont à exercer au sein de l’Église et dans le monde qui nous entoure.
Nous devons, vous devez, réfléchir au plus vite à leur structuration et à leur exercice.
III. Ce que la CCBF n’est pas
La conférence ne se structure pas en instance revendicatrice sur les nombreux sujets en souffrance dans l’Église catholique de France. Non qu’elle les ignore ou les sous estime, mais elle ne saurait se résoudre à dénoncer sans agir, ce qui serait quasiment, selon nous, sortir de l’Église. Elle se propose d’honorer cette dimension constructive à travers les 3 ministères évoqués, de bénédiction, d’écoute et d’espérance.
La conférence se situe résolument à l’intérieur de l’Église : « Ni partir ni se taire » est un de nos points d’appui. Nous parlons du cœur de notre Église, non de ses marges ou de ses parvis.
IV. Comment se construit la CCBF ?
Sa construction se réalise de multiples façons.
Une bonne part de ses forces doit se consacrer à un travail de fondement, en faisant à la fois « du squelette », c’est-à-dire en structurant ses équipes d’animation, et « du muscle » en accueillant des forces nouvelles.
C’est ce travail de fondement qui se donne à voir dans le surgissement de groupes de plus en plus nombreux, qui prennent la mesure des objectifs proposés, réfléchissent aux modalités des 3 ministères et proposent des actions et gestes significatifs.
Car « pendant ces travaux » de la maison CCBF, l’action commence déjà.
Nous entendons mettre en actes notre fondement par des gestes qui contribueront à promouvoir la parole des baptisés, à ouvrir vers l’avenir, à annoncer l’Évangile.
V. Comment cela se fera-t-il ?
Pour avancer, nous allons créer, dans les mois à venir, une association de promotion de la CCBF (1901). Les adhérents le seront à titre individuel, au nom de leur baptême. Cette structure juridique permettra de préparer les Assises générales de la CCBF, les plus représentatives possible de l’ensemble des catholiques de France désireux de s’inscrire dans notre démarche de responsabilité ecclésiale.
Ces assises auront la charge de décider de la structure de la CCBF que, véritablement, elles « mettront au monde ». D’importantes questions seront à leur ordre du jour : Quel statut juridique : civil ou canonique, (selon le droit de l’Église) ? Comment seront représentés les baptisés de France ? Quelle assise territoriale aura la CCBF ? Faut-il prévoir des niveaux régionaux ? Comment sera appliquée la parité entre hommes et femmes qui est l’un des fondements de la CCBF ? Comment seront exercés les 3 ministères ? Collectivement ? Individuellement, en fonction d’un mandat ? Et comment seront prises les décisions ? Quels seront les lieux et les moments institués de visibilité de la CCBF ? Et dans les médias, le web ?
VI. La CCBF: Pas sans vous !
Sans doute avez vous mesuré à quel point la conférence est la réponse à notre état de catholiques, baptisé-e-s, au seuil de la disparition d’un mode séculaire de fonctionnement de notre Église.
(pour mémoire, en France en 2007, il y avait 14 816 prêtres en activité dont 3 278 âgés de moins de 60 ans)
Seul un lieu de communion réelle et plénière nous permettra d’avancer.
Nous sommes déjà immensément riches: nous croyons!
Si nos faiblesses nous découragent, la Parole de Dieu et la Tradition de l’Église viennent à notre secours.
Elles nous disent que l’Église en a vu d’autres.
Mais elles nous rappellent aussi que la traversée des périls ne s’est pas faite sans que des hommes et des femmes se lèvent, au nom du Christ, et trouvent, avec tous les autres, les conditions d’un passage.
Et c’est précisément cette main dans la main entre tous les baptisé-e-s, laïcs, prêtres, diacres, évêques, religieux et religieuses qui témoignera de la présence du Christ au milieu de nous, lui notre communion.
Avançons les uns avec les autres, pas les uns sans les autres.
Nous avons besoin de vous.
Rejoignez-nous.


Permettez-moi de saluer cher(e)s ami(e)s cette excellente présentation et d’inviter chacun des membres ou sympathisants de la CCBF à faire preuve d’imagination pour mettre en oeuvre ces trois ministères d’écoute, de bénédiction et d’espérance. Ce dont nous avons besoin c’est de redonner de l’inventivité à notre manière d’être baptisés, à notre manière de faire Eglise, c’est-à-dire à notre manière d’être ensemble, et sacramentèlement, Jésus-Christ présent en ce monde.
