Et si la pénurie des vocations sacerdotales obligeait l’Église à se reposer quelques vraies questions…

À l’ordre du jour de leur Assemblée plénière de Lourdes, les évêques de France abordent, en ce début novembre, l’épineuse question des vocations sacerdotales diocésaines. On sait le clergé vieillissant, les séminaires quasi déserts et du fait même le nombre d’ordinations en régression constante : 140 encore en 2014, 120 en 2015, une centaine seulement en 2016. C’était, il y a moins d’un siècle, le nombre d’ordinations annuelles pour le seul diocèse de Rodez (Aveyron). Bien des diocèses de France, notamment dans le monde rural, sont confrontés à la perspective de n’avoir plus, d’ici dix ans, qu’une vingtaine de prêtres de moins de soixante-cinq ans. Cette question est devenue d’autant plus épineuse qu’à de légitimes interrogations sur l’avenir des communautés chrétiennes s’ajoute un enjeu à la fois idéologique et théologique, les deux aspects étant intimement liés.

Les vocations sacerdotales comme seul critère de fécondité évangélique

Il suffit de naviguer sur les sites internet intégristes, voire simplement traditionnalistes pour lire avec une belle constance que la meilleure preuve de la faillite du Concile Vatican II est, avec le recul de la pratique religieuse, l’effondrement des vocations dans la vieille Europe. Par comparaison, l’afflux de vocations sacerdotales dans des communautés comme la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (lefebvriste) serait bien la preuve que là se trouve l’avenir du catholicisme en France. Conséquemment, ce ne seraient pas le dialogue avec le monde, cher au Concile, ni les ouvertures pastorales souhaitées par le pape François qui représenteraient le « bon chemin » mais bien la seule fidélité à l’immuable Tradition.

Ce discours est devenu tellement plombant qu’il en paralyse la plupart des évêques, qu’ils soient ou non convaincus par la démonstration. Le 31 octobre dernier, les Scouts d’Europe réunissaient à Vézelay leur branche aînée : les routiers. Les responsables du mouvement avaient choisi, cette année, comme invité d’honneur, le bouillant cardinal Sarah. De son homélie, qu’il faut lire attentivement pour son appel à la jeunesse à « reconstruire la chrétienté » en une nouvelle croisade, dans le contexte d’une Europe menacée « de se suicider et de disparaître, éliminée par des peuples plus virils, plus croyants et plus fiers de leur identité… », je retiendrai ce passage : « Je sais que votre mouvement a donné à l’Église de nombreux prêtres diocésains, missionnaires, religieux appartenant à diverses congrégations, et aussi des moines. Combien de séminaristes et de prêtres peuvent témoigner que leur vocation a mûri dans cette belle école du scoutisme, qui détourne de l’égoïsme et de la paresse ! »

Le fait est incontestable. Suffit-il pour autant à nous faire considérer que le seul critère de fécondité évangélique des mouvements de jeunesse catholiques serait désormais celui des statistiques vocationnelles ? Dans la dernière livraison de la jeune revue Limite[1], le sociologue Yann Raison du Cleuziou[2] montre bien comment les catholiques – jeunes y compris – se répartissent aujourd’hui en diverses catégories parmi lesquelles ceux qu’il appelle les observants et les émancipés. Pour faire bref, au risque de la caricature, les Scouts d’Europe se situeraient par exemple dans la première catégorie. Il écrit à son sujet : « Aujourd’hui, bien que minoritaires, les observants constituent le principal vivier de recrutement sacerdotal. Le séminaire de la Communauté Saint-Martin est celui qui a le plus d’entrées par an. »[3] Les Scouts de France se situeraient eux, majoritairement, parmi les émancipés (entendez : émancipés par rapport à l’institution ecclésiale) et leur générosité de chrétiens s’investirait de manière préférentielle « dans le monde » plutôt que dans la structure ecclésiastique. Et le sociologue de commenter à leur propos : « Si ces catholiques ont une si faible visibilité, c’est aussi parce que personne ne cherche à instrumentaliser leur engagement dans le rapport de force interne à l’Église contrairement aux observants. »[4]

Bref : la jeunesse n’est pas moins généreuse aujourd’hui qu’hier, et pas plus dans une certaine sensibilité du catholicisme français qui continue de « donner des prêtres à l’Église » que dans une autre pour laquelle l’enjeu semble se situer ailleurs. Mais qui réfléchit vraiment à ces questions ?

