Lettre à Benoît XVI

28 juin 2010
Par Christine

En la fête de saint Jean-Baptiste, nous avons adressé au pape Benoît XVI une lettre dans laquelle nous lui demandons de déclarer une « Année des Baptisés » pour l’Église universelle. Nous lui demandons aussi de pérenniser une « Fête des Baptisés », annuelle, qui pourrait être fixée au dimanche de Juin qui suit la fête de saint Jean-Baptiste.

Voici le texte de cette lettre:

Paris, en la Solennité de saint Jean-Baptiste

Très Saint Père,

Il y a quelques jours s’est achevée l’« année sacerdotale » que vous aviez
proposée à toute l’Eglise. En la plaçant sous le patronage du saint Curé d’Ars, vous
nous avez enjoints principalement de méditer sur la dignité et l’importance du sacerdoce
presbytéral. Ce sujet a nourri notre réflexion personnelle et, conscients que tous les
membres de l’Église sont responsables de l’appel des prêtres dont nos communautés ont
tant besoin, nous espérons aujourd’hui que de nouvelles vocations sacerdotales seront le
fruit du cheminement spirituel et de la prière que l’Eglise a soutenus au cours de ces
derniers mois.
En nous incitant à cette réflexion, dans la prière et la communion, vous avez aussi
permis à l’ensemble des fidèles laïcs de redécouvrir qu’ils étaient appelés à participer à
l’unique sacerdoce du Christ, « étant incorporés au Christ par le baptême, intégrés au
Peuple de Dieu, et participants à leur manière de la fonction sacerdotale, prophétique
et royale du Christ », et à « exerce[r] pour leur part, dans l’Église et dans le monde, la
mission qui est celle de tout le peuple chrétien. » (LG 31).
La Conférence Catholique des Baptisés de France y a entendu un appel
particulier à susciter la conscience de chaque baptisé afin de le rendre acteur, acteur de
la vie de l’Église, de sa mission et de son avenir. Tout baptisé a le devoir de comprendre
que, plus que jamais, ce monde, notre monde, a besoin qu’on lui dise une espérance,
qu’on lui annonce qu’il y a un Dieu qui a souci de l’humanité, et que chaque créature est
précieuse à ses yeux.  
C’est pourquoi, Très Saint Père, nous tenions tout d’abord à vous remercier de
nous avoir permis d’entendre avec plus de clarté cet appel pressant du Christ à prendre
notre part de la noble tâche d’évangélisation de nos frères et de nos sœurs, afin qu’ils
vivent de l’amour du cœur de Jésus pour reprendre l’admirable définition du sacerdoce
que nous a livrée saint Jean-Marie Vianney.

Cet appel que vous avez su faire retentir en nos cœurs a ouvert en nous un chemin
de conversion mais aussi de responsabilité. En nous permettant, en communion avec
nos pasteurs, de réfléchir au sens du sacerdoce commun des baptisés, vous avez éveillé
notre conscience à la beauté de la responsabilité missionnaire. Nous souhaitons
aujourd’hui vous demander de nous soutenir dans cette voie en appelant chaque chrétien
à entrer plus profondément dans le mystère de son baptême et à en vivre.
Rappelez leur, rappelez nous, que la marque du baptême n’est pas seulement  la
porte d’entrée dans la famille des enfants de Dieu, mais qu’elle est également un appel à
connaître et à faire connaître le Christ. Que, grâce à vous, résonne en nos cœurs l’appel
du Christ : « Suis-moi ! » et que, grâce à vous, nous sachions le relayer. Pour contribuer
à cette annonce, quoi de plus beau que le concours de tous ?
Très Saint Père, nous nous tournons vers vous avec confiance, ce monde a besoin
de nos bras, de notre cœur, de nos paroles, pour entrevoir le visage de Dieu. Nous
sommes là, nous, les baptisés, nombreux, ardents, soucieux de transmettre après nous le
trésor de la foi. Appelez-nous à la mission, rappelez-nous notre vocation baptismale et
envoyez-nous. Mettez nous en chemin !
Puisque notre époque a besoin de signes forts, nous nous permettons de vous
suggérer de proclamer une « Année des baptisés », entre juin 2011 et juin  2012. Un
temps de méditation de l’Église toute entière sur la vocation propre du baptême
donnerait l’occasion à la foule innombrable des baptisés de reconnaître la grandeur de
sa dignité et de découvrir en elle la grâce d’annoncer les bienfaits de Dieu. Cette année
pourrait s’ouvrir par une « Journée des baptisés », le dimanche suivant la Saint Jean-
Baptiste, journée que vous pourriez avoir l’audace de rendre pérenne. Une telle fête,
année après année, ancrerait le souci de la mission et ouvrirait les cœurs sur les moyens
d’y parvenir.