Sortons de nos vieilles lunes, de nos vieux, très vieux, réflexes qui nous font penser qu’il faut « changer la tête » pour pouvoir nous mettre à l’oeuvre. Comme si Rome nous paralysait – quel fantasme!
Que les difficultés et les contradictions de la figure institutionnelle de l’Eglise ne soit pas pour nous un prétexte pour ne pas assumer notre vocation de baptisé. Etre baptisé, ce n’est pas un droit, ce n’est même pas une appartenance, c’est avant tout un appel, une vocation.
Le chantier est immense devant nous pour annoncer aux femmes et aux hommes de ce temps qu’ils sont aimés, qu’ils peuvent faire l’expérience de cet amour, pour leur donner à entendre cette parole de vie que recelent les deux Testaments, pour leur faire découvrir et pour que nous découvrions avec eux le visage d’un salut qui ne tombe pas du ciel par la magie des « oblations et des holocaustes », mais qui advient quand, confiant dans l’amour du Père, nous osons donner notre vie, nous osons avancer en eaux profondes, nous osons perdre pied… Alors la récompense est grande.
Nous avons mille choses à inventer dans notre présence les uns aux autres, dans la circulation des nouvelles, dans la célébration de la vie, dans l’attention aux plus humbles, dans la simplicité du coeur, dans le partage de la Parole…
Il faut agir sans attendre… La « solution » n’est pas dans des changements institutionnels qui deviennent mythiques à force d’être attendus de manière idolâtrique. Bien au contraire, c’est le fruit de l’engagement inventif, créatif, libre de chacun qui façonnera demain l’évidence de changements sans doute plus profonds et inattendus que ceux sur lesquels nous sommes tentés de nous crisper.
Ce qui compte, c’est d’être disponible pour aller là où l’Esprit nous conduit.Relisons les Actes des Apôtres. L’annonce de l’Evangile ne s’est pas faite selon un plan centralisé à Jérusalem, mais dans l’inventivité née des circonstances, parfois dramatiques, avec le souci de garder vive la communion avec Pierre et les colonnes de l’Eglise.
Ne considérons pas non plus la CCBF comme une « tête » parallèle dont il faudrait attendre les directives pour se mettre à l’oeuvre. Elle n’est pas un « shadow cabinet » de l’Eglise, elle n’a pas vocation à doubler les évêques…
Chaque fois que nous éprouvons le sentiment d’être frustrés parce que nous aimerions que la CCBF nous dise ce qu’il faut faire, opérons un rétablissement, faisons un mouvement de conversion. Remâchons la Parole de Dieu et demandons nous quels sont les besoins qui se manifestent devant nous et cherchons comment nous pouvons y apporter notre part de réponse. Retroussons-nous les manches et lorsque nous éprouvons, parfois, du découragement, de la lassitude, de la frustration, ce qui arrive inévitablement, soutenons-nous mutuellement par des gestes et des paroles d’amitiés. Après tout, nous mettrons en oeuvre ce que disait Jésus à ses disciples avant sa passion: « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous vous reconnaîtrons pour mes disciples ».
Desiderius Erasme (http://erasme.over-blog.fr/)
C’est très clair, un inventaire complet,du travail en perspective .Spontanément c’est, entre autre,la question du statut juridique qui me fait dire que, de droit canonique, il serait le signe que notre main a bien rencontré la main de l’Eglise ?
Merci de cette ouverture forte et confiante dans l’Amour du Christ. Comment ne pas y adhérer? Les trois ministères proposés ne sont, d’une certaine façon, que la déclinaison dans notre vie des trois vertus théologales: Foi, Espérance et Charité, qu’il est bon d’approfondir régulièrement pour voir ce qu’elles nous demandent dans notre vie quotidienne de catholiques!
Oui c’est très beau mais méfions nous de trop belles paroles.
N’oublions pas les débats nécessaires, humains, très humains mais qui manquent à l’Eglise.
C’est ce que j’attends aussi de la CCBF , c’est à dire la liberté d’exprimer des pensées qui peuvent paraître iconoclastes mais sans être excommuniée sur le champs !
« Etre disponible pour aller là où l’Esprit nous conduit », certes, mais n’oublions pas Jeanne d’Arc et Marguerite Porete qui ont fini sur un bûcher! Or qui peut dire aujourd’hui qu’elles n’étaient pas conduites par l’Esprit ?