« N’est-ce pas Dieu qui a choisi de nous envoyer moins de prêtres ? » Mgr Eychenne

C’est dans ce contexte qu’il faut situer, à Lourdes, l’intervention remarquée de l’évêque de Pamiers, Mgr Eychenne : « N’est-ce pas Dieu qui a choisi de nous envoyer moins de prêtres ? » La crise des vocations ne serait donc pas d’abord à interpréter en termes d’affadissement de la foi. La question serait plutôt à creuser du côté de la mission spécifique du prêtre au regard de l’animation des communautés telles qu’elles se perçoivent en ce début de millénaire.

Osons cette provocation : lorsque des jeunes « observants » se présentent en vue du sacerdoce, est-ce seulement pour répondre librement et généreusement à un appel du Christ ou aussi pour pérenniser le type d’Église dans laquelle ils ont grandi et auquel ils restent culturellement attachés ? Lorsque de jeunes « émancipés » ne retiennent pas, pour eux-mêmes, l’hypothèse du sacerdoce, est-ce par manque de foi et de générosité ou pour manifester – consciemment ou non – qu’à leurs yeux les communautés chrétiennes doivent s’organiser autrement qu’autour de l’image traditionnelle du prêtre de leur enfance ?

Est-ce le prêtre ou la communauté qui fait l’Église ? 

Derrière la phrase de Mgr Eychenne se cache donc un débat ecclésiologique essentiel, généralement occulté tant il est explosif. On pourrait le résumer d’une simple question : où se trouve l’Église ? Pour certains : là où est le prêtre, là est l’Église, et c’est pourquoi il faudrait en permanence réajuster le contour des paroisses pour tenir compte des prêtres disponibles. Pour d’autres, l’Église se situe, selon les paroles même du Christ, là où « plusieurs sont réunis en Mon nom »[5]. Et dès lors la question des regroupements paroissiaux est secondaire. L’enjeu est-il d’envoyer les fidèles à la messe dans la ville la plus proche… ou de rendre visible l’existence de la communauté chrétienne, dans leur petit village (leur quartier, leur cité…), en se réunissant le dimanche autour de la Parole de Dieu, même si ce n’est pas pour célébrer la messe, faute de prêtres ?[6]

C’était là l’intuition pastorale mise en œuvre par Mgr Albert Rouet dans le diocèse de Poitiers. Il écrivait en 2009, dans le même esprit que Mgr Eychenne aujourd’hui : « On a éperdument prié pour les vocations et Dieu semble nous indiquer d’autres pistes, ouvrir d’autres portes. »[7] Cette intuition n’a jamais été reprise dans aucun autre diocèse de France et n’a pas survécu à son départ à la retraite. La décision récente de Mgr Bestion, évêque de Tulle, de réorganiser son diocèse qui, dans sept ans, ne comptera plus que dix prêtres de moins de 75 ans pourrait relancer la réflexion. Parlant de ses prêtres, regroupés en quatre communautés réparties sur le territoire diocésain, il déclare : « Il s’agira d’un ministère itinérant, à la manière des missionnaires dans les jeunes Églises d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique latine. Chaque curé pourra passer plusieurs jours dans une communauté locale. » D’autres diocèses ruraux sont en synode, tel celui de Rodez où Mgr François Fonlupt confie avoir enterré le tiers de son presbytérium depuis son arrivée, voici 5 ans. Quelles orientations y seront prises concernant cette question centrale du prêtre et de sa vocation propre ?