Telle est Très Saint Père la requête que nous confions à votre bienveillance et à
votre sagesse.
Nous le croyons avec la plus ferme assurance, c’est par la voix de cette immense
foule aux talents et aux charismes innombrables que l’Évangile du Christ peut résonner
dans notre monde. « L’apostolat des laïcs, en effet, ne peut jamais manquer à l’Église,
car il est une conséquence de leur vocation chrétienne. L’Écriture elle-même montre
parfaitement (cf. Ac 11, 19-21 ; 18, 26 ; Rm 16, 1-16 ; Ph 4, 3) combien cette activité se
manifesta spontanément aux premiers jours de l’Église et combien elle fut féconde. »
(AA 1).  
Confiants dans la justesse de notre requête, nous espérons qu’elle deviendra vôtre.
L’appel à toutes les forces vives de notre Eglise est un geste et d’audace et d’espérance
pour notre temps. Il dira la confiance et la disponibilité à l’Esprit. Il sera reçu comme le
gage d’un avenir ouvert et heureux pour cette Eglise que nous aimons tous, et pour
chaque baptisé, il sera comme l’appel du Christ lui-même.  
À Cana, la très sainte Vierge Marie mit les serviteurs de la noce au service de son
fils pour le bien et la joie de tous. A son image, osez nous mettre au service du Christ
afin que l’annonce du Salut résonne pour toute l’humanité.
Très Saint Père, soyez celui qui nous appelle, soyez notre pasteur, celui qui nous
fait confiance au nom de Christ.  
Croyez, Très Saint Père, à notre respectueux dévouement dans le Christ.

Anne Soupa et Christine Pedotti, cofondatrices de la
Conférence catholique des Baptisés de France

20 Reponses à “ Lettre à Benoît XVI ”

  1. guermonprez annie sur 11 novembre 2010 à 11 h 25 min

    cela fait des années que je ne comprends pas l’église qui ne modernise pas son vocabulaire !!quand j’assiste à une communion de l’un de mes petits enfants ,je me dis que ce vocabulaire est si archaique et incompréhensible déjà pour moi et d’autant plus pour les jeunes de notre époque ! il est temps de revoir tous ces termes qui n’ont plus ni queue ni sens !!il est urgent d’agir !! y compris le mariage des prêtres ,la place de la femme !les protestants ont mieux compris tout cela !!

  2. BLANCHIN sur 17 septembre 2010 à 8 h 42 min

    Bonjour,
    Je suis nouvel adhérent ; je découvre la lettre adressée à notre Pape ;
    mais je constate déjà des divergences de points de vues concernant la façon de l’appeler, n’y a – t – il pas mieux à réfléchir ?

    Cette polémique digne de la classe politique… n’a rien d’évangélique.

    De la modératrice:
    Cher Blanchin,
    L’Évangile nous évangélise et la tâche n’est jamais terminée. Quant aux divergences, elles sont fécondes si elles engendrent le dialogue, mortifères si elles sont le ferment de la division.

  3. [...] pour fêter la naissance de Saint Jean-Baptiste. C’est la solution que semblait préférer la CCFB, bien que le Baptême de Jean ne soit pas celui de l’Eglise (voir ici). Pour faire un peu de [...]