Je sais que je remonte à une époque lointaine mais j’ai peur des consensus faciles et d’une charité doucereuse.
N’ayons pas peur!
La Conférence avance, la Conférence prend forme
On le voit partout, sur le web, dans les réunions, sur le forum, dans les régions, dans la presse, à la radio, dans les grands groupes, dans les petits groupes
Les principes se posent, les idées se multiplient, les initiatives germent et libèrent l’invention
Le contenu s’approfondit et les axes se clarifient : serment, ministères, fondements -idée fixe même: Ni partir, ni se taire…
N’ayons pas peur!
La parole se prend, la parole se risque.
Signe d’authenticité : elle peut diverger, elle n’en reste pas moins une parole partagée
La grammaire en est toute bouleversée : le –e- est en train de sortir de la parenthèse où on l’avait assigné -marque de seconde zone ou tissu de second choix-
Le –e-, mineur, agglutiné, trop souvent oublié, tranquillement, sans élever la voix, entre dans la maison Eglise
Conférence des Baptisé + e + s : même eau pour un même Baptême, même baptême pour une même Eglise, même Eglise renouvelée par la même Parole
Signe d’espérance : la Parole nous réunit
N’ayons pas peur!
Les vieilles mécaniques reprennent du service, les partis–sur–la-pointe-des-pieds reviennent,
Il y a du pain sur la planche, mes amis !
Pas tant pour faire que pour faire Eglise, et pour nous convertir chaque jour
Quoi qu’il advienne
Au souffle de l’Esprit
Courage à chacun+e puisque nous sommes baptisé+e+s !
La CCBF sera une maison de parole, un espace d’accueil, de communion et d’espérance.
Oui je suis convaincu que l’Eglise a besoin de chrétiens adultes croyant en Christ , le Vivant présent en chacune et chacun .
Mais combien de ceux qui fréquentent leur clocher assistent à nos offices savent pourquoi ils sont là . Pour la majorité des anciens par sainte habitude : les catho vont à la messe , les protestants au culte . Les autres au tiercé .
Nous avons un curé dont on vient de fêter les 90ans dont 50 comme curé de Sumène .Il continue de dire sa messe tous les soirs à 18h . Pour l’administration des sacrements,notre Evèque a désigné le prêtre en charge du district voisin qui en 3 ans n’a pu prendre que 10 jours de détente . Il nous prépare à prendre en charge la présence de l’Eglise auprés des familles en deuil .
Existe-t’il un contact CCBF sur le Gard ?
@ B Ledeux
C’est super cette idée d’écrire « baptisé+e+s »
Pour les personnes intéressées par les rapports de pouvoir à l’œuvre dans la fixation de la grammaire française, voir le récit de la Querelle de la langue » au XVIIe siècle par Eliane Viennot :
http://www.siefar.org/docsiefar/file/La%20querelle%20de%20la%20langue.pdf
(extrait de : Éliane Viennot, La France, les femmes et le pouvoir, 2. Les résistances de la société (17e-18e siècles), Paris, Perrin, 2008)
Bonjour
Existe-t-il un groupe adhérant à la CCBF dans les pyrénées-atlantiques. J’aimerais bien y adhérer. J’aimerais, comme l’écrit Xavier (« malaise ordinaire »), trouver des chrétiens ayant la même sensibilité que moi, pour m’encourager à persévérer dans la prière et une vie de Foi.
Merci beaucoup
Depuis plusieurs mois je suis la création du Comité de la Jupe puis de la CCBF avec un très grand intérêt. Je ressens cette émergence comme une espérance, mais sans pouvoir pour autant répondre aux questions qu’elle pose.
