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	<title>Conférence catholique des Baptisé-e-s de France &#187; Dans la presse</title>
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		<title>L’Église est-elle encore influente ?</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Apr 2010 14:30:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans la presse]]></category>
		<category><![CDATA[convictions et réflexions]]></category>

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		<description><![CDATA[  
Poursuivant  son enquête, Témoignage Chrétien continue de donner la parole à des &#171;&#160;intellectuels, religieux et  responsables associatifs, croyants ou non&#160;&#187;, afin qu&#8217;ils &#171;&#160;donnent leur point de  vue&#160;&#187;. Ne pouvant naturellement pas toutes les relayer (vous trouverez toutes ces contributions sur le site du journal Témoignage Chrétien), mais après celle d&#8217;Agnès [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #0000ff;"> </span><img class="aligncenter" src="http://www.temoignagechretien.fr/images/temoignage-chretien.jpg" alt="" width="990" height="124" /><span style="color: #0000ff;"><em> </em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Poursuivant  son enquête, Témoignage C</em></span><span style="color: #0000ff;"><em>hrétien continue de donner la parole à des &laquo;&nbsp;intellectuels, religieux et  responsables associatifs, croyants ou non&nbsp;&raquo;, afin qu&#8217;ils &laquo;&nbsp;donnent leur point de  vue&nbsp;&raquo;. Ne pouvant naturellement pas toutes les relayer (vous trouverez toutes ces contributions sur le site du journal <a href="http://www.temoignagechretien.fr/rubriques_editoriales/rubriques.aspx?Clef_RUBRIQUES_EDITORIALES=4">Témoignage Chrétien</a>), mais après celle d&#8217;Agnès Rochefort-Turquin sur le piège de la puissance, je vous signale tout de même </em></span><span style="color: #0000ff;"><em>la  <a href="http://www.temoignagechretien.fr/articles/article.aspx?Clef_ARTICLES=1780&amp;Clef_RUBRIQUES_EDITORIALES=4">treizième </a></em></span><span style="color: #0000ff;"><em><a href="http://www.temoignagechretien.fr/articles/article.aspx?Clef_ARTICLES=1780&amp;Clef_RUBRIQUES_EDITORIALES=4">intervention</a>, celle de Christine Pedotti. Elle nous exprime comment la perte d&#8217;influence de l&#8217;Eglise peut être une bonne nouvelle si, en nous conduisant sur le chemin d&#8217;un dénuement évangélique, elle rend à nouveau possible l&#8217;espérance de pouvoir &laquo;&nbsp;dire en vérité l&#8217;Église, c&#8217;est nous&nbsp;&raquo;. Peut-être que nous pouvons y voir le même écho que l&#8217;ancien maitre général des dominicains, Timothy Radcliffe exprimait à la fin de <a href="http://www.baptises.fr/actualite/cette-crise-peut-etre-salutaire/">son propos au clergé de Dublin</a> : &laquo;&nbsp;de façon douloureuse, le Seigneur détruit nos tours altières et nos prétentions à la gloire et à la grandeur <span style="text-decoration: underline;">pour pouvoir établir sa maison avec nous</span>&nbsp;&raquo; <strong>. </strong>Un écho qui nous parvenait déjà depuis l&#8217;année dernière avec l&#8217;interview de <a href="http://www.baptises.fr/en-debat/la-vie-paroissiale-diocesaine-etc/declaration-de-mgr-albert-rouet/">Mgr Albert Rouet sur Radio Accord</a> :<strong> </strong></em></span><span style="color: #0000ff;"><em>&laquo;&nbsp;La crédibilité ne se décrète pas. Par  conséquent, la crédibilité ne se retrouvera que par  l’humilité de  partager la vie des hommes, en étant à leur écoute, que par le partage  de leurs peines, que par le désir de partager avec eux notre espérance  et de les aider à se mettre debout. Il n’y a pas d’autres moyens que  Nazareth, que de cheminer comme le Christ sur les routes de  Galilée. Il  n’y a pas d’autres moyens que le partage de la fragilité humaine. C’est  en devenant  frères que les chrétiens deviennent crédibles.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Oui,  l’Église perd de l’influence, et c’est une très bonne nouvelle !  C’est d’abord une bonne nouvelle pour moi qui suis une femme. J’ai  suffisamment constaté à mes dépens et aux dépens de mes sœurs en  humanité à quel point l’Église a pesé et pèse encore de tout son poids  pour maintenir autant qu’il est possible une logique patriarcale,  c’est-à-dire la mainmise des hommes sur le corps des femmes, et au-delà  de leur corps, sur leur esprit, sur leur liberté.</p>
<p>La dernière trouvaille étant le discours différentialiste, cette  escroquerie intellectuelle qui se résume in fine à la vieille blague de  Coluche selon laquelle « certains sont plus égaux que d’autres ».</p>
<p>Cette raison seule suffirait à me réjouir, mais j’en ai d’autres. Car je  ne suis pas de celles qui cultivent la nostalgie d’une chrétienté  idéale, belle comme une image pieuse, où l’Église, puissance de paix et  de charité, institue la Trêve de Dieu, porte secours aux pauvres et aux  ma­lades et guide la sagesse de saint Louis.</p>
<p>Sans reculer jusqu’aux croisades, sans pointer les bûchers, je  m’interroge. Que disait l’Église quand tant d’hommes, de femmes et  d’enfants étaient jetés dans la tourmente déshumanisante de  l’industrialisation au XIXe siècle ? Que faisait-elle quand des milliers  d’esclaves étaient traités moins bien que des animaux ? A-t-elle pris  le risque de protester contre le sort fait aux juifs par la folie nazie ?</p>
<p>Oh, certes, il y a des chrétiens  pour se dresser au nom de l’Évangile, des saints et des héros ; saint  Vincent de Paul, saint Jean-Baptiste de la Salle, Anne-Marie Javouhey,  le père Damien, Albert de Mun, Messeigneurs Saliège et Piguet, l’Abbé  Pierre et Madeleine Delbrêl, pour ne citer que quelques noms parmi la  foule innombrable de ceux et celles qui ont mis la charité avant tout.</p>
<p>On a beau jeu, après coup, de porter au crédit de l’Église les œuvres  des meilleurs de ses fils et de ses filles, lesquels ont pourtant été le  plus souvent considérés, en leur temps, comme des fauteurs de désordre.<br />
 Car hélas, l’Église, dans son expression institutionnelle, est un  pouvoir qui naturellement s’allie avec les pouvoirs. Les exemples  historiques sont si nombreux, si convergents, qu’il est impossible de  les citer. Tout au plus peut-on signaler quelques rares et brefs  contre-exemples, comme l’Église brésilienne, qui fut pendant une  vingtaine d’années, résolument du côté des plus pauvres, jusqu’à ce que  Rome « remette de l’ordre ».</p>
<p>Alors si l’Église perd de l’influence, je n’hésite pas à répéter que je  m’en réjouis. Et je redoute que certains veuillent transformer l’Église  en un lobby dont la première fonction serait de défendre les intérêts de  la « communauté » catholique, de promouvoir son identité et de  combattre pour ses valeurs.</p>
<p>La première fonction de l’Église  n’est pas d’être une communauté, au sens contemporain du terme mais une  communion. Une communion ne défend pas ses intérêts, elle s’ouvre,  accueille, incorpore. Elle ne promeut pas un « être entre soi » mais  « un être ensemble » le plus étendu possible ( jusqu’aux extrémités de  la Terre, et à travers les siècles ).</p>
<p>Quant aux « valeurs », pourquoi faudrait-il à toute force les inscrire  dans la loi civile à défaut de pouvoir les graver dans les cœurs ?</p>
<p>Réécoutons nos prédécesseurs, les disciples, qui avaient les mêmes  illusions que nous : « Quand donc restaureras-tu la royauté en Israël ? »  Eux aussi rêvaient d’influence, de position de force. Pour toute  réponse, ils eurent le Christ nu, en croix.</p>
<p>Je rêve, j’espère, je prie pour  que vienne un jour où l’Église acceptera le dénuement. Quand elle ne  sera plus du tout une puissance, peut-être pourra-t-elle espérer être  fidèle à son Seigneur. Avec lui et en lui, elle sera une simple  présence. Elle sera à sa place, à genoux aux pieds du monde, comme le  Christ lui en laisse le commandement.</p>
<p>Mais cela ne se fera pas sans que nous d’abord, les fidèles du Christ,  soyons humblement au service de nos frères et sœurs humains. Alors, nous  pourrons dire en vérité : l’Église, c’est nous.</p>
<p>Christine Pedotti</p>
]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Lettre de Hans Küng aux évêques du monde entier</title>
		<link>http://www.baptises.fr/dans-la-presse/lettre-de-hans-kung-aux-eveques-du-monde-entier/</link>
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		<pubDate>Sat, 17 Apr 2010 12:15:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Dans la presse]]></category>

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		<description><![CDATA[Le 16 avril dernier, Hans Küng a fait parvenir aux évêques du monde entier une lettre ouverte qui nous avait été signalé par l&#8217;une d&#8217;entre nous, depuis le Brésil. Elle vient d&#8217;être publiée en intégralité sur le site du journal Le Monde (lettre dans son intégralité), daté du 17 avril 2010.
 