  4. [...] a écrit une Lettre à Benoît XVI, afin de lui demander de mettre en place en 2011 une “Année des Baptisés“, de la même manière qu’a eu lieu une Année [...]
    Une année des baptisés ? et pourquoi pas…

    Note de la modératrice:
    Voilà quelqu’un qui n’éprouve pas une grande sympathie pour nous, et qui pourtant a l’honnêteté de lire notre lettre et d’y trouver un intérêt. Voilà qui laisse espérer qu’il y a peut-être des dialogues possibles si nous tentons de trouver le coeur de ce qui nous anime.

  5. Anthony F. sur 5 juillet 2010 à 11 h 52 min

    Bravo pour cette belle initiative ! espérons qu’elle rencontre un impact au sommet. Publierez-vous la réponse de la Secrétairerie d’Etat quand elle arrivera ?

    De la modératrice:
    Bien sûr, Anthony, bien sûr, mais il va falloir être patients…

  6. M.F. sur 4 juillet 2010 à 14 h 10 min

    Je vous informe d’un article , de Frère Patrick Jacquemont o.p., daté du 30 juin 2010 que vous trouverez sur le site « CETADNET » rubrique « Actualités » dont j’ai relevé quelques lignes :

     » (…) Peut-on se désintéresser du surgissement de la Conférence Catholique des baptisés de France dans la situation ecclésiale actuelle avec la crise des vocations, le nombre des scandales liés à la pédophilie et le raidissement de l’autorité romaine ? Il est heureux d’entendre un discours positif, tonique, qui veut même être joyeux. Quelle va être la « réception » de cette proposition, par l’ensemble des baptisés à laquelle elle est adressée et par l’institution ecclésiale ? Pour ce qui est des chrétiens, catholiques de base, il va surgir la question de la diffusion et de la présentation favorable de la CCBF. (…) La réforme est née du charisme des franciscains et des dominicains aux frontières. Les ordres mendiants proposèrent une autre Eglise, avant d’être eux-mêmes récupérés par l’Institution. Il ne faut donc pas reprocher à la CCBF de « s’autoproclamer » fidèle à l’Eglise et à l’Evangile. C’est ainsi que l’Esprit Saint est à l’œuvre dans l’Eglise qui aura à « recevoir » et à « reconnaître » le don de l’Esprit.
    D’autre critiques seront faites à la CCBF, notamment de la part de ceux qui ont dû « partir » de l’Eglise : prêtres ouvriers, divorcés remariés, couples homosexuels. Mais la CCBF aura à apprendre comment ne pas se taire quand on reste dans l’Eglise. « Ni partir, ni nous taire ». La perspective œcuménique n’est-elle pas limitée au nom du baptême des catholiques ? Mais l’Eglise catholique a-t-elle le monopole du baptême chrétien ? Il y a une inter communion du baptême qui résonne dès aujourd’hui. Peut-on se satisfaire d’une ecclésiologie catholique même s’il sagit d’abord de revitaliser l’Eglise Catholique ? Demain il faudra peut-être écrire : « Conférence chrétienne des baptisés de France ».
    (…) Que penser alors, diront quelques misogynes, de cette initiative de deux femmes laïques, mariées? Il y a là l’aboutissement, au cœur d’un féminisme général, d’une revendication de la place de la femme dans la vie de l’Eglise. Un mouvement comme « Femmes et hommes dans les Eglises » (F.H.E.). Dans la formation des clercs quelle place est donnée aux figures féminines : Diane d’Andolo avec Dominique, Claire avec François d’Assise, Jeanne Chantal avec François de Sales, toutes les fondatrices de Congrégations au XIXème siècle ? Peut-on ajouter enfin Catherine de Sienne, tertiaire dominicaine et mystique brûlante, militante ecclésiale allant chercher le pape en Avignon et reconnue (au XXème siècle) docteur de l’Eglise. Oserait-on chanter comme Jean Ferrat, qui était plus qu’anticlérical, que dans l’Eglise peut-être aussi « la femme est l’avenir de l’homme » ! »

    Bienveillance d’un théologien dominicain de l’Institut Catholique de Paris, réconfortante. Les nouveaux nommés au Vatican par Benoit XVI seront-ils aussi bienveillants ?

