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	<title>Conférence catholique des Baptisé-e-s de France &#187; Xavier</title>
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		<title>L’Église est-elle encore influente ?</title>
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		<pubDate>Fri, 23 Apr 2010 14:30:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans la presse]]></category>
		<category><![CDATA[convictions et réflexions]]></category>

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		<description><![CDATA[  
Poursuivant  son enquête, Témoignage Chrétien continue de donner la parole à des &#171;&#160;intellectuels, religieux et  responsables associatifs, croyants ou non&#160;&#187;, afin qu&#8217;ils &#171;&#160;donnent leur point de  vue&#160;&#187;. Ne pouvant naturellement pas toutes les relayer (vous trouverez toutes ces contributions sur le site du journal Témoignage Chrétien), mais après celle d&#8217;Agnès [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #0000ff;"> </span><img class="aligncenter" src="http://www.temoignagechretien.fr/images/temoignage-chretien.jpg" alt="" width="990" height="124" /><span style="color: #0000ff;"><em> </em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Poursuivant  son enquête, Témoignage C</em></span><span style="color: #0000ff;"><em>hrétien continue de donner la parole à des &laquo;&nbsp;intellectuels, religieux et  responsables associatifs, croyants ou non&nbsp;&raquo;, afin qu&#8217;ils &laquo;&nbsp;donnent leur point de  vue&nbsp;&raquo;. Ne pouvant naturellement pas toutes les relayer (vous trouverez toutes ces contributions sur le site du journal <a href="http://www.temoignagechretien.fr/rubriques_editoriales/rubriques.aspx?Clef_RUBRIQUES_EDITORIALES=4">Témoignage Chrétien</a>), mais après celle d&#8217;Agnès Rochefort-Turquin sur le piège de la puissance, je vous signale tout de même </em></span><span style="color: #0000ff;"><em>la  <a href="http://www.temoignagechretien.fr/articles/article.aspx?Clef_ARTICLES=1780&amp;Clef_RUBRIQUES_EDITORIALES=4">treizième </a></em></span><span style="color: #0000ff;"><em><a href="http://www.temoignagechretien.fr/articles/article.aspx?Clef_ARTICLES=1780&amp;Clef_RUBRIQUES_EDITORIALES=4">intervention</a>, celle de Christine Pedotti. Elle nous exprime comment la perte d&#8217;influence de l&#8217;Eglise peut être une bonne nouvelle si, en nous conduisant sur le chemin d&#8217;un dénuement évangélique, elle rend à nouveau possible l&#8217;espérance de pouvoir &laquo;&nbsp;dire en vérité l&#8217;Église, c&#8217;est nous&nbsp;&raquo;. Peut-être que nous pouvons y voir le même écho que l&#8217;ancien maitre général des dominicains, Timothy Radcliffe exprimait à la fin de <a href="http://www.baptises.fr/actualite/cette-crise-peut-etre-salutaire/">son propos au clergé de Dublin</a> : &laquo;&nbsp;de façon douloureuse, le Seigneur détruit nos tours altières et nos prétentions à la gloire et à la grandeur <span style="text-decoration: underline;">pour pouvoir établir sa maison avec nous</span>&nbsp;&raquo; <strong>. </strong>Un écho qui nous parvenait déjà depuis l&#8217;année dernière avec l&#8217;interview de <a href="http://www.baptises.fr/en-debat/la-vie-paroissiale-diocesaine-etc/declaration-de-mgr-albert-rouet/">Mgr Albert Rouet sur Radio Accord</a> :<strong> </strong></em></span><span style="color: #0000ff;"><em>&laquo;&nbsp;La crédibilité ne se décrète pas. Par  conséquent, la crédibilité ne se retrouvera que par  l’humilité de  partager la vie des hommes, en étant à leur écoute, que par le partage  de leurs peines, que par le désir de partager avec eux notre espérance  et de les aider à se mettre debout. Il n’y a pas d’autres moyens que  Nazareth, que de cheminer comme le Christ sur les routes de  Galilée. Il  n’y a pas d’autres moyens que le partage de la fragilité humaine. C’est  en devenant  frères que les chrétiens deviennent crédibles.&nbsp;&raquo;</em></span></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p>Oui,  l’Église perd de l’influence, et c’est une très bonne nouvelle !  C’est d’abord une bonne nouvelle pour moi qui suis une femme. J’ai  suffisamment constaté à mes dépens et aux dépens de mes sœurs en  humanité à quel point l’Église a pesé et pèse encore de tout son poids  pour maintenir autant qu’il est possible une logique patriarcale,  c’est-à-dire la mainmise des hommes sur le corps des femmes, et au-delà  de leur corps, sur leur esprit, sur leur liberté.</p>
<p>La dernière trouvaille étant le discours différentialiste, cette  escroquerie intellectuelle qui se résume in fine à la vieille blague de  Coluche selon laquelle « certains sont plus égaux que d’autres ».</p>
<p>Cette raison seule suffirait à me réjouir, mais j’en ai d’autres. Car je  ne suis pas de celles qui cultivent la nostalgie d’une chrétienté  idéale, belle comme une image pieuse, où l’Église, puissance de paix et  de charité, institue la Trêve de Dieu, porte secours aux pauvres et aux  ma­lades et guide la sagesse de saint Louis.</p>
<p>Sans reculer jusqu’aux croisades, sans pointer les bûchers, je  m’interroge. Que disait l’Église quand tant d’hommes, de femmes et  d’enfants étaient jetés dans la tourmente déshumanisante de  l’industrialisation au XIXe siècle ? Que faisait-elle quand des milliers  d’esclaves étaient traités moins bien que des animaux ? A-t-elle pris  le risque de protester contre le sort fait aux juifs par la folie nazie ?</p>
<p>Oh, certes, il y a des chrétiens  pour se dresser au nom de l’Évangile, des saints et des héros ; saint  Vincent de Paul, saint Jean-Baptiste de la Salle, Anne-Marie Javouhey,  le père Damien, Albert de Mun, Messeigneurs Saliège et Piguet, l’Abbé  Pierre et Madeleine Delbrêl, pour ne citer que quelques noms parmi la  foule innombrable de ceux et celles qui ont mis la charité avant tout.</p>
<p>On a beau jeu, après coup, de porter au crédit de l’Église les œuvres  des meilleurs de ses fils et de ses filles, lesquels ont pourtant été le  plus souvent considérés, en leur temps, comme des fauteurs de désordre.<br />
 Car hélas, l’Église, dans son expression institutionnelle, est un  pouvoir qui naturellement s’allie avec les pouvoirs. Les exemples  historiques sont si nombreux, si convergents, qu’il est impossible de  les citer. Tout au plus peut-on signaler quelques rares et brefs  contre-exemples, comme l’Église brésilienne, qui fut pendant une  vingtaine d’années, résolument du côté des plus pauvres, jusqu’à ce que  Rome « remette de l’ordre ».</p>
<p>Alors si l’Église perd de l’influence, je n’hésite pas à répéter que je  m’en réjouis. Et je redoute que certains veuillent transformer l’Église  en un lobby dont la première fonction serait de défendre les intérêts de  la « communauté » catholique, de promouvoir son identité et de  combattre pour ses valeurs.</p>
<p>La première fonction de l’Église  n’est pas d’être une communauté, au sens contemporain du terme mais une  communion. Une communion ne défend pas ses intérêts, elle s’ouvre,  accueille, incorpore. Elle ne promeut pas un « être entre soi » mais  « un être ensemble » le plus étendu possible ( jusqu’aux extrémités de  la Terre, et à travers les siècles ).</p>
<p>Quant aux « valeurs », pourquoi faudrait-il à toute force les inscrire  dans la loi civile à défaut de pouvoir les graver dans les cœurs ?</p>
<p>Réécoutons nos prédécesseurs, les disciples, qui avaient les mêmes  illusions que nous : « Quand donc restaureras-tu la royauté en Israël ? »  Eux aussi rêvaient d’influence, de position de force. Pour toute  réponse, ils eurent le Christ nu, en croix.</p>
<p>Je rêve, j’espère, je prie pour  que vienne un jour où l’Église acceptera le dénuement. Quand elle ne  sera plus du tout une puissance, peut-être pourra-t-elle espérer être  fidèle à son Seigneur. Avec lui et en lui, elle sera une simple  présence. Elle sera à sa place, à genoux aux pieds du monde, comme le  Christ lui en laisse le commandement.</p>
<p>Mais cela ne se fera pas sans que nous d’abord, les fidèles du Christ,  soyons humblement au service de nos frères et sœurs humains. Alors, nous  pourrons dire en vérité : l’Église, c’est nous.</p>
<p>Christine Pedotti</p>
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		<title>Le piège de la puissance</title>
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		<pubDate>Tue, 20 Apr 2010 23:04:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Ecoute]]></category>

