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Au milieu de la nuit

Christiane SCHMITT
© CC0 Creative Commons

Dimanche 12 novembre octobre 2017 – 32e dimanche du temps – Mt 25, 1-13

Nous arrivons à la fin du Temps Ordinaire où les textes d’évangile sont orientés vers l’annonce de la fin des temps avec le discours eschatologique. Avant d’entrer dans sa Passion et sa Résurrection, Jésus annonce la fin des temps dont la chute de Jérusalem est une préfiguration. Nous entendons les évangiles de ces derniers dimanches sur fond de fin du monde, de jugement dernier et nous sommes mis face à notre propre fin dernière, face à notre propre mort. Dans ce tableau apocalyptique surgit le Royaume des Cieux comme une fiancée parée pour son époux. Le festin des noces s’apprête, le cortège nuptial s’avance. L’Époux est tout proche… un cri retentit : « Voici l’époux ! Sortez à sa rencontre. »

Au milieu de la nuit, un cri se fit entendre !
La Bible est un livre plein de cris, un livre qui crie !
Cris de l’humanité en son commencement :
Cris de guerre, de triomphe, de détresse,
Cris des malheureux, des suppliants,
Cris d’appel, cris déchirants,
Cris de frayeur mais aussi cris de plaisir, d’allégresse, de joie.
Cri de la prière qui cherche Dieu.
Au milieu de la nuit du monde, un cri s’est fait entendre !

Qui a crié ?
Un homme, cloué au bois de la croix.
C’est Jésus, « l’Époux de sang » (Ex 4, 24-26), qui, sur la croix, scelle de son sang l’Alliance nouvelle et éternelle entre Dieu et les hommes. En un grand cri, il remet son esprit entre les mains de son Père. L’amour est fort comme la mort.

La Bible, ce livre plein de bruits et de fureur, est aussi un livre traversé de rencontres.
Rencontres d’hommes et de femmes qui se reconnaissent, s’épousent, se trahissent…
Des hommes et des femmes qui se cherchent et cherchent Dieu.
Amour humain, amour divin réunis dans le thème nuptial qui traverse toute la Bible en faisant résonner les forces de l’amour et de la mort qui sont à l’œuvre dans chacune de nos vies !
Pour élever notre condition humaine, pour la sauver de la mort, l’amour divin passe par la croix : chemin de l’amour, porte étroite, où Jésus lui-même passe en premier.
C’est pourquoi, du haut de la croix, Jésus attire tous et tout à lui.

« Veillez, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. » Il viendra comme l’éclair !
Un jour, une nuit… un cri, un appel retentira pour moi. Je dors, mais mon cœur veille. Il entendra l’appel du Bien-aimé : « Me voici, je viens ! Ouvre-moi, ma toute-belle ! »
Comme l’huile qui garnit les lampes des jeunes filles du cortège nuptial, l’amour ne se divise pas, ne se partage pas, ne se mesure pas. Il se donne en totalité et en plénitude. Il se donne au cœur qui veille dans l’attente de sa venue.
Ce cœur vigilant, Catherine de Sienne le compare à un vase.
Un vase que l’amour divin remplit et auquel il nous faut veiller pour que toujours il reste plein. Jamais il ne se videra si nous le laissons immergé dans la fontaine qu’est le Christ.
Veillons à ne le retirer jamais de ce fleuve d’eau vive qui a sa source dans la résurrection et la mort du Fils qui nous conduit au Père dans l’étreinte de l’Esprit.
 

Christiane Schmitt laïque o. p.

Commentaires
Marie Madeleine...

jamais on entend ce genre de commentaire dans les homélies habituelles ! Ce commentaire vibre avec la vie et fait écho en moi .Merçi !

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