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Christine Pedotti interviewée par Radio Vatican

1 mai 2012
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Radio Vatican poursuit ses interviews : après l’interview d’Anne Soupa au sujet du livre : Pâques, l’Art du ¨Passage,   écoutez et regardez l’interview de Christine Pedotti à propos de son livre : La Bataille du Vatican.

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18 Responses to Christine Pedotti interviewée par Radio Vatican

  1. gershom leibowicz
    30 octobre 2012 at 15 h 10 min

    à Michel Thys:J’ai beaucoup de mal à percevoir les enjeux et l’intérêt de ce débat ou notre foi eu Christ est envisagée comme un système auquel il faudrait adhérer en aliénant plus ou moins une partie de sa liberté.
    Membre de l’église catholique, baptisé , je m’y reconnais pleinement , non parce qu’elle professe tel ou tel dogme, telle ou telle théorie ou croyance, mais parce qu’elle est toujours le lieu et le signe d’une expérience existencielle dans laquelle je reconnais la mienne.
    L’Eglise est la communion de tous ceux ,qui pour des raisons différentes et selon des modalités diverses ont rencontré à des moments précis de leur vie, une Parole, celle de Jésus Christ s’inscrivant dans la continuité d’une histoire commencée avec la première alliance qui leur a semblé tellement importante, tellement libératrice qu’ils ont choisis d’orienter leur vie toute entière sur celle ci. L’Eglise est la communion de ceux qui constatent , en relisant leur existence que cette Parole est libératrice en ce sens qu’elle leur permet d’être pleinement humain , de sortir sans crainte des relations de pouvoir de domination ou d’aliénation et de tenter de vivre dans la confiance des relations fraternelles avec tous ceux qu’il leur est donné de rencontrer. Entrer dans une démarche de foi c’est expérimenter concrètement le fait d’être aimé en acceptant sa faiblesse , sans que l’autre s’en serve pour affirmer sa force pour reprendre les mots du philosophe freudo -marxiste Théodore Adorno . Le reste tout le reste(dogmes , magistère etc..) n’est qu’une tentative utile mais seconde pour mettre des mots sur cette réalité et tenter de la transmettre .En ce sens le christianisme , n’est pas une religion ou est la religion de la sortie de la religion comme le dit M Gauchet.
    Je ne sais pas de quoi vous parlez, mais il ne s’agit en aucun cas de la foi au Dieu de jésus Christ.

  2. 30 octobre 2012 at 14 h 28 min

    @ Anne-Marie H.
    Merci pour votre réaction.
    Bien sûr que c’est tout le cerveau qui est concerné dans l’expérience religieuse, du fait des interconnexions et interactions du haut en bas, de bas en haut, de gauche à droite et de droite à gauche ! C’est pourquoi j’avais écrit que le schéma du cerveau « tri-unique » de Mc Lean est « simpliste mais éducatif ». Il n’empêche que les observations psychologiques et sociologiques confirment, selon moi, que le cerveau émotionnel prédomine chez le croyant, et le rationnel chez l’athée.

    Vous aurez remarqué que les scientifiques, par ailleurs éminents qui sont restés croyants ou déistes ont, comme par hasard, tous subi une influence religieuse précoce et un milieu croyant unilatéral (notamment des Américains et Canadiens comme par exemple les neurophysiologistes Ramachandran ou Mario Beauregard) mais aussi jadis Carl G. Jung, et même Albert Einstein, anti-dogmatique mais déiste, avec sa « constante cosmologique » inspirée par la « beauté de l’univers », qu’il a dû reconnaître comme infondée. Freud, pour qui la religion est une névrose obsessionnelle collective, et donc athée, s’est le mieux affranchi de la judéité de son milieu initial.