 De cette longue [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="color: #0000ff;">Le 16 avril dernier, Hans Küng a fait parvenir aux évêques du monde entier une lettre ouverte qui nous avait été signalé par l&#8217;une d&#8217;entre nous, depuis le Brésil. Elle vient d&#8217;être publiée en intégralité sur le site du journal Le Monde (<a href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/04/17/cinq-annees-pour-benoit-xvi-une-crise-de-confiance-historique-par-hans-kung_1335032_3232.html#xtor=AL-32280270">lettre dans son intégralité</a>), daté du 17 avril 2010.<br />
 </span></em></p>
<p><em><span style="color: #0000ff;"> De cette longue lettre, nous ne rapporterons ici que les propositions finales, qui consistent à supplier les évêques de ne pas se taire, à les inviter à prendre des décisions collégiales et surtout, à appeler la convocation d’un concile.</span></em></p>
<p><em><span style="color: #0000ff;">Anne<br />
 </span></em></p>
<p><em><img class="aligncenter" src="http://blog.camera.org/archives/HansKung.jpe" alt="" width="189" height="206" /><br />
 </em></p>
<p><em>J</em>e voudrais seulement avancer six propositions dont je suis convaincu qu&#8217;elles recevraient le soutien de millions de catholiques qui n&#8217;ont actuellement pas voix au chapitre :</p>
<ol>
<li>En finir avec la loi du      silence : en choisissant le silence, les évêques se rendent complices      de dérives bien graves et nombreuses. Or là où ceux-ci tiennent les      règlements, dispositions et mesures en vigueur pour contre-productives,      mieux vaut dire publiquement les choses. Pas d&#8217;adresses de dévouement à      Rome, mais des exigences de réforme !</li>
<li>Prendre les réformes en      main : ils sont nombreux dans l&#8217;Eglise et dans l&#8217;épiscopat à se      plaindre de Rome sans rien faire eux-mêmes. Mais quand on en arrive à une      situation où le service divin est déserté, le pastorat dépourvu de moyen,      quand on s&#8217;ouvre de moins en moins à la misère du monde, et que le      rapprochement œcuménique est réduit à sa plus simple expression, il est      trop facile de mettre tout sur le dos de Rome. Evêque, prêtre ou laïc, que      chacun dans sa sphère d&#8217;influence, grande ou petite, apporte sa pierre à      la revitalisation de l&#8217;Eglise. Bien des accomplissements dans les      paroisses et dans l&#8217;ensemble de l&#8217;Eglise sont mis en branle à l&#8217;initiative      d&#8217;individus ou de petits groupes. En tant que tels, les évêques doivent soutenir      et encourager de telles initiatives et, particulièrement en ce moment,      répondre aux plaintes justifiées des croyants.</li>
<li>Aller de l&#8217;avant      collégialement : le concile, après de vifs débats et en dépit de      l&#8217;opposition constante de la Curie, a décrété la collégialité du pape et      des évêques, décision qui allait dans le sens de l&#8217;histoire apostolique,      où Pierre ne faisait rien sans consulter le Collège des apôtres. Mais les      papes et la Curie ont, dans la période post-conciliaire, fait fi cette      décision essentielle du concile. Depuis que Paul VI, deux ans à peine      après Vaticant II, et sans consultation de l&#8217;épiscopat, a publié une      encyclique en faveur de la règle controversée du célibat, l&#8217;administration      et la politique pontificale se sont remises à fonctionner sur le mode le      moins collégial qui soit. Jusqu&#8217;à présent, en matière de liturgie, le pape      agit en monarque absolu, et les évêques dont il aime à s&#8217;entourer sont      comme des figurants, sans droit ni voix. Voilà pourquoi ceux-ci ne doivent      pas seulement réagir au niveau individuel, mais entreprendre des actions      en commun avec les autres prélats, prêtres, et tout le peuple qui      constitue l&#8217;Eglise, hommes et femmes confondus.</li>
<li>La soumission totale n&#8217;est due      qu&#8217;à Dieu seul : lors de leur intronisation, les évêques font vœu      d&#8217;obéissance absolue au pape. Mais une obéissance totale n&#8217;est jamais due      à une autorité humaine, mais à Dieu seul. Ces vœux ne doivent donc pas      interdire de dire la vérité sur la crise que traverse l&#8217;Eglise, les      diocèses, les territoires. Les évêques ne feront que suivre l&#8217;exemple de      l&#8217;apôtre Paul qui résista à Pierre <em>&laquo;&nbsp;en face, parce qu&#8217;il s&#8217;était      donné tort&nbsp;&raquo;</em> (Galates 2, 11) ! Une pression sur la hiérarchie      romaine exercée dans un esprit fraternel et chrétien peut s&#8217;avérer      légitime, dès lors que cette hiérarchie s&#8217;écarte de l&#8217;esprit évangélique      et de sa mission. La liturgie en langue vernaculaire, la modification du      droit des mariages interreligieux, l&#8217;affirmation de la tolérance, de la      démocratie, des droits de l&#8217;homme, de l&#8217;œcuménisme et tant d&#8217;autres choses      ne seront acquises qu&#8217;au prix d&#8217;une pression opiniâtre de la base.</li>
<li>Résoudre les problèmes au      niveau local : au Vatican, on se bouche souvent les oreilles devant      les demandes justifiées de l&#8217;épiscopat, de la prêtrise et du laïcat. C&#8217;est      une raison de plus pour mettre en pratique intelligemment des solutions      régionales ou locales aux problèmes qui se posent. Un de ceux-là,      particulièrement sensible, est celui du célibat, qui, justement dans le      contexte des scandales d&#8217;abus sexuels, vient tout naturellement à l&#8217;ordre      du jour un peu partout. Changer les choses contre la volonté de Rome      semble presque impossible. On n&#8217;en est pas condamné pour autant à la      passivité : un prêtre qui après mûre réflexion pense se marier ne      devrait pas ipso facto être déchu de son ministère, surtout si son évêque      et sa paroisse sont avec lui. Peut-être quelques conférences épiscopales      pourraient-elles prendre les devants au niveau régional. Mais rien ne vaut      une solution globale. C&#8217;est pourquoi :</li>
<li>Il faut exiger un concile :      de même qu&#8217;il a fallu convoquer un concile pour réformer la liturgie et      promouvoir la tolérance, l&#8217;œcuménisme et le dialogue interreligieux, de      même le caractère désormais urgent du problème de la réforme en requiert      un autre.</li>
</ol>
<p>Le concile de Constance, un siècle avant la Réforme, s&#8217;était prononcé pour une convocation quinquennale des conciles, ce que la Curie romaine s&#8217;est empressé de mettre sous le boisseau. Nul doute que celle-ci fera aujourd&#8217;hui encore tout son possible pour empêcher un nouveau concile qui pourrait avoir pour effet de limiter son pouvoir. C&#8217;est donc la responsabilité des évêques d&#8217;en imposer la réunion, ou du moins de celle d&#8217;une assemblée épiscopale représentative.</p>
<p>Face à la crise que vit l&#8217;Eglise, j&#8217;adjure les évêques de mettre dans la balance le poids de leur autorité épiscopale réévaluée par le concile. Dans cette situation abyssale, les yeux du monde sont tournés vers eux. Un nombre inimaginable de gens ont perdu confiance en l&#8217;Eglise catholique. Seul un abord ouvert et franc des problèmes et des réformes que ceux-ci impliquent est en mesure de la restaurer. Je demande, avec tout le respect qui est dû aux évêques, qu&#8217;ils y contribuent, autant que possible en commun mais, si nécessaire, aussi seuls, <em>&laquo;&nbsp;avec assurance&nbsp;&raquo;</em> (Actes des apôtres 4, 29-31). Ainsi adresseront-il aux fidèles un signe d&#8217;espérance et d&#8217;encouragement, et à notre Eglise, une perspective de salut.</p>
<p>Hans Küng</p>
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		<item>
		<title>Face aux abus sexuels, la désolation et le pardon du pape ne suffisent pas.</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Apr 2010 12:50:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Dans la presse]]></category>

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		<description><![CDATA[Ne pas s&#8217;engager à faire changer les modes de gouvernance dans l&#8217;Eglise,  c&#8217;est ouvrir la porte à l&#8217;emballement des accusations et des fausses  justifications, à l&#8217;enchaînement des rancœurs sordides, à la désignation  de boucs émissaires, écrivent vingt-cinq personnalités dans un article publié dans le journal Le Monde daté du 10 avril 2010.


