Message du père Jean Rigal, théologien, spécialiste d’ecclésiologie…
…A la conférence des baptisé-e-s

Votre démarche, à mes yeux, dépasse totalement des problèmes de vocabulaire. « Conférence » ou « pas conférence », ne sont, pour moi, que chipotages sans intérêt.
Par contre, les enjeux de votre initiative m’intéressent au plus haut point. Ils me concernent en tant que baptisé, que prêtre catholique, que théologien ecclésiologue.
De quoi s’agit-il dans le fond, sinon d’appliquer ce que nous a enseigné le concile Vatican II ?
En référence au Christ l’unique prêtre, la priorité doit être donnée au peuple de Dieu tout entier sacerdotal au service duquel certains baptisés exercent le ministère de « pasteurs ».
De ce point de vue, l’expression « année sacerdotale » peut conduire à de véritables dérives…
Qu’on s’interroge sur le ministère des prêtres est non seulement légitime, mais peut être fructueux à deux conditions :
1) que la question soit posée à l’intérieur de la mission première de la communauté des baptisés
2) que l’on ait le courage d’affronter certains problèmes relatifs à la vie concrète des prêtres et à leur mission.
S’il s’agit simplement de maintenir ce qui existe, je ne suis pas « partant ».
C’est dans cette perspective que j’approuve votre démarche. L’Allemagne, depuis des années, organise différents groupes et rassemblements de chrétiens.
L’Eglise en ressort dynamisée. En tout cas, il m’apparaît qu’au-delà de nos sensibilités respectives, c’est l’annonce de l’Evangile qui est au centre du débat.
Les baptisés (hommes et femmes) en sont solidairement responsables. Le reste nous sera donné par surcroît.
Jean RIGAL
Prêtre du diocèse de Rodez, Jean Rigal est un théologien spécialiste des questions relatives à l’Église.
Professeur d’ecclésiologie pendant vingt-cinq ans à la faculté de théologie de Toulouse, il anime de multiples sessions en France et en différents pays.
Il est l’auteur de nombreux articles et d’une quinzaine d’ouvrages.
oui la question du nom est secondaire ,il est en fait banal dans l’Eglise puisqu’il existe de nombreuses conférences…de religieux et religieuses…sans que cela pose problème.
l’enjeu est l’annonce d’ une bonne nouvelle qui ne dit plus grand chose à beaucoup de contemporains tant elle est noyée, cachée , par des règles….des querelles d’un autre âge …un refus de voir qu’elle doit être annoncée aujourd’hui dans sa simplicité, dans ce qu’elle apporte de bonheur à tout homme, d’espérance….
ayons la sagesse en Eglise d’ouvrir grand les portes pour que chacun s’y sentent bien …
redisons sans cesse: il n’y a plus homme ou femme, esclave ou homme libre…..mais des fils en Christ ayant tous la même dignité.
chaque bras ne sera pas de trop ….alors ne posons pas de préambule là où le Christ a seulement dit : viens et suis moi.
bonne journée
C’est génial !
quand je pense à l’ambiance d’il y a un an alors que ni le comité de la jupe, ni la CCBF
n’existaient…
Merci père Rigal !
Merci, Camille de penser à notre « anniversaire ». Vous avez raison, l’aventure a un an, et je peux vous dire qu’il y a un an, nous ne savions pas du tout où ça allait nous mener. Où serons-nous dans un an? C’est vous tous, qui désormais nous rejoignez qui le direz.
Je rends grâce à cause de vous tous, nos amis encore inconnus il y a un an, nos frères et soeurs dans le Christ. c’est parce que vous êtres nombreux, généreux, exigeants, plein d’énergie et d’espérance que notre action n’a pas été seulement un « événement médiatique », mais est en train de devenir un mouvement.