La question centrale : donner au prêtre sa juste place

Soyons clair : mon propos n’est pas ici d’appeler à une forme quelconque de résignation face à la crise des vocations sacerdotales, et bien évidemment pas de remettre en cause la spécificité du sacerdoce ministériel ni sa nécessité. Il est de formuler, publiquement, une question devenue incontournable et jusqu’ici occultée. La place centrale du prêtre qui marque encore l’organisation de l’Église, de la base au sommet, est-il la réponse pertinente – et légitime – aux défis du millénaire dans nos pays de vieille chrétienté ?

Dans le même ouvrage, Mgr Rouet écrivait encore : « L’eucharistie a été utilisée pour promouvoir le clergé… »[8] On sait, aujourd’hui, la propension de toute personne, de tout corps, à se situer spontanément au centre d’une organisation, dès lors qu’on lui demande de la penser. Ce qui est vrai des énarques dans la haute fonction publique l’est tout autant des clercs dans l’Église. Le fait que la théologie ait longtemps été « l’affaire des clercs » ne pouvait que déboucher sur une ecclésiologie magnifiant le rôle du prêtre. « Nous allons voir beaucoup de laïcs formés et à un niveau supérieur à celui des prêtres, donc ils n’accepteront pas qu’on leur dise n’importe quoi… »[9], écrivait encore l’archevêque de Poitiers. Nous y sommes ! Et ces laïcs demandent moins le « pouvoir » dans l’Église – même si la tentation du cléricalisme ne les épargne pas toujours – qu’une juste mise en œuvre du sacerdoce commun des baptisés initié par Vatican II. D’où sortirait une perception plus juste du ministère du prêtre et sans doute une plus juste appréciation de ce que l’on continue d’appeler la « pénurie des vocations ». Dans l’un de ses ouvrages, le frère André Gouzes qui a redonné vie à l’abbaye de Sylvanès écrit : « Ce ne sont pas les prêtres qui manquent à l’Église d’aujourd’hui mais des hommes et des femmes qui, dans le champ de l’humanité, soient capables d’assumer cet éveil, d’ouvrir le monde à Dieu avant de chercher à révéler Dieu au monde. »[10]

Quand l’obsession du clergé paralyse l’Église

C’est là une révolution copernicienne. Je ne voudrais pas accabler le lecteur mais illustrer combien cette sensation de « manque » (de prêtres) crispe aujourd’hui l’Église dans ses comportements. C’est pour « donner des prêtres » à l’Église qu’on se fige sur une certaine vision de la famille chrétienne, persuadés que seules les familles nombreuses savent faire mûrir des vocations[11] ; c’est avec le même objectif qu’on « réserve » dans certaines paroisses, le rôle de servant d’autel aux seuls garçons ; c’est la même vision qui conduit à regarder avec une particulière bienveillance les communautés nouvelles et mouvements « riches en vocation »[12] et à fermer les yeux sur les critères de discernement de certains candidats au sacerdoce, au risque de voir se multiplier affaires de pédophilie et dérives sectaires… C’est uniquement parce qu’il compte quelques centaines de prêtres (et trois ou quatre évêques) que le schisme lefebvriste monopolise l’attention de Rome là où le schisme silencieux de millions de fidèles est interprété en simples termes d’apostasie. Comme si l’Église était « un corps de clercs entouré de laïcs »[13] Et l’on pourrait poursuivre à l’envie.

Et pour ce qui est de la France, c’est la même angoisse de manquer qui tétanise nos évêques. Avec un surplus d’enjeu qu’il faut bien qualifier d’idéologique au sens noble du terme. Pour beaucoup d’entre eux, recréer une dynamique de vocations sacerdotales dans leur diocèse serait la seule manière d’échapper à terme à la « colonisation » d’un jeune clergé néo-classique issu des nouveaux mouvements. De jeunes prêtres qui, à l’image des diplômés d’écoles de commerce, croient volontiers ce que leurs disent quelques évêques qui promeuvent cette « ligne » : ils constitueraient l’élite et l’avenir de notre Église comme d’autres, ailleurs, ceux de l’entreprise. Ce rapport de forces, bien réel, semble occulter une réalité qui pourrait revenir, demain, sous forme de boomerang. Ce néocléricalisme ne triomphe en fait qu’au sein des communautés paroissiales qui partagent cette vision de l’Église. En 1977, l’historien Jean Delumeau écrivait : « Le christianisme ne peut plus être maintenant qu’un christianisme populaire d’où le cléricalisme, sous toutes ses formes, sera exclu. »[14] La tentation de « prise de pouvoir » de ce clergé bien particulier, convaincu d’avoir reçu du Ciel mission de « reconstruire l’Église » prétendument saccagée par ses aînés, pourrait bien se heurter à un laïcat bien décidé à ne pas s’en laisser conter… et théologiquement armé pour le faire !