    La plupart des scientifiques croyants, sauf quelques irréductibles créationnistes, laissent actuellement leurs convictions religieuses au vestiaire avant d’entrer dans leur laboratoire, à l’instar de Louis Pasteur, ne fût-ce que pour ne pas se discréditer aux yeux des autres scientifiques, majoritairement athées ou agnostiques …

    Les observations des neurophysiologistes, notamment par IRM fonctionnelle, par exemple sur le cerveau de religieuses en prière, tendent, me semble-t-il, à confirmer l’imprégnation religieuse, précoce, culturelle et indélébile des neurones du cerveau émotionnel, puis rationnel, renforcée ensuite par la plasticité synaptique et neuronale, au fur et à mesure des expériences religieuses.
    Ces expériences, financées par la très riche Fondation Templeton pour tenter de démontrer scientifiquement l’existence de Dieu (!), furent évidemment vaines, mais instructives, a contrario. Notre rationalité et plus encore notre subjectivité sont évidemment soumises, souvent inconsciemment, à des influences intellectuelles, culturelles, spirituelles, émotionnelles, … 

    Le « caractère rationnel ou non d’une pensée » ne se juge pas, en effet, « sur le résultat », mais sur la méthode expérimentale utilisée, inspirée de Claude Bernard et de Karl Popper, qui le valide (du moins tant qu’un élément nouveau incontestable, d’ailleurs recherché, ne le remet pas en question).
    Je pense que « l’autonomie de la pensée », qu’elle soit philosophique ou scientifique, est dépendante à la fois de la prise de conscience des nombreuses influences subies, notamment celles des « maîtres » plus ou moins autoritaires, mais aussi de la compréhension du fonctionnement cérébral et surtout de l’éducation précoce à l’esprit critique, à tous égards.

    L’émotion n’est évidemment pas « absente de la pensée scientifique », notamment lors d’une découverte. J’en ai fait l’expérience exaltante il y a trente ans, lorsqu’après des centaines d’heures d’expérimentations, j’ai inventé un temporisateur électronique simplifié (à deux composants au lieu d’une dizaine), pour systèmes d’alarmes antivol, que j’ai fait breveté en Belgique seulement, et qui fut donc rapidement copié par les Japonais, mais que je l’ai quand même exploité avec profits pendant une dizaine d’années.

    @ Christine :
    Je ne cherche pas à imposer des règles selon ce qui m’arrange.
    Avant d’être fondé sur le libre-examen et l’autonomie de la conscience, l’athéisme l’est d’abord sur l’absence persistante du moindre indice objectif, concret et indiscutable scientifiquement de l’existence réelle d’un dieu. Mais vous avez raison : nos prémisses étant incompatibles, poursuivre cet échange de vues deviendrait un dialogue de sourds.
    Je comprends que votre foi vous paraisse « fondée sur le libre examen et l’autonomie de la conscience ». Mais je ne puis m’empêcher de me demander dans quelle mesure il ne s’agirait t pas, pardonnez-moi, d’une rationalisation a posteriori.

    Certes, Henri Laborit exagérait en écrivant que « c’est une illusion, la liberté ». Il voulait sans doute dire que l’être humain est soumis, le plus souvent inconsciemment, à de multiples influences (génétiques, hormonales, sexuelles, éducatives, culturelles, religieuses,idéologiques, politiques, etc.) , et que dès lors sa liberté effective s’en trouve plus atténuée qu’il ne le pense.

    Je l’ai écrit en d’autres termes : je ne vois aucune « faiblesse d’esprit » de la part des croyants. Je me permets seulement de leur suggérer de se demander s’ils ont vraiment eu la possibilité, à l’adolescence, de découvrir les alternatives non confessionnelles, occultées par toutes les religions.

    Notre dialogue s’achève donc ici, mais je suis heureux qu’il ait pu avoir lieu un certain temps, et je vous en remercie.
    Cordialement,
    Michel THYS