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Depuis un mois, l&#8217;hebdomadaire Témoignage Chrétien mène l&#8217;enquête et alimente le débat : auprès d&#8217;intellectuels, de religieux ou de responsables associatifs, croyants ou non, la revue cherche à savoir si et comment, de leur point de vue, l&#8217;Église est encore influente dans notre société.  Dans ces différents points de vue qu&#8217;il vaut la peine de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://www.constructif.fr/Upload/Auteur/TURQUIN.jpg" alt="" width="90" height="95" /></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Depuis un mois, l&#8217;hebdomadaire <a href="http://www.temoignagechretien.fr/">Témoignage Chrétien</a> <img id="ctl00_ctl00_ContentPlaceHolder1_ContentPlaceHolder2_Image1" src="http://www.temoignagechretien.fr/images/transparent.gif" alt="" />mène l&#8217;enquête et alimente le débat : auprès d&#8217;intellectuels, de religieux ou de responsables associatifs, croyants ou non, la revue cherche à savoir si et comment, de leur point de vue, l&#8217;Église est encore influente dans notre société.  Dans ces différents points de vue qu&#8217;il vaut la peine de lire, j&#8217;ai remarqué plus particulièrement la dixième intervention, celle d&#8217;Agnès Rochefort-Turquin, sociologue et journaliste. </em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>A partir de son regard sur la situation que traverse l&#8217;Église, Agnès Rochefort-Turquin nous fait entendre avec finesse et bienveillance l&#8217;appel à reconsidérer <span style="text-decoration: underline;">radicalement </span>notre </em><em><span style="text-decoration: underline;">manière d&#8217;être</span> chrétien dans ce monde. Bien consciente que &laquo;&nbsp;c&#8217;est l&#8217;affaire de toute une vie, que de se laisser convertir par la Bonne Nouvelle du Christ&nbsp;&raquo;, elle nous invite néanmoins à l&#8217;espérance en ouvrant notre regard pour voir avec précision, &laquo;&nbsp;non pas ce qui n’est plus,  mais ce qui est dé­jà là et  engendre demain&nbsp;&raquo;&#8230;</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Une belle réflexion qui, à mon avis, rejoint bien la dynamique que cherche à mettre en œuvre la CCBF&#8230;</em></span></p>
<p><br class="spacer_" /></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.temoignagechretien.fr/articles/article.aspx?Clef_ARTICLES=1746&amp;Clef_RUBRIQUES_EDITORIALES=4">L&#8217;Église est-elle encore influente ? (10e intervention) 		 par Agnès Rochefort-Turquin</a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Le piège de la  puissance</strong></p>
<p style="text-align: left;">Dieu, que cette question est difficile ! Il me semble que tous les mots  en sont piégés, voire usés. Et pourtant elle a sa légitimité. L’Église  catholique vient d’une histoire où elle eut une telle in­fluence en  France qu’elle en a organisé l’espace et le temps, formé les consciences  et tenté de légitimer les pouvoirs et les sa­voirs. Ce passé grandiose,  qui a façonné la civilisation européenne, nous obstrue aujourd’hui  l’avenir. La question telle qu’elle est posée en témoigne. S’agit-il  d’inventorier les restes de ce qui fut ? Alors qu’il faudrait être  capable de faire le deuil de ce qui ne sera jamais plus. Et s’en  réjouir.</p>
<p>Je sais la souffrance du constat, et je ne veux pas la minimiser. Je  sais les erran­ces et les erreurs que nous n’avons pas fini  d’inventorier et d’accuser d’être cause du déclin. Mais ne sont-elles  pas d’abord les conséquences d’une institution aux prétentions  hégémoniques qui porte inévitablement en elle de graves dérives ? Les  derniers soubresauts de l’actualité, qu’ils prennent la forme des  scandales de la pédophilie ou d’abyssales incompréhensions entre une  parole vaticane et une opinion mondiale, sont comme autant de signes que  ce « système » est devenu « contre productif » dans l’annonce de la  bonne nouvelle du Christ.</p>
<p>Ces gigantesques et effrayants contresens que l’Église catholique génère  par elle-même et contre elle-même, nous invitent à reconsidérer  radicalement notre manière d’être chrétiens dans ce monde.<br />
 Paul considérait qu’une ville était évangélisée lorsqu’une petite  poignée de chrétiens s’y rassemblaient. Vivre en frères, témoigner de la  bonne nouvelle, ce n’est pas d’abord chercher à faire nombre, à remplir  les églises, à augmenter le nom­bre de prêtres, et encore moins à tenir  une position dominante dans la société et le monde. Dans l’Église,  chercher à « faire nombre » absorbe trop souvent les énergies et les  orientent vers des stratégies d’efficacité chiffrable qui peuvent  s’avérer des impasses.</p>
<p>Pourtant, l’annonce de la bonne nouvelle reste une mission pour tout  chrétien. Mais, il nous faut trouver une nouvelle manière d’être  chrétiens et en Église dans un monde définitivement mondial et pluriel  où la mission ne peut pas être de « faire chrétiens » tous nos frères en  humanité. Aux évêques du Maghreb, lors de leur visite ad limina en 1986, Jean-Paul II avait  dit : « Au fond, vous vivez ce que le  Concile a dit de l’Église : elle est un sacrement, c’est à dire un  signe, et on ne demande pas à un signe de faire nombre.»</p>
<p>C’est l’affaire de toute une vie que de se laisser convertir par la  bonne nouvelle du Christ. Et nul ne peut accomplir ce chemin sans la  bienveillance et le soutien de frères dans la foi. Toute la pastorale de  l’Église pourrait être revisitée dans cette perspective de s’aider  chacun mutuellement à donner forme et sens à son existence, dans le plus  grand respect de l’éclosion d’une liberté de fils de Dieu nourri par la  Parole. Et gageons que cela ferait signe de proche en proche pour le  monde d’aujourd’hui. Ne plus chercher à faire nombre mais à faire signe  et sens par ce qu’ils vivent et partagent, c’est sans doute en opérant  cette conversion-là que les chrétiens et leur Église retrouveront d’être  levain dans la pâte.</p>
<p>Une fois notre regard débarrassé des pièges que sont la mesure de la  puissance et la quête de la reconnaissance, il est possible de voir  combien les chrétiens ont d’ores et déjà une présence active dans la  société française dans des lieux hautement significatifs où se jouent  l’enjeu majeur de la dignité de tout être humain : dans les prisons, les  hôpitaux ou tout autre lieu d’exclusion, de souffrance et dans  l’accompagnement des grandes étapes et épreuves de la vie : la  naissance, l’amour, la mort.</p>
<p>Bruno Chenu, grand intellectuel théologien, écrit cette phrase  magnifique à propos de ceux qui ont su se rendre proches de lui alors  qu’il souffrait d’un cancer : « le mouvement vers l’autre construit  l’humanité de tous » (1).</p>
<p>Il y a des présences d’Évangile qui sont bonne nouvelle pour tous et  chacun. Sans doute devons-nous abandonner la posture de la puissance et  laisser se convertir notre regard pour voir, non pas ce qui n’est plus,  mais ce qui est dé­jà là et engendre demain.</p>
<p>1. Dieu et l’homme souffrant, Brunon Chenu, Bayard (p. 49)</p>
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		<title>Cette crise peut être salutaire</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Apr 2010 12:31:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>

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A l’occasion d’une rencontre fin 2009 avec le clergé du diocèse de Dublin, l’ancien maitre général des dominicains, Timothy Radcliffe livre sa méditation sur la crise majeure que traverse l’Eglise et le seul chemin pour une issue positive pour tous, en s’appuyant sur l’appel de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><img class="aligncenter" src="http://www.churchtimes.co.uk/uploads/images/22_Timothy%20radcliffe%20image%231%23.jpg" alt="" width="206" height="254" /><br />
 </strong></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>A l’occasion d’une rencontre fin 2009 avec le clergé du diocèse de Dublin, l’ancien maitre général des dominicains, Timothy Radcliffe livre sa méditation sur la crise majeure que traverse l’Eglise et le seul chemin pour une issue positive pour tous, en s’appuyant sur l’appel de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le fardeau et je vous procurerai le repos » (Mt 11, 25). Nous en livrons quelques extraits mais recommandons la lecture intégrale, qui est toujours dans un style très accessible en <a href="http://www.baptises.fr/files/cette crise peut etre salutaire.doc">téléchargeant le document ici</a>, publié dans La documentation catholique n° 2443 du 4 avril 2010.</em></span></p>
<p>Comment vivre cette crise comme une opportunité de bienfaits et de renouveau ? […]</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Le poids du fardeau</span></strong></p>
<p>[Jésus] dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau ». Vous tous : ce qui signifie que nous venons à lui tous ensemble, avec tous ceux qui peinent sous le poids du fardeau. Nous devons aller à lui avec ceux qui portent les plus lourds des fardeaux, les victimes d&#8217;abus sexuels. Si nous voulons nous rapprocher de Jésus, alors nous devons les aider à porter leur fardeau. Ce geste semble ajouter un fardeau supplémentaire, mais permettra en définitive d&#8217;ôter également un poids de nos épaules.</p>
<p>J&#8217;avoue que j&#8217;ai peur de faire cette démarche. J&#8217;ai peur de la colère et de la peine de ceux à qui nous avons infligé des sévices. […] <strong>Mais l&#8217;amitié avec le Seigneur implique pour nous d&#8217;avancer, tant bien que mal, en portant leur fardeau, mais aussi leur colère et leur souffrance. Ainsi que la déception et le chagrin du Peuple de Dieu</strong>. Et même les lourds fardeaux de nos confrères prêtres qui ont abusé de personnes mineures. Nous devons les aider à porter leur fardeau. <strong>Si nous portons le fardeau de chacun</strong>, alors le Seigneur nous donnera le repos. […]</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Comme des pharisiens…</span></strong></p>