Sans être totalement parano je ne minimise pas le fait qu’à ce stade de mon propos, nombre de lecteurs puissent se sentir scandalisés, nombre de prêtres meurtris alors que j’ai pour eux la plus fraternelle admiration. Mais est-il possible de dire ici, en simple laïc, que leur sacerdoce ne leur appartient pas et qu’il est le bien précieux de toute l’Église ?

René Poujol – 6 novembre 2016

http://www.renepoujol.fr/une-eglise-au-regime-sans-pretres/

 

[1] Je reviendrai sur l’originalité de cette revue, vendue en librairie et désormais par abonnement, dans un prochain article de ce blog.

[2] On lui doit une étude passionnante : Yann Raison du Cleuziou, Qui sont les catholiques aujourd’hui ? Éd DDB 2015.

[3] Revue Limite, n°4, p. 46.

[4] Ibid. p.49.

[5] Le paradoxe est d’ailleurs de trouver la plus forte réticence à cette approche parmi ceux-là même qui prônent une vision de la famille chrétienne comme « Église domestique ».

[6] Aujourd’hui, dans le monde marchand, un retour de balancier s’emble s’opérer depuis les grandes surfaces de la périphérie vers les commerces de proximité et les circuits courts. L’Église pourrait s’en inspirer.

[7] Albert Rouet, J’aimerais vous dire, Bayard 2009 p.109.

[8] Ibid. p.262.

[9] Ibid. p.217.

[10] André Gouzes, Une Eglise condamnée à renaître, Éd. Saint-Augustin, p. 119.

[11] Je pourrais citer ici les prélats romains qui m’ont tenu ce propos tout au long de ma carrière de directeur de journal catholique.

[12] L’une des raisons de la bienveillance de Jean-Paul II vis-à-vis des Légionnaires du Christ reposait, outre leur influence sur les jeunes et les moyens financiers qu’ils pouvaient mettre à la disposition du pape (et qui ont servi à soutenir Solidarnosc), sur le nombre de jeunes prêtres donnés à l’Église… parmi lesquels on relève aujourd’hui le plus fort taux de réduction à l’état laïc.

[13] Mgr Albert Rouet, ibid p.250.

[14] Jean Delumeau, Le christianisme va-t-il mourir ? Hachette 1977. Livre de poche, Collection Pluriel, p. 121.

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Commentaires

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Autrement dit, oui, la haut-clergé a vu juste en se méfiant et en combattant le "mouvement démocratique" qui a investi progressivement la totalité de l'espace politique, social et mental, fixant visiblement dans le passé la vieille structure cléricale autoritaire, patriarcale et masculine, héritée des ordres sacerdotaux de l'antiquité, et largement enfermée dans une pensée "archaïque". Est-ce que l'histoire "religieuse" continuera à se faire loin de  l'institution ecclesiastique parce que  la majorité des croyants veut être croyante  comme au premier siècle, au plus près du Jésus historique, celui qui ne s'est jamais prétendu "prêtre" et n'a jugé personne ?  