  3. Anne-Marie H.
    30 octobre 2012 at 10 h 09 min

    @ Michel Thys et Christine

    Deux mots d’une scientifique sur les questions de « cerveau » et de « rationalité ».
    La distinction entre « cerveau rationnel » et « cerveau émotionnel » n’a absolument aucun fondement dans les neuro sciences actuelles. C’est le même cerveau qui traite une foule l’informations- des observations personnelles, des discours reçus de sources multiples -scientifiques ou auto-proclamées scientifiques, religieuses ou auto-proclamées religieuses, ou simplement présentes dans l’air du temps- y compris des informations sur l’état émotionnel de la personne à un moment donné, pour construire une représentation du monde durable ou une conviction momentanée. Le résultat (qu’un observateur omniscient, ce qui n’existe pas, pourrait qualifier de plus ou moins rationnel) ne dépend pas seulement des informations qui ont été prises en compte dans cette élaboration, mais des conditions d’exercice de la pensée: la fraîcheur d’esprit ou la fatigue, la possibilité ou non de prendre son temps, les apprentissages précédents dans le domaine de la réflexion (un même problème intellectuel paraîtra ardu à une personne sans pratique dans ce domaine, sans difficulté à une personne qui a appris à organiser les éléments et à les traiter avec méthode). On ne peut pas juger du caractère « rationnel » ou non d’une pensée uniquement par le résultat: il y a des solutions justes qui sont le résultat d’un raisonnement faux, et des solutions fausses qui résultent d’un raisonnement correct sur des données incomplètes! On peut consulter sur ce point l’oeuvre de Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie en 2002, auteur entre autres de « thinking fast and slow ».

    D’autre part, c’est une illusion de croire que la pensée scientifique est exempte d’autorité et de soumission. Ceux qui obtiennent un doctorat dans une discipline scientifique quelconque ont passé des années à s’informer de ce que savent (ou croient savoir) des gens plus savants qu’eux, et ils se sont soumis à leur autorité. Ils ont eu raison de le faire, parce que réinventer les sciences contemporaines est impossible au cours d’une seule vie humaine. Ils ont eu raison de le faire parce qu’ils savent (ou croient savoir) que leurs maîtres ont acquis ce savoir en respectant des règles de pensée qui sont (de l’avis d’autres maîtres, et re-voilà l’autorité) les meilleures possibles à notre époque et dans ce domaine. Tout ça pour dire que « l’autonomie » de la pensée, si elle n’est pas un vain mot (je ne pense pas qu’elle soit un vain mot!) ne s’exerce jamais que sur le terreau, Oh combien épais, de l’autorité des maîtres et de l’opinion commune. En être conscient ne diminue pas l’autonomie, au contraire.

    Et un troisième mot! Si vous croyez que l’émotion est absente de la pensée scientifique, c’est que (pardonnez-moi si cela vous offense) vous n’êtes sans doute pas un scientifique vous même! Quoi de plus excitant que le moment où l’on sent que l’on vient d’avoir une idée vraiment nouvelle, quoi de plus émouvant que l’étudiant merveilleusement doué qui vient vous dire je voudrais faire ma thèse avec vous, quoi de plus triomphant que le résultat statistique qui confirme l’hypothèse, avec un seuil de confiance qui fait exploser la bécane! Croyez-moi, le cerveau des scientifiques est bougrement émotionnel!

  4. 29 octobre 2012 at 20 h 33 min

    @ Christine :
    Mais non ! Je ne considère pas du tout les croyants comme des « boiteux ou des bancals », mais comme des gens intelligents qui ont privilégié, légitimement et « de bonne foi », la sensibilité religieuse à la rationalité, et donc l’influence de leur cerveau émotionnel à celle de leur cerveau rationnel.Ils n’en sont le plus souvent pas conscients parce qu’ils n’ont « pas compris le fonctionnement de leur cerveau » (Henri Laborit). Mais c’est leur bon droit, comme c’est le mien de privilégier l’inverse, étant entendu que je veille à tendre vers un équilibre harmonieux entre mes sentiments et ma raison. Je ne juge personne, mais je cherche à sonder les coeurs et les intentions des croyants, dans le sens de la recherche de valeurs communes, bien que leurs fondements respectifs soient différents.

    Je conçois et constate que de nos jours, sous nos latitudes, l’aspiration croissante à l’autonomie de la conscience, le rejet croissant de toute forme de soumission religieuse, du dogmatisme et du néo-cléricalisme papal, compte tenu aussi des progrès des connaissances scientifiques, etc., et des doutes qui en résultent, de plus en plus de croyants ne trouvent plus dans la foi, comme jadis, le réconfort, la quiétude, l’espérance, etc.. La prière, mais aussi la méditation, me semblent pourtant procurer à ceux qui la pratiquent, un apaisement, une sérénité, etc., ce qui les ferait même, paraît-il, vivre plus vieux.