Devant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #0000ff;"><em>Ne pas s&#8217;engager à faire changer les modes de gouvernance dans l&#8217;Eglise,  c&#8217;est ouvrir la porte à l&#8217;emballement des accusations et des fausses  justifications, à l&#8217;enchaînement des rancœurs sordides, à la désignation  de boucs émissaires, écrivent vingt-cinq personnalités dans un article publié dans le journal <a href="http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2010/04/09/face-aux-abus-sexuels-la-desolation-et-le-pardon-du-pape-ne-suffisent-pas_1331295_3232.html">Le Monde daté du 10 avril 2010</a>.</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #0000ff;"><em><img class="aligncenter" src="http://www.lemonde.fr/image/2010/04/05/300x200_1555518_0_ac81_ill-1329095-864f-pape0504.jpg" alt="" width="300" height="200" /><br />
</em></span></p>
<p>Devant les actes de  pédophilie dont se sont rendus coupables des  prêtres catholiques, dans  plusieurs pays du monde, devant la souffrance  des nombreuses victimes et  de leur famille, devant l&#8217;indignation que  suscitent les révélations qui  se succèdent, nous ne pouvons rester  silencieux. Ces drames nous  blessent et nous indignent. Mais nous ne  pouvons nous contenter des  déclarations des autorités institutionnelles  de l&#8217;Eglise. Il ne suffit  pas que Benoît XVI écrive, comme il l&#8217;a fait  aux évêques d&#8217;Irlande,  qu&#8217;il partage le désarroi et le sentiment de  trahison que de tels actes  inspirent. Il ne suffit pas qu&#8217;il dise qu&#8217;il  est <em>&laquo;&nbsp;vraiment désolé&nbsp;&raquo;.</em></p>
<div>
<div id="pubOAS_middle">
<script type="text/javascript">// <![CDATA[
if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD('x40')} else {OAS_AD('Middle')}
// ]]&gt;</script>
</div>
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   MIA.Pub.OAS.events["pubOAS_middle"] = "pubOAS_middle";
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<script type="text/javascript">// <![CDATA[
init_boite_meme_sujet = function()
{</p>
<p>if ( "undefined" != typeof MIA &#038;&#038; "undefined" != typeof MIA.Ensemble &#038;&#038; ("undefined" == typeof MIA.Ensemble.initEventLoaded || !MIA.Ensemble.initEventLoaded) )
{
   var ensemble_id_defaut = 647065;</p>
<p>   var hash_url = window.location.hash;
   var re = /^#(.*)ens_id=(\d+)[^\d]*.*$/;
   var ensemble_id_url = hash_url.replace(re, "$2");</p>
<p>   if ( ensemble_id_url &#038;&#038; ensemble_id_url != hash_url )
      MIA.Ensemble.ensembleId = ensemble_id_url
   else
      if ( ensemble_id_defaut )
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<p>   if ( "" != "A LIRE AUSSI" )
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<p>if(window.addEventListener )
   window.addEventListener('load', init_boite_meme_sujet, false);
else
   window.attachEvent('onload', init_boite_meme_sujet);
// ]]&gt;</script>
</div>
<p>Il est certes nécessaire qu&#8217;il s&#8217;adresse avec fermeté à  ceux qui se  sont rendus coupables de tels actes, nécessaire également  qu&#8217;il  reproche aux responsables de l&#8217;Eglise leurs manquements dans le   traitement de ces affaires. C&#8217;est bien le moins qu&#8217;il puisse faire.   Cependant, c&#8217;est passer sous silence&#8230; le silence qui a très longtemps   accompagné ces situations. Elles ne sont pas nouvelles. Bien avant que   nos sociétés ne se soient fortement sécularisées, de tels actes ont été   commis, et la littérature en témoigne largement. Mais il était d&#8217;usage   parmi les chrétiens de ne rien dire, de détourner les yeux, de ne rien   ébruiter en espérant que le linge sale serait lavé en famille par ceux   qui exerçaient l&#8217;autorité.</p>
<p>Non seulement on a longtemps considéré  que ces affaires ne  relevaient pas de la justice civile, mais encore on  ne demandait jamais  ce qu&#8217;il en était de la justice ecclésiastique.  Cette dernière  s&#8217;exerçait dans le secret, mais abandonnait du même coup  deux des  fonctions essentielles de toute véritable justice, celle  d&#8217;intervenir  devant le peuple &#8211; en le représentant comme un tiers entre  la victime  et les coupables &#8211; et celle de l&#8217;exemplarité de la peine en  vue de  dissuader d&#8217;autres fautifs potentiels.</p>
<p>Dans de telles  conditions, faute de manifester publiquement la  réparation exigée du  coupable, le pardon finit par être dénaturé parce  qu&#8217;il ne peut  s&#8217;exercer dans la clarté. De surcroît, quand on sait que  souvent les  abuseurs ont été eux-mêmes abusés dans leur enfance, sans  que leur  soient donnés les moyens de reconstruire en eux ce que le  crime a  détruit, ce silence apparaît comme un facteur constitutif de la   possibilité de nouveaux drames&#8230;</p>
<p>Ce silence n&#8217;est pas seulement  le fait de l&#8217;institution. C&#8217;est aussi  celui des chrétiens ordinaires,  qui n&#8217;ont pas toujours tout ignoré de  ce qui se passait dans telle ou  telle paroisse, dans telle ou telle  école, dans tel ou tel mouvement.  Certes, ils étaient aussi victimes du  statut de &laquo;&nbsp;mineur&nbsp;&raquo; dans lesquels  les a entretenus la société  cléricale. Mais cela n&#8217;empêche pas que nous  portons tous une part de la  faute.</p>
<p>On aurait tort d&#8217;isoler les  actes pédophiles de toute une série de  comportements qui ont  profondément blessé nombre de personnes,  notamment des pratiques  intrusives sinon inquisitoriales, et  culpabilisantes dans l&#8217;exercice du  sacrement de pénitence. Des enfants  et adolescents ont pu en être  profondément troublés à des âges où se  forme la personnalité intime et  l&#8217;on sait à quels drames peuvent  conduire ce que des psychanalystes  appellent des &laquo;&nbsp;meurtres d&#8217;âme&nbsp;&raquo;. Des  couples aussi en ont profondément  souffert. C&#8217;est en fait tout un  rapport à la sexualité, dans l&#8217;Eglise  catholique, qui doit être  interrogé, dans ce qu&#8217;il a parfois,  paradoxalement, de pornographique,  par une fixation obsessionnelle sur  le sexe comme objet.</p>
<p>Plus largement, ce sont aussi, dans  l&#8217;exercice de l&#8217;autorité et de  la responsabilité, des comportements qui  ressortissent du fantasme de  toute-puissance, qui ont blessé et  continuent d&#8217;offenser, faute de  reconnaître l&#8217;autre comme une personne à  part entière, pour le tenir  dans une position de mineur. Comment ne pas  voir que ce tissu de  comportements est un des grands obstacles à la  transmission de la foi ?  Comment ne pas voir qu&#8217;il jette un voile sur la  &laquo;&nbsp;parole de vie&nbsp;&raquo; dont  l&#8217;Eglise &laquo;&nbsp;peuple de Dieu&nbsp;&raquo; est en charge ?</p>
<p>Nous  ne pouvons pas nous laver les mains de cet état de fait. Nous  avons été  à la fois victimes et participants de ce qu&#8217;il faut bien  appeler &laquo;&nbsp;une  structure de péché&nbsp;&raquo;. Certes, il y a des fautes et des  crimes précis &#8211; et  il importe absolument d&#8217;une part qu&#8217;ils soient  examinés par la justice  civile, et d&#8217;autre part que la justice  ecclésiastique les sanctionne  publiquement &#8211; et il n&#8217;est pas question  de les faire disparaître dans  une forme de responsabilité collective.  Cependant le péché de l&#8217;Eglise  et de ses serviteurs, nous devons tous y  faire face.</p>
<p>Parce que  nous voulons vivre pleinement notre baptême, nous  entendons assumer  notre responsabilité de membres de l&#8217;Eglise. Dans ce  drame, nous sommes  solidaires : la honte de l&#8217;Eglise est la nôtre, et  il importe, pour en  finir avec le silence et la perversité qui s&#8217;y  dissimule, que nous ne  nous contentions pas du pardon des évêques et de  la désolation du pape.</p>
<p>Il  importe que nous, catholiques, en demandions aussi pardon &#8211; au  nom de  toute l&#8217;Eglise, parce que nous sommes l&#8217;Eglise -, aux victimes.  Alors,  pour tous ceux qui voient dans ces crimes des raisons de douter  que le  Christ est lui-même amour, vérité, liberté et justice, pourra  s&#8217;ouvrir  de nouveau la possibilité de l&#8217;accueillir comme authentique  sauveur.</p>
<p>Ne  pas avoir le courage de demander pardon, et ne pas s&#8217;engager à  faire  changer les modes de gouvernance dans l&#8217;Eglise, c&#8217;est ouvrir la  porte à  l&#8217;emballement des accusations et des fausses justifications, à   l&#8217;enchaînement des rancoeurs sordides, à la désignation de boucs   émissaires&#8230;</p>
<p>Les yeux fixés sur le Christ, nous demandons pardon  aux victimes.  Après qu&#8217;un tel mal a été commis, lui seul peut aider à  trouver les  chemins de la vérité, de la justice et de la paix.</p>
<hr />
<p><strong>Jean-François  Bouthors</strong>, éditeur et écrivain ;<br />
 <strong>Christine  Pedotti<img id="__skype_nh_node_id_18" onmouseover="__skype_nh_icon_mouseOver(this);" onmouseout="__skype_nh_icon_mouseOut(this);" src="chrome://skype_ff_toolbar_win/content/icons/icon_offline.png" border="none" alt="" /></strong>,  éditeur, écrivain et cofondatrice de la  Conférence des Baptisé-e-s et  du Comité de la Jupe ;<br />
 <strong>Anne Soupa<img id="__skype_nh_node_id_19" onmouseover="__skype_nh_icon_mouseOver(this);" onmouseout="__skype_nh_icon_mouseOut(this);" src="chrome://skype_ff_toolbar_win/content/icons/icon_offline.png" border="none" alt="" /></strong>,  rédactrice en chef de <em>Biblia</em>,  cofondatrice de la Conférence des  Baptisé-e-s et du Comité de la Jupe ;<br />
 <strong>Guy Aurenche</strong>, avocat et  président du Comité catholique contre  la faim et pour le développement ;<br />
 <strong>Jean-Pierre Rosa</strong>, éditeur ;<br />
 <strong>Gabriel Ringlet</strong>,  théologien et vice-recteur émérite de la  faculté de Louvain ;<br />
 <strong>Gilbert  Caffin</strong>, oratorien et théologien  ;<br />
 <strong>Bernard Perret</strong>,  économiste ;<br />
 <strong>Monique Hébrard</strong>,  écrivain et chroniqueuse à <em>La  Croix</em> ;<br />
 <strong>Mijo Beccaria</strong>,  présidente du Bureau  international catholique de l&#8217;enfance ;<br />
 <strong>Jean  Delumeau</strong>,  historien ;<br />
 <strong>René Poujol</strong>, ancien directeur de  la rédaction du <em>Pèlerin</em> ;<br />
 <strong>François Vaillant</strong>,  philosophe et théologien ;<br />
 <strong>François  Euvé</strong>, doyen de la  faculté de théologie du Centre Sèvres ;<br />
 <strong>Dominique  Chivot</strong>,  journaliste ;<br />
 <strong>Claude Plettner</strong>, écrivain et  éditeur ;<br />
 <strong>Jean-Claude  Petit</strong>, président du Centre national de  la presse catholique ;<br />
 <strong>Daniel  Duigou</strong>, prêtre, psychanalyste  et écrivain ;<br />
 <strong>Henri Madelin</strong>,  théologien ;<br />
 <strong>Helena  Lassida</strong>, économiste ;<br />
 <strong>Catherine  Grémion</strong>, sociologue ;<br />
 <strong>Henri Tincq</strong>, journaliste ;<br />
 <strong>André  Gouzes</strong>, théologien ;<br />
 <strong>Gérard Testard</strong>, responsable  d&#8217;association ;<br />
 <strong>Aimé Savard</strong>,  journaliste.</p>
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		<title>Samedi saint : une interview de mgr Albert Rouet</title>
		<link>http://www.baptises.fr/dans-la-presse/samedi-saint-une-interview-de-mgr-albert-rouet/</link>
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		<pubDate>Sat, 03 Apr 2010 14:48:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Dans la presse]]></category>