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Un article qui aurait pu aussi bien porter sur la baisse du nombre d'enfants baptisés, la diminution des mariages religieux, la moyenne d'âge des pratiquants, l'effondrement de la confession, la chute des effectifs du catéchisme... pour arriver toujours à la même conclusion. Une remarque au passage : historiquement, après la Révolution, l'Eglise du XIXe siècle avait reconstitué avec un succès éclatant son clergé paroissial et son influence "spirituelle", notamment grâce à la multiplications des fondations religieuses (surtout féminines) ; or, il n'en est strictement rien resté ni rien résulté, puisque la seconde et la troisième sécularisation ont une fois de plus tout emporté sur leur passage. Aujourd'hui, la communauté Saint-Martin  prend le relais des espoirs des "observants" comme autrefois. Pourtant, la figure du fondateur, l'abbé J-F Guérin et celui de son entourage (qui mériteraient une petite étude iniversitaire sérieuse) n'est pas un gage d'avenir. Cette fondation est un succès surgi au bord du chemin, comme ces longues herbes  qui sècheront avec le soleil et le manque d'eau. L'Occident chrétien, ou plus exactement, pour dire les choses simplement, la techno structure cléricale et sacramentelle, est historiquement datée. 
 

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René, comme votre texte rejoint les réflexions de Paule autour de l'évangile qui annonce l'effondrement du temple devant des apôtres presque terrifiés devant cette annonce!
Le concile aurait été la cause de cet effondrement? Personnellement, je pense que c'est l'immobilisme de l'Eglise qui l'a provoqué. Le Concile est coupable de n'avoir pas osé aller plus loin.
Moi, une femme, je pense que chaque personne, homme ou femme qui a été baptisé, est appelé a devenir prêtre, prophète et roi ou reine. Chaque baptisé (e), homme ou femme, est appelé (e) à "célébrer" l'amour de Dieu pour l'humanité par ses paroles et ses gestes. Chaque baptisé (e), homme ou femme, est appelé (e) à annoncer de double commandement d'amour autour de lui, là où il ou elle vit. Chaque baptisé (e), homme ou femme, est le maître ou maîtresse de sa propre vie, libre et responsable de ses propres choix.
Pour moi, ces réalités sont une évidence indéniable. Lorsque des hommes les nient, à mes yeux, ils nient les paroles mêmes du Christ. C'est pour cela que je ne me positionne plus en tant que "catholique" mais uniquement comme chrétienne. Ou pour faire de l'humour, je suis une catholique qui proteste en tenant des propos pas très orthodoxes aux yeux de ceux qui sont frileux, qui ont peur que leur temple s'effondre comme dans l'Evangile.
Nos évêques sont plein de bonnes volontés et de foi, je l'admets. Mais je crois qu'il vaudrait mieux qu'ils passent plus de temps à annoncer le Dieu de Jésus-Christ dans leur diocèse. Il vaudrait mieux qu'ils passent plus de temps à aimer leur prochain et surtout leurs prochaines plutôt qu'à se retrouver entre eux à se demander se qu'ils doivent faire ou dire....

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     Quelle joie d’apprendre que la Conférence des évêques de France se saisit enfin d’une réflexion commune sur le « sacerdoce commun des baptisés »! Depuis plus de 50 ans, les Pères du concile Vatican II avaient ouvert la porte. 

     Toute ma vie (de septuagénaire) j’ai entendu nos prêtres nous inviter à prier pour les vocations ( sacerdotales, le plus souvent) et, enfin, Mgr Eychenne ose dire publiquement (prudemment, sous forme interrogative) « N’est-ce pas Dieu qui a choisi de nous envoyer moins de prêtres? »

    Que de temps de discernement nécessaire pour arriver à une évidence si l’on croit réellement à l’efficacité de la prière en sachant que Dieu ne donne pas nécessairement la réponse que nous attendons! Peut-être, aussi, beaucoup de temps pour se rendre à l’évidence des faits: de moins en moins de prêtres mais de plus en plus de laïcs formés et disponibles.

    Et l’on évoque enfin (toujours sous forme interrogative) le mauvais usage des prêtres! Evidemment, nous ne vivons plus comme au temps du concile de Trente et, là encore le concile de Vatican II ouvrait les yeux de ceux qui veulent bien voir. Le baptême n’est-il pas le premier des sacrements( fondamentalement au plan théologique, et statistiquement au plan démographique). N’est-il pas aussi le sacrement universel des chrétiens ouvrant la porte à l’oecuménisme pratique auquel nous invite notre pape François?