  7. Christian Gault sur 3 juillet 2010 à 18 h 21 min

    Après en avoir discuté avec quelques amis, dont certais sont adhérents et d’autres en devenir, les réactions sur la forme sont assez unanimes au premier abord. Ensuite en y réfléchissant, on comprend qu’il s’agit de tournures diplomatiques telles qu’on doit les employer dans des documents officiels si on veut avoir une chance de réponse (ou au moins d’accusé de réception). Je note même une certaine habileté …
    Ma profession m’a beaucoup appris sur les us et coutumes de la communication officielle (y compris dans des états laïcs !) où on se doit de donner son titre à la personne à qui on s’adresse officiellement : votre excellence pour un ambassadeur, monseigneur pour un évèque, mon général … Alors a fortiori dans l’Eglise de Rome ! Personnellement j’ai toujours trouvé cette coutume plutôt ridicule et préféré Madame ou Monsieur, mais j’ai souvent fait comme tout le monde car la fin justifie les moyens quand il ne s’agit pas, bien sûr de compromis plus importants. En tout cas il ne pourra pas y avoir d’autre raison à l’absence de réponse que la volonté de ne pas dialoguer, ce que je crains fort. Mais peut-être Dieu nous donnera-t-il un coup de main ?

  8. Christine sur 2 juillet 2010 à 21 h 47 min

    Zut, par distraction, concentrées que nous étions sur les subtilités du « parler Vatican »! Un véritable acte manqué!

  9. zoe sur 2 juillet 2010 à 13 h 52 min

    J’ai une petite question pourquoi avoir signer la lettre
    Conférence catholique des Baptisés

    et non

    Conférence catholique des Baptisé-e-s ?

  10. La modératrice sur 1 juillet 2010 à 18 h 08 min

    De la modératrice:

    Je siffle la fin de la partie. Il y a mieux à faire à propos de cette lettre au pape que de savoir s’il est ou non légitime que les ecclésiastiques soient appelés « Père ». C’est un usage. On le juge suivant sa sensibilité et les époques plus ou moins bien venu. Mais ce n’est qu’un détail!
    Il est donc inutile de poster de nouveaux commentaires à ce propos, je ne les publierai pas.
    Merci de votre compréhension.

  11. Thévenet Jean-Marc sur 1 juillet 2010 à 11 h 13 min

    Pourquoi tout ce petit débat sur les appelatifs? S’il faut encore se faire entendre au Vatican par un langage empesé, faisons-le quand bien même il est obsolète.Le caméléon prend forme et couleur de son environnement pour échapper à ses prédateurs, mais aussi pour faciliter son appétit à vivre.Si l’on prône l’écoute et la transmission de la Parole au monde d’aujourd’hui dans son vécu, pourquoi commencerions-nous à écarter le langage romain s’il est encore en pratique?
    Il y a un chantier essentiel à entreprendre: ménageons nos énergies à donner du sens et du contenu au mouvement de la CCBF.

    de la modératrice (et co-signataire de la lettre);
    Mille mercis Jean-Marc!

  12. dembele.k sur 1 juillet 2010 à 2 h 14 min

    Le curé d’Ars patron des curés disait : « Allez vous confesser à la Sainte Vierge ou à un ange. Vous absoudront-ils ? Vous donneront-ils le corps et le sang de notre Seigneur ? Non, la Sainte Vierge ne peut pas faire descendre son divin Fils dans l’hostie. Vous auriez deux cents anges là qu’ils ne pourraient vous absoudre. Un prêtre, tant simple qu’il soit, le peut. Il peut vous dire : Allez en paix, je vous pardonne. » Si on peut appeler la Vierge Marie mère de l’Eglise comme Paul VI l’a proclamé comme telle à fin du concile pourquoi ne pourrions pas appeler les prêtres « père » ?. . On m’a toujours dit que l’humilité c’est avant tout le sens du réel : c’est nous reconnaitre tels que nous sommes, sans vaine complaisance et sans fausse modestie. Pour moi le sacerdoce ministériel est d’une grande dignité, un vrai mystère, mais ça reste tout de même un don gratuit et fabuleux .Et qui dit grand don, dit grand devoir .Il ne faut donc pas évacuer la pression spirituelle que cette charge mystérieuse et surnaturelle peut induire chez les prêtres en supprimant, tous les symboles qui nous rappellent sa valeur surnaturelle et unique dans l’Eglise. Le curé d’Ars disait « Quand vous voyez le prêtre, pensez à Notre-Seigneur Jésus-Christ. » .Pour moi le mot « père » est une introduction élémentaire dans le mystère du sacerdoce ministériel Il a un caractère pédagogique.
    Par ailleurs la question du mot « père » est un problème culturel. Par exemple dans certain pays d’Afrique son usage n’est pas exactement le même qu’en occident, il n’est pas limité à des personnes qui ont des liens de parenté.