<p><strong>Si nous considérons notre bien-aimée Église au cours des siècles récents, nous avons véritablement la sensation de nous être davantage comportés comme des pharisiens, faisant peser de lourds fardeaux sur les épaules du peuple. Cet aspect a souvent été associé au comportement sexuel</strong>. Nous avons dit aux familles comptant un grand nombre d&#8217;enfants qu&#8217;aucune contraception n&#8217;était permise, aux jeunes gens qui n&#8217;ont pas les moyens de se marier qu&#8217;ils doivent contrôler leur activité sexuelle de façon stricte […] et aux homosexuels que rien n&#8217;est permis et qu&#8217;ils doivent avoir honte de leur sexualité. Or, indépendamment des tenants et des aboutissants de l&#8217;enseignement de l&#8217;Église, ces recommandations ont été vécues par nos fidèles comme un lourd fardeau. Et ils découvrent ensuite que des prêtres qui les accablaient ont péché au plan sexuel de manière beaucoup plus grave. Comme les pharisiens, en ne faisant pas ce qu&#8217;ils prêchent. Vous pouvez imaginer la colère d&#8217;une mère qui a eu grossesse sur grossesse et n&#8217;en peut plus, ou celle d&#8217;un jeune homosexuel, lorsqu&#8217;ils apprennent ce dont même certains prêtres se sont rendus coupables !</p>
<p>Et cette colère est d&#8217;autant plus exacerbée que la pédophilie est devenue <em>le</em> péché d&#8217;ordre sexuel. […] Les violences sexuelles à l&#8217;encontre des mineurs sont, j&#8217;imagine, le paratonnerre de toutes nos angoisses concernant la sexualité et la manière dont elle semble s&#8217;être détachée de toute vision morale.</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">De la soumission au « Grand Gendarme » à l’écoute de l’amitié de Dieu</span></strong></p>
<p>Alors comment devons-nous alléger le fardeau pesant sur les autres et sur nous-mêmes ? Comment Jésus peut-il enseigner la manière de partager son joug, facile à porter et léger ? Bien entendu, nous devons être bons et compatissants avec les autres et avec nous-mêmes. […]</p>
<p><strong>Nous avons cependant besoin de quelque chose de beaucoup plus radical que la bonté</strong>. Nous avons besoin de renouveler notre compréhension de ce que signifie porter le joug des Commandements de Jésus. Nous devons remettre en question l&#8217;idée générale selon laquelle la moralité est surtout affaire d&#8217;interdictions et d&#8217;obligations. La notion selon laquelle être bon revient à soumettre sa volonté au Grand Gendarme du ciel est dépassée et erronée. […] J&#8217;estime que cette vision morale s&#8217;est certainement imposée avec le siècle des Lumières et sa culture du contrôle. […] Être bon consisterait à se soumettre à la volonté arbitraire de Dieu et de l&#8217;État. À savoir ce que vous avez le droit de faire et ce qui est interdit.</p>
<p>Nous devons soulager chacun, y compris nous-même, de ce lourd fardeau que représente le Gendarme céleste. […]</p>
<p>J&#8217;ai eu, cet été, une discussion passionnante avec le Grand Rabbin de Grande-Bretagne, Jonathan Sachs. Il m&#8217;a appris que, dans la Torah, il n&#8217;existe pas de mot traduisant le verbe « obéir », au sens de soumettre sa volonté à un contrôle extérieur. […] En réalité, le mot hébreu que nous traduisons généralement par « obéir » signifie « écouter ». <strong>Les dix Commandements ne sont pas une contrainte extérieure, mais toujours une invitation à engager une relation personnelle avec Dieu</strong>. (Ex 20, 2-3). Les Commandements participent à l&#8217;amitié de Dieu et à la liberté. Ils sont confiés à Moïse, à qui Dieu s&#8217;est adressé comme à un ami.</p>
<p>Il en est de même avec Jésus. Jésus révèle son nouveau Commandement aux disciples la veille de sa mort, au moment même où il déclare qu&#8217;ils sont ses amis (Jn 15, 15).</p>
<p>Ceci explique une chose vraiment étonnante à propos de Jésus. Il mangeait et buvait avec des prostituées et des percepteurs d&#8217;impôts ; il avait les amis les moins recommandables. Il n&#8217;a pas attendu qu&#8217;ils se repentissent pour les inviter à sa table. Il n&#8217;a pas dit : « Écoute Jeanne, lorsque cela fera une semaine que tu auras abandonné le trottoir, tu pourras venir à ma fête » ! Il les a simplement acceptés tels qu&#8217;ils étaient. Et pourtant il prêchait le Sermon sur la Montagne. Il ordonnait à ses disciples de tendre l&#8217;autre joue, d&#8217;aimer leurs ennemis, de ne jamais être en colère, d&#8217;être parfaits comme l&#8217;est notre Père céleste. Il était très exigeant.</p>
<p>Comment pouvait-il concilier ces deux aspects, être accueillant sans réserve, indulgent en apparence, et néanmoins très exigeant ? <strong>Ces exigences étaient celles de l&#8217;amitié de Dieu. C&#8217;est uniquement dans le cadre bien visible de l&#8217;amitié que nous pouvons offrir un enseignement moral</strong>.</p>
<p>Or, <strong>cette caractéristique a des conséquences radicales sur la manière dont l&#8217;Église enseigne une vision morale</strong>. Ce que nous avons à dire n&#8217;a de sens que dans le cadre de l&#8217;amitié. […] <strong>C&#8217;est uniquement côte à côte</strong>, partageant la lutte et la quête, que nous recevrons la parole la plus adaptée. Et cette parole ne sera jamais un fardeau, mais un don.</p>
<p>[…] L&#8217;amitié avec Jésus, l&#8217;intimité, signifie apprendre à être doux et humble de cœur. Alors, nous trouverons le repos pour nos âmes. Mais je ne suis pas certain que lorsque l&#8217;on pense à l&#8217;Église catholique, le premier mot qui vienne à l&#8217;esprit soit le mot « humble ». […]</p>
<p><strong>Je suis persuadé que cette crise de la sexualité est étroitement liée aux questions de pouvoir et à la manière dont le pouvoir fonctionne souvent au sein de l&#8217;Église à tous les niveaux, du Vatican au sacristain de la paroisse.</strong> Il ne s&#8217;agit pas du pouvoir de Jésus, doux et humble de cœur. Toutes les institutions humaines sont centrées sur l&#8217;usage du pouvoir. Je crois vraiment qu&#8217;avec la culture du contrôle issue des Lumières, notre obsession du pouvoir s&#8217;est accrue. […]</p>
<p>L&#8217;Église, hélas, a souvent été atteinte par cette même culture du contrôle. […]</p>
<p>Je soupçonne que tout cela soit notamment dû au fait que l&#8217;Église a, des siècles durant, lutté contre les pouvoirs de ce monde qui cherchaient à s&#8217;emparer d&#8217;elle. De l&#8217;Empire romain aux régimes communistes, en passant par l&#8217;Empire britannique, entre autres, l&#8217;Église s&#8217;est débattue pour conserver la maîtrise de sa propre vie, et a souvent fini par être imprégnée par cette même culture du pouvoir. Or, <strong>c&#8217;est cette même culture du pouvoir qui se trouve à l&#8217;origine de la crise des abus sexuels, qui représentent l&#8217;abus de pouvoir sur les petits et les vulnérables</strong>.</p>
<p><strong>Nous n&#8217;aurons pas d&#8217;Église inoffensive pour la jeunesse tant que nous n&#8217;apprendrons pas du Christ et que nous ne redeviendrons pas une Église humble, dans laquelle nous serons les enfants égaux du seul Père</strong>. […]</p>
<p><strong><span style="text-decoration: underline;">Une crise de compréhension de la prêtrise</span></strong></p>
<p>Il s&#8217;agit d&#8217;une crise terrible pour l&#8217;Église mais elle porte en elle une promesse et des bienfaits, à condition de l&#8217;accepter. <strong>Cette crise va bien au-delà de celle provoquée par les abus sexuels à l&#8217;encontre de mineurs qui ont été commis par certains prêtres et religieux. C&#8217;est toute la compréhension de la prêtrise et de la vie religieuse qui est en crise</strong>. La Réforme était une réponse à la crise traversée à la fin du Moyen Âge. La forme de notre prêtrise était alors totalement incapable de faire face à un monde nouveau. […]</p>
<p>Cette crise a entraîné un extraordinaire renouveau de la prêtrise, qui s&#8217;est accompagné d&#8217;une nouvelle spiritualité, de nouveaux séminaires, d&#8217;une formation théologique plus approfondie, d&#8217;une nouvelle discipline. Mais ce renouveau a souvent donné l&#8217;impression que nous étions des eunuques, des êtres asexués. […]</p>
<p>Nous vivons une crise de la compréhension de la prêtrise, à cause d&#8217;une<strong> attitude distante envers le peuple</strong>, de l&#8217;<strong>utilisation qui est faite du pouvoir</strong> et d&#8217;une <strong>approche de la moralité en termes de contrôle. De façon douloureuse, le Seigneur détruit nos tours altières et nos prétentions à la gloire et à la grandeur pour pouvoir établir sa maison avec nous</strong>.</p>
<p>La grande majorité des prêtres et des évêques que j&#8217;ai rencontrés à travers le monde sont des personnes humbles et sans prétention, qui souhaitent uniquement servir le Peuple de Dieu. […] Cette crise est peut-être donc le début d&#8217;un formidable renouveau de l&#8217;Église […].</p>
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		<title>Face aux abus sexuels, la désolation et le pardon du pape ne suffisent pas.</title>
		<link>http://www.baptises.fr/dans-la-presse/face-aux-abus-sexuels-la-desolation-et-le-pardon-du-pape-ne-suffisent-pas/</link>
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		<pubDate>Fri, 09 Apr 2010 12:50:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Dans la presse]]></category>

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		<description><![CDATA[Ne pas s&#8217;engager à faire changer les modes de gouvernance dans l&#8217;Eglise,  c&#8217;est ouvrir la porte à l&#8217;emballement des accusations et des fausses  justifications, à l&#8217;enchaînement des rancœurs sordides, à la désignation  de boucs émissaires, écrivent vingt-cinq personnalités dans un article publié dans le journal Le Monde daté du 10 avril 2010.


