Cette crise peut être salutaire

A l’occasion d’une rencontre fin 2009 avec le clergé du diocèse de Dublin, l’ancien maitre général des dominicains, Timothy Radcliffe livre sa méditation sur la crise majeure que traverse l’Eglise et le seul chemin pour une issue positive pour tous, en s’appuyant sur l’appel de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le fardeau et je vous procurerai le repos » (Mt 11, 25). Nous en livrons quelques extraits mais recommandons la lecture intégrale, qui est toujours dans un style très accessible en téléchargeant le document ici, publié dans La documentation catholique n° 2443 du 4 avril 2010.
Comment vivre cette crise comme une opportunité de bienfaits et de renouveau ? […]
Le poids du fardeau
[Jésus] dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau ». Vous tous : ce qui signifie que nous venons à lui tous ensemble, avec tous ceux qui peinent sous le poids du fardeau. Nous devons aller à lui avec ceux qui portent les plus lourds des fardeaux, les victimes d’abus sexuels. Si nous voulons nous rapprocher de Jésus, alors nous devons les aider à porter leur fardeau. Ce geste semble ajouter un fardeau supplémentaire, mais permettra en définitive d’ôter également un poids de nos épaules.
J’avoue que j’ai peur de faire cette démarche. J’ai peur de la colère et de la peine de ceux à qui nous avons infligé des sévices. […] Mais l’amitié avec le Seigneur implique pour nous d’avancer, tant bien que mal, en portant leur fardeau, mais aussi leur colère et leur souffrance. Ainsi que la déception et le chagrin du Peuple de Dieu. Et même les lourds fardeaux de nos confrères prêtres qui ont abusé de personnes mineures. Nous devons les aider à porter leur fardeau. Si nous portons le fardeau de chacun, alors le Seigneur nous donnera le repos. […]
Comme des pharisiens…
Si nous considérons notre bien-aimée Église au cours des siècles récents, nous avons véritablement la sensation de nous être davantage comportés comme des pharisiens, faisant peser de lourds fardeaux sur les épaules du peuple. Cet aspect a souvent été associé au comportement sexuel. Nous avons dit aux familles comptant un grand nombre d’enfants qu’aucune contraception n’était permise, aux jeunes gens qui n’ont pas les moyens de se marier qu’ils doivent contrôler leur activité sexuelle de façon stricte […] et aux homosexuels que rien n’est permis et qu’ils doivent avoir honte de leur sexualité. Or, indépendamment des tenants et des aboutissants de l’enseignement de l’Église, ces recommandations ont été vécues par nos fidèles comme un lourd fardeau. Et ils découvrent ensuite que des prêtres qui les accablaient ont péché au plan sexuel de manière beaucoup plus grave. Comme les pharisiens, en ne faisant pas ce qu’ils prêchent. Vous pouvez imaginer la colère d’une mère qui a eu grossesse sur grossesse et n’en peut plus, ou celle d’un jeune homosexuel, lorsqu’ils apprennent ce dont même certains prêtres se sont rendus coupables !
Et cette colère est d’autant plus exacerbée que la pédophilie est devenue le péché d’ordre sexuel. […] Les violences sexuelles à l’encontre des mineurs sont, j’imagine, le paratonnerre de toutes nos angoisses concernant la sexualité et la manière dont elle semble s’être détachée de toute vision morale.
De la soumission au « Grand Gendarme » à l’écoute de l’amitié de Dieu
Alors comment devons-nous alléger le fardeau pesant sur les autres et sur nous-mêmes ? Comment Jésus peut-il enseigner la manière de partager son joug, facile à porter et léger ? Bien entendu, nous devons être bons et compatissants avec les autres et avec nous-mêmes. […]
Nous avons cependant besoin de quelque chose de beaucoup plus radical que la bonté. Nous avons besoin de renouveler notre compréhension de ce que signifie porter le joug des Commandements de Jésus. Nous devons remettre en question l’idée générale selon laquelle la moralité est surtout affaire d’interdictions et d’obligations. La notion selon laquelle être bon revient à soumettre sa volonté au Grand Gendarme du ciel est dépassée et erronée. […] J’estime que cette vision morale s’est certainement imposée avec le siècle des Lumières et sa culture du contrôle. […] Être bon consisterait à se soumettre à la volonté arbitraire de Dieu et de l’État. À savoir ce que vous avez le droit de faire et ce qui est interdit.