C’est en effet pour moi une immense espérance, comme je n’en ai pas connu au cours de ma vie en dehors de Vatican II. Je crois avoir compris que je vais être en mesure de rencontrer d’autres catholiques qui, comme moi, se posent des questions sur des sujets considérés comme tabous et d’autant plus urgents que l’Eglise est aujourd’hui en crise profonde: du fait de la raréfaction des vocations au moins en Europe occidentale et de la dégradation sensible de son image dans le monde contemporain. Depuis trop longtemps on a occulté les problèmes dont l’Eglise a souffert pendant de si nombreux siècles: la répression de la sexualité, l’infériorisation de la femme, le célibat ecclésiastique, la condamnation du judaïsme réputé déicide, l’organisation autocratique interne. Des Papes que j’ai connus, bien peu se sont attelés aux vrais problèmes: Pie XII a été écartelé entre des devoirs contradictoires aussi essentiels à ses yeux les uns que les autres; Jean-Paul II a joué un rôle éminent dans la chute du communisme mais n’a pas brillé par son ouverture d’esprit sur les questions de morale domestique; Jean-Paul I (qui souhaitait rester curé de campagne) et Benoît XVI (qui aurait dû rester professeur de théologie) ont été élus à contre-emploi. Ne restent donc que Jean XXIII (à cause de Vatican II) et Paul VI (pour la reprise du dialogue avec les Juifs) qui ont vraiment joué un rôle moteur dans l’évolution indispensable de l’Eglise.
Cela ne veut pas dire qu’il ne faille pas de hiérarchie. Voyez ce qui se passe avec l’Islam qui, faute de voix autorisée reconnue par tous, n’est pas capable de condamner ses intégristes devenus terroristes. C’est pourquoi je suis entièrement d’accord avec l’expression que j’ai lue en tête de la Charte de la CCBF: « Ni partir, ni se taire ». Je ne me vois pas en effet en dehors de l’Eglise, mais je ne peux plus accepter non plus la langue de bois ni l’hypocrisie.
Si la CCBF doit donc parler, et c’est en cela que je salue la nouveauté absolue, que doit-elle dire et comment doit-elle le dire? Je lis dans le texte ci-dessus des développements sur les « ministères de la bénédiction, de l’écoute et de l’espérance ». C’est très bien, mais je fais deux remarques:
(a) si nous voulons être entendus par nos coreligionnaires qui ont abandonné la pratique religieuse, et par nos concitoyens qui ne voient plus dans la religion qu’une survivance d’un temps dépassé, alors n’utilisons plus le langage d’Eglise mais celui de tous les jours, compris par tous.
(b) si nous voulons vraiment faire oeuvre novatrice, alors ne nous cantonnons pas dans la compassion, la miséricorde, la charité. Il y a des ordres pour cela, et cela a été fait depuis des siècles: les résultats aujourd’hui ne sont guère probants.
Il faudrait donc que la CCBF fasse entendre sa voix sur les sujets épineux évoqués plus haut, bien entendu quand elle sera définitivement constituée. Qu’elle la fasse entendre à la hiérarchie (rencontres avec les évêques), mais aussi au grand public (communiqués de presse). Il faut être en phase avec le monde d’aujourd’hui et agir – ce qui ne veut en aucune façon dire revendiquer, voire exiger. Il n’en est pas question, à mon sens. C’est la signification du « ni partir », mais qui ne doit pas occulter le « ni se taire ».
Dans cette mesure, je trouve extrêmement contre-productive l’expression que j’ai trouvée à la fin de la Charte: « Nous ne demandons rien, nous espérons tout ». Si nous ne demandons rien, alors nous ne servirons à rien. Autant se taire!
Cher ami, je lis votre long et riche commentaire. Vous vous doutez que je partage votre analyse. Un mot seulement sur la dernière phrase qui, je m’en rends compte est sans doute à remettre dans un contexte très précis : « nous ne demandons rien » veut simplement dire que nous sortons du registre des doléances, mais « nous espérons tout » veut dire que notre « ambition », au bon sens du mot, au sens de projet, est vaste et que nous prendrons les moyens de la faire vivre. Si vous y voyez une démobilisation, c’est que nous avons été maladroites. C’est au contraire un investissement très fort que nous entendons avoir.
J’espère que l’avenir nous donnera l’occasion de prendre cette phrase « à bras le corps ».
Anne
Je suis vraiment très heureux des intentions annoncées par CCBF, et en particulier de la formule « Ni partir ni se taire », qui répond exactement à la décision que j’avais déjà prise. Je crois vraiment que la CCBF arrive au bon moment, quand on sait que moins de 5% des Catholiques déclarés assistent encore à la messe du dimanche et que le clergé susceptible de desservir ces célébrations diminue encore plus vite. Si les laïcs ne se ressaisissent pas, la seule solution sera bientôt de fermer cette Eglise qui a tant fait pour nous transmettre les Evangiles. Seuls les laïcs peuvent désormais sauver l’Eglise, c’est à dire faire en sorte que les paroles du Christ ne s’effacent pas complètement dans notre pays ! Bon courage à tous !