    L’ athéisme est fondé sur le libre-examen et sur l’autonomie de la conscience, tandis qu’une religion prône l’ouverture à la « Révélation », et la soumission, fût-ce à des degrés divers.
    Mon athéisme ne me paraît pas « triomphaliste », mais modestement inspiré par le « principe de parcimonie » (du « rasoir d’Occam » : la solution la plus simple est souvent la meilleure) : mon hypothèse explicative de la foi (psycho-neuro-physiologique, éducative et culturelle) me semble cohérente et sans cesse confirmée par toutes les observations, et donc en effet assez évidente, malgré l’infinie complexité du psychisme humain.

    Vous me direz sans doute, et vous aurez raison, que nous ne sommes pas sur la même « longueur d’onde », et peut-être même qu’il est possible de concilier la raison et la foi, la science et la religion, le créationnisme ou le « dessein intelligent» et l’évolutionnisme, l’objectif et le subjectif. Mais, à mes yeux, les arguments qui recourent à un dieu, ou à un grand architecte de l’univers pour les déistes, ou qui évoquent l’harmonie apparente de l’univers, etc., sont anthropomorphiques ou des pétitions de principe.

    L’ « argument » le plus subtil et le plus fréquemment évoqué par les croyants, c’est que la science et la raison s’occupent du « comment », tandis que la religion et la foi s’occupent du « pourquoi ».
    Se situant à des niveaux différents, elles seraient complémentaires et donc conciliables.
    J’y vois cependant une pirouette jésuitique, parce que cela voudrait dire qu’il suffirait de changer de point de vue, ou de lunettes, pour que deux hypothèses contradictoires puissent être vraies en même temps, alors que logiquement l’une d’elles doit être vraie, et l’autre fausse.

    Désolé d’être aussi bavard … ! Au plaisir de lire votre réaction, tant que vous y consentirez.

    • Christine
      30 octobre 2012 at 0 h 27 min

      Désolé Michel, mais on ne peut pas jouer, (débattre) dans un jeu où vous définissez librement les règles selon ce qui vous arrange. En l’occurrence, toute votre démonstration est fondée sur la prémisse suivante:  » L’ athéisme est fondé sur le libre-examen et sur l’autonomie de la conscience, tandis qu’une religion prône l’ouverture à la « Révélation », et la soumission, fût-ce à des degrés divers. » qui vous semble comme toute prémisse d’évidence et de bon sens, mais à laquelle je ne souscris aucunement. Ma foi est très précisément fondée sur le libre-examen et l’autonomie de la conscience. Il est possible que vous ne puissiez pas ou ne vouliez pas croire à la liberté et à l’autonomie du cerveau d’une croyante, mais cette divergence de départ rend toute discussion vaine.
      Pour le dire autrement et moins subtilement, vous faites une caricature de la foi et des croyants et vous y voyez une faiblesse d’esprit de la part de ceux qui y souscrivent, ce que je ne trouve pas très fair-play.

  5. 29 octobre 2012 at 14 h 45 min

    @ Christine :
    Toute croyance religieuse implique, sinon une certaine soumission (hélas totale dans le cas de l’islam), du moins une confiance dans le message d’un texte « sacré », par exemple « l’Evangile », considéré comme l’expression d’un dieu à travers son prophète. Je reconnais que le message d’« amour du prochain » fut méritoire, mais comme le christianisme s’est forcément heurté aux autres religions, chacune prétendant détenir LA Vérité, c’est l’intolérance, les violences et des guerres qui en ont résulté, sans occulter celles dues aux idéologiques nazie et communiste (qui n’avaient rien à voir avec l’athéisme, qui est une option philosophique).

    Pour l’athée que je suis, Jésus, s’il a vraiment existé, n’a certainement jamais dit tout ce qu’on lui a fait dire dans des textes apocryphes et manipulés au cours des siècles. J’imagine que cela fait partie de «l’intranquillité» de certains croyants. De même que la «Genèse», par exemple, qui n’est plus prise à la lettre que par les créationnistes, lesquels témoignent de l’anesthésie totale de leur cerveau rationnel au profit de leur cerveau émotionnel …
    « La possibilité de Dieu » creuse les questions plus qu’elle ne donne de réponse », mais seule la foi me semble susceptible de la donner et de procurer une certaine « quiétude ».
    Merci de reconnaître l’existence d’une « spiritualité sans Dieu » (certains croyants ne l’imaginent pas ou la contestent).