Devant [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #0000ff;"><em>Ne pas s&#8217;engager à faire changer les modes de gouvernance dans l&#8217;Eglise,  c&#8217;est ouvrir la porte à l&#8217;emballement des accusations et des fausses  justifications, à l&#8217;enchaînement des rancœurs sordides, à la désignation  de boucs émissaires, écrivent vingt-cinq personnalités dans un article publié dans le journal <a href="http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2010/04/09/face-aux-abus-sexuels-la-desolation-et-le-pardon-du-pape-ne-suffisent-pas_1331295_3232.html">Le Monde daté du 10 avril 2010</a>.</em></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #0000ff;"><em><img class="aligncenter" src="http://www.lemonde.fr/image/2010/04/05/300x200_1555518_0_ac81_ill-1329095-864f-pape0504.jpg" alt="" width="300" height="200" /><br />
</em></span></p>
<p>Devant les actes de  pédophilie dont se sont rendus coupables des  prêtres catholiques, dans  plusieurs pays du monde, devant la souffrance  des nombreuses victimes et  de leur famille, devant l&#8217;indignation que  suscitent les révélations qui  se succèdent, nous ne pouvons rester  silencieux. Ces drames nous  blessent et nous indignent. Mais nous ne  pouvons nous contenter des  déclarations des autorités institutionnelles  de l&#8217;Eglise. Il ne suffit  pas que Benoît XVI écrive, comme il l&#8217;a fait  aux évêques d&#8217;Irlande,  qu&#8217;il partage le désarroi et le sentiment de  trahison que de tels actes  inspirent. Il ne suffit pas qu&#8217;il dise qu&#8217;il  est <em>&laquo;&nbsp;vraiment désolé&nbsp;&raquo;.</em></p>
<div>
<div id="pubOAS_middle">
<script type="text/javascript">// <![CDATA[
if (provenance_elt !=-1) {OAS_AD('x40')} else {OAS_AD('Middle')}
// ]]&gt;</script>
</div>
<p><script type="text/javascript">// <![CDATA[
if ( undefined !== MIA.Pub.OAS.events ) {
   MIA.Pub.OAS.events["pubOAS_middle"] = "pubOAS_middle";
}
// ]]&gt;</script></p>
<input id="meme_sujet_elem_id" type="hidden" value="1331295" />
<script type="text/javascript">// <![CDATA[
init_boite_meme_sujet = function()
{</p>
<p>if ( "undefined" != typeof MIA &#038;&#038; "undefined" != typeof MIA.Ensemble &#038;&#038; ("undefined" == typeof MIA.Ensemble.initEventLoaded || !MIA.Ensemble.initEventLoaded) )
{
   var ensemble_id_defaut = 647065;</p>
<p>   var hash_url = window.location.hash;
   var re = /^#(.*)ens_id=(\d+)[^\d]*.*$/;
   var ensemble_id_url = hash_url.replace(re, "$2");</p>
<p>   if ( ensemble_id_url &#038;&#038; ensemble_id_url != hash_url )
      MIA.Ensemble.ensembleId = ensemble_id_url
   else
      if ( ensemble_id_defaut )
         MIA.Ensemble.ensembleId = ensemble_id_defaut</p>
<p>   if ( "" != "A LIRE AUSSI" )
   {
      MIA.Ensemble.titreBoite = "A LIRE AUSSI";
   }</p>
<p>   MIA.Ensemble.initEventLoaded = true;
   MIA.Ensemble.formaliseBoiteMemeSujet();
}
}
if ( (pave=document.getElementById('pave_meme_sujet_hidden')) ) pave.style.display = 'none';</p>
<p>if(window.addEventListener )
   window.addEventListener('load', init_boite_meme_sujet, false);
else
   window.attachEvent('onload', init_boite_meme_sujet);
// ]]&gt;</script>
</div>
<p>Il est certes nécessaire qu&#8217;il s&#8217;adresse avec fermeté à  ceux qui se  sont rendus coupables de tels actes, nécessaire également  qu&#8217;il  reproche aux responsables de l&#8217;Eglise leurs manquements dans le   traitement de ces affaires. C&#8217;est bien le moins qu&#8217;il puisse faire.   Cependant, c&#8217;est passer sous silence&#8230; le silence qui a très longtemps   accompagné ces situations. Elles ne sont pas nouvelles. Bien avant que   nos sociétés ne se soient fortement sécularisées, de tels actes ont été   commis, et la littérature en témoigne largement. Mais il était d&#8217;usage   parmi les chrétiens de ne rien dire, de détourner les yeux, de ne rien   ébruiter en espérant que le linge sale serait lavé en famille par ceux   qui exerçaient l&#8217;autorité.</p>
<p>Non seulement on a longtemps considéré  que ces affaires ne  relevaient pas de la justice civile, mais encore on  ne demandait jamais  ce qu&#8217;il en était de la justice ecclésiastique.  Cette dernière  s&#8217;exerçait dans le secret, mais abandonnait du même coup  deux des  fonctions essentielles de toute véritable justice, celle  d&#8217;intervenir  devant le peuple &#8211; en le représentant comme un tiers entre  la victime  et les coupables &#8211; et celle de l&#8217;exemplarité de la peine en  vue de  dissuader d&#8217;autres fautifs potentiels.</p>
<p>Dans de telles  conditions, faute de manifester publiquement la  réparation exigée du  coupable, le pardon finit par être dénaturé parce  qu&#8217;il ne peut  s&#8217;exercer dans la clarté. De surcroît, quand on sait que  souvent les  abuseurs ont été eux-mêmes abusés dans leur enfance, sans  que leur  soient donnés les moyens de reconstruire en eux ce que le  crime a  détruit, ce silence apparaît comme un facteur constitutif de la   possibilité de nouveaux drames&#8230;</p>
<p>Ce silence n&#8217;est pas seulement  le fait de l&#8217;institution. C&#8217;est aussi  celui des chrétiens ordinaires,  qui n&#8217;ont pas toujours tout ignoré de  ce qui se passait dans telle ou  telle paroisse, dans telle ou telle  école, dans tel ou tel mouvement.  Certes, ils étaient aussi victimes du  statut de &laquo;&nbsp;mineur&nbsp;&raquo; dans lesquels  les a entretenus la société  cléricale. Mais cela n&#8217;empêche pas que nous  portons tous une part de la  faute.</p>
<p>On aurait tort d&#8217;isoler les  actes pédophiles de toute une série de  comportements qui ont  profondément blessé nombre de personnes,  notamment des pratiques  intrusives sinon inquisitoriales, et  culpabilisantes dans l&#8217;exercice du  sacrement de pénitence. Des enfants  et adolescents ont pu en être  profondément troublés à des âges où se  forme la personnalité intime et  l&#8217;on sait à quels drames peuvent  conduire ce que des psychanalystes  appellent des &laquo;&nbsp;meurtres d&#8217;âme&nbsp;&raquo;. Des  couples aussi en ont profondément  souffert. C&#8217;est en fait tout un  rapport à la sexualité, dans l&#8217;Eglise  catholique, qui doit être  interrogé, dans ce qu&#8217;il a parfois,  paradoxalement, de pornographique,  par une fixation obsessionnelle sur  le sexe comme objet.</p>
<p>Plus largement, ce sont aussi, dans  l&#8217;exercice de l&#8217;autorité et de  la responsabilité, des comportements qui  ressortissent du fantasme de  toute-puissance, qui ont blessé et  continuent d&#8217;offenser, faute de  reconnaître l&#8217;autre comme une personne à  part entière, pour le tenir  dans une position de mineur. Comment ne pas  voir que ce tissu de  comportements est un des grands obstacles à la  transmission de la foi ?  Comment ne pas voir qu&#8217;il jette un voile sur la  &laquo;&nbsp;parole de vie&nbsp;&raquo; dont  l&#8217;Eglise &laquo;&nbsp;peuple de Dieu&nbsp;&raquo; est en charge ?</p>
<p>Nous  ne pouvons pas nous laver les mains de cet état de fait. Nous  avons été  à la fois victimes et participants de ce qu&#8217;il faut bien  appeler &laquo;&nbsp;une  structure de péché&nbsp;&raquo;. Certes, il y a des fautes et des  crimes précis &#8211; et  il importe absolument d&#8217;une part qu&#8217;ils soient  examinés par la justice  civile, et d&#8217;autre part que la justice  ecclésiastique les sanctionne  publiquement &#8211; et il n&#8217;est pas question  de les faire disparaître dans  une forme de responsabilité collective.  Cependant le péché de l&#8217;Eglise  et de ses serviteurs, nous devons tous y  faire face.</p>
<p>Parce que  nous voulons vivre pleinement notre baptême, nous  entendons assumer  notre responsabilité de membres de l&#8217;Eglise. Dans ce  drame, nous sommes  solidaires : la honte de l&#8217;Eglise est la nôtre, et  il importe, pour en  finir avec le silence et la perversité qui s&#8217;y  dissimule, que nous ne  nous contentions pas du pardon des évêques et de  la désolation du pape.</p>
<p>Il  importe que nous, catholiques, en demandions aussi pardon &#8211; au  nom de  toute l&#8217;Eglise, parce que nous sommes l&#8217;Eglise -, aux victimes.  Alors,  pour tous ceux qui voient dans ces crimes des raisons de douter  que le  Christ est lui-même amour, vérité, liberté et justice, pourra  s&#8217;ouvrir  de nouveau la possibilité de l&#8217;accueillir comme authentique  sauveur.</p>
<p>Ne  pas avoir le courage de demander pardon, et ne pas s&#8217;engager à  faire  changer les modes de gouvernance dans l&#8217;Eglise, c&#8217;est ouvrir la  porte à  l&#8217;emballement des accusations et des fausses justifications, à   l&#8217;enchaînement des rancoeurs sordides, à la désignation de boucs   émissaires&#8230;</p>
<p>Les yeux fixés sur le Christ, nous demandons pardon  aux victimes.  Après qu&#8217;un tel mal a été commis, lui seul peut aider à  trouver les  chemins de la vérité, de la justice et de la paix.</p>
<hr />
<p><strong>Jean-François  Bouthors</strong>, éditeur et écrivain ;<br />
 <strong>Christine  Pedotti<img id="__skype_nh_node_id_18" onmouseover="__skype_nh_icon_mouseOver(this);" onmouseout="__skype_nh_icon_mouseOut(this);" src="chrome://skype_ff_toolbar_win/content/icons/icon_offline.png" border="none" alt="" /></strong>,  éditeur, écrivain et cofondatrice de la  Conférence des Baptisé-e-s et  du Comité de la Jupe ;<br />
 <strong>Anne Soupa<img id="__skype_nh_node_id_19" onmouseover="__skype_nh_icon_mouseOver(this);" onmouseout="__skype_nh_icon_mouseOut(this);" src="chrome://skype_ff_toolbar_win/content/icons/icon_offline.png" border="none" alt="" /></strong>,  rédactrice en chef de <em>Biblia</em>,  cofondatrice de la Conférence des  Baptisé-e-s et du Comité de la Jupe ;<br />
 <strong>Guy Aurenche</strong>, avocat et  président du Comité catholique contre  la faim et pour le développement ;<br />
 <strong>Jean-Pierre Rosa</strong>, éditeur ;<br />
 <strong>Gabriel Ringlet</strong>,  théologien et vice-recteur émérite de la  faculté de Louvain ;<br />
 <strong>Gilbert  Caffin</strong>, oratorien et théologien  ;<br />