Chère Anne Soupa,
Je réponds à votre message du 16 mars que je n’ai pas lu plus tôt, l’ensemble des « commentaires » ayant été déplacé.
Je crois bien que nous sommes d’accord, sauf sur une question de sémantique.
Pour le Petit Robert, « demander » = « faire connaître à quelqu’un ce que l’on désire obtenir de lui; exprimer un désir, un souhait, de manière à en provoquer la réalisation ». Je ne pense vraiment pas que vous-même soyez hostile à cette définition. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas affirmer, sous peine de contradiction avec toutes vos actions jusqu’à ce jour, que nous « ne demandons rien ».
Pour concilier ce qui n’est pas inconciliable, je propose la formule suivante:
« Nous n’exigeons rien, nous espérons tout ».
diacre permanent je suis en accord avec votre charte et serait heureux de collaborer avec vous
J’ai découvert votre existence dans un hebdo de cette semaine,et votre démarche correspond à ce que j’essaie de vivre assez seul dans mon secteur paroissial ou je suis engagé dans l’accompagnement des familles en deuil et l’animation des services de solidarité.
ON nous charge de plus en plus de responsabilités,mais on n’accorde pas beaucoup de place à notre parole,notre expérience.
J’aimerais adhérer mais plus à la conférence qu’au comité de la jupe !
Est ce possible ?? N.B.: je suis divorcé remarié,acceptant loyale-ment la mise à l’écart des sacrements,comme décision actuelle de l’église.Mais beaucoup d’autres coses me gènent. Fraternellement.FR.
merci pour L’audace et le réalisme dont vous faites la preuve en prenant à bras le corps le réveil de nous les baptisés. Il en est grand temps.comment vivre et partager tout ce que nous
ressentons. Il y a bien sur la vie de foi personnelle pour mettre en lumière les 3 idées fortes de l’engagement. IY a t-il des chrétiens intéressés dans le Gard Merci
J’ai le désir de mieux connaître et de faire connaître le CCBF et Le CJ dans ma paroisse à Romans sur Isère. J’ai déjà approuvé votre Charte. Je souhaite collaborer plus avant. Existe-t-il une personne à contacter?
Fraternellement et en Union de prière.
les divorcés sont un problème et une souffrance en double peine si l’on peut dire mais pouvez vous nous donner votre position sur les prêtres ayant quitté leur sacerdoce et démis de leur fonction ecclésiale qui se marient à l’église et qui ont droit aux sacrements,je trouve que par rapport aux divorcés même si cela est conforme au droit canon il y a incompréhension de ma part mais c’est vraisemblablement du fait de mon manque de connaissance sur le sujet, en fait je pense que tous ces dis fonctionnements , ces manques de clarté, nuisent au bon fonctionnement de notre chère Eglise,je n’ai absolument rien à dire du message évangélique et des propositions qui nous en sont faites, mais c’est sur le plan fonctionnel que j’ai le plus de difficultés: je suis heureux et fier d’être chrétien et souhaite rester dans cette église que j’aime au travers de sa problématique du moment, répondez moi sur ce blog merci de votre courageuse initiative. que Dieu vous garde et vous protège Anne et les autres! Vos réflexions vont dans le bon sens, mais n’oubliez pas non plus les hommes, vous savez ces laïcs hommes,ils devraient avoir droit au chapitre eux aussi, les laïcs hommes de l’église catholique Romaine, pensez à eux aussi merci.
Mon épouse et moi-même sommes plus que scandalisés, très profondément attristés et complètement désorientés par l’église de Rome, qui se révèle une fois encore dans des vérités
accablantes. Nous ne pouvons pas dire que la dernière affaire de la Légion du Christ soit la goutte d’eau qui fait déborder le vase, car à elle seule elle remplit pleinement le vase de turpitudes. Tout y est : pouvoir de l’argent, recherche à tout prix d’ecclésiastiques, perversités morales et religieuses, jeux morbides d’influence, tromperies, hypocrisies… et nous en passons. Pour nous une chose ne passera plus : quiconque, et notamment un ecclésiastique, osera nous exposer une théorie du complot fera mieux de se boucher les oreilles.