Nous devons soulager chacun, y compris nous-même, de ce lourd fardeau que représente le Gendarme céleste. […]
J’ai eu, cet été, une discussion passionnante avec le Grand Rabbin de Grande-Bretagne, Jonathan Sachs. Il m’a appris que, dans la Torah, il n’existe pas de mot traduisant le verbe « obéir », au sens de soumettre sa volonté à un contrôle extérieur. […] En réalité, le mot hébreu que nous traduisons généralement par « obéir » signifie « écouter ». Les dix Commandements ne sont pas une contrainte extérieure, mais toujours une invitation à engager une relation personnelle avec Dieu. (Ex 20, 2-3). Les Commandements participent à l’amitié de Dieu et à la liberté. Ils sont confiés à Moïse, à qui Dieu s’est adressé comme à un ami.
Il en est de même avec Jésus. Jésus révèle son nouveau Commandement aux disciples la veille de sa mort, au moment même où il déclare qu’ils sont ses amis (Jn 15, 15).
Ceci explique une chose vraiment étonnante à propos de Jésus. Il mangeait et buvait avec des prostituées et des percepteurs d’impôts ; il avait les amis les moins recommandables. Il n’a pas attendu qu’ils se repentissent pour les inviter à sa table. Il n’a pas dit : « Écoute Jeanne, lorsque cela fera une semaine que tu auras abandonné le trottoir, tu pourras venir à ma fête » ! Il les a simplement acceptés tels qu’ils étaient. Et pourtant il prêchait le Sermon sur la Montagne. Il ordonnait à ses disciples de tendre l’autre joue, d’aimer leurs ennemis, de ne jamais être en colère, d’être parfaits comme l’est notre Père céleste. Il était très exigeant.
Comment pouvait-il concilier ces deux aspects, être accueillant sans réserve, indulgent en apparence, et néanmoins très exigeant ? Ces exigences étaient celles de l’amitié de Dieu. C’est uniquement dans le cadre bien visible de l’amitié que nous pouvons offrir un enseignement moral.
Or, cette caractéristique a des conséquences radicales sur la manière dont l’Église enseigne une vision morale. Ce que nous avons à dire n’a de sens que dans le cadre de l’amitié. […] C’est uniquement côte à côte, partageant la lutte et la quête, que nous recevrons la parole la plus adaptée. Et cette parole ne sera jamais un fardeau, mais un don.
[…] L’amitié avec Jésus, l’intimité, signifie apprendre à être doux et humble de cœur. Alors, nous trouverons le repos pour nos âmes. Mais je ne suis pas certain que lorsque l’on pense à l’Église catholique, le premier mot qui vienne à l’esprit soit le mot « humble ». […]
Je suis persuadé que cette crise de la sexualité est étroitement liée aux questions de pouvoir et à la manière dont le pouvoir fonctionne souvent au sein de l’Église à tous les niveaux, du Vatican au sacristain de la paroisse. Il ne s’agit pas du pouvoir de Jésus, doux et humble de cœur. Toutes les institutions humaines sont centrées sur l’usage du pouvoir. Je crois vraiment qu’avec la culture du contrôle issue des Lumières, notre obsession du pouvoir s’est accrue. […]
L’Église, hélas, a souvent été atteinte par cette même culture du contrôle. […]
Je soupçonne que tout cela soit notamment dû au fait que l’Église a, des siècles durant, lutté contre les pouvoirs de ce monde qui cherchaient à s’emparer d’elle. De l’Empire romain aux régimes communistes, en passant par l’Empire britannique, entre autres, l’Église s’est débattue pour conserver la maîtrise de sa propre vie, et a souvent fini par être imprégnée par cette même culture du pouvoir. Or, c’est cette même culture du pouvoir qui se trouve à l’origine de la crise des abus sexuels, qui représentent l’abus de pouvoir sur les petits et les vulnérables.