    @ Origuynal :
    J’ai cité la phrase d’Henri Laborit à la fin de « Mon oncle d’Amérique » dans le lien mentionné le 21 octobre. Sa condamnation quasi explicite de toute éducation religieuse ne l’a pas empêché d’écrire : »Jésus est mon ami », à l’instar d’André COMTE-SPONVILLE qui se dit « athée-fidèle » au souvenir de la foi de son enfance (je ne me souviens plus des termes exacts).

    • Christine
      29 octobre 2012 at 14 h 57 min

      @Michel,
      Votre vision de le foi fait sourire la croyante que je suis. Fichtre, la foi est tout sauf une réponse! Je vous accorde que nombre de croyants essaie de le faire croire et qu’ils méritent sans doute que vous les traitiez comme vous le faites – sauf que nous sommes tous des boiteux, et des bancals et que nous avons tous nos petites béquilles et nos petites obsessions pour « tenir » et soigner nos névroses plus ou moins ordinaires, en conséquence de quoi, j’essaie de me garder de juger.
      Mais je vous le répète, la foi ne donne aucune tranquillité, aucune quiétude. Quant à ceux qui prétendent tenir la Vérité en détention, fuyons-les.
      Pour autant, je trouve quand même à votre athéisme des accents de triomphalisme et d’évidentialisme qui m’étonnent… à moins que votre athéisme ne soit une religion?

  6. 29 octobre 2012 at 13 h 18 min

    @ Anne-Marie.
    Ce que je cherche, c’est à dialoguer, à découvrir le point de vue des croyants, à essayer de comprendre le phénomène religieux sous tous ses aspects, bref, à engager un dialogue. Du moins pendant un certain temps, car je sais depuis longtemps que ces échanges de vues, aussi instructifs et enrichissants soient-ils (du moins pour moi) finiront tôt ou tard par buter sur la même pierre d’achoppement : la «Révélation», impossible à comprendre et à expliquer intellectuellement, puisqu’elle se « vit ».

    Contrairement au catholicisme, et à sa vocation évangélisatrice millénaire, l’humanisme laïque refuse tout prosélytisme, estimant que chacun devrait pouvoir se forger librement sa « vérité » personnelle, partielle et provisoire, au contact de celles des autres.
    Je respecte les personnes, mais je critique certaines de leurs idées et je condamne toutes les religions, dans la mesure où elles imposent la soumission à un dieu, à un prophète, à un livre « sacré », où elles créent et exploitent la crédulité, les inquiétudes métaphysiques, la quête de sens, la peur de la mort, etc..

    Je sais que je donne parfois l’impression du contraire, mais je ne cherche pas à convaincre les croyants : ils ne peuvent, le cas échéant, que se convaincre eux-mêmes, à leur rythme, ou alors jamais, ce que je m’explique par la nature essentiellement subjective, émotionnelle et intime de la foi, celle-ci relevant davantage du cerveau émotionnel que du cerveau rationnel.

    A quoi servent ces discussions ? Puissent-elles au moins servir à proposer aux lecteurs croyants à qui la foi fait plus de tort que de bien, et qui cherchent à s’en affranchir, des horizons philosophiques nouveaux, trop souvent occultés par les religions.

    @ Christine :
    Le fait de chercher à comprendre les soubassements hormonaux, psychologiques ou neurophysiologiques du coup de foudre amoureux envers un être humain (bien réel, lui, contrairement à « l’Autre »), ou de la foi, ou d’une conversion religieuse, …, (comme l’a fait notamment Patrick JEAN-BAPTISTE dans « La biologie de dieu »), n’enlève rien à la véracité du ressenti et du vécu de ces sentiments !
    En outre, une telle approche ne vise évidemment pas à démontrer l’inexistence de Dieu, aucune existence n’étant d’ailleurs démontrable, sauf en mathématiques.
    Par contre, aucun dieu ne s’étant jamais manifesté concrètement et incontestablement, les neurosciences peuvent, me semble-t-il, inciter certains à conclure à son existence imaginaire, d’origine éducative, culturelle et donc illusoire.
    Il faudra hélas plusieurs générations pour que, du moins sous nos latitudes, l’humanisme laïque parvienne à proposer l’alternative d’une spiritualité laïque …
    Mais je ne prétends pas que mon point de vue soit pertinent ! 