Merci à tous
Christine Pedotti
Que cela fait du bien de lire des personnes sensées, intelligentes, promesses d’un avenir plein d’ espérance dans le respect de tous, et qui ne renvoient pas que des peurs de perdre: son pouvoir , ses intérets, ses positions, ses privilèges…Nous avons tout a gagner par ces changements, ces transformations, ces révélations..Merci pour tous ces encouragements, ces témoignages,ce chemin parcouru: en ce temps de l’ Avent, ce sont de belles annonces de vie, de Re-naissance,de bénédictions!Merci a la C C B F de permettre cela !
J’aime beaucoup le livre de Jean Rigal « l’Eglise à l’épreuve de notre temps » spécialement les pages 75 à 88.
@ Sandrine,
Pourriez-vous nous partager quelques extraits de ces pages ?
Même si cela en vaut la peine, on peut en faire un article !
@Xavier
J’ai bien peur que cela vous ennuie car mon comm était un soupçon facétieux, ces pages parlent de… l’ordination des femmes. L’auteur me paraît assez objectif car ce n’est qu’en fin de chapitre qu’on apprend que l’auteur est plutôt pour. Il fait le tour ce ceux qui sont contre et de ceux qui sont pour (nombreux mais discrets).
Je vais essayer de vous résumer. les parenthèses sont de moi et n’engagent que moi.
Les arguments « pour » qui semblent intéressants sont ceux-ci :
- Le choix des Douze ? Il faudrait trouver une interprétation satisfaisante…Faudrait-il aujourd’hui que tous les prêtres soient juifs comme les douze, demandait le Cardinal Daniélou ?…rien ne permet d’affirmer que l’absence d’ordination de femmes s’appuie sur une fidélité au Christ.
- « Ordination sacerdotalis » : ce texte aurait dû avant d’être déclaré « définitif », être précédé d’une consultation des évêques. Claude Géffré, o.p. estime qu’on assiste là à une extension considérable de l’infaillibilité…
- Le simple fait d’un usage ininterrompu de l’Eglise n’est pas un argument suffisant…cet argument doit reposer sur des raisons appartenant au mystère propre de l’Eglise.
- la tradition : un commentaire de la congrégation de la doctrine de la foi reconnaît qu’on trouve dans les écrits des Pères de l’Eglise l’influence indéniale de préjugés défavorables à la femme. Donc voir le contexte de l’époque.
- « in persona Christi » n’est-ce pas oublier que la représentation du Christ ne se fonde pas sur une identité sexuelle entre le Christ et le ministre mais sur l’ordination ? …Fondement sacramentel à ne pas oublier.
Ne pas oublier non plus que le Christ s’est incarné surtout pour devenir une personne humaine.
« in persona Christi », argument plus sociologique, lié au mentalités, que théologique ?
(selon moi : il faudrait réfléchir sur ce que signifie « persona ». Pour Boèce, une personne est humaine et douée de raison, avant d’être sexuée.)
- La symbolique Epoux/epouse. Ce vocabulaire n’a qu’une valeur morale de fidélité et dévouement, d’après H Legrand, théologien. On ne le trouve pas dans le ministère pastoral. Il apparait dans Vatican II seulement à propos du célibat sacerdotal.
- incontestablement il y a eu dans le passé des diaconesses…était-ce une ordination ?…
- Il faudra tôt ou tard réfléchir à nouveau sur la question, peut-être en concile…
- Bref ce qui compte c’est aussi la mission …le P. Rigal souhaite un véritable partenariat hommes/femmes.
Le seul argument « contre » qui me semble valable, et dont parle le P.Rigal, ce sont les résistances des gens que cela risque de choquer. Il n’y est donc pas favorable pour l’instant et craint même un retour du cléricalisme pour y résister (n’est-ce pas ce que nous voyons effectivement en ce moment ?)
(Par conséquent nous avons toute une pédagogie à mettre en oeuvre, mais ce n’est pas simple car nombre de gens paraissent tenir à la non-ordination des femmes plus qu’à tout le reste !…)
Vous pouvez sûrement trouver ce livre à la Procure, il date de 2007 (15 euros) et c’est dommage de le résumer…
…Je reviens vous dire que je n’ai résumé que les pages 75 à 88.
Le reste parle d’autre chose, en lien avec l’actualité, et est très intéressant aussi..;