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		<description><![CDATA[
En ce jour et dans ce temps de silence du samedi saint, juste avant de guetter cette nuit l&#8217;aurore de Pâques, une interview de mgr Albert Rouet dans le journal Le Monde de ce jour mérite que l&#8217;on s&#8217;y arrête&#8230;
Archevêque de  Poitiers, Mgr Albert Rouet est l&#8217;une des figures les  plus libres de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/03/procession_d_entree_monseigneur_albert_rouet_archeveque_de_poitiers.jpg" alt="" width="272" height="293" /></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>En ce jour et dans ce temps de silence du samedi saint, juste avant de guetter cette nuit l&#8217;aurore de Pâques, une interview de mgr Albert Rouet dans le journal <a href="http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2010/04/03/l-eglise-est-menacee-de-devenir-une-sous-culture_1328305_3224.html">Le Monde</a> de ce jour mérite que l&#8217;on s&#8217;y arrête&#8230;</em></span></p>
<p><em>Archevêque de  Poitiers, Mgr Albert Rouet est l&#8217;une des figures les  plus libres de  l&#8217;épiscopat français. Son ouvrage</em><em> J&#8217;aimerais vous  dire (Bayard,  2009) est un best-seller dans sa catégorie. Vendu à  plus de 30 000  exemplaires, lauréat du Prix 2010 des lecteurs de La  Procure, ce livre  d&#8217;entretiens porte un regard assez critique sur l&#8217;Église catholique. A  l&#8217;occasion de Pâques, Mgr Rouet livre ses  réflexions sur l&#8217;actualité et  son diagnostic sur son institution :<br />
</em></p>
<div>
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<div id="pave_meme_sujet_hidden_1314763"><!--/tpl:contenu/element/ensemble/tpl-esi_sur_le_meme_sujet.html.php--><!--/lyt:lyt-vide--><!--/inc:/abonnes/element/ensemble/afficher_esi/1314763___.html--></div>
<p><!-- Fin Appel du composant: /abonnes/element/ensemble/afficher_esi/1314763___.html --></div>
<p><script type="text/javascript">// <![CDATA[
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{</p>
<p>if ( "undefined" != typeof MIA &#038;&#038; "undefined" != typeof MIA.Ensemble &#038;&#038; ("undefined" == typeof MIA.Ensemble.initEventLoaded || !MIA.Ensemble.initEventLoaded) )
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   var ensemble_id_defaut = 1314763;</p>
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   var re = /^#(.*)ens_id=(\d+)[^\d]*.*$/;
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      MIA.Ensemble.ensembleId = ensemble_id_url
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         MIA.Ensemble.ensembleId = ensemble_id_defaut</p>
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// ]]&gt;</script>
</div>
<p><strong>L&#8217;Eglise catholique est secouée depuis plusieurs  mois par la  révélation de scandales de pédophilie dans plusieurs pays  européens.  Cela vous a-t-il surpris ?</strong></p>
<p>Je voudrais d&#8217;abord  préciser une chose : pour qu&#8217;il y ait  pédophilie, il faut deux  conditions, une perversion profonde et un  pouvoir. Cela signifie que  tout système clos, idéalisé, sacralisé est  un danger. Dès lors qu&#8217;une  institution, y compris l&#8217;Eglise, s&#8217;érige en  position de droit privé,  s&#8217;estime en position de force, les dérives  financières et sexuelles  deviennent possibles. C&#8217;est ce que révèle  cette crise, et cela nous  oblige à revenir à l&#8217;Evangile ; la faiblesse  du Christ est constitutive  de la manière d&#8217;être de l&#8217;Eglise.</p>
<p>En France, l&#8217;Eglise n&#8217;a plus ce  type de pouvoir ; cela explique  qu&#8217;on est face à des fautes  individuelles, graves et regrettables, mais  que l&#8217;on ne connaît pas une  systématisation de ces affaires.</p>
<p><strong>Ces révélations surviennent  après plusieurs crises, qui ont  jalonné le pontificat de Benoît XVI. Qui  malmène l&#8217;Eglise ? </strong></p>
<p>Depuis quelque temps, l&#8217;Eglise est  battue d&#8217;orages, externes et  internes. On a un pape qui est plus  théoricien qu&#8217;historien. Il est  resté le professeur qui pense que quand  un problème est bien posé, il  est à moitié résolu. Mais dans la vie, ce  n&#8217;est pas comme cela ; on se  heurte à la complexité, à la résistance du  réel. On le voit bien dans  nos diocèses, on fait ce qu&#8217;on peut !  L&#8217;Eglise peine à se situer dans  le monde tumultueux dans lequel elle se  trouve aujourd&#8217;hui. C&#8217;est le  coeur du problème.</p>
<p>Au-delà, deux  choses me frappent dans la situation actuelle de  l&#8217;Eglise. Aujourd&#8217;hui,  on y constate un certain gel de la parole.  Désormais, le moindre  questionnement sur l&#8217;exégèse ou la morale est  jugé blasphématoire.  Questionner ne va plus de soi, et c&#8217;est dommage.  Parallèlement, règne  dans l&#8217;Eglise un climat de suspicion malsain.  L&#8217;institution fait face à  un centralisme romain, qui s&#8217;appuie sur tout  un réseau de dénonciations.  Certains courants passent leur temps à  dénoncer les positions de tel ou  tel évêque, à faire des dossiers  contre l&#8217;un, à garder des fiches  contre l&#8217;autre. Ces comportements  s&#8217;intensifient avec Internet.</p>
<p>En  outre, je note une évolution de l&#8217;Eglise parallèle à celle de  notre  société. Celle-ci veut plus de sécurité, plus de lois, celle-là  plus  d&#8217;identité, plus de décrets, plus de règlements. On se protège, on   s&#8217;enferme, c&#8217;est le signe même d&#8217;un monde clos, c&#8217;est catastrophique !</p>
<p>En  général, l&#8217;Eglise est un bon miroir de la société. Mais  aujourd&#8217;hui,  dans l&#8217;Eglise, les pressions identitaires sont  particulièrement fortes.  Tout un courant, qui ne réfléchit pas trop, a  épousé une identité de  revendication. Après la publication de  caricatures dans la presse sur la  pédophilie dans l&#8217;Eglise, j&#8217;ai eu des  réactions dignes des intégristes  islamistes sur les caricatures de  Mahomet ! A vouloir paraître offensif,  on se disqualifie.</p>
<p><strong>Le président de la conférence épiscopale,  Mgr André Vingt-Trois  l&#8217;a redit à Lourdes le 26 mars : l&#8217;Eglise de  France est marquée par la  crise des vocations, la baisse de la  transmission, la dilution de la  présence </strong><strong>chrétienne dans la  société. Comment vivez-vous cette  situation ? <br />
</strong></p>
<p>J&#8217;essaie de  prendre acte que nous sommes à la fin d&#8217;une époque. On  est passés d&#8217;un  christianisme d&#8217;habitude à un christianisme de  conviction. Le  christianisme s&#8217;était maintenu sur le fait qu&#8217;il s&#8217;était  réservé le  monopole de la gestion du sacré et des célébrations. Face  aux nouvelles  religions, à la sécularisation, les gens ne font plus  appel à ce sacré.</p>
<p>Pour  autant, peut-on dire que le papillon est &laquo;&nbsp;plus&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;moins&nbsp;&raquo; que  la  chrysalide ? C&#8217;est autre chose. Donc, je ne raisonne pas en termes  de  dégénérescence ou d&#8217;abandon : nous sommes en train de muter. Il nous   faut mesurer l&#8217;ampleur de cette mutation.</p>
<p>Prenez mon diocèse : il y  a soixante-dix ans, il comptait 800  prêtres. Aujourd&#8217;hui il en a 200,  mais il compte aussi 45 diacres et 10  000 personnes impliquées dans les  320 communautés locales que nous  avons créées il y a quinze ans. C&#8217;est  mieux. Il faut arrêter la  pastorale de la SNCF. Il faut fermer des  lignes et en ouvrir d&#8217;autres.  Quand on s&#8217;adapte aux gens, à leur manière  de vivre, à leurs horaires,  la fréquentation augmente, y compris pour  le catéchisme ! L&#8217;Eglise a  cette capacité d&#8217;adaptation.</p>
<p><strong>De  quelle manière ? </strong></p>
<p>Nous n&#8217;avons plus le personnel pour  tenir un quadrillage de 36 000  paroisses. Soit l&#8217;on considère que c&#8217;est  une misère dont il faut sortir  à tout prix et alors on va resacraliser  le prêtre ; soit on invente  autre chose. La pauvreté de l&#8217;Eglise est une  provocation à ouvrir de  nouvelles portes. L&#8217;Eglise doit-elle s&#8217;appuyer  sur ses clercs ou sur  ses baptisés ? Pour ma part, je pense qu&#8217;il faut  faire confiance aux  laïques et arrêter de fonctionner sur la base d&#8217;un  quadrillage  médiéval. C&#8217;est une modification fondamentale. C&#8217;est un  défi.</p>
<p><strong>Ce défi suppose-t-il d&#8217;ouvrir le sacerdoce aux hommes  mariés ?</strong></p>
<p>Non et oui ! Non, car imaginez que demain je puisse  ordonner dix  hommes mariés, j&#8217;en connais, ce n&#8217;est pas ça qui manque. Je  ne pourrais  pas les payer. Ils devraient donc travailler et ne seraient   disponibles que les week-ends pour les sacrements. On reviendrait alors   à une image cultuelle du prêtre. Ce serait une fausse modernité.</p>
<p>Par  contre, si on change la manière d&#8217;exercer le ministère, si son   positionnement dans la communauté est autre, alors oui, on peut   envisager l&#8217;ordination d&#8217;hommes mariés. Le prêtre ne doit plus être le   patron de sa paroisse ; il doit soutenir les baptisés pour qu&#8217;ils   deviennent des adultes dans la foi, les former, les empêcher de se   replier sur eux-mêmes.</p>
<p>C&#8217;est à lui de leur rappeler que l&#8217;on est  chrétien pour les autres,  pas pour soi ; alors il présidera  l&#8217;eucharistie comme un geste de  fraternité. Si les laïques restent des  mineurs, l&#8217;Eglise n&#8217;est pas  crédible. Elle doit parler d&#8217;adulte à  adulte.</p>
<p><strong>Vous jugez que la parole de l&#8217;Eglise n&#8217;est plus adaptée  au monde.  Pourquoi ? <br />
</strong></p>
<p>Avec la sécularisation, une &laquo;&nbsp;bulle  spirituelle&nbsp;&raquo; se développe dans  laquelle les mots flottent ; à commencer  par le mot &laquo;&nbsp;spirituel&nbsp;&raquo; qui  recouvre à peu près n&#8217;importe quelle  marchandise. Il est donc important  de donner aux chrétiens les moyens  d&#8217;identifier et d&#8217;exprimer les  éléments de leur foi. Il ne s&#8217;agit pas de  répéter une doctrine  officielle mais de leur permettre de dire  librement leur propre  adhésion.</p>
<p>C&#8217;est souvent notre manière de  parler qui ne fonctionne pas. Il faut  descendre de la montagne et  descendre dans la plaine, humblement. Pour  cela il faut un énorme  travail de formation. Car la foi était devenue  ce dont on ne parlait pas  entre chrétiens.</p>
<p><strong>Quelle est votre plus grande inquiétude pour  l&#8217;Eglise ? </strong></p>
<p>Le danger est réel. L&#8217;Eglise est menacée de  devenir une  sous-culture. Ma génération était attachée à  l&#8217;inculturation, la  plongée dans la société. Aujourd&#8217;hui, le risque est  que les chrétiens  se durcissent entre eux, tout simplement parce qu&#8217;ils  ont l&#8217;impression  d&#8217;être face à un monde d&#8217;incompréhension. Mais ce n&#8217;est  pas en accusant  la société de tous les maux qu&#8217;on éclaire les gens. Au  contraire, il  faut une immense miséricorde pour ce monde où des millions  de gens  meurent de faim. C&#8217;est à nous d&#8217;apprivoiser le monde et c&#8217;est à  nous de  nous rendre aimables.</p>
<div>
<div><strong>Propos  recueillis par Stéphanie Le Bars</strong></div>
</div>
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		</item>
		<item>
		<title>La conférence catholique des baptisé-e-s n’est pas ce que vous croyez !</title>
		<link>http://www.baptises.fr/conference-des-baptises-de-france/convictions-et-reflexions/la-conference-catholique-des-baptise-e-s-n%e2%80%99est-pas-ce-que-vous-croyez/</link>
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		<pubDate>Fri, 19 Mar 2010 22:09:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans la presse]]></category>
		<category><![CDATA[convictions et réflexions]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans une chronique du journal La Croix du 20/03/2010, page 15, 
 Monique Hébrard fait une mise au point bien nette :