Nous n’aurons pas d’Église inoffensive pour la jeunesse tant que nous n’apprendrons pas du Christ et que nous ne redeviendrons pas une Église humble, dans laquelle nous serons les enfants égaux du seul Père. […]
Une crise de compréhension de la prêtrise
Il s’agit d’une crise terrible pour l’Église mais elle porte en elle une promesse et des bienfaits, à condition de l’accepter. Cette crise va bien au-delà de celle provoquée par les abus sexuels à l’encontre de mineurs qui ont été commis par certains prêtres et religieux. C’est toute la compréhension de la prêtrise et de la vie religieuse qui est en crise. La Réforme était une réponse à la crise traversée à la fin du Moyen Âge. La forme de notre prêtrise était alors totalement incapable de faire face à un monde nouveau. […]
Cette crise a entraîné un extraordinaire renouveau de la prêtrise, qui s’est accompagné d’une nouvelle spiritualité, de nouveaux séminaires, d’une formation théologique plus approfondie, d’une nouvelle discipline. Mais ce renouveau a souvent donné l’impression que nous étions des eunuques, des êtres asexués. […]
Nous vivons une crise de la compréhension de la prêtrise, à cause d’une attitude distante envers le peuple, de l’utilisation qui est faite du pouvoir et d’une approche de la moralité en termes de contrôle. De façon douloureuse, le Seigneur détruit nos tours altières et nos prétentions à la gloire et à la grandeur pour pouvoir établir sa maison avec nous.
La grande majorité des prêtres et des évêques que j’ai rencontrés à travers le monde sont des personnes humbles et sans prétention, qui souhaitent uniquement servir le Peuple de Dieu. […] Cette crise est peut-être donc le début d’un formidable renouveau de l’Église […].
Je vais être très dure ou très insolente mais j’ai vraiment envie de hurler: Ne pouviez vous pas le dire plus tôt ? Qu’est ce qui vous en empêchait, vous, les noms célèbres de l’Eglise ? et qui en tirez une gloire très humaine !
Comment voulez vous qu’on ait envie de porter la faute avec ceux qui savaient et n’ont rien dit ?
C’est un peu désolant, mais cela me confirme dans ma réaction première.
Non, je ne ferai pas dans le « on est tous frères et on porte tous ensemble la faute ». Certainement pas, en connaissant d’autres grandes souffrances de femmes et d’hommes.
Et si on y réfléchit un peu, le CCFB existe quand même à cause d’une parole machiste, ne l’oublions pas !
Quelle belle méditation, qui nous ouvre à une autre perception de la crise dans laquelle nous sommes.
Une méditation pleine d’espérance à diffuser largement.
Je suis désolée d’avoir laissé tant de commentaires en attente, mais un petit dysfonctionnement du site avait arrêté momentanément le système qui me les notifie. C’est désormais réparé et je suis de nouveau fidèle au poste… et rassurée, je vous trouvais très silencieux, tout à coup!
Bien fraternellement à toutes et tous
Christine, la modératrice.
Pour ma part je me réjouis de ce que la parole tout à coup se libère, même si on aurait préféré que cela se fasse plus tôt. Que des gens (cf aussi l’article de Mgr Rouet) osent reconnaître ce qui fait souffrir, ce qui fait scandale, ce qui a conduit tant de gens à quitter l’Église sans rien dire. Tout à coup la coupe est pleine et les chrétiens osent dire qu’ils ne sont pas des gens parfaits, des gens meilleurs que les autres, mais des êtres souffrants comme les autres et que nous croyons en un Dieu qui nous remet debout, par son don de vie et non parce que nous le méritions. C’est d’être des paralysés qui marchent avec leur brancard qui nous permet d’en appeler d’autres à se laisser remettre debout, à leur tour.
Merci à ceux qui ont créé ce site de permettre que se crée un mouvement de coordination, qui nous sort de l’isolement et de la souffrance silencieuse.
Le journal « La Vie » appelle à des États généraux du christianisme à la Catho de Lyon en septembre prochain. La Conférence des Baptisé(e)s sera-t-elle participante ? Un lecteur a déjà interpellé les organisateurs sur le site de La Vie.
Quel eau fraîche versée sur une plaie ouverte que les propos de Timothy Radcliffe…
Il faut faire connaître cette méditation, comme les propos du Père Rouet.
Ce texte parle à notre cœur : j’ai du mal à croire qu’il ne touche pas, croyants ou non, les hommes de bonne volonté.
J’ai du mal à croire qu’un autre regard ne soit pas alors porté sur l’Église, peuple de Dieu.
C’est grâce à des paroles fortes, aimantes, qui ne condamnent pas,
que je reste dans cette Église.
parole de vie!
merci
quel beau cadeau
cette crise est , je le crois, une chance
car par cette descente au tombeau l’esprit conduit son Eglise vers la vie…
plus jamais se taire, mais s’écouter, dialoguer, s’aider….ne pas partir….continuer le chemin….la route sera longue….mais l’Espérance est revenue
bon dimanche
Bonjour à toutes et à tous,
Merci de nous faire connaître cette conférence qui tranche singulièrement avec les prises de position officielles du Vatican lesquelles n’abordent pas du tout la chrise sous l’angle institutionnel. Et pour cause !