    • Christine
      29 octobre 2012 at 13 h 58 min

      @Michel,
      Votre vision de la « soumission » des croyants me semble assez superficielle. Bien sûr, la religion peut être une béquille, une prothèse psychologique, un opium. Mais il suffit de lire l’Évangile pour y découvrir en Jésus un maître d’intranquillité. Celui ou celle qui décide de mettre ses pas dans ceux de Jésus-Christ choisit de s’exposer sans cesse à de nouvelles questions… sur l’humanité. Vous semblez voir les croyants comme des être repus de réponse, gavés de certitudes. Je témoigne ici que la foi est le haut-lieu du désir, de la tension, de l’attention à ce qui est, au ténu, au fragile, au contrariant, au déroutant… Le lieu de la foi est celui d’une confiance (c’est le même mot) qui est toujours en train de se redonner et qui ne garantit aucune quiétude.
      Vous avez une vision de Dieu comme un bouche-trou. L’expérience de Dieu que j’ai est toute différente. La possibilité de Dieu creuse les questions plus qu’elle ne donne de réponse. Et c’est dans ce creux que se déploie la vie spirituelle. Ce qui n’exclut d’ailleurs pas une vie spirituelle sans Dieu.

  7. 29 octobre 2012 at 10 h 18 min

    Il se trouve que j’ai très bien connu le professeur Laborit.
    J’ai passé des heures dans ma jeunesse dans son laboratoire à conditionner des rats à l’occasion d’un film d’Alain Resnais, Mon Oncle d’Amérique.
    Que de bons souvenirs ! On s’entendait très bien.
    Alors comment vous dire les choses ?
    Il me parait tout aussi absurde de réfuter la foi avec des arguments de science que de réfuter la science avec des arguments de foi.

  8. Christine
    29 octobre 2012 at 9 h 56 min

    @Michel,
    Il parait que lorsque je suis amoureuse, on peut repérer divers phénomènes neuronaux, production d’hormone, reconnaissance mutuelles des phéromones etc… à quoi il faut ajouter, ainsi que Denis de Rougemont le montrait il y a longtemps déjà, que je suis une femme occidentale qui a intégré un certain nombre de codes et de normes comportementaux sur l’état amoureux.
    Pour autant, ne suis-je pas amoureuse « pour de vrai »?
    Vous pourrez, en matière d’amour ou de religion me dire tout ce que vous voulez sur ce que savent les sciences dures et les sciences humaines, pour pourrez déconstruire, analyser, soupçonner… Il restera, tout étant dit, la conviction de la conscience qui m’affirme qu’il y a bien un « moi » qui demeure et répond à une sollicitation qu’il lit (toujours en conscience) comme étant extérieure à lui, l’autre dont je suis amoureuse ou l’Autre dont je reconnais le murmure.
    Il n’y a rien d’autre à dire.
    Il n’y a pas de preuve, ni en votre faveur ni en la mienne.

  9. Anne-Marie H.
    29 octobre 2012 at 9 h 21 min

    @ Michel Thys

    Votre billet s’adressait à Christine, c’est donc surtout à elle de répondre. Mais je dois dire que cette discussion entre Origuynal et vous me laisse perplexe. Qu’est-ce que vous cherchez, l’un et l’autre? Vous, Michel, croyez-vous que l’on peut convaincre un croyant de ne plus l’être, juste en mettant un message sur un site Internet? Croyez-vous que nous n’ayons jamais entendu les arguments que vous avancez? Et vous, Guy, pensez-vous que Michel va changer d’opinion sur les croyants grace à vos réponses? Croyez-vous être le premier croyant intelligent et respectable rencontré par Michel? Si c’est de rencontres humaines que vous êtes en recherche, créez un groupe de rencontre « Foi et incroyance », mais à part cette option, je ne vois pas bien à quoi servent ces discussions.
    Et soyez bien certains que ce mot n’est pas inamical,

    Anne-Marie

  10. 28 octobre 2012 at 18 h 15 min

    Bonjour Origuynal,
    Merci pour votre réponse. Sans chercher à avoir raison, permettez-moi de la commenter.
    Je ne pense pas confondre foi et croyance. Parmi les innombrables croyances (animisme, chamanisme, superstitions, horoscopes, tarots, etc.) qui témoignent de la fréquente persistance de la composante irrationnelle et atavique de l’esprit humain, il y a la croyance religieuse, c’est-à-dire la foi (que je respecte d’autant plus qu’elle aura été remise en question par le doute, la réflexion et le libre-examen, après avoir eu connaissance des alternatives aussi bien religieuses que non confessionnelles, ces dernières étant hélas volontairement occultées depuis toujours par toutes les religions …).