&#171;&#160;La Conférence catholique des baptisé-e-s de France n&#8217;est pas ce que vous croyez !&#160;&#187;
Certains, notamment parmi les évêques et les prêtres, expriment une réticence vis-à-vis de la Conférence catholique des baptisés née lors de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #0000ff;"><em>Dans une chronique du journal La Croix du 20/03/2010, page 15, <br />
 Monique Hébrard fait une mise au point bien nette :</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #0000ff;"><em><img class="aligncenter" src="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/01/Monique.jpg" alt="" width="450" height="337" /><br />
</em></span></p>
<h2>&laquo;&nbsp;La Conférence catholique des baptisé-e-s de France n&#8217;est pas ce que vous croyez !&nbsp;&raquo;</h2>
<p><strong>Certains, notamment parmi les évêques et les prêtres, expriment une réticence vis-à-vis de la Conférence catholique des baptisés née lors de la marche du 11 octobre 2009 à Paris et dans quelques grandes villes. Double motif de soupçon : la CCBF est née du</strong> <em>« comité de la jupe »,</em> <strong>né lui-même en réaction à une phrase maladroite et offensante du cardinal André VingtTrois ; elle se nomme « conférence » comme une provocation envers la Conférence des évêques.</strong></p>
<p><strong>Ces soupçons ne sont pas fondés, je peux en témoigner ! J’étais allée moi-même à la marche du comité de la jupe du 11 octobre en me forçant un peu. Pourtant j’avais été la première à réagir</strong> <em>(Lire</em> <strong>La Croix</strong> <em>du 22 novembre 2008)</em> <strong>à la malheureuse petite phrase du cardinal, mais j’avoue qu’après 30 années de militance pour les femmes et les ministères de laïcs dans l’Église j’étais un peu lasse. Or la marche-réflexion du 11 octobre fut pour moi une divine surprise : la priorité des marcheurs n’était pas de « taper » sur l’Église et sur la hiérarchie : le temps de la revendication pure et dure était vraiment fini ! S’exprimaient au contraire une réelle souffrance que le message du Christ soit déformé, mal annoncé alors qu’il pourrait être si vital pour nos contemporains, et un désir ardent de vivre à fond, jusqu’au bout de la logique ouverte par Vatican II, notre baptême. En participant au dépouillement des comptes rendus des groupes (soit 400 personnes), j’ai retrouvé la même tonalité. Partie avec des pieds de plomb, je suis revenue dans l’allégresse. Depuis des années, je ne me retrouvais plus dans aucun lieu : ni avec les contestataires dont j’avais fait partie, ni avec les béni-oui-oui. Le soir du 11 octobre j’avais retrouvé un groupe où vivre tout à la fois la liberté d’un esprit critique, l’amour profond de l’Église et la créativité dans le souffle de l’Esprit Saint. Depuis je participe, en attendant avec patience la tenue d’assises. Lors de la dernière réunion nous n’étions pas loin d’une centaine, venus de toute la France, des jeunes et beaucoup d’hommes. Et les adhérents se manifestent quotidiennement.</strong></p>
<p><strong>Le 2 février 2010 était signée par les deux fondatrices, et soumise aux adhérents, une Charte sous titrée « Ni partir ni se taire ». Son but déclaré est de prendre ensemble conscience de notre dignité et de nos engagements de baptisés en étant acteurs de la vie, de la mission et de l’avenir de l’Église. Non pas dans la revendication, mais dans la double et positive réception de la réalité de la vie de nos contemporains et des exigences de l’Évangile.</strong></p>
<p><strong>La CCBF veut apporter pour sa part sa contribution à la « réception » de Vatican II et de l’avenir qu’il peut ouvrir. Oh nous ne sommes pas les seuls ! De nombreux diocèses ont pris conscience que par les temps qui courent cela était urgent, et l’on voit partout se développer des conférences, des groupes de travail (à commencer par les évêques eux-mêmes à Albi en février) qui vont puiser aux sources des grandes Constitutions du Concile.</strong></p>
<p><strong>La CCBF n’a donc aucune intention de faire la nique à qui que ce soit ! Elle souhaite simplement apporter sa pierre pour que – évêques, prêtres, diacres, consacrés et laïcs ensemble – nous vivions mieux les exigences de notre baptême.</strong></p>
<p><strong>Monique Hébrard<br />
</strong></p>
<p><a href="http://journal-en-ligne.la-croix.com/ee/lacr/_main_/2010/03/20/015/?article=7">http://journal-en-ligne.la-croix.com/ee/lacr/_main_/2010/03/20/015/?article=7</a></p>
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		<title>Le pape appelle l&#8217;Eglise catholique à donner un rôle accru aux laïcs</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 17:17:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans la presse]]></category>
		<category><![CDATA[Ils soutiennent la CBF]]></category>
		<category><![CDATA[La vie paroissiale, diocésaine etc...]]></category>
		<category><![CDATA[Les essentiels]]></category>

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		<description><![CDATA[Une dépêche de l&#8217;AFP qu&#8217;il est bon de connaitre et qui confirme de manière forte  l&#8217;intuition que cherche à développer la CCBF&#8230; :
ROME, 7 mars 2010 (AFP) &#8211; 12h40 - : Le pape appelle l&#8217;Église catholique à donner un rôle accru aux laïcs
Le pape Benoît XVI a appelé l&#8217;Église catholique à accorder un rôle accru [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #008000;"><em>Une dépêche de l&#8217;AFP qu&#8217;il est bon de connaitre et qui confirme de manière forte  l&#8217;intuition que cherche à développer la CCBF&#8230;</em></span> :</p>
<p><a href="http://www.la-croix.com/afp.static/pages/100307114012.fkxcbg2s.htm">ROME, 7 mars 2010 (AFP) &#8211; 12h40 -</a> : Le pape appelle l&#8217;Église catholique à donner un rôle accru aux laïcs</p>
<p>Le pape Benoît XVI a appelé l&#8217;Église catholique à accorder un rôle accru aux laïcs, en visitant l&#8217;une des nouvelles paroisses de Rome où il a célébré la messe dimanche avant de rentrer au Vatican pour la prière de l&#8217;Angélus.</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Benoît XVI a jugé nécessaire un &laquo;&nbsp;changement de mentalité&nbsp;&raquo; au sein de l&#8217;Église &laquo;&nbsp;surtout à l&#8217;égard des laïcs&nbsp;&raquo;</em></span>, <br />
 estimant qu&#8217;<span style="color: #0000ff;"><em>il fallait cesser de les considérer seulement comme &laquo;&nbsp;des collaborateurs&nbsp;&raquo; du clergé et les reconnaître comme &laquo;&nbsp;coresponsables&nbsp;&raquo; des actions de l&#8217;Église</em></span>.</p>
<p>Cela permettra, selon le pape, de <em><span style="color: #0000ff;">&laquo;&nbsp;promouvoir dans le respect des vocations et des rôles&nbsp;&raquo; de chacun &laquo;&nbsp;un laïcat engagé et mûr&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;la coresponsabilité de tous les membres du Peuple de Dieu&nbsp;&raquo;</span></em>.</p>
<p>S&#8217;adressant à plusieurs centaines de fidèles rassemblés en l&#8217;église de Saint-Jean-de-la-Croix, dans le nord de Rome, il a invité les familles et les jeunes à &laquo;&nbsp;annoncer l&#8217;Évangile&nbsp;&raquo; autour d&#8217;eux sans attendre que &laquo;&nbsp;d&#8217;autres viennent (&#8230;) apporter d&#8217;autres messages&nbsp;&raquo;. Il les a exhortés à être eux-mêmes des &laquo;&nbsp;missionnaires du Christ pour vos frères là où ils vivent, travaillent, étudient ou passent leur temps libre&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Benoît XVI est resté environ deux heures dans cette paroisse née en 1989 dans une boutique du quartier Nuovo Salario qui servait aussi de logement au curé et dont l&#8217;église a été bâtie douze ans plus tard et inaugurée en 2002, à proximité du périphérique. A son entrée, le pape a pris le temps de saluer les fidèles et d&#8217;embrasser les enfants.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Dès sa naissance, cette paroisse s&#8217;est ouverte aux Mouvements et aux nouvelles communautés ecclésiastiques expérimentant une nouvelle forme d&#8217;évangélisation&nbsp;&raquo;, a noté le pape, en encourageant les paroissiens à &laquo;&nbsp;continuer dans cette direction&nbsp;&raquo;.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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		<title>L&#8217;Express et les nouveaux réseaux</title>
		<link>http://www.baptises.fr/dans-la-presse/lexpress-et-les-nouveaux-reseaux/</link>
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		<pubDate>Thu, 04 Mar 2010 23:21:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Anne</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans la presse]]></category>

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		<description><![CDATA[
Dans l’Express de cette semaine (4-10 mars), consacré aux « nouveaux réseaux qui comptent », la CCBF est à l’honneur, dans la page « contre pouvoirs » (p.44). Définis comme des « Fidèles rebelles », nous y sommes décrits comme ceux qui veulent ouvrir le débat dans l’Eglise. » Bravo et merci à tous les maillons du réseau, de Strasbourg à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter" src="http://www.lexpress.fr/imgs/13/304.jpg" alt="" width="303" height="400" /></p>
<p>Dans l’Express de cette semaine (4-10 mars), consacré aux « <a href="http://www.lexpress.fr/actualite/les-nouveaux-reseaux-qui-comptent_852597.html">nouveaux réseaux qui comptent</a> », la CCBF est à l’honneur, dans la page « <a href="http://www.lexpress.fr/actualite/societe/nouveaux-reseaux-les-contre-pouvoirs_852713.html">contre pouvoirs</a> » (p.44). Définis comme des « Fidèles rebelles », nous y sommes décrits comme ceux qui veulent ouvrir le débat dans l’Eglise. » Bravo et merci à tous les maillons du réseau, de Strasbourg à Bordeaux, de Lille à Menton !</p>
<p>Anne</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Retrouver la bienveillance généreuse de Jean XXIII</title>
		<link>http://www.baptises.fr/dans-la-presse/retrouver-la-bienveillance-genereuse-de-jean-xxiii/</link>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 22:42:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans la presse]]></category>