Il a fallu plus de 50 ans, 4 papes pour qu’émerge enfin la réalité de ce mouvement vicié par son fondateur même avec l’appui de hauts (in)dignitaires du Vatican. Nous sommes reconnaissants à Benoît XVI qui avant son élection avait déjà tenté d’élucider la vérité en dépit des vetos de ses supérieurs d’alors. Nous reconnaissons tout le courage qu’il lui a fallu dans ce bain saumâtre pour conclure cette affaire.
Mais la conclusion qu’il apporte actuellement ne nous semble pas aller jusqu’au bout de ce courage, sans doute parce que des verrous demeurent encore. Pourquoi, en effet, ne pas dissoudre ce mouvement, ou tout au moins faire démissionner tous les proches et les « souteneurs » du fondateur, s’ils sont encore en vie. Et envoyer prêtres et séminaristes de ce mouvement, victimes de cette grande supercherie, dans des lieux appauvris d’évangélisation et de formation où ils pourront se confronter aux réalités de notre monde actuel.
Sûrement que notre pape a besoin de nos soutiens, du soutien des baptisés.
Ne serait-ce pas là une action de la CCBF ? Pétition ou lettre au pape, par l’intermédiaire de la Conférence des Evêques de France ? Ce ne sont bien évidemment que suggestions de notre part et nous sommes prêts à suivre toute démarche forte qui sortirait de votre réflexion.
Il faut agir en tout cas ! Ni partir ni se taire !
Anne-Marie et Jean-Marc
Que Dieu nous garde de notre avidité en prêtres !
( cette lettre a été écrite avant la précédente mais je n’avais pas su l’envoyer )
Dans mes recherches généalogiques, j’ai eu à connaître l’éloge funèbre prononcée par l’évêque de Moulins, le 27 juin 1959, aux obsèques de mon grand-oncle, prêtre.
En voici un extrait :
«… Le 9 juillet 1905, nous étions dix à recevoir en cette cathédrale le sacrement de l’ordre. Cinquante trois ans après, en 1958, il y eut un seul prêtre, et lundi prochain, jour de l’ordination générale 3 seulement recevront les pouvoirs sacerdotaux. En un demi siècle, quelle chute dans l’effectif des ordinants !…A coté de vocations trop rares parce que souvent contrariées, des morts plus nombreuses causées par l’épuisement des prêtres trop rares dans nos paroisses. M l’abbé …est le cinquième prêtre qui, chez nous, succombe cette année. A peine parvenue au milieu de sa course, cette année 1959 laisse prévoir, redouter, une hécatombe aussi douloureuse que celle de 1958 où dix de nos prêtres sont morts… »
Et ce discours se termine par : «… Il faut que nos foyers soient assez chrétiens pour qu’y germent facilement les vocations sacerdotales et religieuses. Il faut qu’en cette année du sacerdoce et du Curé d’Ars, tous les fidèles prennent une conscience plus vive- j’allais dire plus angoissée- de leurs devoirs envers leurs prêtres, leurs paroisses, envers nos séminaires. »
J’ai reçu copie de cet éloge en ce début d’année 2010, en pleine année sacerdotale aussi !
Rien n’a changé, la chute s’est accélérée au contraire, avec de grosses hémorragies autour des années 70, et ne se relève pas : un frère dominicain me disait récemment que l’année dernière 100 prêtres, religieux compris, avaient été ordonnés dans toute la France, soit 1 par département.
Et pourtant, durant plus de 50 ans, que de litanies ont du être récitées : « Seigneur, donne-nous des prêtres – Seigneur donne-nous de nombreux prêtres – Seigneur donne-nous de nombreux saints prêtres, saints religieux et saintes religieuses… ».
Le temps du Seigneur n’est certes pas le nôtre, mais savons-nous prier ?
Dans son discours cet évêque posait la question de savoir d’où venait cette chute en un demi-siècle de l’effectif des ordinants. ( je rappelle que ce discours a été tenu en 1959, soit il y a cinquante ans, et je ne me souviens pourtant pas que les prêtres manquaient dans mon entourage de jeunesse, au contraire.).
La réponse est claire nette et précise : « Assurément pas de Dieu qui sait pourvoir aux besoins des âmes ; donc des hommes, des familles. Nombreux sont les foyers où le Maître de la moisson jette la semence d’une vocation mais où cette semence ne lève pas par le manque de foi, l’incurie ou les préjugés des parents. » Point final.
La faute aux hommes et femmes, dans le fondement des foyers, bien sûr ! Il n’y a pas d’autres raisons, bien entendu ! du moins publiquement !