 <strong>Bernard Perret</strong>,  économiste ;<br />
 <strong>Monique Hébrard</strong>,  écrivain et chroniqueuse à <em>La  Croix</em> ;<br />
 <strong>Mijo Beccaria</strong>,  présidente du Bureau  international catholique de l&#8217;enfance ;<br />
 <strong>Jean  Delumeau</strong>,  historien ;<br />
 <strong>René Poujol</strong>, ancien directeur de  la rédaction du <em>Pèlerin</em> ;<br />
 <strong>François Vaillant</strong>,  philosophe et théologien ;<br />
 <strong>François  Euvé</strong>, doyen de la  faculté de théologie du Centre Sèvres ;<br />
 <strong>Dominique  Chivot</strong>,  journaliste ;<br />
 <strong>Claude Plettner</strong>, écrivain et  éditeur ;<br />
 <strong>Jean-Claude  Petit</strong>, président du Centre national de  la presse catholique ;<br />
 <strong>Daniel  Duigou</strong>, prêtre, psychanalyste  et écrivain ;<br />
 <strong>Henri Madelin</strong>,  théologien ;<br />
 <strong>Helena  Lassida</strong>, économiste ;<br />
 <strong>Catherine  Grémion</strong>, sociologue ;<br />
 <strong>Henri Tincq</strong>, journaliste ;<br />
 <strong>André  Gouzes</strong>, théologien ;<br />
 <strong>Gérard Testard</strong>, responsable  d&#8217;association ;<br />
 <strong>Aimé Savard</strong>,  journaliste.</p>
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		<item>
		<title>Samedi saint : une interview de mgr Albert Rouet</title>
		<link>http://www.baptises.fr/dans-la-presse/samedi-saint-une-interview-de-mgr-albert-rouet/</link>
		<comments>http://www.baptises.fr/dans-la-presse/samedi-saint-une-interview-de-mgr-albert-rouet/#comments</comments>
		<pubDate>Sat, 03 Apr 2010 14:48:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[Dans la presse]]></category>

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		<description><![CDATA[
En ce jour et dans ce temps de silence du samedi saint, juste avant de guetter cette nuit l&#8217;aurore de Pâques, une interview de mgr Albert Rouet dans le journal Le Monde de ce jour mérite que l&#8217;on s&#8217;y arrête&#8230;
Archevêque de  Poitiers, Mgr Albert Rouet est l&#8217;une des figures les  plus libres de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter" src="http://www.nsae.fr/wp-content/uploads/2009/03/procession_d_entree_monseigneur_albert_rouet_archeveque_de_poitiers.jpg" alt="" width="272" height="293" /></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>En ce jour et dans ce temps de silence du samedi saint, juste avant de guetter cette nuit l&#8217;aurore de Pâques, une interview de mgr Albert Rouet dans le journal <a href="http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2010/04/03/l-eglise-est-menacee-de-devenir-une-sous-culture_1328305_3224.html">Le Monde</a> de ce jour mérite que l&#8217;on s&#8217;y arrête&#8230;</em></span></p>
<p><em>Archevêque de  Poitiers, Mgr Albert Rouet est l&#8217;une des figures les  plus libres de  l&#8217;épiscopat français. Son ouvrage</em><em> J&#8217;aimerais vous  dire (Bayard,  2009) est un best-seller dans sa catégorie. Vendu à  plus de 30 000  exemplaires, lauréat du Prix 2010 des lecteurs de La  Procure, ce livre  d&#8217;entretiens porte un regard assez critique sur l&#8217;Église catholique. A  l&#8217;occasion de Pâques, Mgr Rouet livre ses  réflexions sur l&#8217;actualité et  son diagnostic sur son institution :<br />
</em></p>
<div>
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<div id="pave_meme_sujet_hidden_1314763"><!--/tpl:contenu/element/ensemble/tpl-esi_sur_le_meme_sujet.html.php--><!--/lyt:lyt-vide--><!--/inc:/abonnes/element/ensemble/afficher_esi/1314763___.html--></div>
<p><!-- Fin Appel du composant: /abonnes/element/ensemble/afficher_esi/1314763___.html --></div>
<p><script type="text/javascript">// <![CDATA[
init_boite_meme_sujet = function()
{</p>
<p>if ( "undefined" != typeof MIA &#038;&#038; "undefined" != typeof MIA.Ensemble &#038;&#038; ("undefined" == typeof MIA.Ensemble.initEventLoaded || !MIA.Ensemble.initEventLoaded) )
{
   var ensemble_id_defaut = 1314763;</p>
<p>   var hash_url = window.location.hash;
   var re = /^#(.*)ens_id=(\d+)[^\d]*.*$/;
   var ensemble_id_url = hash_url.replace(re, "$2");</p>
<p>   if ( ensemble_id_url &#038;&#038; ensemble_id_url != hash_url )
      MIA.Ensemble.ensembleId = ensemble_id_url
   else
      if ( ensemble_id_defaut )
         MIA.Ensemble.ensembleId = ensemble_id_defaut</p>
<p>   if ( "" != "" )
   {
      MIA.Ensemble.titreBoite = "";
   }</p>
<p>   MIA.Ensemble.initEventLoaded = true;
   MIA.Ensemble.formaliseBoiteMemeSujet();
}
}
if ( (pave=document.getElementById('pave_meme_sujet_hidden')) ) pave.style.display = 'none';</p>
<p>if(window.addEventListener )
   window.addEventListener('load', init_boite_meme_sujet, false);
else
   window.attachEvent('onload', init_boite_meme_sujet);
// ]]&gt;</script>
</div>
<p><strong>L&#8217;Eglise catholique est secouée depuis plusieurs  mois par la  révélation de scandales de pédophilie dans plusieurs pays  européens.  Cela vous a-t-il surpris ?</strong></p>
<p>Je voudrais d&#8217;abord  préciser une chose : pour qu&#8217;il y ait  pédophilie, il faut deux  conditions, une perversion profonde et un  pouvoir. Cela signifie que  tout système clos, idéalisé, sacralisé est  un danger. Dès lors qu&#8217;une  institution, y compris l&#8217;Eglise, s&#8217;érige en  position de droit privé,  s&#8217;estime en position de force, les dérives  financières et sexuelles  deviennent possibles. C&#8217;est ce que révèle  cette crise, et cela nous  oblige à revenir à l&#8217;Evangile ; la faiblesse  du Christ est constitutive  de la manière d&#8217;être de l&#8217;Eglise.</p>
<p>En France, l&#8217;Eglise n&#8217;a plus ce  type de pouvoir ; cela explique  qu&#8217;on est face à des fautes  individuelles, graves et regrettables, mais  que l&#8217;on ne connaît pas une  systématisation de ces affaires.</p>
<p><strong>Ces révélations surviennent  après plusieurs crises, qui ont  jalonné le pontificat de Benoît XVI. Qui  malmène l&#8217;Eglise ? </strong></p>
<p>Depuis quelque temps, l&#8217;Eglise est  battue d&#8217;orages, externes et  internes. On a un pape qui est plus  théoricien qu&#8217;historien. Il est  resté le professeur qui pense que quand  un problème est bien posé, il  est à moitié résolu. Mais dans la vie, ce  n&#8217;est pas comme cela ; on se  heurte à la complexité, à la résistance du  réel. On le voit bien dans  nos diocèses, on fait ce qu&#8217;on peut !  L&#8217;Eglise peine à se situer dans  le monde tumultueux dans lequel elle se  trouve aujourd&#8217;hui. C&#8217;est le  coeur du problème.</p>
<p>Au-delà, deux  choses me frappent dans la situation actuelle de  l&#8217;Eglise. Aujourd&#8217;hui,  on y constate un certain gel de la parole.  Désormais, le moindre  questionnement sur l&#8217;exégèse ou la morale est  jugé blasphématoire.  Questionner ne va plus de soi, et c&#8217;est dommage.  Parallèlement, règne  dans l&#8217;Eglise un climat de suspicion malsain.  L&#8217;institution fait face à  un centralisme romain, qui s&#8217;appuie sur tout  un réseau de dénonciations.  Certains courants passent leur temps à  dénoncer les positions de tel ou  tel évêque, à faire des dossiers  contre l&#8217;un, à garder des fiches  contre l&#8217;autre. Ces comportements  s&#8217;intensifient avec Internet.</p>
<p>En  outre, je note une évolution de l&#8217;Eglise parallèle à celle de  notre  société. Celle-ci veut plus de sécurité, plus de lois, celle-là  plus  d&#8217;identité, plus de décrets, plus de règlements. On se protège, on   s&#8217;enferme, c&#8217;est le signe même d&#8217;un monde clos, c&#8217;est catastrophique !</p>
<p>En  général, l&#8217;Eglise est un bon miroir de la société. Mais  aujourd&#8217;hui,  dans l&#8217;Eglise, les pressions identitaires sont  particulièrement fortes.  Tout un courant, qui ne réfléchit pas trop, a  épousé une identité de  revendication. Après la publication de  caricatures dans la presse sur la  pédophilie dans l&#8217;Eglise, j&#8217;ai eu des  réactions dignes des intégristes  islamistes sur les caricatures de  Mahomet ! A vouloir paraître offensif,  on se disqualifie.</p>
<p><strong>Le président de la conférence épiscopale,  Mgr André Vingt-Trois  l&#8217;a redit à Lourdes le 26 mars : l&#8217;Eglise de  France est marquée par la  crise des vocations, la baisse de la  transmission, la dilution de la  présence </strong><strong>chrétienne dans la  société. Comment vivez-vous cette  situation ? <br />
</strong></p>
<p>J&#8217;essaie de  prendre acte que nous sommes à la fin d&#8217;une époque. On  est passés d&#8217;un  christianisme d&#8217;habitude à un christianisme de  conviction. Le  christianisme s&#8217;était maintenu sur le fait qu&#8217;il s&#8217;était  réservé le  monopole de la gestion du sacré et des célébrations. Face  aux nouvelles  religions, à la sécularisation, les gens ne font plus  appel à ce sacré.</p>
<p>Pour  autant, peut-on dire que le papillon est &laquo;&nbsp;plus&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;moins&nbsp;&raquo; que  la  chrysalide ? C&#8217;est autre chose. Donc, je ne raisonne pas en termes  de  dégénérescence ou d&#8217;abandon : nous sommes en train de muter. Il nous   faut mesurer l&#8217;ampleur de cette mutation.</p>
<p>Prenez mon diocèse : il y  a soixante-dix ans, il comptait 800  prêtres. Aujourd&#8217;hui il en a 200,  mais il compte aussi 45 diacres et 10  000 personnes impliquées dans les  320 communautés locales que nous  avons créées il y a quinze ans. C&#8217;est  mieux. Il faut arrêter la  pastorale de la SNCF. Il faut fermer des  lignes et en ouvrir d&#8217;autres.  Quand on s&#8217;adapte aux gens, à leur manière  de vivre, à leurs horaires,  la fréquentation augmente, y compris pour  le catéchisme ! L&#8217;Eglise a  cette capacité d&#8217;adaptation.</p>
<p><strong>De  quelle manière ? </strong></p>