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		<description><![CDATA[
En finir avec la méfiance, le soupçon, les dénonciations pour débattre sereinement dans l’Église.
Un article de Jean-François Bouthors, éditeur et écrivain, dans le forum du journal La Croix du 6 février 2010 page 15.
Un an après « l’affaire Williamson », qui avait suscité de très nombreuses prises de parole dans l’Église, où en sommes-nous ? [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/02/image.jpeg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1458" title="image" src="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/02/image-300x208.jpg" alt="" width="300" height="208" /></a></p>
<p><em>En finir avec la méfiance, le soupçon, les dénonciations pour débattre sereinement dans l’Église.<br />
Un article de Jean-François Bouthors, éditeur et écrivain, dans le forum du journal La Croix du 6 février 2010 page 15.</em></p>
<p>Un an après « l’affaire Williamson », qui avait suscité de très nombreuses prises de parole dans l’Église, où en sommes-nous ? S’était alors manifesté parmi les chrétiens, et plus particulièrement les catholiques, le besoin de faire vivre une « opinion publique » – un besoin d’échange et de concertation qui permette de faire circuler la vie dans l’Église autrement que par le seul canal « vertical ». À l’heure de la mondialisation et d’Internet, où les réseaux et la capillarité de l’information obligent à repenser les modes de gouvernement et de management, l’expression d’un tel besoin n’a rien d’étonnant. Il est d’autant plus naturel et légitime que l’Église recueille, un demisiècle après l’élection de Jean XXIII, les fruits de ce que le « bon pape » avait voulu engager en <em>« ouvrant grand les fenêtres de l’Église ».</em></p>
<p>Sans entrer dans la vaine querelle des bonnes et mauvaises interprétations du Concile, sans se perdre dans le stérilisant débat entre « rupture » et « continuité », un regard simplement objectif et bienveillant permet de constater que parmi les fidèles, le travail de formation a été considérable, aussi bien sur les terrains biblique et théologique, que liturgique. C’est à ce titre que ceux qui ont fait cet effort d’approfondissement et d’intelligence de la foi aspirent, non pas au pouvoir, mais à l’échange. C’est à ce titre qu’ils éprouvent la nécessité de débattre de la manière dont l’Église – dont ils sont « les pierres vivantes » – présente au monde la Bonne Nouvelle.</p>
<p>Cette situation n’est pas un simple « remake » du mouvement des « chrétiens en recherche » des années 1970. Celui-ci était né du choc de la vulgarisation des sciences humaines et de la psychanalyse, parmi les militants catholiques – un choc comparable, quoique différent, à celui de la découverte du prolétariat et de la lutte des classes, dans les années 1950. Ce qui se passait alors, c’était un ébranlement des représentations, confrontées à des réalités non encore entrevues.</p>
<p><strong>Peut-on, dans l’Église, se passer de femmes et d’hommes qui proposent de réfléchir, avec d’autres, sur la manière d’être chrétien aujourd’hui ?</strong></p>
<p>La question qui se pose aujourd’hui n’est plus celle de savoir comment ce que nous croyons « résiste » face à la pensée moderne et postmoderne, et aux réalités sociales du capitalisme de l’après-guerre, mais de savoir comment nous portons au monde d’aujourd’hui la Parole que nous avons reçue. Il ne s’agit pas de se demander si ce monde nous plaît ou non, ni de se demander comment se rendre aimable à ses yeux, mais de chercher en quels termes nous pouvons lui manifester ce dont nous sommes convaincus, à savoir que l’expérience chrétienne est une manière salvatrice d’être homme et femme aujourd’hui.</p>
<p>Si « l’affaire Williamson », et avec elle la question de la réintégration des disciples du schismatique Mgr Lefebvre, contempteur de Vatican II, si l’excommunication prononcée par l’archevêque de Recife, si les propos maladroits de Benoît XVI sur le préservatif ont suscité tant de réactions, c’est parce que tout cela illustrait ou symbolisait un rapport au monde peu susceptible de dire à nos contemporains l’espérance chrétienne. Il en va évidemment de même pour l’éventuelle béatification de Pie XII. Et c’est encore la même question que l’on trouve autour de ce que les médias ont appelé hâtivement <em>« le retour de la messe en latin ».</em></p>
<p>Il est bon et naturel que les fidèles, qui vivent leur foi en première ligne, au cœur même de la société, souhaitent débattre de la manière dont l’Église rend compte dans le monde de l’espérance qui l’habite. Il est sain qu’ils réagissent en disant qu’il y a des décisions et des prises de parole qui ne sont pas recevables et qu’il ne suffit pas de se draper dans la certitude de tenir la vérité pour être quitte de la manière dont cette vérité est portée aux hommes de ce temps. Si l’Église veut manifester au monde l’amour de Dieu, il faut qu’elle présente à ce monde non pas tant un visage aimable qu’un visage aimant. Il est nécessaire que ce monde reconnaisse en elle le visage de l’amour. Le fait qu’il ne le discerne pas doit nous conduire à nous interroger sur le visage que nous présentons.</p>
<p>Cela vaut pour le magistère, mais cela vaut aussi pour les fidèles. Le soupçon, la dénonciation, l’invective, l’admonestation, le procès d’intention font florès dans le corps de l’Église. Il semble qu’en ce début de troisième millénaire, nous ayons besoin d’apprendre à débattre de manière civilisée, respectueuse, sereine, ce qui ne devrait pas empêcher la fermeté des convictions. Mais la « virilité » du débat n’est possible que si chacun est vraiment disposé à écouter.</p>
<p>Sans doute des progrès pourraient-ils être faits si l’institution manifestait elle-même un peu moins de méfiance. L’annonce de la création de la Conférence catholique des baptisé-e-s de France, qui ne revendique aucun pouvoir, a été accueillie par un silence… religieux, à l’exception de prises de position de quelques évêques émérites, comme celle de Mgr Noyer. Pourtant, elle n’a mis à son programme que la volonté de rendre possibles des échanges (d’où le nom de Conférence, et non pas celui d’Assemblée) en vue de réfléchir sur le sens du baptême et de favoriser dans l’Église, et autour d’elle, ce qu’elle a appelé les ministères de la bénédiction, de l’écoute et de l’espérance. Ce silence gêné interroge. Peut-on, dans l’Église, se passer de femmes et d’hommes qui proposent de réfléchir, avec d’autres, sur la manière d’être chrétien aujourd’hui ? Peut-on donner l’impression qu’il faut s’en méfier, alors qu’ils proposent de sortir de l’usage du sarcasme, de l’invective et de la revendication compulsive ?</p>
<p>Une enquête de <em>La Croix</em> vient de montrer que contrairement à ce qui est trop souvent dit, les années qui ont suivi immédiatement le Concile, marquées par une belle audace évangélique, n’ont pas découragé les fidèles, au contraire, mais que c’est au moment où l’institution a retrouvé ses réflexes de frilosité que s’est accélérée la chute de la pratique et que le nombre des Français se déclarant catholiques a plongé. Il est temps de retrouver la générosité et la bienveillance dont Jean XXIII était la très haute figure. Entre nous, et envers le monde.</p>
<p>Jean-François Bouthors</p>
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		<item>
		<title>Thiberville : la CcBF  aux côtés de l’évêque d’Evreux.</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Jan 2010 00:47:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monique</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans la presse]]></category>

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		<description><![CDATA[
Ce qui s’est passé à Thiberville dans l’Eure le dimanche 3 janvier est une nouvelle et douloureuse illustration de la grave régression par rapport à Vatican II et de la progression d’un rêve de restauration du temps de chrétienté que toutes les mains tendues de Benoît XVI aux intégristes ont dangereusement ravivées.
Une &#171;&#160;paroisse modèle&#160;&#187;
Comme c’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/01/2137835095.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1441" title="2137835095" src="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/01/2137835095-300x200.jpg" alt="" width="300" height="200" /></a></p>
<p>Ce qui s’est passé à Thiberville dans l’Eure le dimanche 3 janvier est une nouvelle et douloureuse illustration de la grave régression par rapport à Vatican II et de la progression d’un rêve de restauration du temps de chrétienté que toutes les mains tendues de Benoît XVI aux intégristes ont dangereusement ravivées.</p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong>Une &laquo;&nbsp;paroisse modèle&nbsp;&raquo;</strong></span></p>
<p>Comme c’est souvent le cas dans ces « affaires », celle de Thiberville jouit d’appuis politiques de droite (royalistes, Front National…) qui se joignent aux traditionalistes pour crier au scandale devant ce qu’ils considèrent comme une agression de la part de l’évêque envers une paroisse modèle, vivante, missionnaire (beaucoup d’enfants au caté, des églises pleines, des enterrements célébrés par le curé, de l’argent, des processions dans les rues…) ! C’est « la seule paroisse vivante dans un diocèse dévasté » écrit une personnalité, et voilà qu’elle est attaquée par un évêque qui agit au nom de « l’idéologie de Vatican II », contre l’abbé Michel qui est « un modèle d’application de la volonté du pape. » On peut lire dans l’<em>Homme Nouveau</em> que Thiberville est « la paroisse la plus dynamique et la plus florissante » dans un « diocèse en capilotade » qui devrait la prendre comme modèle au lieu de faire « une gestion de crise à la gribouille ».</p>
<p>(voir le rappel des faits en fin d’article)</p>
<p><span style="color: #ff0000;"><strong>Une obéissance à géométrie variable</strong></span></p>
<p>Certes, il n’est jamais facile de voir partir un curé auquel on était attaché, pas plus qu’il n’est facile pour un prêtre de quitter sa paroisse, mais les changements sont la règle du jeu partout. Certes, les regroupements de paroisse ne sont pas l’idéal, mais les évêques y sont tous acculés (sauf dans les grandes villes), et ces « nouvelles paroisses » ont le mérite de créer des liens de communion plus larges et de pousser les chrétiens à vivre pleinement leur baptême en communion entre eux et avec leur curé. « Elargis l’espace de ta tente »… et tu en récolteras des fruits.</p>
<p>Au contraire les traditionalistes se referment sur leur pré carré et dans leur certitude d’être les seuls dans la vérité vraie ! Depuis qu’ils ont repris du poil de la bête, ils ne cessent de tourmenter les évêques, et de redoubler leurs dénonciations à Rome. Gommés par Rome qui prend des décisions sans les consulter ni même les informer, les évêques sont également ignorés par ceux à qui ils n’ont pas l’heur de plaire et qui s’en réfèrent directement au pape qui est certes chargé de faire la communion, mais qui est d’abord l’évêque de Rome. C’est toute l’ecclésiologie de Vatican II qui est menacée. Comme le notait un évêque dans La Croix du 20 janvier 2010 : l’attitude de ces groupes relève d’un relativisme moderne : ils choisissent l’autorité à laquelle ils se soumettent, se réclament du pape, qui est au loin, au détriment des évêques qui sont proches.</p>
<p>Nous CBF apportons, à la suite des catholiques du diocèse d’Evreux, notre soutien à Mgr Nourrichard, ainsi qu’à tous les évêques qui connaissent les mêmes difficultés pour maintenir la communion au sein de leur diocèse.</p>
<p>Monique Hébrard</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><strong>Rappel des faits</strong> (que l’on a pu voir sur TF1 le 17 janvier).</p>
<p>L’abbé Michel est le curé d’un groupement de 13 communes autour de Thiberville. C’est un prêtre de tendance traditionaliste, qui n’a pas attendu le Motu proprio pour célébrer dans le rite « extraordinaire », et qui a refusé par cinq fois les propositions qui lui étaient faites de changer de paroisse. Cependant, il y a un an il signait son engagement auprès de Mgr Nourrichard, de quitter son poste fin 2009 .Un décret du 23 décembre 2009 concrétisait la dissolution du groupement inter paroissial de Thiberville qui devenait l’une des communautés locales de la paroisse Notre-Dame de la Charentonne dont le curé est l’abbé Jean Vivien. Donc, le dimanche 3 janvier l’évêque, Mgr Nourrichard, arrive à 9h30 à l’église de Thiberville avec le père Jean Vivien pour concélébrer la messe et présenter le successeur de l’abbé Michel. A la porte de l’église, une pancarte : « Messieurs Nourrichard et Vivien vous n’êtes pas les bienvenus à Thiberville. » Effectivement ils ne sont même pas accueillis. Quand l’évêque tente de prendre la parole, les cris, invectives, et gestes de colère l’empêchent de parler… et tous les gens quittent l’église. L’abbé Michel annonce que la messe n’aura pas lieu et donne rendez-vous à 11h15 dans une autre église. Quand l’évêque arrive à 11h05, non seulement la messe est déjà commencée mais un barrage l’empêche violement d’entrer. Entre temps la gendarmerie a même été prévenue sans trop comprendre de quoi il s’agit.</p>
<p>L’abbé Michel a été révoqué par l’évêque mais, soutenu par ses paroissiens et des personnalités du monde civil, et comme le droit canon l’y autorise, il a fait appel à Rome.</p>
<p>Monique Hébrard</p>
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		</item>
		<item>
		<title>« Ah, si l’Eglise écoutait mieux les femmes »</title>
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		<pubDate>Fri, 29 Jan 2010 00:18:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans la presse]]></category>

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		<description><![CDATA[

 L&#8217;interview d&#8217;Anne Soupa dans la revue Panorama de janvier 2010
 

 Journaliste, bibliste, théologienne, 
 Anne Soupa n’est pas une « passionaria » du féminisme catholique ! 
 
