5 janvier 19 h 15 à Paris : l’Église sait-elle communiquer ?
En page 19 du journal La Croix du 4 janvier 2010, on nous signale une soirée ouverte à tous et organisée par le département d’éthique publique du Centre Sèvres – Facultés jésuites de Paris –
sur le thème « L’Église sait-elle communiquer ? L’Église doit-elle communiquer ? »,
le mardi 5 janvier à 19 h 15 au Centre Sèvres, 35 bis rue de Sèvres 75006 Paris (métro Sèvres-Babylone).
Avec la participation de Mgr Bernard Podvin, secrétaire général adjoint et porte-parole de la Conférence des évêques de France, et Isabelle de Gaulmyn, chef du service religion de La Croix…
Cela vaut certainement le coup d’aller y faire un tour pour y entendre ce qui va se dire, et aussi participer à ce débat !
Et que celles et ceux qui auront pu y aller nous fassent quelques retours si des choses intéressantes s’y entendaient…
la conférence est maintenant audible sur le lien ce dessous :
la conférence est maintenant audible avec ce lien ci dessous :
http://www.centresevres.com/upload/PJ/1262723368.mp3
Voila un bref compte rendu de cette intéressante soirée donnée dans le cadre des conférences d’éthique publique du centre Sèvres, la faculté jésuite de Paris.
Isabelle de Gaulmyn a une vue pratique de la situation, en tant que journaliste à la Croix, chargée du service religion et précédemment en poste à Rome pour suivre l’actualité du Vatican.
Pour elle, il n’y a pas d’ambiguïté : l’Eglise ne sait pas communiquer, ce qui alimente un écart croissant entre ce que vivent localement les communautés et ce que transmettent les médias.
Il ne s’agit pas ici de parler de l’action d’évangélisation mais bien de la communication institutionnelle de l’Eglise.
Au Vatican, le père Lombardi assure la gestion du service Presse. Il est âgé et a peu de moyens et n’est pas toujours au courant des diverses initiatives du Vatican, qui peuvent se télescoper. La communication n’apparait comme une priorité du Vatican, pour Isabelle de Gaulmyn.
Ainsi, un motus proprio en latin sur le diaconnat a été publié le même jour qu’un communiqué de presse sur l’Eglise et l’environnement, lors du sommet de Copenhague, sans que le père Lombardi en ait été informé au préalable.
Il serait injuste de considérer que les médias sont de mauvaise volonté mais il est vrai que les médias sont sur un rythme rapide qui n’est pas celui de l’Eglise. De plus, il y a parfois une amplification des évènements.
La polémique dans le monde, né du discours de Ratisbonne de Benoit XVI, est ainsi totalement décalée avec la réalité de ce même discours prononcé tranquillement devant un parterre de spécialistes de l’Université de Ratisbonne.
Le vocabulaire spécialisé de l’Eglise est mal compris des médias. L’«héroïcité des vertus» est ainsi assimilée à la canonisation.
L’institution ecclésiale a besoin d’apprendre à parler vrai, à éviter « la langue de buis », selon la jolie expression rapportée par l’intervenante.
Tout cela invite à se questionner : qui parle au nom de l’Eglise ?
Depuis Jean-Paul II, la communication de l’Eglise se cristallise autour de l’action et des paroles du pape, ce qui pose la question de la marge de manœuvre des évêques pour interpréter, expliquer les communications venues de Rome.
Mais les médias sont également demandeurs d’avoir des prises de parole des laïcs avec l’inconvénient que la parole de l’Eglise, particulièrement en France, est atomisée par chapelles « des Parvis jusqu’aux traditionnalistes qui défendent le rite tridentin »
Pour Mgr Podvin, secrétaire adjoint et porte-parole de la conférence épiscopale, la communication dans le monde moderne est difficile parce qu’elle est volatile et binaire.
L’année 2009 a été l’année des crises de communication alors même que la société se sécularise.
Au sujet du drame de Recife au Brésil (excommunication par l’évêque de Recife de l’équipe médicale qui avait pratiqué un avortement sur une fillette de 11 ans violée par son beau-père), Mgr Podvin rappelle que trois évêques en France, avaient publiquement pris de la distance par rapport à cette excommunication en indiquant qu’ « il ne fallait pas ajouter de la douleur à la douleur », ce qui leur a valu, hélas, de nombreux courriers critiques de certains.
L’Eglise a en même temps un fort potentiel de communication de proximité et doit apprendre à partir de la demande des journalistes pour améliorer sa communication.
Bernard Podvin a ainsi l’expérience d’un beau texte journalistique sur les vocations alors même que la demande initiale du journaliste apparaissait peu motivée.
Pour Mgr Podvin, la communication de l’Eglise ne repose pas que sur la conférence épiscopale et il est important de se situer, clerc et laïcs, dans une ecclésialité partagée pour bien communiquer.
La blogosphère contribue également à cette communication comme le montre le succès du site Messe info par exemple.
Mgr Podvin conclut que nous devons en Eglise adopter une communication, franche, cordiale et joyeuse.
Etienne
Soirée assez décevante malgré les propos très clairs et non clercs d’Isabelle de Gaulmyn, Mgr Podvin fut fort aimable mais très politiquement correct rien de nouveau sous le soleil, aucune analyse à propos des laïcs de tous bords qui savent aujourd’hui utiliser les médias…. Pour le meillleur et le pire… A chacun de faire le tri ! Bref on n’a rien appris, on a surtout pas eu le temps de débattre et quand ça devient intéressant comme par hasard il est l’heure de conclure…Bref vous aviez dit DEBAT??????