<p>Nous n&#8217;avons plus le personnel pour  tenir un quadrillage de 36 000  paroisses. Soit l&#8217;on considère que c&#8217;est  une misère dont il faut sortir  à tout prix et alors on va resacraliser  le prêtre ; soit on invente  autre chose. La pauvreté de l&#8217;Eglise est une  provocation à ouvrir de  nouvelles portes. L&#8217;Eglise doit-elle s&#8217;appuyer  sur ses clercs ou sur  ses baptisés ? Pour ma part, je pense qu&#8217;il faut  faire confiance aux  laïques et arrêter de fonctionner sur la base d&#8217;un  quadrillage  médiéval. C&#8217;est une modification fondamentale. C&#8217;est un  défi.</p>
<p><strong>Ce défi suppose-t-il d&#8217;ouvrir le sacerdoce aux hommes  mariés ?</strong></p>
<p>Non et oui ! Non, car imaginez que demain je puisse  ordonner dix  hommes mariés, j&#8217;en connais, ce n&#8217;est pas ça qui manque. Je  ne pourrais  pas les payer. Ils devraient donc travailler et ne seraient   disponibles que les week-ends pour les sacrements. On reviendrait alors   à une image cultuelle du prêtre. Ce serait une fausse modernité.</p>
<p>Par  contre, si on change la manière d&#8217;exercer le ministère, si son   positionnement dans la communauté est autre, alors oui, on peut   envisager l&#8217;ordination d&#8217;hommes mariés. Le prêtre ne doit plus être le   patron de sa paroisse ; il doit soutenir les baptisés pour qu&#8217;ils   deviennent des adultes dans la foi, les former, les empêcher de se   replier sur eux-mêmes.</p>
<p>C&#8217;est à lui de leur rappeler que l&#8217;on est  chrétien pour les autres,  pas pour soi ; alors il présidera  l&#8217;eucharistie comme un geste de  fraternité. Si les laïques restent des  mineurs, l&#8217;Eglise n&#8217;est pas  crédible. Elle doit parler d&#8217;adulte à  adulte.</p>
<p><strong>Vous jugez que la parole de l&#8217;Eglise n&#8217;est plus adaptée  au monde.  Pourquoi ? <br />
</strong></p>
<p>Avec la sécularisation, une &laquo;&nbsp;bulle  spirituelle&nbsp;&raquo; se développe dans  laquelle les mots flottent ; à commencer  par le mot &laquo;&nbsp;spirituel&nbsp;&raquo; qui  recouvre à peu près n&#8217;importe quelle  marchandise. Il est donc important  de donner aux chrétiens les moyens  d&#8217;identifier et d&#8217;exprimer les  éléments de leur foi. Il ne s&#8217;agit pas de  répéter une doctrine  officielle mais de leur permettre de dire  librement leur propre  adhésion.</p>
<p>C&#8217;est souvent notre manière de  parler qui ne fonctionne pas. Il faut  descendre de la montagne et  descendre dans la plaine, humblement. Pour  cela il faut un énorme  travail de formation. Car la foi était devenue  ce dont on ne parlait pas  entre chrétiens.</p>
<p><strong>Quelle est votre plus grande inquiétude pour  l&#8217;Eglise ? </strong></p>
<p>Le danger est réel. L&#8217;Eglise est menacée de  devenir une  sous-culture. Ma génération était attachée à  l&#8217;inculturation, la  plongée dans la société. Aujourd&#8217;hui, le risque est  que les chrétiens  se durcissent entre eux, tout simplement parce qu&#8217;ils  ont l&#8217;impression  d&#8217;être face à un monde d&#8217;incompréhension. Mais ce n&#8217;est  pas en accusant  la société de tous les maux qu&#8217;on éclaire les gens. Au  contraire, il  faut une immense miséricorde pour ce monde où des millions  de gens  meurent de faim. C&#8217;est à nous d&#8217;apprivoiser le monde et c&#8217;est à  nous de  nous rendre aimables.</p>
<div>
<div><strong>Propos  recueillis par Stéphanie Le Bars</strong></div>
</div>
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		<title>Entre jeudi saint et vendredi saint : le geste eucharistique, une attitude pour tous&#8230;</title>
		<link>http://www.baptises.fr/conference-des-baptises-de-france/reflexions-bibliques-et-theologiques/jeudi-saint-le-geste-eucharistique-un-geste-pour-tous/</link>
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		<pubDate>Thu, 01 Apr 2010 22:09:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carême]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions bibliques et théologiques]]></category>

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		<description><![CDATA[
Au soir du Jeudi saint, il est saisissant de mettre en série plusieurs gestes. 
 Ainsi celui de Marie de Béthanie et du parfum qu’elle essuie avec ses cheveux, juste quelques jours auparavant, 
 puis celui de Jésus aujourd&#8217;hui, magnifiquement illustré sur le site  par la chorégraphie d&#8217;Ariane, une femme&#8230;               
 Alors que &#171;&#160;nous&#160;&#187;, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/04/arcabas_lavement_pieds_m.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1810" title="arcabas_lavement_pieds_m" src="http://www.baptises.fr/wp-content/uploads/2010/04/arcabas_lavement_pieds_m-300x237.jpg" alt="" width="300" height="237" /></a></p>
<p>Au soir du Jeudi saint, il est saisissant de mettre en série plusieurs gestes. <br />
 Ainsi celui de Marie de Béthanie et du parfum qu’elle essuie avec ses cheveux, juste quelques jours auparavant, <br />
 puis celui de Jésus aujourd&#8217;hui, magnifiquement illustré sur le site  par la chorégraphie d&#8217;Ariane, une femme&#8230;               <br />
 Alors que &laquo;&nbsp;nous&nbsp;&raquo;, tous, nous nous retrouverons aux pieds de la Croix demain&#8230; <br />
 Marie aux pieds de Jésus, Jésus aux pieds de ses ami-e-s, nous tous aux pieds de Jésus en Croix…              <br />
 Geste eucharistique par excellence : « voici mon corps livré pour toi », « voici mon sang versé pour toi »…</p>
<p>Oui ce Geste de Jésus est saisissant si nous nous laissons rejoindre par lui, en profondeur, et si nous décidons, chacun, de le faire nôtre, à notre tour, comme Jésus nous le demande avec beaucoup de délicatesse. Ce n’est pas un commandement dur, c’est une invitation, une invitation amoureuse…</p>
<p>Il est le Geste qui abolit définitivement toute hiérarchie de domination sur autrui, toute volonté de puissance&#8230; Car depuis ce jour, nous le savons, nous ne pouvons plus l’ignorer : Dieu est à genoux, aux pieds de l’Homme, pour le soigner, panser ses blessures, (comme le Samaritain auprès de l’homme meurtri, laissé pour mort cf. Lc 10, 32), pour le relever comme son Fils, dans sa pleine et gracieuse dignité d’enfant de Dieu…</p>
<p>Dieu n’est pas ailleurs. Dieu ne nous attend pas ailleurs que là.</p>
<p>Désormais plus aucun pouvoir conservant ne serait-ce qu&#8217;une once de domination, ne pourra se réclamer du nom de Jésus. Si nous le faisons, nous blasphémons&#8230;<br />
 C&#8217;est extrêmement net et sans appel.<br />
 Toute l’histoire du monde, de l’Eglise, toutes nos histoires personnelles nous le rappelle alors : nous n’aurons jamais fini de nous convertir dans ce mystère.</p>
<p>Car cette conversion est plus qu’un simple renversement où celui qui a été opprimé prendrait sa revanche sur son dominateur… Cette conversion à laquelle le geste de Jésus nous entraine, n’est pas un renversement ou un échange de rôles : Jésus reste Maitre et Seigneur. Mais il nous révèle et nous livre le secret de ce qui a été son action rendue publique dès son passage à la synagogue de Nazareth, où il lisait Isaïe « <em>Il m&#8217;a envoyé proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer les opprimés en liberté»</em> et il commentait : <em>« Aujourd&#8217;hui, cette écriture est accomplie pour vous qui l&#8217;entendez.»</em> (Lc 4, 20-21). C’est par ce geste que Jésus ouvre toutes, toutes nos prisons et libère et les gardiens, et les prisonniers… <br />
 Désormais si nous le faisons à notre tour, la même force de libération se poursuivra, la force de Dieu. <br />
 Voilà ce qui se passera à celui qui entrera dans le Présent de Dieu.</p>
<p>C&#8217;est ce que Pierre fera au lendemain de Pâques, à l’entrée de la porte du Temple de Jérusalem, lorsqu’il sera face à un mendiant, paralysé : <em>« Pierre <span style="text-decoration: underline;">fixa les yeux</span> sur lui, ainsi que Jean, et dit : &nbsp;&raquo; <span style="text-decoration: underline;">Regarde-nous</span>.&nbsp;&raquo; Il <span style="text-decoration: underline;">tenait son regard attaché sur eux</span>, s&#8217;attendant à en recevoir quelque chose. Mais Pierre dit : &nbsp;&raquo; De l&#8217;argent et de l&#8217;or, je n&#8217;en ai pas, mais <span style="text-decoration: underline;">ce que j&#8217;ai, je te le donne : au nom de Jésus Christ</span> le Nazaréen, marche ! &nbsp;&raquo; Et le saisissant par la main droite, il le releva. À l&#8217;instant ses pieds et ses chevilles s&#8217;affermirent ; d&#8217;un bond il fut debout, et le voilà qui marchait. Il entra avec eux dans le Temple, marchant, gambadant et louant Dieu. »</em> (Actes 3, 4-8).</p>
<p>Nous cherchons la puissance de Dieu ? <br />
 Elle est là, en permanence sous nos yeux, et nous ne savons pas la voir  ! <br />
 Ce qui se passe, se passe à hauteur de visage, dans ce lien gracieux d’un regard… <br />
 Le lien d’une communion à hauteur de visage. Le lien de fraternité, la relation qui fait vivre, profondément, éternellement, libre !</p>
<p>Voilà le mouvement de Pâques, voilà le Passage à vivre, qui nous fait entrer et demeurer en Dieu. <br />
 Une invitation large, sans ségrégation, là où nous pouvons comprendre saint Paul <em>« Car tous, vous êtes, par la foi, fils de Dieu, en Jésus Christ. Oui, vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. Il n&#8217;y a plus ni Juif, ni Grec; il n&#8217;y a plus ni esclave, ni homme libre; il n&#8217;y a plus l&#8217;homme et la femme; car tous, vous n&#8217;êtes qu&#8217;un en Jésus Christ. »</em> (Gal 3, 26-28) Voilà le mouvement à vivre avec chacun des hommes, chacune des femmes que nous pouvons croiser sur nos routes… Qu’il soit conscient ou non d’être frère de Jésus !</p>
<p>Voilà l’action eucharistique, le service eucharistique : une attitude dans laquelle <strong>chacun-e</strong> de nous, sommes désormais institué-e-s par notre Baptême, et sommes appelé-e-s à en être les Serviteurs. <br />
 Voilà l’action eucharistique qui peut traverser, transfigurer, nos existences en chacun de ses actes. <br />
 Alors heureux, oui bienheureux les invités au repas du Seigneur : « heureux serez-vous si vous le mettez en pratique » ! « Faites ceci en mémoire de moi »</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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		<title>Petit éloge du catholicisme</title>