 Blessée par la manière dont on parle des femmes et par le peu de parole que leur laisse une Église encore trop masculine dans sa gouvernance, 
 cette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><a href="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/01/anne-2.jpg"><img class="size-medium wp-image-1427 alignleft" title="anne 2" src="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/01/anne-2-278x300.jpg" alt="" width="278" height="300" /></a></strong></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><strong> </strong><span style="color: #ff0000;"><strong>L&#8217;interview d&#8217;Anne Soupa dans la revue Panorama de janvier 2010</strong></span></p>
<p><em> </em></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><em> </em><em>Journaliste, bibliste, théologienne, <br />
 Anne Soupa n’est pas une « passionaria » du féminisme catholique ! <br />
 </em></p>
<p><em> Blessée par la manière dont on parle des femmes et par le peu de parole que leur laisse une Église encore trop masculine dans sa gouvernance, <br />
 cette fille de résistants vient de fonder, avec quelques ami(e)s, la Conférence des baptisé(e)s de France. <br />
 </em></p>
<p><em> Car, dit-elle, l’Eglise manque de débats et de lieux de parole où, dans un dialogue franc mais fraternel on puisse ouvrir les portes de l’avenir…</em></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Bertrand Révillion : Êtes-vous une femme en colère ?</strong></span></p>
<p><strong>Anne Soupa :</strong> Non. La colère n’est pas un trait marquant de mon caractère. Je suis d’un naturel plutôt calme.</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Un calme que vous avez tout de même un peu perdu il y  a un peu plus d’un an…</strong></span><strong><a href="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/01/anne-41.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-1424" title="anne 4" src="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/01/anne-41-280x300.jpg" alt="" width="280" height="300" /></a></strong></p>
<p>J’ai été choqué, c’est vrai, par les propos du cardinal André Vingt-Trois, sur une radio chrétienne. Ce mauvais mot à propos des femmes – « Le tout, ce n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête » (6 novembre 2008) – m’est apparu indigne et sans doute révélateur de l’état d’esprit d’un certain nombre de clercs vis-à-vis des femmes.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Porter plainte devant une juridiction ecclésiastique était-il la meilleure manière d’ouvrir le débat ?</strong></span></p>
<p>De très nombreuses lettres de réaction n’avaient, trois semaines après la diffusion de cette malheureuse « petite phrase », toujours pas reçu de réponse. J’ai alors pris conscience que les procédures normales de correction fraternelle entre baptisés ne fonctionnaient pas, que l’institution ecclésiale ne semblait pas accorder d’importance aux paroles exprimées par des chrétiennes et des chrétiens blessés par ces propos. Avec Christine Pedotti, éditrice, et quelques amies, nous avons estimé de notre devoir de ne pas laisser passer. Le droit de l’Église précise – canon 208 – que « entre tous les fidèles, il existe quant à la dignité et à l’activité une véritable égalité en vertu de laquelle tous coopèrent à l’édification du Corps du Christ. » Nous nous sommes appuyées sur ce texte avec non pas le désir de « faire plier un cardinal » – c’eut été mesquin –, mais avec celui d’ouvrir le débat sur la place des femmes dans l’Église. L’archevêque de Paris a exprimé publiquement des excuses. Cette « affaire » est donc désormais derrière nous. Je ne lui en veux absolument pas et j’ose espérer – n’ayant pas pu le rencontrer depuis – que la réciproque est vraie.</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Qu&#8217;est-ce qui vous amène à penser que la place faite actuellement aux femmes dans l’Église n’est pas bonne ? </strong></span></p>
<p>J’ai l’impression d’assister à un recul. Après de belles années d’ouverture au partenariat hommes-femmes, clercs-laïcs, je constate avec tristesse une succession d’inflexions dans nos pratiques ecclésiales. Dans certains diocèses de notre pays, des femmes qui exerçaient avec compétence des responsabilités importantes – à la tête d’un service diocésain de formation, par exemple – sont remplacées par des prêtres. Après avoir confié sa communication à une femme, la Conférence épiscopale a remis le poste également entre les mains d’un prêtre. Dans un nombre grandissant de paroisses, on explique aux petites filles – sans aucun argument théologique ou pastoral sérieux – qu’elles n’ont désormais plus le droit d’être enfants de chœur ou servants d’autel. N’est-ce là qu’un hasard ? J’ai du mal à le croire et je redoute le retour à un mauvais cléricalisme enraciné dans une secrète peur des femmes.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>D’où vient cette peur ?</strong></span></p>
<p>Son origine est complexe, multiple. Peut-on dire, sans dévaloriser la valeur du célibat consacré dont je crois qu’il demeure, à certaines conditions, une richesse, que celui-ci n’est sans doute pas adapté, « vivable » pour tous les hommes qui se découvrent pourtant une authentique vocation presbytérale. Certains se débattent dans un célibat non réellement choisi qui, inconsciemment, les entraîne sans doute à fuir les femmes… D’autres se sentent au contraire rassurés, confortés en choisissant de vivre dans un univers essentiellement masculin où, croient-ils, ils vont pouvoir se soustraire à la rencontre homme-femme. Il y a là d’importantes questions de discernement qu’il est légitime de se poser, sans donner le sentiment de juger, de faire la leçon à des hommes généreux.</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Les femmes demeurent très présentes dans la vie de l’Église…</strong></span></p>
<p>Oui, cela ne fait aucun doute. Sans les femmes, des pans entiers de la vie de l’Église s’écrouleraient immédiatement, à commencer par la catéchèse. Elles rendent avec dévouement et compétence d’énormes services dans les paroisses, les mouvements, l’animation liturgique, la formation… Certaines sont mêmes invitées à participer aux conseils épiscopaux. Loin de moi l’idée qu’il n’y aurait eu, ces trente dernières années, aucun progrès. Cependant, les reculs dont je viens de vous donner quelques exemples sont aussi indéniables et même assez flagrants dans le domaine particulièrement sensible de la liturgie. Les prêtres qui refusent désormais que la communion puisse être distribuée par une femme, ou même qu’une première lecture soit faite par une femme, ne sont plus rares. …..Qu’est-ce que tout cela cache sinon une peur phobique de l’autre sexe ? Ce mouvement se fait sur fond de retour à une conception, contestable à mes yeux, de la liturgie, à une mauvaise compréhension du « sacré » elle-même liée à une inquiétante réapparition du concept ambigu de « pureté ». Voici qu’à nouveau les femmes seraient indignes de s’approcher de l’autel. Nous sommes là devant une conception de la liturgie davantage marquée par l’Ancien Testament que par l’Évangile ! Jésus a toujours laissé les femmes s’approcher de lui…</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>C’est davantage de « pouvoir » que vous revendiquez pour les femmes ?</strong></span></p>
<p>On me dit que la question du pouvoir est piégée, qu’il s’agit, dans l’Église, d’abord d’un « service ». Il est étonnant de constater que le pouvoir est toujours un « service » lorsque ce sont ceux qui l’exercent qui en parlent ; et qu’il s’agit toujours d’un obscur désir de puissance lorsque ce sont ceux – ou celles – qui ne l’exercent pas qui le revendiquent ! Eh bien justement, s’il s’agit d’un service, je ne vois aucune raison pour que les femmes ne puissent pas l’exercer. Plus on monte dans la hiérarchie, plus les femmes disparaissent des organigrammes : est-il bon que toutes les décisions importantes demeurent dans les seules mains d’hommes célibataires, par ailleurs souvent généreux et dévoués ? N’y a-t-il vraiment là aucune matière à questionnement anthropologique et psychologique, aucune interrogation légitime sur le rapport au monde qu’induit une telle conception ? L’Église ne respirerait-elle pas mieux avec ses deux « poumons », le masculin et le féminin ? Ne serait-elle pas mieux gouvernée si les femmes y étaient davantage écoutées, si elles y avaient davantage la parole, si elles prenaient davantage part aux décisions, quitte à se tromper parfois, elles-aussi ?</p>
<p><strong><a href="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/01/anne-11.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1428" title="anne 1" src="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/01/anne-11-276x300.jpg" alt="" width="276" height="300" /></a></strong><span style="color: #0000ff;"><strong>L’exercice de pouvoir dans l’Église est traditionnellement lié au sacerdoce.</strong></span></p>
<p>Faut-il absolument lier, de manière exclusive, gouvernance et ministère presbytéral ? Est-ce parce qu’on célèbre l’Eucharistie que l’on est le seul apte à prendre les grandes décisions, à fairel les grands choix d’orientation ecclésiale ? L’Église a connu dans son histoire quelques cardinaux qui n’étaient pas prêtres. On dit que Paul VI aurait même proposé le cardinalat à Jacques Maritain. Le service de gouvernance ne pourrait-il pas, à différents échelons de l’Église, être aussi exercé par des laïcs, y compris des femmes ? Que devient le « sacerdoce royal » commun à tous les baptisés dans cette approche très – trop – cléricale du pouvoir ?</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Jésus s’est entouré d’Apôtres…</strong></span></p>
<p>… qui n’ont jamais été des « prêtres » au sens de l’Ancien Testament ! C’est la bibliste qui vous parle. Les Apôtres étaient des pécheurs, des artisans, des pères de famille…</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>… des hommes, aussi. Exclusivement.</strong></span></p>
<p>Dans la culture et la mentalité de l’époque, il était impossible que les apôtres soit des femmes. Faut-il nécessairement induire de cette fidélité de Jésus aux us et coutumes de son époque le fait que jamais, dans l’histoire de l’Église, les femmes ne devront avoir part à la gouvernance, jamais accéder à aucun ministère ?</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Si Jésus revenait aujourd’hui, choisirait-il aussi des femmes comme Apôtres ?</strong></span></p>
<p>Pour moi pas cela ne fait pas l’ombre d’un doute ! N&#8217;oubliez pas Marie-Madeleine, au matin de Pâques, qui reconnaît Jésus sous les traits du jardinier. C&#8217;est elle qui a été envoyée aux disciples annoncer la résurrection. Comment a-t-on pu laisser sombrer dans l&#8217;oubli ce rôle majeur?</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Vous souhaitez donc que certains ministères s’ouvrent aux femmes ?</strong></span></p>