    de la modératrice:
    même objection qu’à Cécile:
    Dans l’Évangile de de Matthieu au chapitre 23, verset 8-12, paroles de Jésus-Christ lui-même:
    «Pour vous, ne vous faites pas appeler « Rabbi” : car vous n’avez qu’un Maître, et tous vous êtes des frères. N’appelez personne votre « Père” sur la terre : car vous n’en avez qu’un, le Père céleste. Ne vous faites pas non plus appeler « Directeurs” : car vous n’avez qu’un Directeur, le Christ. 11Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé. »
    On peut invoquer des raisons d’usage, d’habitude, il reste qu’on ne peut invoquer ni Jésus ni l’Évangile pour le justifier.

  13. cecile sur 1 juillet 2010 à 0 h 15 min

    On peut critique l’utilisation du mon « Père  » mais son origine n’en demeure pas moins évangélique.
    Saint Paul lui même se pose en ‘père spirituel’ des chrétiens de Corinthe :« Auriez-vous en effet un millier de pédagogues dans le Christ, que vous n’auriez pas plusieurs pères ; car c’est moi qui, par l’Évangile, vous aie engendré dans le Christ Jésus. » (1Corinthiens 4:15.).

    de la modératrice:
    Vous pouvez en appeler à Paul, mais l’évangile est très ferme:
    Dans l’Évangile de de Matthieu au chapitre 23, verset 8-12:
    «Pour vous, ne vous faites pas appeler « Rabbi” : car vous n’avez qu’un Maître, et tous vous êtes des frères. N’appelez personne votre « Père” sur la terre : car vous n’en avez qu’un, le Père céleste. Ne vous faites pas non plus appeler « Directeurs” : car vous n’avez qu’un Directeur, le Christ. 11Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé. »

  14. pierre Larroque sur 30 juin 2010 à 10 h 19 min

    Lors de mon baptême mes parents m’ont donné un nom chrétien: Pierre.
    Dans le village, tout le monde m’appelle par mon nom chrétien, sauf… les chrétiens… »M. l’abbé »… « Mon père »… »M. l’aumônier »… »M le curé »… Tout y passe… Pourquoi ne pas appeler les « ecclésiastiques » par leur nom de baptême
    pierre L.

  15. TRANNOY Francine sur 30 juin 2010 à 10 h 08 min

    Qu’elle sera la réponse ?? S’il y en a une…

    La lecture de cette lettre m’a provoqué des sentiments extrêmes.

    Joie et Espérance à l’évocation de la prise de conscience par les baptisé-e-s de leur triple vocation de prêtre, prophète et roi, avec les responsabilités qui en découlent.

    Tristesse et grande déception en raison de cette sur-valorisation de la fonction des prêtres, peut-être adaptée aux siècles derniers, mais ne pouvant plus guère répondre aux besoins de notre temps.
    Malaise profond aussi vis à vis de l’image du Pape qui apparaît ici comme représentant toute l’Église, ou être lui-même un dieu-chef tout puissant.

    J’ai constaté que les amis avec qui j’ai pu échanger à ce sujet partageaient majoritairement ces dernières réactions, jusqu’au rejet de l’ensemble de la démarche.
    L’un d’entre eux m’a expliqué que c’était une manière normale et obligée, dans l’Église, pour s’adresser au Pape.