Ce qui me frappe c’est la communion spirituelle qui est manifestement à l’oeuvre aussi bien dans la création de la CCBF que dans la critique des dérives instututionnelles de l’Eglise catholique dénoncées par Thimoty RADCLIFFE.
Que les catholiques fassent oeuvre de modestie et d’humilité : la séparation entre les clercs et les laïcs est artificielle et n’a d’autre légitimité que celle de l’histoire.
Les Eglises protestantes en ont admis le principe dès leur origine.
Enrichissons la dimension communautaire qui fonde la spécificité de notre Eglise catholique, les protestants ayant sans doute trop insisté sur la relation individuelle entre le Dieu des chrétiens et son peuple au risque de miner les bases mêmes de l’Eglise qui doit promouvoir l’unité du peuple de Dieu et non la prolifération de chapelles concurrentes.
En revanche, nos amis protestants nous ont ouvert la voie vers l’appropriation de la réflexion théologique par chacun des croyants ce qui va nécessairement de pair avec la disparition du primat de la cléricature !
C’est tout l’enjeu de cette crise.
De la simplicité, de l’humilité, de l’exemplarité, de l’amour sincère pour les femmes et les hommes de notre temps voilà ce que nous attendons de notre Eglise et au premier chef de son représentant le plus emblématique, au lieu des sermons moralistes qui séduisent les franges nostalgiques de temps à jamais révolus.
Si notre pape renonçait aux attributs du souverain pontife et s’il se présentait aux plus humbles des hommes comme un frère à l’image du Christ alors notre Eglise gagnerait grandement en crédiilité car enfin elle traduirait ses paroles en actes.
Bien que baptisé dans l’Eglise catholique et toujours actif dans ma paroisse bretonne, je dois avouer qu’il me tarde de voir le peuple des baptisés se rebeller contre l’inacceptable. Les ors du Vatican sont une imposture qui contrastent tant avec les conditions de vie du clergé !
Malgré le dévouement et l’énergie de nos curés qui sont effectivement submergés de tâches, l’image de l’Eglise est gravement affectée par des scandales à répétition.
Après la couleuvre WILLIAMSON nous subissons maintenant les scandales des crimes pédophiles…
Comment retrouver de la crédibilité auprès de celles et ceux qui se détournent d’une Eglise catholique dont les anciens atours sont déjà tellement élimés !
Alors avec notre frère Timothy formons le voeu que cette nouvelle épreuve soit effectivement salutaire.
Cela passe nécessairement par une remise en cause profonde de l’institution, depuis son mode de fonctionnement autoritaire et antidémocratique jusqu’au mépris profond dans lequel elle tient les laîcs et les femmes.
Je voudrais compléter et nuancer mon commentaire précédent, afin d’en préciser le sens.
Je n’ai aucun ressentiment personnel contre notre pape Benoît pour lequel j’éprouve bien au contraire du respect et de l’affection.
Mais il me semble que celui qui s’est affirmé comme théologien et gardien de la stricte orthodoxie du dogme de la foi catholique en réaffirmant notamment la prééminence absolue et exclusive du clergé de l’Eglise romaine pour énoncer la vérité contenue dans les Saintes Ecritures n’est pas le mieux armé pour apporter les réponses adéquates à une crise qui remet en cause les fondements de l’Eglise non pas en tant que communauté des croyants mais en tant qu’institution cléricale antidémocratique et phallocrate.
Dans notre profession de foi, nous confessons notre foi dans la sainte Eglise catholique. Nous énonçons par conséquent notre foi dans le caractère sacré de l’Eglise.
Ce qui est pour moi une évidence, c’est que la dimension sacrée de l’Eglise n’existe qu’en tant qu’elle est une communauté d’hommes et de femmes unis en Jésus-Christ par l’amour de Dieu, notre Père céleste.
Et encore faut-il nuancer ce caractère sacré pour ne le cantonner précisément qu’à la communion qui se réalise dans l’eucharistie. C’est par le sacrement partagé que notre communauté de femmes et d’hommes peut s’élever fugacement vers le tout autre qui seul est sacré : Dieu notre Père.
Comme l’énonce clairement Timothy RADCLIFFE, en sacralisant l’Eglise-institution on se comporte comme des pharisiens qui confondent le culte religieux (voire la dévotion à une Eglise et à ses ministres) et la seule adoration qui vaille : celle du Dieu de Jésus Christ, notre Père céleste, en esprit et en vérité.