<p>À cause de l’extrême lenteur avec laquelle, nous autres fidèles, nous nous habituons au changement, je comprends tout à fait que l’Église prenne, avec sagesse, son temps sur cette question. Il ne faudrait pas, comme cela se voit actuellement dans d’autres confessions chrétiennes, que cette question de l’ordination des femmes mette en péril l’unité. Je ne mets pas une priorité à ce que des femmes puissent, dans un délai bref, devenir prêtres. J’aimerais simplement que l’horizon s’ouvre un peu sur ce point, qu’en parler ne soit pas perçu immédiatement comme une infidélité à la tradition. Et peut-être pourrait-on commencer à réfléchir à l’éventualité d’ordonner des diaconesses. L’Écriture nous en signale brièvement l’existence. Comment imaginer qu’encore longtemps les femmes ne puissent pas, le dimanche à la messe, commenter, méditer la parole de Dieu, offrir leur regard de femme sur l’Évangile ! Pourquoi se priver de cette richesse ?</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Que dit la Bible des femmes ? La mentalité n’y est-elle pas plutôt « machiste » ?</strong></span></p>
<p>La Bible est patriarcale parce qu’elle est tout simplement de son temps et de nombreux passages sont effectivement machistes. On vit à l’époque dans un univers culturel masculin. Il y a certes des histoires sordides dont les femmes sont victimes, mais en général, la Bible condamne ces violences  et elle n’est pas hostile aux femme ;, elle leur fait même une place très honorable et affirme, en certains passages, que Dieu parle aussi au travers des femmes. Regardez Déborah : après le Pentateuque, c’est elle qui nous accueille dans le livre des Juges. Et, à la fin des livres des Rois, la prophétesse Hulda va trouver Josias pour lui demander de faire la réforme qui aboutira au Deutéronome. Ainsi, les grands livres historiques sont encadrés par deux femmes à qui sont confiées des responsabilités importantes. En tant que femme, je ne m’estime donc pas mal lotie par la Bible.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Et saint Paul ?</strong></span></p>
<p>Ah, saint Paul, le prétendu affreux misogyne ! Là encore, pas d’anachronisme. Paul parle avec la mentalité d’un homme de son époque. On lui reproche beaucoup, aujourd’hui, sa fameuse injonction : « Femmes, soyez soumises à votre mari ! » Mais on oublie de lire le texte en entier, car Paul, aux Éphésiens, dit aussi aux maris d’aimer leur femme. Je n’ai personnellement aucune difficulté avec ce texte. À condition de ne pas y chercher un instrument d’asservissement et de rabaissement des femmes pour toute l’éternité.</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Dans la préface de votre beau livre sur Pâques (1), le dominicain André Gouzes évoque cette approche particulière : « La femme sait de nature le lieu matriciel de la Parole… » écrit-il notamment. Y a-t-il une « spiritualité au féminin » ?</strong></span><strong><a href="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/01/anne-53.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-1432" title="anne 5" src="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/01/anne-53-1024x579.jpg" alt="" width="614" height="347" /></a></strong></p>
<p>Je voudrais préciser deux choses : D’abord « La » femme n’existe pas ! Il y a « des » femmes, différentes, particulières, qui toutes ont leur manière à elles de s’approcher du Seigneur. Certains discours ecclésiastiques sur « La » femme empêchent, en l’idéalisant, la rencontre avec des femmes concrètes, réelles. Au lieu de parler sur nous, et de nous, ne serait-il pas plus fécond de commencer par nous écouter ? Ensuite, je voudrais rappeler l’apport des sciences humaines : nous portons une part de féminin et de masculin en nous. Certains grands mystiques nous en donnent témoignage, comme saint Bernard, Thérèse d’Avila ou Jean de la Croix. Alors, ne nous ré-enfermons pas trop vite dans le vieux discours rassurant, mais simpliste : « Les hommes sont ceci et doivent faire cela ; et les femmes sont cela et doivent faire ceci. » Notre manière d’être au monde est bien plus complexe et fait résonner en nous des « cordes » qui sont tantôt masculines, tantôt féminines.</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>L&#8217;Église ne donne-t-elle à entendre que la « musique » masculine ? » </strong></span></p>
<p>Il y a eu des périodes de son histoire où la voix des femmes était davantage écoutée. Au Moyen Âge, la parole d’une Hildegarde de Bingen, d’une Angèle de Foligno, a eu un fort retentissement. Il y a eu aussi le mouvement fécond des béguines. Puis, plus tard, Thérèse d’Avila, dont la voix porta jusqu’à Rome. Ensuite, le rationalisme est venu assécher la vie spirituelle, la couper du corps et de l’affectivité. Les mystiques – hommes et femmes – on progressivement cédé le pas aux philosophes et aux théologiens, majoritairement hommes</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>La façon qu’à une femme de s’approcher de son Seigneur n’est pas la même que celle d’un homme ?</strong></span></p>
<p>On dit que Dieu est « Père ». Est-ce la même chose pour une femme et pour un homme de s’adresser à ce Père ? Jésus était un homme. Est-ce la même chose pour un homme et pour une femme de lui dire « Je t’aime » ? Tout cela déborde d’une infinie richesse. Notre part masculine fait écho à la part « féminine » de Dieu qui est aussi « Mère ». Etty Hillesum, grande mystique du XX<sup>e</sup> siècle, parle avec ses mots de femme, avec son corps de femme, du Dieu qui, dans des circonstances dramatiques, fait irruption dans sa vie. Mais saint Bernard a, enraciné dans sa virilité, une manière tout aussi « féminine » d’accueillir en lui son Dieu. Nous portons toutes et tous en nous une part féminine qui accueille la parole divine, qui se laisse pénétrer par elle ; nous portons aussi une part masculine qui va de l’avant, qui pousse les portes. Si la part féminine était davantage écoutée, si elle faisait moins peur, je crois que l’Église s’en porterait mieux. Sans doute, les hommes, dans l’Église, iraient-ils mieux, oseraient-ils peut-être plus facilement ouvrir les portes à la part féminine de leur propre spiritualité. Et les femmes aussi à qui on impose parfois – notamment dans la vie religieuse – un modèle trop calqué sur les hommes qui ne leur permet pas toujours de laisser épanouir leur féminité.</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Attendre Dieu…</strong></span></p>
<p>… ne se vit sans doute pas de la même manière selon qu’on est un homme ou une femme ayant attendu, porté des enfants.</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><strong>Mettre au monde vos enfants a changé votre foi ?</strong></span></p>
<p>Mettre au monde un enfant, c’est apprendre la patience, la lente genèse, l’attention au tout-petit, la tendresse des commencements… Je dois ma foi chrétienne à mes enfants. Née dans une famille catholique qui pratiquait une foi saine, simple et sans ostentation, j’avais « tout envoyé promener » à 18 ans. J’avais lu Sartre, Camus, Simone de Beauvoir… Dieu s’était absenté de mon horizon. Mais lorsque mon fils aîné a eu 7 ans et que s’est posée à moi la question de l’inscrire ou non au catéchisme, j’ai pris conscience que je voulais pour lui le meilleur et que ce meilleur, c’est Dieu. Sans le savoir, mes enfants m’ont réenracinée dans la foi chrétienne.</p>
<p><strong><a href="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/01/anne-31.jpg"><img class="alignleft size-large wp-image-1426" title="anne 3" src="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/01/anne-31-683x1024.jpg" alt="" width="246" height="368" /></a> </strong><span style="color: #0000ff;"><strong>Qui étaient vos parents ? </strong></span></p>
<p>Mon père était militaire. Il est parti en 1940 à Londres, rejoindre le général de Gaulle. Il fut résistant, compagnon de la Libération. Au moment de la guerre, ma mère faisait Sciences Po à  Paris. Elle fut, par son aumônier, elle aussi entraînée dans la Résistance. Elle fit de la prison… Tous deux étaient des chrétiens convaincus, très ouverts sur le monde. Je leur dois une foi tolérante.</p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> <span style="color: #0000ff;">Le goût, aussi, d’entre</span></strong><span style="color: #0000ff;"><strong>r en résistance ?</strong></span></p>
<p>Ne forçons pas le trait. En créant, avec quelques amies, le « Comité de la jupe », puis aujourd’hui cette Conférence des baptisé-e-s, je n’ai pas le sentiment d’entrer en guerre. Je n’étais pas, comme on dit, une « paroissienne engagée », même si j&#8217;ai animé des retraites et des groupes bibliques. Je suis donc très surprise de l’implication qui est la mienne aujourd’hui. Vous me demandiez, si j’étais en colère contre l’Église ? Si colère il y a, elle est proportionnelle à mon attachement à l’Église. Je pourrais, comme d’autres, me dire « À quoi bon ! » et partir sur la pointe des pieds. Je ne le peux pas. Même si cela est inconfortable, j’ai le désir de rester dans l’Église et d’ouvrir avec elle les débats urgents sans lesquels, l’avenir se dérobera sous ses pieds. Je crains qu’aujourd’hui on confonde trop souvent « communion » et « unanimité ». Nous pouvons être en communion entre disciples du Christ et ne pas être d’accord entre nous sur tout. Le débat et la correction fraternelle ne sont pas un péché ! Cette Conférence des baptisé(e)s de France que nous venons de créer n’a pas d’autre ambition.</p>
<p><strong> <span style="color: #0000ff;">Il y a une Conférence des évêques de France. Intituler votre initiative Conférence des baptisé(e)s de France, n’est-ce pas jouer un peu la provocation, au risque de durcir ce débat que vous appelez de vos vœux ?</span></strong></p>
<p>Notre projet n’est pas d’opposer l’institution, sa hiérarchie, et le peuple de Dieu. Nos démarches se fondent sur le constat que nombre de baptisés, femmes et hommes, laïcs, mais aussi clercs, prêtres et diacres, souffrent aujourd’hui dans l’Église. Certaines décisions prises sans concertation ni collégialité, certaines inflexions ecclésiales et liturgiques les laissent désarçonnés. Les blocages récurrents, dans le domaine de la morale, leur semblent incompréhensibles. Les synodes diocésains ont fait remonter quantité de questions urgentes qui sont pudiquement laissées sur le bord de la table depuis trop longtemps. Que fait-on de la souffrance des laïcs qui claquent la porte ? Quel remède apporte-t-on à l’immense blessure de certains prêtres qui ne reconnaissent plus l’Église pour laquelle ils ont donné leur vie ? Toutes ces souffrances sont dues à l’incurie et à la paresse de notre organisation, qu&#8217;il faut d’urgence faire évoluer. La Conférence des baptisé(e)s de France n’est une machine de guerre contre personne. Elle veut simplement être un lieu de parole où l’on peut enfin s’écouter. Si l’appellation n’est pas claire, nous sommes bien sûr prêts à entendre les critiques. L’essentiel n’est pas dans le nom que nous nous sommes donné : l’enjeu consiste à ouvrir une dynamique ! Lorsqu’on prend une initiative forte et inattendue comme nous venons de le faire, il faut ensuite être souple et ne jamais s’arrêter d’écouter. J’aime mon Église, et cette initiative, j’ai pris le temps, avec d’autres, de la faire grandir dans la prière et je suis arrivée à la conviction qu’il nous faut porter une part du fardeau, mettre nos forces à disposition et ne pas rester sur le bord de la route à simplement critiquer. Cette Église que j’aime, j’ai envie de la tirer un peu par la manche en lui disant, comme à une sœur : « Si tu continues de regarder en arrière, tu vas, comme la femme de Loth, te retrouver pétrifiée ! »</p>
<p><em>(1) « Pâques, art du passage », Éd. du Cerf, 86 p. 10 €.</em></p>
<p><em>(2) « Biblia » </em><a href="http://www.biblia-cerf.com/">http://www.biblia-cerf.com/</a><em>.</em></p>
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