Certes le vocabulaire a changé : on parle aujourd’hui de sécularisation. C’est la faute à cette sournoise sécularisation, à la déchristianisation de nos sociétés occidentales notamment.
Ne peut-on pas aussi simplement se poser la question : qui a évangélisé ces fauteurs ? et comment l’ont-ils été ? Il y a aussi sur bien d’autres questions que ces faits et ce discours m’interpellent. Mais je me restreins tout bêtement à ces deux, conscient qu’elles m’entraînent déjà sur des chemins irrespectueux, clos, bouchés d’arbres séculaires.
Qu’on ne s’y trompe, c’est une colère rentrée qui m’anime malheureusement : encore, aujourd’hui, du moins dans ma paroisse, depuis le début de cette nouvelle, et sans doute énième année sacerdotale, on ne parle que de prêtres, auxquels on ajoute d’une manière condescendante les religieux mais surtout les religieuses. Alors les autres, les laïques( cs ), on hésite à en parler si ce n’est pour leur demander de prier, ils ne rechigneront pas, c’est leur propre intérêt et si on en est là c’est bien à cause d’eux… Classique : quand tout va bien, c’est grâce à moi ; si ça va mal c’est la faute aux autres.
La partie est terminée sur ce smash en plein centre, et ce n’est pas un jeu, encore moins de renvois de balles.
En cela j’apprécie la Conférence Catholique des Baptisé(e)s de France. Les 5 prêtres du grand secteur d’Alès ont été profondément touchés par sa dernière lettre aux prêtres ( « cette belle lettre » reprise trois fois )
Un grand merci aussi parce que je ne sens plus seul dans mon petit coin de province, que j’y puise le sens de mon baptême et de ma confirmation, la force d’oser m’exprimer en animant un chapelet de prière paroissiale pour les vocations sacerdotales, puis un atelier du grand secteur sur le thème de « la prise de conscience de son baptême » et… sur la seule base de la proposition de prière universelle écrite pour le dimanche des vocations et le dépliant.
La CCBF n’est pas seulement un lieu de réflexion, mais d’actions aussi à notre mesure modeste, à l’heure actuelle, mais que j’espère grandissante.
Encore merci.
à propos des Légionnaires du Christ,
Je recommandes deux lectures, l’article très très complet de Jean Mercier sur le site de La Vie
et l’intégralité de la contribution de Georges Weigel à la question que faut-il faire des Légionnaires.
Nous n’avons pour l’heure pas de raison de penser que Benoît XVI ne fera pas ce qu’il faut, mais il est vrai que la Légion est très puissante, qu’elle a de nombreux appuis et une grande puissance financière.
Mais aucun arbre aux racines pourries ne donne de bons fruits!
Nous sommes vigilants et réfléchissons à une action éventuelle.
Christine Pedotti CCBF
Bonjour,
la CCBF rejoint une attente que je porte sur L’Eglise que j’aime mais qui a des « blocages » et des difficultés à vivre sereinement ( en France tout au moins) ces temps difficiles où le manque de prêtres entraîne des réactions d’angoisse, sans relever les signes d’espérance donnés par tous les laïcs qui s’engagent en pastorale…un article récent titré: « des laïcs formés en théologie pourquoi faire? » très bonne question!
personnellement, je finis un baccalauréat canonique, qui m’a profondément enrichi spirituellement et encouragé à être au service de l’Eglise (actuellement au service du catéchuménat)mais je crains que la place des laïcs et encore plus des femmes ne soit pas encore chose acquise pour nombre de prêtres.
avez-vous un relai sur Toulouse ou sur la côte basque, lieu de notre villégiature à venir?
merci de fonder votre mission sur la vocation baptismale et de nous inviter à la bienveillance, l’écoute et l’espérance.
F.Fulpin
à propos des légionnaires du Christ, je vous recommande le blog de Xavier Leger :
http://www.exlcblog.info/ qui avec intelligence et sans aucun esprit « revanchard » essaie au mieux d’informer et de prévenir. Il a lui-même passé 6 ans dans cette organisation.
Je rejoins « la Vie », en disant qu’une dissolution serait la meilleure solution : on ne bâtit pas sur des fondations pareilles ! mais il faut des étapes pour toutes ses personnes qui appartiennent à ce mouvement, il est tellement prégnant pour eux.