    J’espère vivement que, quelles que puissent être les suites qui seront données à cette lettre, l’Esprit souffle sur vos intuitions et aspirations, afin de permettre une métamorphose de « l’Institution » en communauté humaine, telle que pouvait la souhaiter Jésus de Nazareth.

    Merci pour ce lieu d’expression que vous offrez à chacun.

    Francine T.

  16. M.F. sur 30 juin 2010 à 9 h 37 min

    D’après Le dictionnaire historique Robert, origine de Monseigneur : »(…) est utilisé comme titre, en appellatif, dès ses premiers emplois: vers 1155 pour accompagner le nom d’un saint- Puis 13ème siècle pour la noblesse- au 18ème siècle pour titre de membres du gouvernement, de l’armée,usage repris sous Napoléon Ier(…) ».
    Voilà qui serait un bon signe : que désormais dans l’Eglise les baptisés s’appellent les uns les autres par leurs prénoms, comme Jésus s’adressait à ses amis, comme les Apôtres entre eux . Je ne sais pas si Benoit XVI serait choqué si on s’adressait à lui par son prénom dans un échange verbal( ce serait peut être reposant pour lui), mais un écrit c’est encore difficile.
    Le plus important est le fond de la lettre : il me semble que demander une année des baptisés à égalité avec une année sacerdotale c’est réaffirmer fortement Vatican II.
    Je suis curieuse de voir si le Vatican sera plus prompt que la Conférence des Evêques de France à adresser un accusé de réception à défaut de réponse, car, sauf erreur de ma part,la C.E.F n’a pas répondu à la lettre de la C.C.B.F. du 29 Octobre 2009 ?

  17. Christine sur 30 juin 2010 à 1 h 08 min

    Je propose qu’on les appelle par le plus beau des noms, celui de leur baptême!

  18. Philippe Ch. sur 29 juin 2010 à 23 h 30 min

    Le contenu de cette lettre est parfait et sa forme, comme nous l’indique Christine ci-dessus, est irréprochable au regard du protocole.
    Comme Adrienne, je déplore certaines dénominations en usage dans notre Eglise : m’adresser à un prêtre en disant « Mon Père » ; ou à un évêque en disant « Monseigneur » m’a toujours semblé difficile.
    A fortiori, je n’aime pas du tout « Très Saint Père ». J’ai même tendance à trouver ces mots ridicules. Dieu seul est saint et mérite le nom de Père, nous le savons par l’Evangile… Comment un tel usage a-t-il pu s’imposer dans la tradition, sinon par une demande du clergé à marquer ainsi sa domination, et un consentement coupable des fidèles ?
    Et si la CBF proposait un petit concours ? Chercher d’autres manières de s’adresser aux prêtres, aux évèques, et au Pape ? Dans un premier temps, je suggère « Cher Evêque » ou « Cher Pape » : c’est simple et plutôt gentil, n’est-ce pas ? Qui a des idées ?

  19. Christine sur 29 juin 2010 à 16 h 29 min

    Chère Adrienne,
    Comme tous les bons missionnaires, nous parlons la langue des tribus auxquelles nous nous adressons!
    Je pourrais aussi répéter l’adage célèbre: « À Rome,fais comme les Romains », dont l’origine est prêtée à saint Ambroise!

  20. Adrienne H. sur 29 juin 2010 à 13 h 38 min

    Merci d’avoir mis cette lettre en ligne, c’est je pense une invitation au dialogue.
    J’apprécie vraiment les suggestions clairement exprimées dans la lettre, de voir se créer une année des baptisés, année de réflexion sur ce sacrement dont on parle si peu et qui est pourtant celui qui engage toute une vie, et journée des baptisés pour exprimer sa joie de l’être !
    J’ai plus de mal à accepter la forme et les mots employés, tout à fait conformes sans doute au langage traditionnel obligé pour être accepté au Vatican, mais qui fausse l’image que nous aimerions montrer d’une conférence de baptisés ayant des sentiments respectueux, filiaux et fraternels envers la hiérarchie de leur Eglise, mais non pas de soumission et presque de flatterie à l’image de sujets d’un monarque.
    Est-il possible d’avoir plusieurs visages selon l’interlocuteur à qui l’on s’adresse ?

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