		<link>http://www.baptises.fr/nos-lectures/petit-eloge-du-catholicisme/</link>
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		<pubDate>Sat, 20 Mar 2010 09:06:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres récents]]></category>
		<category><![CDATA[Nos lectures]]></category>

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		<description><![CDATA[une recension par Antoine Sondag pour la CCBF


Ce livre, de poche mais inédit, coûte deux euros. Ce n’est pas la (seule) raison de le recommander. L’auteur, durant 25 ans critique littéraire au Monde, écrit bien. Plein de références intellectuelles et littéraires, mais sans pédanterie ni parisianisme. C’est vrai, sincère, humble. Cela raconte le catholicisme vu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span style="color: #0000ff;"><em>une recension par Antoine Sondag pour la CCBF<br />
</em></span></p>
<p><img class="aligncenter" src="http://www.laprocure.com/cache/couvertures_mini/9782070359738.jpg" alt="" width="160" height="268" /></p>
<p>Ce livre, de poche mais inédit, coûte deux euros. Ce n’est pas la (seule) raison de le recommander. L’auteur, durant 25 ans critique littéraire au <em>Monde, </em>écrit bien. Plein de références intellectuelles et littéraires, mais sans pédanterie ni parisianisme. C’est vrai, sincère, humble. Cela raconte le catholicisme vu par un converti. Pas de complaisance autobiographique. On n’en saura pas grand-chose. « Les nuits de Paris me devinrent familières… ». Et puis cette phrase de St Jean : « Si ton cœur te condamne, Dieu est plus grand que ton cœur ». C’est tout.</p>
<p>Le livre est fait de courts articles, comme un dictionnaire, mais des articles légers jamais dogmatiques ni pesants. Kéchichian vagabonde. Très personnel mais secrètement nourri de grands penseurs et plus encore d’écrivains croyants. Pour un converti, il a du flair et a su repérer les valeurs sûres : de Lubac, Lustiger, Ratzinger, Claudel et aussi Bernanos, Bloy, Mauriac…. Les écrivains sont plus importants et plus convaincants que les théologiens. Il s’en dégage un christianisme aérien, personnel mais enraciné dans la Tradition, très classique et très littéraire.</p>
<p>Y a-t-il place dans cette expérience pour la dimension sociale de l’Evangile, pour la diaconie, le service de la société ? Pas trop, pas assez. On monte vers la foi par le versant de la beauté, de la vérité, de la littérature… Le chrétien rêve peut-être d’un livre semblable écrit par un auteur fasciné par le rôle social de l’Eglise dans la société, par sa place dans la lutte contre la misère. On trouvera cela chez un autre de nos convertis célèbres : <em>Comment je suis redevenu chrétien,</em> par Jean-Claude Guillebaud en livre de poche Points, 2009, pour 7 euros.</p>
<p>Ceux qui aiment la littérature et la discrète mélodie de la foi dans la rumeur du monde, pourront lire et goûter le <a href="http://www.laprocure.com/livres/patrick-kechichian/petit-eloge-catholicisme_9782070359738.html"><em>petit éloge du catholicisme</em></a>. Ou suivre un chemin plus politique et social et savoir <em><a href="http://www.laprocure.com/livres/jean-claude-guillebaud/comment-suis-redevenu-chretien_9782757807019.html">pourquoi je suis redevenu chrétien</a>… </em>ou n’ai jamais cessé de l’être.</p>
<p>Kéchichian (Patrick), <em>Petit éloge du catholicisme</em>,  Folio, 2009, 135 p., inédit, 2 euros.</p>
<p>Antoine Sondag</p>
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		<title>Le pape appelle l&#8217;Eglise catholique à donner un rôle accru aux laïcs</title>
		<link>http://www.baptises.fr/en-debat/la-vie-paroissiale-diocesaine-etc/le-pape-appelle-leglise-catholique-a-donner-un-role-accru-aux-laics/</link>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 17:17:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Dans la presse]]></category>
		<category><![CDATA[Ils soutiennent la CBF]]></category>
		<category><![CDATA[La vie paroissiale, diocésaine etc...]]></category>
		<category><![CDATA[Les essentiels]]></category>

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		<description><![CDATA[Une dépêche de l&#8217;AFP qu&#8217;il est bon de connaitre et qui confirme de manière forte  l&#8217;intuition que cherche à développer la CCBF&#8230; :
ROME, 7 mars 2010 (AFP) &#8211; 12h40 - : Le pape appelle l&#8217;Église catholique à donner un rôle accru aux laïcs
Le pape Benoît XVI a appelé l&#8217;Église catholique à accorder un rôle accru [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="color: #008000;"><em>Une dépêche de l&#8217;AFP qu&#8217;il est bon de connaitre et qui confirme de manière forte  l&#8217;intuition que cherche à développer la CCBF&#8230;</em></span> :</p>
<p><a href="http://www.la-croix.com/afp.static/pages/100307114012.fkxcbg2s.htm">ROME, 7 mars 2010 (AFP) &#8211; 12h40 -</a> : Le pape appelle l&#8217;Église catholique à donner un rôle accru aux laïcs</p>
<p>Le pape Benoît XVI a appelé l&#8217;Église catholique à accorder un rôle accru aux laïcs, en visitant l&#8217;une des nouvelles paroisses de Rome où il a célébré la messe dimanche avant de rentrer au Vatican pour la prière de l&#8217;Angélus.</p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Benoît XVI a jugé nécessaire un &laquo;&nbsp;changement de mentalité&nbsp;&raquo; au sein de l&#8217;Église &laquo;&nbsp;surtout à l&#8217;égard des laïcs&nbsp;&raquo;</em></span>, <br />
 estimant qu&#8217;<span style="color: #0000ff;"><em>il fallait cesser de les considérer seulement comme &laquo;&nbsp;des collaborateurs&nbsp;&raquo; du clergé et les reconnaître comme &laquo;&nbsp;coresponsables&nbsp;&raquo; des actions de l&#8217;Église</em></span>.</p>
<p>Cela permettra, selon le pape, de <em><span style="color: #0000ff;">&laquo;&nbsp;promouvoir dans le respect des vocations et des rôles&nbsp;&raquo; de chacun &laquo;&nbsp;un laïcat engagé et mûr&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;la coresponsabilité de tous les membres du Peuple de Dieu&nbsp;&raquo;</span></em>.</p>
<p>S&#8217;adressant à plusieurs centaines de fidèles rassemblés en l&#8217;église de Saint-Jean-de-la-Croix, dans le nord de Rome, il a invité les familles et les jeunes à &laquo;&nbsp;annoncer l&#8217;Évangile&nbsp;&raquo; autour d&#8217;eux sans attendre que &laquo;&nbsp;d&#8217;autres viennent (&#8230;) apporter d&#8217;autres messages&nbsp;&raquo;. Il les a exhortés à être eux-mêmes des &laquo;&nbsp;missionnaires du Christ pour vos frères là où ils vivent, travaillent, étudient ou passent leur temps libre&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Benoît XVI est resté environ deux heures dans cette paroisse née en 1989 dans une boutique du quartier Nuovo Salario qui servait aussi de logement au curé et dont l&#8217;église a été bâtie douze ans plus tard et inaugurée en 2002, à proximité du périphérique. A son entrée, le pape a pris le temps de saluer les fidèles et d&#8217;embrasser les enfants.</p>
<p>&laquo;&nbsp;Dès sa naissance, cette paroisse s&#8217;est ouverte aux Mouvements et aux nouvelles communautés ecclésiastiques expérimentant une nouvelle forme d&#8217;évangélisation&nbsp;&raquo;, a noté le pape, en encourageant les paroissiens à &laquo;&nbsp;continuer dans cette direction&nbsp;&raquo;.</p>
<p><br class="spacer_" /></p>
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		<title>Les Conférences de Carême et Vatican II</title>
		<link>http://www.baptises.fr/conference-des-baptises-de-france/vatican-ii-du-grain-a-moudre/les-conferences-de-careme-et-vatican-ii/</link>
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		<pubDate>Mon, 01 Mar 2010 23:41:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
				<category><![CDATA[Carême]]></category>
		<category><![CDATA[Vatican II]]></category>

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		<description><![CDATA[ 

Cette année, les Conférences de Carême de Notre Dame de Paris sont sur le thème de &#171;&#160;Vatican II, une boussole pour notre temps, plus de quarante ans après, qu&#8217;est devenu le Concile ?&#160;&#187;
 La première conférence eu lieu le 21 février sur &#171;&#160;Vatican II, ancien ou moderne ?&#160;&#187; par Mgr Eric de Moulins Beaufort, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong> </strong></p>
<p><img class="aligncenter" src="http://www.collegedesbernardins.fr/eshop/pictures/speaker/images/moulins-beaufort-eric-gd_1.jpg" alt="" width="280" height="232" /></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Cette année, les Conférences de Carême de Notre Dame de Paris sont sur le thème de &laquo;&nbsp;Vatican II, une boussole pour notre temps, plus de quarante ans après, qu&#8217;est devenu le Concile ?&nbsp;&raquo;<br />
 La première conférence eu lieu le 21 février sur &laquo;&nbsp;Vatican II, ancien ou moderne ?&nbsp;&raquo; par Mgr Eric de Moulins Beaufort, évêque auxiliaire de Paris. </em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Alors que vous pouvez réécouter l&#8217;ensemble de sa conférence, claire et précise, introduite par le cardinal Vingt-Trois, sur <a href="http://www.ktotv.com/videos-chretiennes/emissions/conference-de-careme/conference-de-careme-vatican-ii-ancien-ou-moderne-/00048950">KTOTV</a> , je ne peux m&#8217;empêcher de vous partager un moment dans les questions  qui furent posées directement à l&#8217;issue de la conférence&#8230; A chacun-e d&#8217;en tirer les conséquences qui conviennent&#8230;</em></span><strong> </strong></p>
<p><strong>Question : « Le cardinal Vingt-Trois a dit en préambule que « le Concile Vatican II avait grandir et développer l’Eglise » Pouvez-vous préciser ce qui a grandi dans l’Eglise si ce n’est la crise des vocations ? »</strong></p>
<p><strong>Réponse de Mgr Eric de Moulins Beaufort :</strong> Il y a au moins trois choses qui ont grandi dans l’Eglise.</p>
<p><img src="file:///C:/DOCUME%7E1/XAVIER%7E1/LOCALS%7E1/Temp/moz-screenshot-6.png" alt="" /></p>