Notre Eglise est riche de sens et de dévouement, notamment grâce à ses serviteurs ordonnés dans le clergé, mais ceux-ci n’en sont pas moins des femmes et des hommes qui sont également pécheurs.
En proclamant le caractère sacré du clergé – c’est ainsi que l’on doit comprendre la volonté de canoniser les papes – on court le risque de fragiliser la foi chrétienne elle-même à la moindre incartade d’un membre du clergé.
Les scandales qui touchent l’Eglise-institution font souffrir toute la communauté du peuple de Dieu mais ce n’est pas le cœur de notre foi chrétienne qui est en cause c’est seulement le mode d’exercice de notre foi à l’intérieur de l’Eglise catholique, une institution humaine dont le mode de fonctionnement vieux de 2000 ans apparaît totalement anachronique dans la société du XXIème siècle.
C’est ce fonctionnement qui est à réformer afin de permettre à la foi qui nous a été enseignée par Jésus Christ de prospérer au service de notre Père céleste qui est un Dieu d’amour pour tous les hommes, et qui seul doit être adoré en vérité et en esprit.
Je reviens un instant sur le verbe « obéir » qui, en hébreu, signifie « écouter ». Mon père, – qui avait étudié la Bible dans ses versions hébraïque, grecque et latine, – m’a toujours dit qu’un mot avait disparu au fils des traductions, mot qui signifiait : « Si tu veux être heureux ». Ainsi, le « Tu ne tueras pas », était réellement : « Si tu veux être heureux, ne tue pas. » Les commandements sont donc bien des conseils donnés par un ami et j’adhère aux propos de T. Radcliffe quand il écrit : « C’est uniquement dans le cadre bien visible de l’amitié que nous pouvons offrir un enseignement moral. »
Marie-Odile dit que son père traduisait « obéïr » au commandements par « si tu veux être heureux… ». Le parallèle avec le sermon sur la montagne, les béatitudes: « Heureux les… »est ainsi encore plus parlant.Merci.
Personnellement, j’ai quasi cessé d’avoir mal à mon Eglise, du jour où j’ai lu « La Pureté Dangereuse »de B.H.Levy, il y a quelques années.Ce sont les purs, ceux qui n’ont rien à se reprocher qui sont dangereux.Dans «intégrisme»,dit-il dans une interview, il y a «intégrité». Donc, qu’on le veuille ou non, «pureté». La volonté de pureté, voilà la matrice de l’intégrisme. Mettez, dans n’importe quelle société, la pureté comme principe de commandement – de Saint-Just à Khomeyni, de Savonarole au FIS algérien – et vous aurez inévitablement l’intégrisme et son cortège de meurtres ».Pour moi donc, l’Eglise N’EST PAS le Royaume de Dieu mais un ramassis de gens, des saints et des salauds, en marche vers le Royaume de Dieu.
Je voudrais réagir au propos de Chandernagore quant à sa dernière phrase sur l’Eglise. Si je suis d’accord avec lui sur le fond, la forme un peu moins.
Dans son essence, l’Eglise est la communauté de tous les croyants de la Nouvelle Alliance que le lien de la foi et l’action régénératrice du Saint Esprit unissent de façon vitale à Jésus Christ. Cette Eglise spirituelle, c’est le corps mystique du Seigneur, discernée par les yeux de la foi (1CORINTHIENS.12/13universelle parce que les enfants de Dieu de tous les pays et de tous les milieux en font partie (ACTES 2/47 ; 9/31) elle comprend également tous les rachetés déjà recueillis auprès du Seigneur (HEBREUX12/22,23) Si l’Eglise est en un sens invisible, elle est en même temps visible, car incarnée sur la terre en des membres vivants et agissants. Alors au boulot Chandernagore et que Dieu en Jésus Christ nous vienne en aide.
REGIS
merci Marie odile de ces mots si justes
on a oublié que Dieu nous veut heureux!
Il nous aime comme un Père ou une Mère,avec cet attachement viscéral qui ne pense qu’au bonheur de l’autre même si cela doit le déchirer.
c’est pour cela que le monde ne reçoit plus le message, car on a laissé de côté que lorsque l’on dit la prière d’abandon de Saint Ignace par exemple: c’est à Notre Père que nous nous adressons, avec toute la confiance d’un enfant pour ses parents …..cela change tout….
la prière du Christ le redit: je viens faire ta volonté, mais la volonté d’un Père qui aime au-delà de tout…..c’est ce qu’il nous a montré tout au long de sa vie…..