    Vous dites : « J’ai foi en Dieu, (…) j’espère en la bonté de la vie, à son côté divin, à son triomphe, en dépit de la nature et malgré ses cruautés ».
    Outre les « cruautés » des cataclysmes naturels (qui confirment à mes yeux l’inexistence d’un dieu « bon » et donc anthropomorphique), il y a celles qui résultent (selon le schéma simpliste mais éducatif de Mc Lean) de notre cerveau « reptilien », tant qu’il n’a pas été tempéré par le cerveau émotionnel puis rationnel dont nous a pourvus l’évolution animale, et à conditions qu’ils aient bénéficié d’une éducation « humanisante ».

    Je pense en effet que la conscience morale, le sens des valeurs « universalisables », non négociables parce que bénéfiques à tous et partout, telles que le respect de l’autre et de sa différence enrichissante, celui de la dignité de l’homme, de la femme et de l’enfant, de leur liberté (effective, pas seulement symbolique !) de conscience, de religion, de pensée et d’expression, loin d’apparaître spontanément, ou par obéissance à des « commandements » religieux, ne s’acquièrent que par une éducation familiale puis scolaire, fondées sur l’autonomie, l’esprit critique, la responsabilité individuelle, l’apprentissage des limites et du respect des autres et de soi-même, sur l’exemple des parents et des éducateurs, non pas intellectuellement, mais par des expériences affectives, vécues ou suggérées par empathie, parfois a contrario, etc …
    J’ai donc « foi » en l’Homme, c’est-à-dire confiance en son aptitude (du moins s’il est placé dans un environnement favorable) à découvrir et à accepter librement ces valeurs humanistes.

    En effet, le scientisme et le positivisme sont révolus. La science n’expliquera jamais, même en des centaines d’années, l’infinie complexification du vivant depuis 3,5milliards d’années d’évolution.
    Je témoigne néanmoins d’une confiance raisonnable dans ses progrès parce qu’ils sont convergents. Je ne sombre pas non plus dans « -déterminisme », mais comme le neurobiologiste Henri LABORIT, dans « Eloge de la Fuite », « Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le système nerveux d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’évader de cette prison, s’il y parvient jamais », ou encore : « Vous n’êtes pas libre du milieu où vous êtes né, ni de tous les automatismes qu’on a introduits dans votre cerveau, et, finalement, c’est une illusion, la liberté ! ».

    Je ne pense pas non plus être «  déterminé, ou conditionné, ou programmé, à croire que Dieu n’existe pas ». En effet, j’ai été croyant protestant (« libéral ») jusqu’à 21 ans. Si je suis athée depuis plus d’un demi siècle, c’est parce que j’ai eu la chance de découvrir avant qu’il ne soit trop tard les alternatives non confessionnelles qui m’avaient été occultées dans les années 40 et 50. Au-delà de l’âge de 25-30 ans, je serais sans doute resté croyant, pour ne pas me déstabiliser …
    J’observe par ailleurs que, malgré sa prédisposition héréditaire à l’irrationalité, l’être humain naît athée. Il ne devient croyant qu’après avoir subi une éducation religieuse et l’influence d’un milieu croyant unilatéral. Les enfants de parents non croyants le seront donc également, sauf influences ultérieures. Heureusement, du moins dans la plupart de nos pays européens intellectualisés, la religiosité décroît au fil des années, mais comme elle n’a pas été remplacée par l’alternative de l’humanisme laïque et de la spiritualité laïque, ce sont les sectes et les fondamentalismes religieux qui prolifèrent …
    Bien cordialement,
    Michel THYS

