« N’est-ce pas Dieu qui a choisi de nous envoyer moins de prêtres ? »

Quelle joie d’apprendre que la Conférence des évêques de France se saisit enfin d’une réflexion commune sur le « sacerdoce commun des baptisés » ! Depuis plus de 50 ans, les Pères du concile Vatican II avaient ouvert la porte. 

Toute ma vie (de septuagénaire), j’ai entendu nos prêtres nous inviter à prier pour les vocations (sacerdotales, le plus souvent) et, enfin, Mgr Eychenne ose dire publiquement (prudemment, sous forme interrogative) : « N’est-ce pas Dieu qui a choisi de nous envoyer moins de prêtres ? »

Que de temps de discernement nécessaire pour arriver à une évidence si l’on croit réellement à l’efficacité de la prière, en sachant que Dieu ne donne pas nécessairement la réponse que nous attendons ! Peut-être, aussi, beaucoup de temps pour se rendre à l’évidence des faits : de moins en moins de prêtres mais de plus en plus de laïcs formés et disponibles.

Et l’on évoque enfin (toujours sous forme interrogative) le mauvais usage des prêtres ! Évidemment, nous ne vivons plus comme au temps du concile de Trente et, là encore, le concile de Vatican II ouvrait les yeux de ceux qui veulent bien voir. Le baptême n’est-il pas le premier des sacrements (fondamentalement au plan théologique, et statistiquement au plan démographique) ? N’est-il pas aussi le sacrement universel des chrétiens, celui qui ouvre la porte à l’œcuménisme pratique auquel nous invite notre pape François ?

Certes, je n’ignore pas les nombreux laïcs engagés dans différents services d’É֤glise et à tous niveaux, mais force est de constater qu’il s’agit, le plus souvent, de pallier le manque des prêtres et que leur activité dépend toujours de la bonne volonté individuelle de tel ou tel prêtre ou évêque. Il est donc tout à fait réjouissant de voir les évêques, dans leur ensemble, se saisir de la question. Et il est tout à fait normal, dans une perspective d’ecclésiologie pratique, que ce soit ni à Rome, ni au niveau diocésain ou paroissial, mais au niveau des Conférences épiscopales que s’exerce cette réflexion. En effet, la réponse doit nécessairement varier selon les situations locales, démographiques, historiques et culturelles. Elle ne doit pas, pour autant, être laissée au bon vouloir ou, inversement, à l’autoritarisme individuel des clercs. Surtout, elle ne doit pas être une solution de secours, faute de « mieux ». 

Parallèlement, c’est une réflexion sur les missions presbytérales qui doit être menée et c’est l’articulation, l’harmonie des ministères qui doit être pensée pour que l’évangile soit vécu au sein de nos institutions et services.

Bernard Paillot

Commentaires

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Pourquoi ne pas le dire simplement et franchement  : on ne veut plus de prêtres. 

Philippe G.

Vous avez rajeuni sur la photo ;-)
Plus sérieusement, ce serait bien que ces questions remontent et resusurgissent dans notre synode diocésain (de Saint-Brieuc et Tréguier) mais la difficulté est non seulement de les poser (je crois qu'elles le sont d'après ce que nous avons pu voir) mais de faire des propositions à court terme ! Quelle est la marge de manoeuvre  d'un évêque ? Il y a surement des choses à faire "ad experimentum". Il ne faudrait pas en tout cas que ça reste dans un tiroir.