<p><span style="color: #008000;"><em>La première, certainement c’est la compréhension de ce qu’est le Baptême, et de ce que le baptême fait de nous.</em> Ce que le Concile a exprimé avec la formule du sacerdoce commun, en reprenant une formule qui est de saint Pierre l’apôtre lui-même. Donc <em>le Concile a mieux compris que jamais, ou a aidé l’Eglise à mieux comprendre que jamais, que le baptême fait de tous ceux qui le reçoivent un prêtre, un prophète et un roi. Et que le baptisé est donc armé en quelque sorte, équipé, pourvu, pour vivre dans ce monde et pour y déployer son énergie, pour y agir en agissant en vue de l’œuvre de Dieu, pour l’œuvre de Dieu. Donc nous avons grandi en ce que le Concile a mis en lumière la responsabilité de chaque chrétien, de chaque baptisé</em></span>. Et cette responsabilité qui est magnifiquement décrite dans le chapitre 2 de Lumen Gentium, sur le Peuple de Dieu, elle consiste précisément à servir avec tout ce que j’ai comme énergie, comme faculté, comme capacité, l’œuvre de Dieu. Chacun de nous sur cette Terre est préoccupé de survivre, nous essayons de nous faire un petit espace de bonheur, le moins menacé possible par tout ce qu’il peut y avoir de menaçant dans l’histoire humaine, mais ce que nous comprenons beaucoup mieux, ce que nous pouvons dire beaucoup mieux, c’est que surtout nous sommes équipés pour travailler à l’œuvre de Dieu. Alors ce n’est pas que l’on ne l’ait jamais su, on l’a toujours su, mais on a toujours plus ou moins su le dire. <span style="color: #008000;"><em>Parce que dans cette dignité du baptisé qui est revêtu du sacerdoce commun, qui est prêtre prophète et roi, et bien vous voyez bien que l’on sort de l’idée que les baptisés seraient comme des brebis bêlantes qui doivent suivre leurs pasteurs parce qu’elles ne sont pas capables de se diriger par elles-mêmes… Les baptisés sont des êtres libres et plus libres que les autres, habités des sept dons du Saint Esprit et capable de les déployer dans ce monde</em>. Le critère que nous agissons vraiment pour l’œuvre de Dieu, c’est que nous grandissons dans l’unité de l’Eglise.</span></p>
<p>La deuxième chose qui a grandi certainement, c’est la compréhension de ce que sont les évêques, de ce qu’est l’épiscopat, donc de ce qu’est la structure de l’Eglise. L’Enjeu de cette affaire c’est de comprendre comment les évêques succèdent aux Apôtres pour porter justement la mission que le Christ a donnée à son Eglise, ce qui a été rappelé au point de départ : il faut aller vers tous les hommes, vers toute la Création, « enseigner-leur à devenir disciples » dit Jésus […] Il est donc très important de comprendre et on l’a mieux compris que jamais, au Concile, que les évêques en Collège et dans leur unité succèdent au Collège des Apôtres, aux 12 qui avaient à leur tête Pierre, comme le Collège des évêques a le Pape le successeur de Pierre, pour porter, pour encourager, pour stimuler toujours l’Eglise dans cette mission. Ce qui veut dire que nous avons mieux compris aussi grâce au Concile que nous sommes dans ce monde comme des envoyés. Parce que c’est cela que veut dire la mission. On parle toujours de mission ; Ça veut dire une chose très simple :<span style="color: #008000;"> <em>tous tant que nous sommes, nous sommes dans le monde comme des envoyés. Et donc nous avons une tâche à y remplir</em>.</span></p>
<p>Et puis, peut-être, la troisième chose que le Concile a mieux comprise et par laquelle l’Eglise a grandi, c’est sa compréhension de son rapport avec l’extérieur : avec les autres religions, avec ceux qui n’ont pas de religion, sa compréhension de son rapport avec les Etats, avec les cultures etc. Le Concile a certainement permis de mieux exprimer ces rapports, mieux que jamais on n’avait fait ce qui est normal car l’Eglise profite de l’expérience qu’elle acquiert à travers l’Histoire. S’il y a du temps qui s’écoule entre l’Ascension et le retour du Christ glorieux, ce n’est pas simplement parce que Dieu nous a oubliés sur cette Terre. Ce n’est pas non plus parce que les hommes ont une liberté récalcitrante, ce qui est vrai tout de même. Mais c’est aussi parce qu’à travers l’Histoire nous comprenons des choses. L’Eglise se comprend mieux elle-même. Elle comprend mieux sa mission.<span style="color: #008000;"> Et l’Eglise, qui veut dire chacun de ses membres, est mieux à même de la vivre et de la remplir.</span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Merci, Mgr de Moulins Beaufort, pour cette belle conférence d&#8217;ouverture sur l&#8217;héritage du Concile et sur la responsabilité des baptisé-e-s que vous nous avez rappelée à cette occasion !</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>Xavier</em></span></p>
<p><span style="color: #0000ff;"><em>PS : la deuxième conférence porte la Constitution dogmatique Dei Verbum avec Denis Dupont-Fauville et Enzo Bianchi. Vous pouvez aussi l&#8217;écouter sur <a href="http://www.ktotv.com/videos-chretiennes/emissions/conference-de-careme/conference-de-careme-parole-de-dieu-et-ecritures-saintes/00048952">KTOTV</a><br />
 </em></span></p>
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		<title>Ecoute, bénédiction et espérance en réanimation pédiatrique</title>
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		<pubDate>Fri, 26 Feb 2010 17:36:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Xavier</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Ecoute]]></category>
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		<description><![CDATA[Cécile nous fait le récit de son expérience de bénévole dans un service d&#8217;hôpital pour enfants malades. 
 Elle nous rend témoin d&#8217;une manière de vivre les ministères d&#8217;écoute, de bénédiction et d&#8217;espérance&#8230;

Pousser la porte du service, passer le SAS d’entrée, se laver les mains, se revêtir de la blouse bleue en papier, poser la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><span style="color: #0000ff;"><em>Cécile nous fait le récit de son expérience de bénévole dans un service d&#8217;hôpital pour enfants malades. <br />
 Elle nous rend témoin d&#8217;une manière de vivre les ministères d&#8217;écoute, de bénédiction et d&#8217;espérance&#8230;</em></span></p>
<p><strong><img class="aligncenter" src="http://imworld.aufeminin.com/dossiers/d20060524/d222i6488h161338.jpg" alt="" width="200" height="177" /></strong></p>
<p>Pousser la porte du service, passer le SAS d’entrée, se laver les mains, se revêtir de la blouse bleue en papier, poser la charlotte sur les cheveux, se désinfecter les mains  et …  entrer.</p>
<p>Je viens pour « être là » « parmi eux » : l’équipe du service de réanimation pédiatrique. <br />
 Je viens en tant que bénévole pour me tenir auprès des enfants malades et de leurs parents. <br />
 Je viens les <span style="color: #ff0000;"><strong>écouter</strong></span>.   <br />
 Me tenir auprès ,  qu’est-ce que cela peut bien être ? <br />
 Être présente et toute attentive à ce qu’ils vivent, à ce qu’ils souhaitent et à ce qu’ils ne souhaitent pas. <br />
 Ne pas parler. <br />
 Venir un peu plus tard. <br />
 Sourire et regarder dans les yeux, bien franchement et paisiblement, le père de ce petit garçon qui a eu une greffe du foie, qui a des tuyaux partout, même dans le cou, qui respire grâce à un tuyau.</p>
<p>Ne pas avoir peur. <br />
 Être bien ancrée sur le sol et dans la présence.  <br />
 Sortir mes antennes et mon sixième sens, celui qui connaît le cœur,  rempli de peine et d’amour, de ces parents.</p>
<p>Écouter  les longues heures debout, à tourner autour du lit, à observer le va-et-vient des infirmiers, à regarder par la fenêtre, à attendre le résultat d’une prise de sang, à attendre des nouvelles de l’interne, à espérer un frémissement de paupières sur le visage de leur enfant… à donner des nouvelles aux uns et aux autres  pendus au portable… <br />
 Écouter le souci pour le frère aîné qui attend le retour du petit malade à la maison, qui est gardé par les grands-parents, les amis. <br />
 Écouter la nuit qui va venir : ne pas pouvoir quitter l’hôpital car la situation est trop « critique », et donc décider de dormir dans la salle d’attente, avec ses fauteuils bien durs en bois. <br />
 Écouter tous ces jours de vacances qui sont utilisés pour veiller leur enfant. <br />
 Écouter et VOIR L’AMOUR.</p>
<p><strong>Comment ne pas ressentir un immense respect ? Un besoin de s’incliner intérieurement devant ce courage et cette endurance.  <br />
 Comment ne pas ressentir l’envie de leur donner quelques forces intérieures, <br />
 de les <span style="color: #ff0000;">bénir</span>, de leur dire que cette présence et cet amour silencieux et total est vivant, que leur enfant le ressent et qu’il y puise sûrement ?</strong></p>
<p>Leur dire aussi que leur enfant est un vrai « samouraï », qui endure et résiste, qui se bat. Leur dire qu’ils peuvent consulter la psychologue pour parler du grand frère. Qu’ils peuvent voir l’assistante sociale pour des jours de congé spécifiques. Leur dire que l’équipe est formidable et ils sont bien les premiers à l’avoir remarqué. <strong>Leur dire qu’ils ne sont pas seuls.</strong></p>
<p>Et qu’y a-t-il de plus sinon <strong><span style="color: #ff0000;">l’espérance</span> ?</strong> <br />
 L’espérance que leur enfant passe ce seuil critique, <br />
 l’espérance qu’ils tiennent le coup, eux, les parents – physiquement et psychologiquement – <br />
 l’espoir dans l’équipe médicale, que toute sa compétence et toute sa technique sophistiquée fassent des miracles et que leur petit garçon <strong>soit sauvé !</strong></p>
<p>Ainsi,  chaque fois que je passe le SAS et que je rentre dans le service,  <br />
 <span style="color: #0000ff;"><strong><span style="text-decoration: underline;">je sais que je vais rencontrer l’Amour, la manifestation de l’Esprit Saint</span>,  et que l’écoute, la bénédiction et l’espérance s’y tiendront la main.</strong></span></p>
<p>Cécile G.V.<strong><br />
 </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong> </strong></p>
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