    Certes, je n’ignore pas le nombre des laïcs engagés dans différents services d’Eglise et à tous niveaux mais, force est de constater qu’il s’agit, le plus souvent de pallier le nombre des prêtres et, dans tous les cas cela dépend entièrement de la bonne volonté  ou de l'autoritarisme de tel ou tel prêtre ou évêque. Il est donc tout à fait réjouissant de voir les évêques, dans leur ensemble, se saisir de la question. Et il est tout à fait normal, dans une perspective d’ecclésiologie pratique, que ce soit ni à Rome, ni au niveau diocésain ou paroissial, mais au niveau des Conférences épiscopales que s’exerce cette réflexion. En effet, la réponse doit nécessairement varier selon les situations locales, démographiques, historiques et culturelles. Elle ne doit pas, pour autant, être laissée au bon vouloir individuel des clercs. Surtout, elle ne doit pas être une solution de secours, faute de « mieux ». 

    Parallèlement, c’est une réflexion sur les missions presbytérales qui doit être menée et c’est l’articulation, l’harmonie, des ministères qui doit être pensée pour que l’évangile soit vécu au sein de nos institutions et services.

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     Quelle joie d’apprendre que la Conférence des évêques de France se saisit enfin d’une réflexion commune sur le « sacerdoce commun des baptisés »! Depuis plus de 50 ans, les Pères du concile Vatican II avaient ouvert la porte. 

     Toute ma vie (de septuagénaire) j’ai entendu nos prêtres nous inviter à prier pour les vocations ( sacerdotales, le plus souvent) et, enfin, Mgr Eychenne ose dire publiquement (prudemment, sous forme interrogative) « N’est-ce pas Dieu qui a choisi de nous envoyer moins de prêtres? »

    Que de temps de discernement nécessaire pour arriver à une évidence si l’on croit réellement à l’efficacité de la prière en sachant que Dieu ne donne pas nécessairement la réponse que nous attendons! Peut-être, aussi, beaucoup de temps pour se rendre à l’évidence des faits: de moins en moins de prêtres mais de plus en plus de laïcs formés et disponibles.

    Et l’on évoque enfin (toujours sous forme interrogative) le mauvais usage des prêtres! Evidemment, nous ne vivons plus comme au temps du concile de Trente et, là encore le concile de Vatican II ouvrait les yeux de ceux qui veulent bien voir. Le baptême n’est-il pas le premier des sacrements( fondamentalement au plan théologique, et statistiquement au plan démographique). N’est-il pas aussi le sacrement universel des chrétiens ouvrant la porte à l’oecuménisme pratique auquel nous invite notre pape François?

    Certes, je n’ignore pas le nombre des laïcs engagés dans différents services d’Eglise et à tous niveaux mais, force est de constater qu’il s’agit, le plus souvent de pallier le nombre des prêtres et, dans tous les cas cela dépend entièrement de la bonne volonté  ou de l'autoritarisme de tel ou tel prêtre ou évêque. Il est donc tout à fait réjouissant de voir les évêques, dans leur ensemble, se saisir de la question. Et il est tout à fait normal, dans une perspective d’ecclésiologie pratique, que ce soit ni à Rome, ni au niveau diocésain ou paroissial, mais au niveau des Conférences épiscopales que s’exerce cette réflexion. En effet, la réponse doit nécessairement varier selon les situations locales, démographiques, historiques et culturelles. Elle ne doit pas, pour autant, être laissée au bon vouloir individuel des clercs. Surtout, elle ne doit pas être une solution de secours, faute de « mieux ». 

    Parallèlement, c’est une réflexion sur les missions presbytérales qui doit être menée et c’est l’articulation, l’harmonie, des ministères qui doit être pensée pour que l’évangile soit vécu au sein de nos institutions et services.