  11. 28 octobre 2012 at 10 h 31 min

    @Michel Thys
    Permettez-moi de vous répondre.
    D’abord, je crains que vous ne confondiez la foi avec les croyances.
    Si je vous dis, j’ai foi en Dieu, comprenez vous que j’espère en la bonté de la vie, à son côté divin, à son triomphe, en dépit de la mort et malgré ses cruautés ?
    La foi est une confiance en une parole et en ses témoins. Elle n’exlut pas le doute.
    Croyez vous que je ne me pose jamais de question ?
    Que nos croyances soient déterminées, c’est évident, mais pas seulement.
    De là à sombrer dans l’ultra déterminisme comme vous semblez le faire, il y a un pas que la plupart des savants ne franchissent plus. Scientisme et Positivisme me semblent bel et bien derrière nous et les sciences dans leur ensemble reposent la question de l’esprit, de l’indetermination de la matière et de la vie, de son miracle, voir de sa virtualité, du chaos de la création et de ses harmonies, de son mouvement évolutif qui génère des probabilités aléatoires et poutant inéluctables, des histoires bien singulières, des relations d’incertitude.
    Notre rapport a la réalité est en train de totalement changer.
    On est désormais plus dans la question que dans la réponse.
    Alors je peux vous retourner vos affirmations : N’êtes vous pas déterminé, ou conditionné, ou programmé, à croire que Dieu n’existe pas ?

  12. 21 octobre 2012 at 12 h 45 min

    Bonjour Madame Christine PEDOTTI,
    Je me permets de vous écrire (comme aux deux autres intervenants) à la la suite de l’émission « Et dieu dans tout ça ? », de ce dimanche à la RTBF.
    D’abord,bravo pour votre réaction de défense des femmes face au machisme catholique.

    Mais toutes les religions, toute la théologie, toutes les exégèses, etc. présupposent l’existence de « Dieu ». Ne faudrait-il donc pas s’interroger au préalable sur son existence réelle ou imaginaire, à la lumière des observations de la psychologie religieuse et des neurosciences ?
    Il me semble qu’elles tendent à démontrer l’origine exclusivement psychologique, éducative et culturelle de la foi, et aussi à expliquer sa fréquente persistance par l’imprégnation neuronale du cerveau émotionnel, puis rationnel.

    Ces influences affectent en effet, à des degrés divers, l’esprit critique et le libre-arbitre ultérieurs en matière de religion, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect.

    Dans cette optique,« Dieu » n’a plus qu’une existence subjective, imaginaire et donc illusoire, et à mes yeux d’athée, l’éducation religieuse unilatérale devient une malhonnêteté intellectuelle et morale, fût-elle sincère et de « bonne foi » ou inconsciente …
    Mais il va de soi que je ne condamne QUE les religions, car la foi restera toujours un droit légitime et respectable, a fortiori si elle été choisie en ayant eu connaissance des alternatives non confessionnelles.

    Votre commentaire m’intéresserait vivement.
    Je vous en remercie déjà, cordialement,
    Michel THYS, à Ittre (en Belgique).
    http://michel.thys.over-blog.org/article-une-approche-inhabituelle-neuroscientifique-du-phenomene-religieux-62040993.html

  13. MF
    1 mai 2012 at 23 h 17 min

    Merci Anne et Christine pour ces interviews,et bravo :c’est un temps court qui vous est donné pour présenter vos ouvrages, l’exercice ne doit pas être facile mais vos exposés sont clairs et disent beaucoup en peu de mots et toujours avec passion.
    De plus c’est une joie de vous entendre à Radio Vatican , radio qui est « la voix du Pape et de l’Eglise en dialogue avec le monde  » quand même !

  14. Cardabelle
    1 mai 2012 at 15 h 24 min

    Excellent introduction à votre livre (que je n’ai pas encore fini car je le déguste !).
    Petite question : j’ai remarqué, sur la page de Radio Vatican qui annonce votre interview, la première page de couverture d’un livre qui n’a a priori rien à voir avec le vôtre : « Le péché originel à la lumière de la Résurrection ». Coquille ou pas ?

    • Christine
      1 mai 2012 at 16 h 31 min

      Oui, j’ai vu aussi, c’est une erreur, je l’ai signalé à mon intervieweuse. Merci de votre attention.

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